CIRCONSTANCES QUI INFLUENT SUE LE DÉVELOPPEMENT
rcmpire absola qui lui opparlient, en raison même de Tagitation générale et de l'exaltation des facultés inteliectuclles. Apiès un bal, où certes les stimulants erotiques ne manquent pas, on savoure mal les |)laisirs de Tamour. Après la veille, l'économie réclame le repos et non une nouvelle fatigue; et puis rimaginalion, cette folle du logis, comme la nomme Brantôme, loin de rester où Tappelle le désir vénérien, fait quelquefois Técole boissonnière, qu'on me passe le mot, au moment même où son intervention est le plus nécessaire, et enlève au plaisir un aliment précieux qu'elle donne, soit a un souvenir, soit à une espérance, soit à un calcul.
Je ne parle pas de la fatigue plus grande, de l'épuisement plus profond qui succèdent au coït du soir ; je ne fais pas non plus intervenir l'hygiène, dont les prescriptions sont contraires aux rapprochements conjugaux avant le sommeil; je ne veux constater ici que Tinfluence exercée sur l'acte génital par les excitations de la veille, et je suis forcé de reconnaître qu'en ces circonstances le désir acquiert une énergie qui est loin de se communiquer au plaisir. Victor Hugo serait donc plus dans la vérité s'il remplaçait le moi plaisir pav celui de désir.
Au matin, après le calme et le repos de la nuit, l'organisme et les facultés intellectuelles sont dans une espèce de sérénité béate, si je puis ainsi dire. La sensibilité a tonte la virginité de ses impressions, et la folle du logis^ encore endormie, ne trouble par ses divagations ni les émotions de l'âme, ni la rectitude de la raison. L'ôtre |)hysique et Tètre moral sont tout entiers à la première sensation qui les sollicite, et s'y associent d'autant plus complètement que rion encore ne les a distraits; sans doute l'impression qu'ils en reçoivent ne contrarie pas rpilepliquemont les libres, mais les distend, comme dirait Cabanis, et constitue tout è la
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fois une jouissance calme pour le corps et une joie douce pour TAme. Oui, le coït, exercé le matin, après une nuit de sommeil et de repos, n'est pas précédé de ces violents désirs qu'engendrent les excitations de la veille, mais il est accompagné d'une volupté qui, quoique moins délirante, porte la satisfaction et le bien-être dans toutes les parties de notre être. Ce ne pouvait donc pas être le désir vénérien qui donnait ù Fonteneile l'envie de se marier.
Il est sans doute beaucoup d'autres circonstances^ telles que la digestion, l'équitation, etc., qui influent sur la gêné* ration ; mais comme leur empire peut aller jusqu'à produire l'impuissance ou la stérilité, je réserve leur étude pour le corps de cet ouvrage, et je clos ici une introduction dont la longueur trouve son excuse dans les nécessités mêmes de mon sujet, qui réclamait ces considérations générales, afin de me débarrasser d'explications sans nombre qui m'eussent entravé à chaque pas.