‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 75 sur 122 · IMPUISSANCE PAR FRIGIDITÉ · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE PAR FRIGIDITÉ

D'après les lois de la nature, la femme, pas plus que l'homme, ne doit être inactive pendant l'acte du coït : comme lui, des désirs la sollicitent, et comme chei lui encore la volonté est nécessaire pour la réalisation de ces désirs ; mais pour que cette volonté ne fassepasdéfaut, pour qu'elle seconde et favorise la copulation, but des désirs incitateurs, il faut qu'un attrait puissant lu décide, qu'une suprême récompense, pour ainsi dire, soit attachée a sa soumission; cet attrait c'est le plaisir, cette récompense c'est la volupté.

Le plaisir est donc une condition du coït normal chez la femme, et par conséquent son absence constitue un état antiphysiologique dont les conséquences, hàlons-nous de le dire, sont préjudiciables plutôt aux liens conjugaux qu'à la santé générale de la femme et qu'à l'acle de la génération.

Mais de ce que la frigidité n'altère aucune des fonctions nécessaires, soit à renlretien de la vie, soit à la propagation de l'espèce, il n'en faut pas déduire que cet état anormal est indigne de l'attention du médecin et des méditations du philosophe. Indiflérente d'abord pour un acte vers lequel ne la sollicite aucun attrait, la femme froide finit toujours

IMPUHSAKCR TAR FRIliltUTft.

|iur passer de l'indilTérence h In répulsion, surloiil nprè^tmr ou plusieurs grossesses, dont le plninir ne lui Tait oublier ni les ennuis ni les douleurs; alors cette répulsion, mal comprise ou mal interprétée par l'homme, entendre cnirp 1rs deux époux des querelles et des luttes i{ui brisent 'quelquefois le nœud conjugal, mais qui retentissent toujours plus oa moins Tortement sur le caractère de la Temme et le bonheur du fover domestique. Le médecin est souvent consollé pour cette infirmité, et l'excuse dp ce recours k la science est, il faut le reconnaître, bien moins dans la. plaisir que dans la p»ix du ménage.

Deux puissants motifs militent donc en fateur de l'étude el de la guérison de cet état, que tout autorise k appeler morbide ; en y obéissant, le médecin accomplit une double mission sociale ; celle de favoriser la propagation de l'espèce, et celle de sauvegarder la base de toute société, le mariage.

Il n'est pas dans mon rAle de m'appesantir davantage sur l'intérêt que présente, au point de vue social, la frigidité de la femme, qui, sous ce rapport, a presque tonte la valeur de l'impuissance chez l'homme ; il a dd me sufBre d'indiquer cet important cAlé de la question, afin de me faire pardonner la sollicitude avec laquelle j'ai étudié tel état, s'il était besoin de justifier cette sollicitude de la part de la médecine, lorsqu'il s'agit d'une infraction aux lois physiologiques de notre nature.

Je reviens donc à la partie purement médicale da problème.

Mais pour bien comprendre t'éliologie si mal connue de Is frigidité, il faut se rapporter i ce que j'ai dit ailleur9(4)

(() Voyez la page 31.

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sor le mécanisme du plaisir chez la femme, et se rendre bien compte du rôle que jouent, d'une part* les bulbes du Yagin, et d'autre part le clitoris.

Je vais, pour l'intelligence de ce qui va suivre, rappeler ce mécanisme en deux mots : anatomiquement.et physiologiquement, les bulbes du vagin sont les analogues du bulbe de l'urètre chez l'homme, et le clitoris est, comme la verge, pourvu d'un gland et de corps caverneux dont la base communique, au moyen de veines nombreuses , avec les bulbes du vagin, ainsi que l'ont démontré les injections faites par MM. Kobelt (1), Jarjavay et Deville (2).

Sous l'influence des désirs erotiques, les bulbes se gorgent de sang et envoient ce liquide en plus grande quantité, par le réseau intermédiaire, aux corps caverneux et au gland du clitoris, dont la sensibilité, ainsi accrue, se réfléchit avec plus d'intensité sur le conslrictor cunnt, ce muscle symétrique qui, en tout semblable au bulbo-caverneux chez l'homme, recouvre et comprime dans ses contractions les bulbes du vagin.

Ainsi, pour que l'éréthisme vénérien, et, par suite, le plaisir, se produise chez la femme, il faut l'intégrité et le libre exercice des organes suivants : i"* bulbes du vagin et leur muscle, le conslrictor cunni ; S"* le réseau intermédiaire ; â* enfin le clitoris, surtout la partie libre, c'est-à-dire le gland.

La distinction que je viens de faire n'est pas une simple curiosité anatomique; elle est, comme on le verra plus loin, d'une importance extrême pour l'étiologie de la frigi-

(4) Dtf Vappareil du sens génital dei deux iexes^ trad. de l'allemand par M. Kaula, p. 78 et suiv.

(2) Traité d'anatamie chirurgicale, par M. Jarjavay, t. I, p. 316.

tiipcosANCE CAn psiainiTt. dite, et t'es.1 à elle que jo doJK ilu m'ètn; rendu oompic, i pluHieurN circon»t»iicei, d'une absenc» de [ilaisir véoéneo <]u'aiiciine lésion du clilorî) no poafnit n)'cipli(|iier; aiofi, et ponr n'en citer <|u'un ciumpte afin du ne pas empiéter sar l'étude <|ui rn suivre, j'ai rencontré àes femmes qui, h la Nuite il'un nccoiichement bboricut ot pendunt lequel II vulve avait plus ou moins «oufTert, perdaient (ont aentim<>nt voliiptiicun, nans fjne le clitori» pr^nenlAt la rnoiiMlre trace d'altération. — Ces cas ne sont pas très rares. ^ La frigidité pernistc plus ou moins longtemps; laatAt la facallé erotique est complètement et pour toujours éteinte, el tantôt, après une suspcaiiion dont lu durûe ohI très varilblc, elle réparait nans rnu»e connue, el sann qu'aucune médiralion ail été lenlée pour In rappeler. Dans ces caf, moiai rare* qu'on ne pense, je le répMc, on Irouve, itan« une lésion des bulbes, et plus souvent encore dans la déchirure du conslriclor cunni, l'eiplicalion de ce trouble que, dans leur ignorance, les auteurs qui m'ont précédé mettent tolonliers sur le co;nplede lu sjncope génitale, d'une névrose, et voire même de la paralysie du cliloris.

C'est il ce défaut, je dirai mt^me h celte absence de toit diagnostic différentiel que la frigidité doit d'être obandoimée dei médecins comme incurable et partant comme indigne de leurs méditations. Aussiiii-jetrouté bien peu de chose chet mes devanciers, qui m'ont laissé un champ tout en rridw et dans lequel j'ai e5soyé de tracer quelques sillons.

Ainsi que je l'ai fait pour l'impuissance chez l'homme, je considérerai la frigidité au point de vue de son étiologie, el j'admettrai les cinq ditisiunii >uiiaiites :

1° Frigidité naturelle, ou par vices de ronfornialkto j

•2" Frigidité idiopalliique;

'i" Frigidilé stmplomatique;

FRIGIDITÉ i^All VICES DB CÔHf^OllffAtK^; tÀS

fto Frigidité consécutive ; S"* Enfin frigidité iiyiDpnthiqUe où mofHlë. - Ces! dans cet oi'dfe que je rais étudier cet état hhatP6 de l'appareil vénérien chez la femme.

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