CHEZ J.-B. BAILLIÈRE
LIBBAIBE DE L'ACADÊMIE IMPÉRIALE DE MÉDEGIIIE»
rae Hwtofranie, i9.
LONDRES, H. BAIUiÂRB, ? NEW-YORK, H. BAlLUteE, fl«9. RcftaUSlTMl. 6 <90, Broadway.
MAMUO, CmZ BAlLLY-BAILUàliB, CAtLB DIL PIUTIOFI, ii.
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L'oubli dans lequel est restée jusqu'à nos jours l'histoire pathologique de la fonction génératrice, est une conséquence logique de ce principe immuable de notre science que la nosologie est fille de l'anatomie et de la physiologie.
Tant, en effet, que l'anatomie et la physiologie de l'appareil génital ont été couverts d'ombres et de ténèbres, la pathologie de ce même appareil, ballottée dans les contradictions de mille systèmes, s'est lassée de poursuivre un fanlôme insaisissable et en a abandonné la recherche aux vicissitudes du hasard et aux hardiesses de l'empirisme le plus grossier. Celui-ci ne s'est fait faute ni de théories extravagantes, ni d'explications incroyables, ni de médications impossibles ; aussi quand on ose sonder ce dédale d'absurdités où l'infamie se glisse souvent, on conçoit lu réprobation dont les esprits honnêtes et sérieux frappaient jadis cette partie du domaine médical.
Aujourd'hui cette réprobation n'a plus de raison d'être.
Sans prétendre que toutes les obscurités ont été dissipées dans l'histoire de la génération, on doit reconnaître que les travaux des anatomistes et des physiologistes du xvin* siècle, et plus encore ceux des modernes, ont suffisamment élucidé le pro* blême pour en rendre légitimes les déductions pathologiques.
C*est cette œuvre que j'ai entreprise et que j'offre aujourd'hui au public.
Bien qu'aucun des lecteurs auxquels s'adresse ce livre n'ignore les progrès accoiliplis dans cette branche de nos connaissances, j'ai cru devoir, sacrifiant aux lois de la logique, faire précéder l'histoire pathologique de la génération de l'exposition des principes anatomiques et physiologiques d'où cette histoire ellemême découle. Ce rapprochement offre en outre l'avantage de constater sans fatigue combien peu j'ai donné accès aux vaines théories et à ces écarts de l'imagination dont avaient si étrangement abusé nos ancêtres. — A ce double titre, on me pardon-
nera, je Tespère, les développements que j'ai donnés à la physiologie de l'espèce.
Ces développements , d'ailleurs, n'ont en rien diminué le cadre que je m'étais tracé et auquel, depuis plus de dix ans, je travaille (1). C'est à la lueur dos principes qu'ils renferment que j'ai constamment poursuivi mes recherclies et mené mes méditations. Aussi je crois avoir accompli une œuvre utile en essayant de faire rentrer dans le sanctuaire de la science, par les grandes portes de l'anatomie et de la physiologie, tout un groupe de maladies que les vendeurs du temple et les illuminés en avaient fait sortir.
Sans doute cette entreprise, conduite par un esprit plus habile et signée d'un nom plus autorisé que les miens, eût rencontré des obstacles tout à la fois moins nombreux et moins variés que ceux dont mon insuffisance a eu n triompher, et l'oBUvro eût été meilleure ; mais j'ai suppléé aux qualités qui me manquaient par un travail dont l'ardeur n'a été égalée que par la pureté des intentions qui m'animaient, à ce point que, quel que soit le sort réservé à cet ouvrage, jt' reste avec la conscience de n'avoir laissé dans l'ombre aucune partie de l'histoire physiologique et pathologique de la fonction génératrice, et en même temps de n'avoir jamais enfreint les lois de la morale et de la chuteté, car la science a sa pudeur. — Aussi, dirai-je en terminant : si quelqu'un cherche dans cet ouvrage autre chose que de la science, s'il compte y trouver, non une intention, mais seuleaiênt un mot de luxure, qu'il n'aille pas plus loin; il serait complètement déçu dans ses espérances.
\y Félix ROUBAUD,
■fèdactnv en ckcf de la Ptmmce métUcat».
Ao*t 1855.
(1) Déjà en 1847, il y a SQjourd^hQi huit ans, |e pablîais dam la Gazelta det h&pUaux^ doot ]'étaif alors un des rédacteuri, un travail atsf x étendu sur rimpoiiMnce au point de vue de la médecine légale.
TRAITÉ
ET