‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 35 sur 122 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L'impuissance (impotentia^ anaphrodisié) est Timpossîbilité, pour l'un et Tautn* sexe, de remplir toutes les conditions du coït physiologique.

Ces conditions sont, ainsi que je l'ai établi ailleurs (1):

Pour riiomme: 1* désirs vénériens; 2* érection de la verge; 3* éjaculation spermatique ; A* enfin plaisir au moment de cette évacuation.

Pour In femme : 1* désirs vénériens; 2* réception de la verge dons le vagin ; 3* plaisir a la suite de cette intro mission.

Comme on le *oit, je donne au mol impuissance une large acception, et, sans revenir ici sur la distinction fondamentale que j'ai faite de cet état et de la stérilité, je ne le réserve pas, à l'exemple de quelques auteurs, à exprimer seulement l'impossibilité de Térection chez l'homme et de l'intromission chez In femme. Pour moi, le dyspermatisme de PincI, par exemple, ou l'absence des désirs et des plaisirs vénériens, sont tout aussi bien des cas d'impuissance que la non-érection de la verge et l'occlusion de la vulve ou du vauin.

Cependant quelques auteurs, considérant que la passivité dans le coït n'est \)i\^ pour la femme l'état physiologique, en firent une entité morbide qu*ils désignèrent sous le nom de

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DE l'impuissance. 155

frigidité. Mais la confusion vint tout aussitôt détruire les bénéfices de cette heureuse distinction, car pour les uns, la frigidité fut l'absence des désirs vénériens, et pour les autres, ce mot exprimait l'absence du plaisir.

De plus, quelle que fiU d'ailleurs l'acception que l'on donnât à la frigidité, cet état morbide, qui généralement (1) n'entraîne pas la stérilité, n'était ni impuissance ni stérilité, maïs quelque chose à part, que l'impossibilité d'introduire dans une classification méthodique rejetait dans la classe des névroses, comme si Tabsence congénitale ou accidentelle du clitoris, par exemple, qui est une cause puissante de frigidité, pouvait entrer dans le cadre des affections nerveuse*».

En considérant le plaisir comme une des conditions physiologiques du congrès chez la femme, et en déKnissant l'impuissance, l'impossibilité d'accomplir le coït selon toutes les lois de la nature, la frigidité devenuit un cas d'impuissance. C'est ainsi, en effet, que je classe cet état morbide, qui constitue également chez l'homme une variété d'anaplirodisie.

En agrandissant ainsi, pour les deux sexes, les c^s d'impuissance, je me suis surtout proposé de faire cesser la confusion regrettable qui règne dans l'histoire des deux

(4j Je n'emploie pas une expression absolue, parce que je possède quatre observations d^absence congénitale du clitoris bien authentiques, recueillies par moi, et qui toutes quatre étaient accompagnées de la stérilité de la femme. Est-ce une simple coïncidence ou est-ce l'état normal ? Les auteurs qui m'ont précédé ne m'ont rien appris à cet égard, et si quatre observations ne sont pas suffisantes pour former une conviction, elles ont été du moins assez fortes pour m'inspirer un doole et me faire suspendre mon jugement. Je reviendrai -plus longuement aillenrs sur ce point intéressant de pathologie.

156 IMPUISSANCE PAB VICKS DB GONFOIMATION.

maladies qui font le sujet de cet ouvrage, et de ramener leur étude dans la voie d*uiie méthode réellement scienliiique. Je n'ose me flatter d'avoir entièrement atteint cet heureux résultat, mais j'aime h croire que mes eiïorts sur ce point ne seront pas complètement inutiles.

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