PHYSIOLOGIE DE L'ESPÈCE
Dans l'acte (le la reprodudion de l'espèce humaine Jesdeux sexes jouent un râle également important, dont le caractère mal apprécié a donné naissance à divers systèmes ou théories que j 'exposerai tout à l'heure. Ce râle, que remplissent des organes propres à la fonction génératrice, s'exécute dans des conditions physiologiques qu'il est important de ronnaitrc, et au milieu de circonstances diverses qu*il est non moins intéressant de passer en revue, car les unes et les autres ont une action marquée, non-seulement sur l'énergie de la fonction reproductive, mais encore sur les maladies qui font le sujet de ce livre.
Ces maladies ont été confondues par beaucoup d'auteurs. T^s uns, ne voyantque le but final, que le résultat à atteindre, donnent indistinctement le nom d'impuissance ou de stérilité aux états morbides, quels qu'ils soient, qui empé' chenl la reproduction de l'espèce: pour eux, ces deux mots sont synonjmes et désignent exactement le même genre d'affections. Les autres, considérant que, dans l'acte de la génération, le rôle do la femme est en quelque sorte passif.
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tandis que «lui de l'homme rsl entièrement sons l'empire de II volonté, appellent impUMunt l'homme qui ne peut procrésr, qu«llo que soit la cause èe cette inipossibilité, et nomment sti.'rilc In Tcmme qui se trouve dans le même cas.
Je ne puis me ranger n aucune de ces dcui opinion!). La dernière repose sur une distinction grammaticale, inadmissible dans la science; car, sous peine de tomber dans une logomachie inextricable, les mfimcs états pathologiques réclament ta m^mc dénomination.
L'autre opinion semble, au premier abord, plus sérieuse, par cela mâroe qu'elle parait plus scientifique ; mai* en porcourantleradre nosologiquc de l'appareil générateur,on ne larde pas A su convoincre qu'une plus grande eiactitude doit être apportée dans la désignation des divers étals qui le remplissent. Qu'on me permette de citer on ou dcui exemples h l'appui de cette assertion. Les faits d'occlusion incomplète du vagin permettant la fécondation, et non l'intromission de la verge, ne sont pas rares dans l'histoire de la chirurgie : Riolan, entre autres auteurs, raconte l'hi.'!loirc d'une femme qui, accusant son mari d'impuissance, fut,i la visite des experts, reconnue enceinte, quoique présentant une occlusion vaginale qui ne permettait pas le coït. Quel nom donner h cet état pathologique ? D'après les auteurs dont je combats l'opinion, tes mots impuissance et stérilité seraient impropres, puisque te but final est atteint, et pourtant ta copulation, cette partie importante de la fonction génératrice, ne peut avoir lieu. — D'autre part, voici deux hommes. Ctiex l'un, l'érection de ta verge est impossible, n'importe par quel motif; impossible, par conséquent, est le coït, et, par conséquent encore, dans ta majoritt'^ ilf-s cas, impossible est, de sa part, toute action fécondante; diez l'autre, l'érection de la verge est pleine
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et entière, le coït s'accomplit normalement, mais l'action fécondante, par une cause quelconque, ne s'exerce pas: est-il raisonnable de placer ces deux hommes sous la même rubrique nosologique? Pour un même trait dans la physionomie, quelle dissemblance dans les autres, quel éloignement dans les caractères ! ! ! D'un côté , la fonction génératrice tout entière abolie, annihilée, détruite; avec elle, dépérissement et souvent atrophie des organes génitaux ; avec elle, troubles profonds dans les facultés morales, depuis le simple sentiment de honte jusqu'à la monomanie du suicide, et qui ne sont pas sans exercer une action délétère sur les principales fonctions de l'organisme. De l'autre càté, abolition incomplète de la faculté génératrice, que n'accompagnent presque jamais des désordres dans les fonctions organiques et dans les facultés morales. L'acte copulateur, dont on ne tient aucun compte, creuse entre ces deux hommes un abîme sans fond. Non, leurs états patho> logiques ne sont pas les mômes; les symptômes qui les révèlent et les accidents qui les suivent, en font des entités distinctes, dont chacune réclame, dans le langage nosologique, une dénomination spéciale.
Cette dénomination ne doit avoir rien d'arbitraire ; elle doit désigner un état exactement limité, parfaitement défini, dont je vais essayer de tracer le cadre.
La fonction de la reproduction se compose, dans les deux sexes, de deux actes tellement distincts, que pour l'exercice de i'un, ia volonté est forcée d'intervenir, et que cette volonté reste entièrement étrangère è l'accomplissement de Tautre. La première est une fonction animale ou de relation, la seconde est une fonction organique ou interne, comme aurait dit Bichat. Après le rapprochement de l'homme et de la femme, pour l'exécution duquel la volonté a dû agir.
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toul, dans Tnclc reproducteur, se passe à notre insu, et la génération se fait en dehors de notre conscience.
Cette intervention de la volonté, sans parler du sentiment voluptueux qui accompagne le coït, ne sulTit-elle pas pour diiïérenrier deux actes d'une même fonction, il est vrai, et ne rend-elle pas légitime la ligne de démarcation è établir entre les états pathologiques qui mettent obstacle a l'accomplissement ou de Tune ou de l'autre? Je l'ai toujours pensé ainsi, et j'estime que le mot impuissance doit être donné à tout état morbide qui, chez l'homme ou chez la femme, s'oppose i l'union physiologique des deux sexes, c'est-iVdire au coït, et le mot stérilité être réservé i tout état morbide qui, chez l'un ou chez l'autre sexe, empêche la reproduction de l'espèce.
Il Y a donc, d'après ces considérations que je crois très légitimes :
Une impuissance de l'homme ;
Une impuissance de la femme ;
Une stérilité de l'homme ;
Une stérilité de la femme.
Kn d'autres termes, les affections qui font le sujet de cet ouvrage se peuvent partager en deux groupes : le premier renferme les troubles de l'acte copulateur chez l'homme et chez la femme; le second présente les conditions morbides qui, dans les deu]( sexes, empêchent l'acte fécondateur.
dette distinction n'est point arbitraire; elle a pour base la physiologie de la fonction génitale, et va me servir, dans les considérations générales que je vais présenter sur Tappareil reproducteur, a mieux établir ce qui est du domaine de rimpuissaïKC et ce qui appai tient h la stérilité.
COPULAIIOM. ACTIS COPULATEUR CHEZ l'uoMIIE. 5