‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 51 sur 122 · A UN ÉTAT PATH06ÉNIQUB · texte numérisé non relu

A UN ÉTAT PATH06ÉNIQUB

partie de leur empire sur le sens génital, c'est-à-dire que celui-ci se montre plus facilement réfractaire que dans l'état normal aux ordres de la volonté ; on dirait que l'organe générateur tend à perdre l'habitude de cette obéissance pour subir rinfluence d'excitateurs anormaux. Ce commencement de révolte de l'appareil copulateur contre la volonté passe très souvent inaperçu, ou est expliqué et justiGé aux yeux du malade par les pollutions qui le fatiguent; c'est une nuance dans le degré de. l'énergie virile dont le médecin doit tenir compte, car cet état est toujours l'indice d'un mal plus grave, et, s'il n'annonce pas constamment la spermatorrhée, il promet à coup sûr, si les passions se perpétuent, un affaiblissement génital plus ou moins prochain.

Il y a donc nécessité de combattre les pollutions, non pas tant pour le dommage dont elles chargent le présent que pour les dangers dont elles menacent l'avenir.

D'après ce que j'ai dit jusqu'à présent des pollutions nocturnes et diurnes, on doit admettre qu'elles sont sous la dépendance, soit d'une surexcitation nerveuse générale ou locale, soit d'une irritation phlegmasique de l'appareil séminal.

La médication, on le comprend, sauf quelques préceptes généraux, tels qu'abstention de coït et d'onanisme, éloignement de tout motif d'excitation, soit morale, soit physique, etc., se conformera à la nature propre de l'affection.

Dans le premier cas, les opiacés, les antispasmodiques, surtout le camphre, les bains chauds, généraux ou locaux, etc., occuperont une place importante. Si la pauvneté du sang ou le délabrement de la constitution entretenaient la susceptibilité nerveuse, on aurait recours, outre le régime approprié, aux ferrugineux, au quinquina, au lupulin, qui

Ml urmiAiics coi

joint, selon M. Zambaco, à son aclion sédatifo aor laa ot^

gaiias géniUiQi, uoe aciioo tooifianle non BMÎna rtawr^

qiiable(l)«

Dans la cas d'irrilaiioa phlcgmasiqua locale, on fionl avec avantage recourir ani antipUogistiqaea loeani, anr^ tout quand Je malade accuse de la pesantenr an |iérinée, one sorte de cuisson ou de gène pendant on après rènmsîoo de Turine, et on sentiment de chaleur dana la portion prostatique de Turètre aprèii réjacnlation spçrmatiqoe. Si la phlegmasie était à ce point légère qu'elle ne se manifestât par aucun des symptèmes dont je viens de parleri on retirerait un plus grand avantage du bain local froid qne dMnd« d'applications toniques eitemes que de la eautériaation de la prostate.

Mais, jo le répète, la continence morale et physique, secondée par une hygiène et un régime convenables, est le moyen le plus puissant à opposer au\ pollutions, qui, dans la majorité des cas, ne réclament pas les secours de la matière médicale.

Spermatorrhée. — Cette aiïection a eu le sort de beaucoup d'autres, qui, après avoir été admises dès la plus haute antiquité, ont été révoquées en doute et même niées par ceux-là même qui étaient les mieux placés pour les décrire. Hippocrate, avec cet esprit observateur qui a fait le désespoir de tous ceux qui l'ont sui\i, mentionne les symptômes principaux de celte maladie. » Elle attaqut*, dit-il, principalement les nouveaux mariés et les gens adonnés aux plaisirs vénériens; ils sont sans lièvre, ont bon appétit et maigrissent. Si vous les interroges, ils répondent que des espèces de fourmis leur semblent descendre de la tète le long du rachis; après la miction ou la défécation, ils ren*

(I) B^lleHn d» îhérapeuti^UÊ, 4S54. t XLVII, p. 464.

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dent do sperme abondant et aqueux ; iU n'engendrent paa, ils ont des pollutions nocturnes, soit qu'ils couchent ou non avec une femme (1). » Celse n'est pas moins explicite qu'Hippocrate : Est etiam, dit-il à son tour, eirca naturalia viHum^ guod sine venere, sine nocturrUs imaginibus sic fertur^ ut, irUerposito spatio^ tabe hominem consumcU (2)«

Toute la symptomatologie de la speraiatorrhée est contenue dans la phrase d'Hippocrate et dans celle de Celse, et Ton a droit de s'étonner qu'après des témoignages si expln cites et des autorités si compétentes, il faille arriver jusqu'am XYU* siècle pour retrouver quelque trace de cette affection dans les auteurs, même les plus estimés. Tauvry (&) fait la même observation qu'Hippocrate , et Morgagni (&), tout en reconnaissant, comme Celse, que chez les hommes affaiblis par la débauche, le sperme peut s'écouler sans plaisir, sans excitation vénérienne, ainsi qu'il arrive par l'effet d'un lavement trop chaud ou par l'excrétion de matières fécales endurcies, remarque que le liquide de l'écoulement vient tantôt de la prostate et tantôt des vésicules séminales, et commence ainsi une confusion que n'ont même pas encore entièrement dissipée aujourd'hui les recherches de Wich* mann, de son traducteur, Sainte-Marie, et celles surtout de M. Lallemand.

Dans sa dissertation, imprimée en 1782 à GœttingeDi Wichmann (5) s'attache d'abord à distinguer la pollution

(4) OEuvres d'Hippocrate, trad. par Litiré, Paris, 4 851, t. VU; Des maladies, liv. II, p. 79.

(3) De medicmA, lib. lY, sec. xxi. Edîtio nova, corantibus Fooqutar ei Ralier, Parisiis, 4823, p. 475.

(3) Nouvelle anatomie raisonnée, 4 693, p. 464.

(4) De causis et sedib, mor6., epist. 44, art. 4 6.

(5) De pollutione diumd frequenti, sed rarius observatd, tabesomUm causA, in-8.

M la pollotioo BoctarM (I)» et établît eoMita les camdiffts JiÉhftifili de la pollutioii diurne et de toat lei aatm écodeaMSts qoe Toa eonibndait aior» ioos le bobi Mann^ve #e faMfTM0.

La pollatiaa diarne, oa ce qoe ron désigne anjourdlmi la aaai de speimstorrhée, a lieu dans Tétat de veille, atolalaoa et sans désirs vénériens, sans érection, sans plakir et en l'absence de toute action d'agents aphrodiaiafuca; de plus, ajoute Widimann, dans la pollution Ame, les naïades ne perdent pas sans cesse leur semence par une eicrétion continuelle de cette liqueur, comme les fcnmes sujettes à la leucorrhée; mais ils l'éjacalent tonte k la fois et en une seule fois, et c'est cetto circonstance qui a bit donner à cette maladie le nom de polhêHon, Comme Hippocrate et Celse, Wichmann a soin de mentionner que la perte diurne du itperme se produit surtout à la fin de rémission des urines et à la suite des eiïorts de la déré* cation.

Certes, à ces caractères, il est facile de distinguer la pollution diurne de l'écoulement spermatique qui se produit k la suite d'entretiens libidineux ou par certains attouchements, et d'autres écoulements de diverses natures qui se font goutte i goutte et d'une manière continue. Cependant Swedinur, qui connaissait pourtant le travail do médecin de Hanovre, retombe dans la confusion que ce travail avait principnlement pour but de faire cesser. « La blennorrhée de la prostate, dit-il, est un écoulement morbifique du mucus de cette glande, ou de la liqueur des vésicules séminales, principalement pendant le jour, sans désir vénérien. Cette maladie est bientôt suivie d'une faiblesse ou débilité géné-

' (I) L'étal morbide quo noiis avons désigné par lo mot de iperma^ torrhée est exprimé dans Wicbmaon par celui de pollution diurne.

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raie; cet épuiscmcnl est accompagné d*uiie émaciation universelle du corps, et mène par degrés à la mort, si le malade a diiïéréy comme cela n'arrive que trop souvent, à consulter un médecin éclairé, ou que les moyens propres n'y ont pas été employés à temps

» La vraie ou véritable gonorrhée [gonorrhœa proprie sic dicia) est \3}\e émission de la semence ou de la liqueur spermatique contre nature, fréquente, alTaiblissante, avec une sensation voluptueuse {liquoris seminalis ejectio frequens^ libidinosa^ involufUariaj debiliUms) ; on comprend généralement sous ce genre les pollutions nocturnes ou diurnes accompagnées d'une sensation libidineuse (1).

» Il y a une autre espèce . de cette maladie : c'est un écoulement de la liqueur séminale contre nature, fréquent, diurne, affaiblissant, sans érection de la verge, ni désir vénérien. Le docteur J. E. Wichmann, h Hanovre, est le seul auteur qui ait bien traité ce sujet dans un petit ouvrage : De poUtUione diumâ, 1782(2).»

En laissant de côté ce que Swediaur appelle la véritable gonorrhée, et qui correspond à ce que j'ai désigné sous le nom de pollution, on se demande en quoi diffèrent, au point de vue des symptAmes, sa blennorrbée de la prostate et la pollution diurne de Wichmann.

Cullerier, qui nomme gonorrhée toute sortie de l'humeur spermatique hors de l'économie^ admet deux espèces de gonorrhées pathologiques : l'une qui se produit pendant les efforts de la défécation chez les personnes ordinairement constipées, et qui disparait avec la constipation ; et l'autre qui ressemble assez à la pollution diurne de Wichmann,

(4) Voyez Tissot, Traité de V onanisme.

(2) Traité complet des maladies syphili tiques ^ 1798, t. I, p. M 6 elH7.

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m ee n'est qae par les progrès de la niafadie« réconleinent auquel s'est jointe riinroeur prostatique /hit par devenir eantmud ; mais ee n'eit plus gu'une lymphe sans eotisû* tanee qui s'échappe du méat urinaire (i ) •

Telles étaient, d'une manière générale, les données de ta adence anr ce svjet, quand M. Laliemand fitconnaftre le résultat de ses recherches (3), et jeta sur œtte matière un jour nouveau et plus brillant.

L'illustre professeur de Montpellier éoumère d'une ma* mère plus précise qu*on ne ravait fait avant lui, les causes multiples qui donnent naissance à la sortie involontaire du sperme; parmi ces causes, il place en première ligne la Uennorrhagie, et l'on s'étonne qu'il ait réservé pour le second rang les eicès de masturbation, surtout quand on connaît l'oiplication qu'il donne de leur mode d'action.

Selon M. Laliemand, la masturbation fait naître, en raison de sa fréquence, dans les organes séminaui, un état de phlogose <|ui détermine la spormatorrhée. Cette opinion est acceptable, mais è la condition qu'elle ne sera pas prise d'une manière absolue, et que Ton accordera que dans des cas moins rares qu'on ne croit , la spcrmatorrbée n'est en aucune façon liée è un état pbicgmasique des organes génitaui.

Sans doute, les excès vénériens occasionnent des urétrites, des orcbites, des inOammations du canal déférent, et l'on comprend très bien que la fréquence et laltération de la sécrétion séminale et l'émission involontaire de son produit soient le principal, sinon le seul symptàme de la phlegmasie chronique du testicule et de son appareil excréteur.

(4 ) Dictionnairf dei scimccê médkaleê , art. GoroubAb, t. XIX, p. 4 et 6.

(S) Dti perteê iéminalti involonlatr^i, Paris, 4 836-4 S42, 3 vol. iù4.

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