‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 5 sur 122 · ACTE COPULATEUR CHEZ l'iIOMMB · texte numérisé non relu

ACTE COPULATEUR CHEZ l'iIOMMB

sauce est insuRisante, et qu'il lui faut le secours de l'élément moral.

Chez les animaux, c'est i*instinct qui seconde les sensations ; chez l'homme, être de raison, c'est la volonté.

La volonté exerce sur le sens génital un empire presque absolu: l'histoire d'Ulysse se bouchant les oreilles pour ne |)as se laisser séduire par le chant des sirènes, est une fable poétique en contradiction avec la nature, surtout en ayant égard h l'Age et à l'expérience du roi d'Ithaque. Ne voyonsnous pas tous les jours l'homme, aussi bien que la femme, résister aux séductions les plus provocantes et sortir victorieux d'une lutte où les deux adversaires étaient les sens et l'imagination ?

Sans doute, si l'on ne se prémunit pas contre la tentation, les excitations extérieures entraîneront la volonté, car le silence de celle-ci équivaut à son consentement.

Bien plus, la volonté, par sa seule puissance et sans le secours d'aucune sensation, peut évoquer les désirs vénériens. C'est alors qu'elle éveille l'imagination, par qui le passé se ranime et l'avenir se fait réalité; grâce à (;lle, l'heure présente se peuple de formes indicibles que le regard caresse, que les lèvres embrassent et que les mains saisissent; fantômes gracieux dont l'existence tout à la fois idéale et réelle plonge l'Ame et les sens dans l'extase voluptueuse de l'amour le plus complet. Les poètes, les romanciers, les artistes, tous ceux enfin chez qui l'imagination occupe une large place, jouissent de la réputation méritée d'être fort enclins à l'amour; mais ce n'est point A dire qu'ils soient les plus aptes A accomplir l'acte, car nous verrons ailleurs l'influence fAcheuseque les travaux de l'intelligence exercent sur l'énergie virile. Mais tel est l'empire de l'imagination que, par sa seule force, en dehors de

H t:OI*ULATIU?i.

l'instiiict et de tonte sensation, clic peut non-seulement |>ro(luire l'érélhismc vénérien, mais encore déterminer l'éjnculotion spemiatique, oinsi qu'il arrivait i un de mes camarades d'études toutes les fois qu'il peosait isa maltresse.

Quel qu'ait ét^ le promoteur des désirs vénériens., ceuxci, une Tois éveillés, réagissent sur l'appareil génital, «t pendant que, sous leur influence, la sécrétion spermatiqae augmente d'énergie , la verge subit une métamorphose presque complète, duns loquelte son volume est accru et H direction entièrement changée.

Celle mélamorpbose est ce qu'on appelle l'érection, dont je lais essayer d'expliquer le mécanisme.

li'eismcu auquel je vais me livrer n'a pas un intérêt {luromentscientiliipie; il est, Àmesyeut, d'une telle importance pratique que, seul, il nous rendra compte de certoins ciis d'inipui$snnrc dont (es couses, méconnues jusqu'à aujourd'liui, ont été uovécs duiis ce vague médical dont l'ignorance entoure IcsToiit-lionsdu système nerveux. Telle impuissance snrtcnnnt à la suite d'excès vénériens ou de masturbation, telle autre rr.ip|jant un liommc dont l'égc n'a pas encore marqué l'heure de la retraite, ctc , etc., ne trouveront souvent d'autres cipliratlons que dans l'altération des organes servant i l'érection, sans qu'il soit besoin de recourir ti l'influx nerveux dont, en dehors de certaines maladies de lu moelle épinièrc, il est quelquefois îmjiossible d'expliquer la diniinulion.

Si la science est encore, sous ce rapport, dans les langes, il en faut nccuser, d'une part, l'onbli dans lequel est tenue celle partie de la médecine, et d'autre part l'incerlilude qui, jusque diins ces derniers temps, faute de délails anatomiqucs suni^anls, a régné sur le mécanisme de l'érection. A l'époque où les esprits animaux étaient considérés

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comme les moteurs de la machine humaine, on pensait que ces asprits remplissaient la verge, et que les muscles du périnée soutenaient celle-ci et la redressaient comme un bAton retenu par des cordes. Vésale consacra cette opinion en donnant i ses muscles le nom de ereclares penis^ que W inslow changea contre celui A* ischio- caverneux ^ qu'ils portent encore aujourd'hui. R. de Graaf s'éleva contre cette explication qui, malgré ses efforts, continua à être acceptée parla majorité des anatomisles.

Et cependant, ce savant était sur la voie delà vérité ; le premier il soutint et démontra expérimentalement que l'érection résulte de lo présence du sang accumulé dans la verge. Ayant lié le pénis d'un chien ù sa racine au moment du coït, il trouva ce corps rempli de sang et le vit revenir à sa flaccidité ordinaire lorsque le liquide en eut été expulsé. De plus, ayant injecté de l'eau par les veines honteuses dans la verge d'un cadavre, il obtint une distension et une érection plus énergiques encore que sur le vivant. Il près-* sentit aussi que lu turgescence des corps caverneux pouvait tenir à un défaut d'équilibre entre la sortie et l'arrivée du liquide sanguin, et il se demanda quels étaient les obstacles qui s'opposaient à l'écoulement du sang veineux. Les muscles ischiocaverneux, dont il avait nié le rdie comme suspenseurs, furent, a ses yeux, les moteurs de cet obstacle. Cependant, les rapports anntomiques ne lui rendant pas suffisamment compte de cette action , de Graaf avoue que l'action de ces muscles est indirecte.

Hunter, et la majorité des anatoroistes du xviii* siècle, adoptèrent cette opinion, qui est même encore partagée par quelques physiologistes de nos jours; mais alors, comme aujourd'hui, on ne s'accordait pas sur l'obstacle qui s'opposait à la sortie du sang veineux.

1(1 COflLATlUN.

Mcn-iur [irtiteiidiiit en lioii\ci' ruvjtlirutioii dans les ilisjiositioiis !inatoini(|ueï liei teines Ue la verge, qui, oelon lui, iù rciideiil tuutes aii\ ïiiiu& <I^ SaiiUuiiii, leM(]ut:l!< ainuii, un allant rejoiiiilrc K's teiiies h)|jugaMriqucï, furœeiit des )ilcxus iiumbrcui.surloulaut fuics latérales de laftrostatc, il \\ac là ces sinus se trou^fitt compriinés pi'iiittiiit la i;on- Irai'ltuii des mysLU-s pelvieus. Cetlt- ctpliratioti est iiiudmiisible. comme le fuit juilicieusementreinarquerM.Uebrou; lar s*il en était ain»i, des personnes afTectées de rétention d'urines ou d'li\pcrtrophie de la proslati-, devraient être luurnicntèes par des éietliuus rontiouelles, ce qui n'a point ciiiore Otê noté parmi les s;n)ptl)me^ du ces maladien.

M. Debrou, qui se range du côté de Vésale, en ce <|ui

resarJe l'aitiou dts muscler ischio-raverneut, adresse aut

partisaits de la stase du sang ilaiii la ver^e une objection

^éner^le qui a beaucoup perdu de son importance depuis lu

l'ublKJi'.ion iieslrjiaa\deM.Kobell, mais qui mérite cr-

pcnJ.int de (router place iri : « Je reconnaîtrai, dit-il, que

lou$ lt!$ auteurs qui adoptent l'une des nuances Je cettu

divtriDo a<licetteDt implicitement, sinon rormellcment, que

l'obMidc à li sortie du sang veineui n'est que partiel et

ii..î-:7;:;t. car autrt-'ment, la gangrène du pénis serait la

»ui:; .Votiiah:* ii"une slase indéfinie do sang. Mois même

.vft .vt;e rë«Me. qui est de toute nécessité, il y a des

.• ffi.a;:» qe: *m'1 inoonciliables a»ec la Ihéoric ; celle-ci,

;.« \îmf : Aufoinmencemenl de l'éreclion, il est pos-

'.r -p 'oiî '■-■ siris artériel apporté ne s'échappe point

^- «* «««s ; mtii si l'éreclion persiale et dure longtemps,

» ^^koures-ainci qu'on l'a i« dans certains co» de Mty-

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