A UN ÉTAT PATH06ÉN1QUB
Mais en dehors de ces altérations, dont il est aujourd'hui im|K>ssible de contester la réalité, ne conçoit-on pas que les excès dont nous parlons aient pu porter leur action d'une manière plus exclusive sur le système nerveux génital, et l'aient frappé d'atonie par la fatigue et les pertes qu'ils lui ont imposées ?
L'observation journalière et rigoureuse des faits répond par l'affirmative.
Sons le rapport de la symptomatologie, toutes les spermatorrhées ne s'accompagnent pas au début de ce sentiment de souffrance, de cuisson, qui, avec le sperme sanguinolent, dénote l'eiistence d'un point phlegmasique.
Sous le rapport du traitement, les moyens nombreux, qui tous comptent des succès, donnent un démenti formel è l'opinion exclusive que je combats, et le galvanisme dont M. {^allemand lui-même a eu à se louer dans un grand nombre de circonstances, me semble militer en faveur de l'opinion que je défends.
La distinction que je m'attache à établir n a pas un bat parement spéculatif; elle a une portée pratique dont on sen« tira tout à l'heure I importance, alors que je formulerai les bases du traitement.
Entre-temps, je me crois autorisé è admettre deux sortes de spermatorrhées :
t* La spermatorrhée avec phlegmasie aiguë ou chronique des vésicules séminales;
S"* La spermatorrhée avec simple atonie nerveuse de l'appareil génital.
Il n'est pas toujours facile, surtout à une époque éloignée du début de la maladie, de distinguer Tune de l'autre ces deux variétés de la spermatorrhée ; cependant, en interrogeant le malade avec soin, en fixant ses souvenirs sur lei
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eircoiistances qui ont précédé et qui ont accompagné let premiers symptéroes de raflectiooi il est possible d'arriter à an diagnostic à peu près certain.
Quand une phlegmasie est le point de départ de la apermatorrhéei le coït, alors qu'il est encore possible, s'accomplit avec rapidité, c'est-à-dire que l'éjaculatioD ne se fait pas attendre longtemps; celle-ci s'accompagne d'un sentiment de chaleur, de cuisson même du cAté de la prostate, et le sperme peut présenter quelques stries sanguinolentes.
Dans la spermatorrhée atonique, au contraire, l'appareil génital semble frappé d'une espèce de langueur qui n'est pas encore l'impuissance, mais qui eiige, pour être secouée, l'intervention très énergique de l'imagination. L'éjaculation, lente à se produire, n'occasionne aucune douleur et ne présente jamais un sperme sanguinolent.
Des pollutions, d'nbord nocturnes et ensuite diurnes, précèdent presque toujours la spermatorrhée phlegmasique ; assez généralement ces pollutions font défaut è la spermatorrhée atonique, qui se décèle progressivement par Taffaiblissement de plus on plus prononcé de l'énergie virile.
Souvent des lésions plus ou moins graves de la prostate, des canaux éjaculateurs, des vésicules séminales ou de tout autre organe de l'appareil spermatique, accompagnent la spermatorrhée phlegmasique ; alors des matières morbides, telles que du pus, du sang décomposé, etc., se trouvent mêlés au sperme et ne laissent aucun doute sur la nature de l'aflection.
Ce signe est d'autant plus important à noter que dans la spermatorrhée atonique, le produit de l'écoulement a perdu la consistance et l'opacité normales du sperme, et n'offre plus que Tapparonce d'une sérosité à peine Blante,
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et qoe, dans Tun et l'autre cas, i'ëmission de la semence et celle de Torine ne déterminent ni cuisson ni douleur.
Tels sont les traits particuliers que je crois séparer les deux variétés de spermatorrhée, lesquelles ont d'ailleurs des caractères communs qu'il ne m'appartient point d'eiposer ici. J'ai dû m'arrèler un instant aui principaux caractères qui les distinguent, parce qu'ils déterminent la nature du traitement a opposer à l'impuissance.
Sans la séparation que je viens d'établir, et sur laquelle, je le répète, j'appelle sérieusement l'attention des proticiens, il est impossible de s'expliquer les succès que l'on retire des médications les plus opposées, et qui conduisent, ainsi que j'en ai acquis la conviction par moi-même, h repousser tout traitement exclusif, malgré l'éloquent plaidoyer de M. Lallemand en faveur de la cautérisation.
J'ai assczsouventporlélecaustiquedans le canal de l'urètre pour me croire le droit d'avoir une opinion propre, et je ne crains pas d'avancer que, si le nitrate d'argent guérit quel* quefois, il est dans beaucoup de circonstances non -seulement inutile, mais encore nuisible ; je l'ai vu, dans diverses occosions, augmenter les pertes et déterminer des accidents qui, pour n'avoir rien de grave, ne laissaient pas que de compliquer d'une manière fâcheuse la position déjà si triste du malade.
Dans les cas où la cautérisation échouait, je réussissais tantôt avec les ferrugineux, tantôt avec la noix vomique, tantôt avec l'ergot de seigle, etc., etc.
Bien évidemment, et il n'en saurait être différemment pour tout esprit non prévenu, cette diversité dans les résultats obtenus implique la variété dans la nature de l'aiïection, dont la connaissance exacte, je le répète, épargnera des tâtonnements au médecin et des souffrances au malade.
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Si la fihlegmasie est aigoë, c'eit*4-dir« si PéjacalatiM esl douloareose et le sperme Mogaînolent, on ne pent hé» filer à reeonrir aux anlipblogittiqaes locaas, à moins que la bibleste du sujet n'en contredise formeliemeot l'emploi; les bains de siège chauds à Tean de son on 4e manfe» le reposv la position horizontale, le réginM laelé et l'éloigno* ment de toutes les excitations amoureuses, compléteront le traitement dont Tindication estasseï rare dans la pratique.
Mais ce qui Test beaucoup moins, c'est la phlegmasîe chronique de l'appareil eicréteordo sporme qui, saufqneU ques circonstances exceptionnelles, n'exige ni les émissions sanguines ni les débilitants. C'est ici, surtout lorsque la phlogose s'accompagne de quelque ulcération ou de quelque désordre anatomique du verumontanum, que la cautérisation fait merveille. Sous ce rapport, M. Lallemand a rendu nn immen^p service h la f^cienre ot à riiumanité, car, il le faut bien reronnaitrc, avant lui, cVst-è-dire avant l'introduc* tion fie sa méthode dans lo thérapeutique , cette 5orte de spernintorrhée était souvent incurable, et les malheureux qu'elle atteignait, s'acheminaient lentement vers la tombp, à travers des souflrances et une faiblesse toujours croissantes.
Cependant la médecine n'était pas entièrement désarmée, et si elle triomphait moins fréquemment qu'aujourd'hui, elle ne succombait pas toujours. Ainsi, chez un malade à qui la cautérisation inspirait un ciïroi insurmontable, je suis parvenu SI arrêter les pertes et h déplacer la plilegmasie en entretenant, pendant quelque temps, un vésicatoire sur le périnée; chez un autre, le même résultat fut obtenu au moyen d'applications souvent renouvelées sur la même partie, de vessies remplies de glace, et par des lavements è l'eau froide.
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Mais, je te répète, la ressource par excellence est la cautérisation avec le nitrate d'argent, et c'est a elle que Ton devra constamment recourir, lorsque les appréhensions du naïade ne forceront pas è y renoncer.
Ce moyen sera, au contraire, proscrit sévèrement dans la spermatorrhéc atonique, et remplacé par les Ioniques, les astringents et les eicilaleurs, tant extérieurement qu'intérieurement.
J'ai assez souvent parlé de ces diverses médications pour^u'il soit inutile d'y revenir ici ; cependant je ne terminerai pas ces courles considérations sur la spermatorrhée sans dire que, dans cette seconde variété, j'ai retiré les plus grands avantages de l'ergot de seigle, soit seul, soit même associé à la noix vomique. Sans doute, cet agent a été employé avant moi dans dos cas pareils et avec un égal saccès, et je m'étonne de voir Al. Laticmand le rejeter comme inutile et quelquefois nuisible, à moins que le professeur de INIontpellier ne Tait expérimenté que dans la spermatorrhée phlegmasique.
La formule dont je me sers d'ordinaire e>t la suivante :
Poudre d'ergot do seigle 4 graçi.
Conserve de roses q. s.
On fait 10 pilules dont on commence à donner une matin et soir, et dont on augmente le nombre jusqu'à ce qu'on soit arrivé à 5 par jour.
Assez généralement je seconde l'action de ces pilules par une infusion de sommités d'absinthe, que je fais prendre en guise de tisane è la dose de deux ou trois verres par jour.
La noix vomique, quand elle doii Être associée à Tcrgot de seigle, est dosée de manière à pouvoir administrer le même nombre de pilules.
40& iiipviiiAiiCB coRstcirriTB.
D*oprè!i les observations Faites par MM. Debout (1) et Zambaco (âf sur Taction tonifiante du lupulin (principe actif do houblon), on peut espérer retirer quelque avantage de l'emploi de ce médicament, malgré son action sédative sur les organes génitaux.
Enfin, M. le docteur Duclos, de Tours» a préconisé dans ces derniers temps, contre la spermatorrbée avec impuissance, Vextrait alcoolique de la noix vomique^ de la manière suivante (3) :
Exlraitalcooliquedenoix vomiqoa Sgram.
Diviser en 100 pilules è administrer comme il suit :
Pendant cinq jours, i pilule tous les soirs.
Les cinq jours suivants, 1 le matin, 2 le soir.
Pendant cinq autres jours, 31c matin, 2 le soir.
Pendant cinq autres jours encore, 2 le matin, 3 le soir ; et ainsi de suite, jusqu'à ce que le malade en prenne 8 par jour : & à la fois le matin et & le soir.
Quelques malades ont pris, sans accident, jusqu'à 1& pilules par jour.
A rcxtérieur, M. Duclos seconde sa médication interne en faisant faire sur les lombes et la partie interne et supérieure des cuisses des frictions avec le liniment suivant :
Teinture de noix vomique ^
— d'arnica ou de mélisse. . j ^ '
— decanlharides 45 —
Enfin, M. \\ utzer (&) recommande, dans le même cas,
(4) Bulletin d§ thérapeutique, tS52. i XLIV. p. 239 et 3S5.
(2) Ibid., 4854, r. XLVIl. p. 461.
(3) ibid., 4 5 juin 1849.
(4} Ibid., 45 septembre 4849.