TROUBLES DE LA F0MCT10N DE SÉCRÉTION SPEHMATIQUE
Les causes qui peuvent jeter le trouble dans la sécrétion spormati(|ue en amenant pour résultat final soit Tabsence complète do cette sécrétion, soit une altération dans la nature intime du sperme, tiennent tantôt h un ^'tat général, soit physiologique, soit morbide, et tantôt à un état pathologique de l'appareil sécréteur lui-même.
Je vais les examiner sous ces deu\ chefs principaux.
(^ I. — Tronble» dépendant d*an élnt général.
lo Age, — f^iei liesse.
Les deux extrémités de la vie sont peu propres à la fécondité; la nature ne nous a dévolu la mission de perpétuer l'espèce qu'ajirès le complet développement des organes et avant leur dépérissement, afin qu(> nous pu ssions transmettre à nos descendants une plus grande somme de force et de vitalité.
L'établissement de la fonction génitale est chez l'homme le signal d'une transformation morale et physique dont je n'ai point ici a retracer les caractères, mais qui indique d'une manière certaine que l'individu a déi>ormais acquis l'aptitude à la procréation.
iMATtOUK. ^1
09& TROD|li,BS DK LA FONCTION ÙÈ 8fiCitÉT10l<l t^HltATtOtlK.
En est-il dp même lorsqiio celle niilitiidt* ilitpnrgtl? d'aatrei ternii>.« la nnturt; o-t-clle a^si^ri6 un terme i pea |)ris coiistanl h Vewrr'm^ de lo fonrlinri proc r^otrire , el a-l-elle roumi d< s signes iiuiquels on puiï^so rcronnallre l'anéantissement de cctlo Toiirtion?
Les opinions Icx plus orcrédit^c!! di-» pliyniolugi^tt-f modernes relalivi-nu'iit ti In riictilté fécondante de» vieillards, semblent en cotitroilidion avec des fuils oulhenti']ues et qui (l'ailleui> st- renouvellenl tous les jours, et surtout avec les rechercbi's toutes réientCD de M. Dupiny, sur les({aelles j'aurai i rercnir tout ti l'iieurc.
Il est incoiilrstablu (]ue dnns l'ordre réjzulier des choses et dons la tri^s Kramle majorité îles ras. l'homme arrivé a un certain â;;e penl In fanillé il« se r^^pro'luife; en ron»^quence, comme dans les idées les plus généralement admises aujourd'hui, on plare toute la puissance fécondante daos les zoosjiermt^s, on en a eonrln que les nnimaliulcs manquaient chez lev vieilhirds. .-c Le développement des spermaloioatres, dit J. iMiiller, roiiimenceilur;int lajciuiesse dans la classe des mtimmifiTi's; il n';i lieu qu'à l'époque de la puberté dans l'espèce liumniiie, el resse duns l'âj^e av'ancé{l). » M. Longet n'i'>t pas moins cx|hlicile que Millier : « Kartzœker, dil-il, Georfroy, Anilry ont remarqué les premiers qu'il n'y a pns de spermaloîoaires riiez renfanl; Daker n'en a pas rencontré davanlaj'e chez les hommes épuisés par les eicès vénériens. Knfin ils disparaissent complètement chez l'homm'- par le progrès de Tùge, c'est-à-dire en même temps que la pni^s'oncc virile (2). «
Cependant ^^ ngiicr émet une opinion toute contraire :
I) Mniiiii-i <ir phijiinii-gie, irsduil dc l'allemand, f édit. Parit. 1851, I. II. p. 6^6.
(2) TrixiU tU pti\i*iologie, l. Il, p. Si.
TROUBLES DÈPBNDAIft d'uN frfAT QÉNÉiAL. 596
« L'appétit vénérien, dit-il, diminue chez l'homme, mais ta faculté d*engcndrer semble subsister pondant toute ta vie chez ceux qui jouissent d'une bonne santé... J'ai troavé chez tes hommes très âgés des spermatozoaires dans les testicules ; chez des hommes de soixante à soitante-dix ans j'ai toujours trouvé des spermatozoaires dans les testicules; fréquemment il n'y en avait plus dans le canal déférent, mais en général les vésicules séminales en contenaient (1).»
Comme on le voit, il était assez diflicile de se former une opinion au milieu de ces contradictions d'autorités également respectables, quand les recherches de M. Dupiny, entourées de toutes les garanties de savoir, de talent et de probité que l'on doit exiger d'un expérimentateur, ont aplani bien des doutes sur cette face de la question.
Pour les li'cteurs superficiels, la lumière apportée par M. Duplay, loin d'avoir éclairé le difficile problème de la fécondation, l'a replongé dans de nouvelles ténèbres, car, dira-t-on, si la sécrétion spermutique s'efTectue chez le vieillard aussi normalement que chez l'adulte, et si le premier n'a plus comme le second l'aptitude de procréer, cette aptitude évidemment ne réside pas dans la composition da sperme, ou pour simplitier, dans la présence des spermatozoaires, et il en faut revenir ù l'opinion de Burdoch, qui dit : « Ce n'est point aux spermatozoaires qu'est due la faculté procréatrice ; ils ne sont qu'un elTet accessoire et un phénomène concomitant de cette faculté, motif pour lequel ils manquent chez les enfants, les vieillards et tes mlh iades (â). »
(4} Histoire de la génération^ traduction française, p. 1 4 et 34 . (SJ Traité de physiologie, irad. par A.-J.-L. Joordan. Paris, I8S7, 1. 1, p. 434.
596 TUUUILIS DB LA FUACtIon DE litCftftTIOft ^MIHATltH
Jg dirai loul o l'Iieure cumincrit rojiiiiioii lic \Vagiu les résultais lies ubser\nlioiis de M. Uiiiila) »onl iiorfiiiteineiit coni|inlib'es avcr In sl6riti(é di's licillanls, tguoi' que admellaiit la conlinuiilioii de la séii^lion iiofinale du Hperme. Pour \r momriil jf tloi' lu'aiiCivr un iii<il9nt aux ei[iérienres de M. Dii|tlay. cor elles élnbli-seiil un poiat rotidamental ilaiis la (guesliun qui uous oau)i4>, el tlool l'importiince e>i immense, iion-i^culrmt'iit en pli^siologie et en piiliiulo^ii', mais encore iint jio iiN île itio de la morale, de la rumille et de lu médecine li'gnte. Ou me |inrdoiinera ilunc, eu égard à celle im|)or(aiici' mullijilis les eni|'runU lettuels <|ue je |)Uurnit Tairtr au Iraiail de noire confrère.
M. Uu|i1ay a examiné thct 51 vieillards le I quiile codlimu dans li-g vésicules séminales et tes canaux déférents, et trente-sept fois il a const'iti dnns ce liquide la présence des spermatiizoaires. Ces animalcules ne •'C «opit pas loujour* présenléit dans le m£me étnl. n Unni> ta majorité des ct« ('27 fuis), dit M. Uuplay, ils étaient porfailemcnl bien confurmés, la tète était vuliimineusi', la queue lon};ue et recourbée, enfin, ils ne diiïémienl en rien de ceui qac l'on obser>e dans le Sfierme de l'adulte ; quelquefuis {i foi») U tète était ronfurmée cummc rbcz l'iidulle, mais la quMM était moins loii<(ue et ne se terminai) plu« par un libmeBt auvsi lun^elausi-i recourbé; une fuis 1rs spcrmalotoaîret, quoique se terminant par tin pru'on;:eiiient Iri-s lon|! e( |rè) recourbé, pré-^enlaient une tôle moins lulumincu^o qae dans les cas ordinaires; une autre fuis on totait. dans le champ du microscope, un •>raiid nombre de télés de spermslotoairet.donl qufl'|ui's-une!( éluirnt huiiies d'une wrie de tronçon de queue bruï^qtK'meiil coupée; cinq fuis ;ius>i j'ai ob^rté un mélange de ces deux états des fpcnnoloioatres.
Aiiiti, à cAié de zooiipernies bien conformé» et présenlauttM
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mêmes caractères que chez ratiiilte^on en rencontrait plusieurs à queue tronquée, et i*on \0}ait, à côté d'eux, de petits corps qu*il était Ticile lie reconnaitre pour des tètes de spermatozoaires. Dans un cas, j'ai constaté, avec ta pré* sence des animalcules spermatiqu^s , celle d'une assex grande quantité de petits cristaux dont je n'ai pu déterminer la nature. Ajoutons que, quelquefois aussi, à côté des spermatozoaires bien développés , on apercevait un grand nombre de granules, soit i>olés, soit contenus en certain nombre dans une vésicule commune, et entièrement ana* logue à celles d'où Ton voit les spermatozoïdes s'isoler, ainsi que l'ont signalé les ph>siologistes qui ont étudié les diverses phases de leur développement. M. Davaine, avec qui j'ai observé plusieurs fois cette particularité, était aussi fortement porté a croire que ces agglomérations de granules étaient des spermatozoaires en voie de développement.
» Quant à !a quantité des spermatozoïdes, elle n'a pas été toujours la même : dans quelques c^s, ils étaient aussi abondants que chez l'adulte ; ainsi, le champ du microscope en était couvert, on les voyait, très rapprochés les uns des autres, s'entrecroiser dans tous les sens. Chaque gouttelette de sperme soumise a l'examen en présentait la même quantité. J'ai constaté sept fois cette abondance excessive dea animalcules spermatiques, et le sperme d'un de ces sujets a été soumis a Tcxamen de RtM. les membres de la Société de biologie. D'autres fois, quoique encore abondants, les spermatozoaires Tétaient moins que dans le cas précédent; ils étaient moins pressés les uns contre les autres, quoique le champ du microscope en présentât encore un grand nombre. J*ai observé seize fois ce second état. Enfin quelquefois les animalcules étaient rares; on n'en
199 THUDMJ» DB LA Ff>KOIU^ Dl «iCKftilOK ei>IWAtlQ|iR. t^fcevuit |)lus <|iii^ qiieti]Uf!s-uii5, inaièa ou milieu d'i lifoide i)iii ))fésc[>(ait dt- (Ji'lilcï gruiiulalioiis e( Je« débris <lf (ii-ltules i-pitliL-lialeii. Quulortc fuis j'ai caiisUtii ccUa ^ireté de» »|>erin<)lutonircs, i|ui iouvenl, quoique |ieu nom- ^Ux, éloîenl (tarliiilemenl iléii;lo|i[ié5.
a Les fpermatuiuoiTe» *g rencuoiraiciit soit ilaii» tuuie r^odoo lies vaics spermaliqucs, re que j'ni rencoolré nii£l-xit r»t!i, soil dans un seul poiiil de ra)ip«rcil cicrétaiir>AiiiKi, (ruii foi^, le sperme ïciil ronlenu dJins les ciMux dërérciilï rciireniiail des luospermcs, et relui de» véliculeR n'en laissait apercevoir nueuii ; un« fuis leur IHréssnce a èiè eoiinlotéc dans le liquide dos «éiirules t^miulcs et no ))u l'ôlrc duiis \e» ennsui d^fi^reiitX; enBo, il M'e^t Hrri(é sept fols dVii trouver dans iinesfule téMcule, quatre Tois dans la vésicule droite et trois foin dans la gauclie, à l'exclusion de celle du edté opposé et des deui canaui dtTt'renlsfi). «
L'absence des spermaloioaires cliei les qualorse individus restsul de la statistique de M. Uupla), ne se peut eipliquer par rien d'anormal, v Quant aui leslicules, dit l'auteur que nous citons, leur (issu propre était sain sur In (jUltortu cas ; on observait toujours cet état de Daccidité de rorgaiie> qui est presque con^laut cbei le vieillard, el que nous avons déjà signalé. Uans un seul cas, les testicules étaient etcessitenieiil petits élevaient subi une véritable atrophie. Cioq fois j'ai rencontré l'Iiydrocèle de la tanique vai^inale, et, dans un seul cas, un kjste de l'épididjme (2). »
EaGn, comme il est impossible de reproduire ici tout la
(<) Archirfi gén^alei de mè'lecine, l' séfie, t. XXX, décembre 1861, p. 393.
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travail de M. Duplay, je terminerai par les remarquables conclusions qu'il tire des faits étudiés par lui :
« 1** La sécrétion du sperme continue h s'ciïectuer chez les vieillards. Quoique, parmi ceux qui ont été soumis à notre observation, le plus Agé eût quatre-vingt-six ans, et que nous n'ayons pas eu Toccasion d'étendre nos recherches au delà de cet âge, tout porte à croire que la sécrétion spcrmatique se prolonge jusque dans un âge beaucoup plus avancé.
» 2"" Cette sécrétion est généralement moins abondante que chez l'adulte; ce qui le prouve, c'est la prédominance du liquide sécrété par la membrane muqueuse des vésicules séminales, dans le sperme que renferment ces réservoirs. Cependant, par une exception rare, à la vérité, et même chez des octogénaires, la sécrétion du sperme parait être aussi abondante que chez l'adulte, car le liquide que renferipent les vésicules séminales de ces sujets privilégiés parait aussi consistant que chez les sujets encore dans la force de
l'ige-
a &"" Contrairement à l'opinion généralement admise par
les physiologistes, les spermatozoïdes se retrouvent dans le sperme des vieillards. Les cas contraires, loin d'être la règle, doivent être considérés, d'après nos recherches, comme l'exception. Si dans certains cas, les spermatozoaircs sont moins nombreux que chez l'adulte, ou répandus moins uniformément que chez ce dernier dans toute retendue des voies spermatiques ; si, dans certains cas, ils présentent une conformation moins parfaite, dans d'autres aussi, et quelquefois chez des sujets très âgés, on les retrouve avec tous les caractères qu'ils présentent pendant la période moyenne de la vie.
» li^ Si les vieillards ne sont plus aptes à se re|»ro(luire, ce que Ton observe le plus généralement, et si, d'un autre
HOO rKUtlRLES DE LA FONCTION t>B SËCHÊTIOR SPiRHittQCE.
ràtc, ia présence des spermolorunires constilue la qualité récondoiite de la liqueur séiniiialc, c'esl moins » In coinposilion de leur sperme qu'iiux iiutres cnnJilifliis «le l'iicle reproducteur (ju'îl fuut atlribuiT l'inri^coridilé des iJtril- Inrds (1). ..
A côlé île rc remarquable Iravoil, ilonl j'oi été heureux de reproduire leUiicllemeiil les prînrijiaui }iO!i«ngi-s,et qui, le premier, oppose des Tails aulhirnliqncs il une pure hypothèse des ph\siulo<>isti's. je crois irmlile ilc mentionner quelques observotions qui me sont propres, et qui, d'ailleurs, concordent exactement atec les rê»ull^iU annoncés par M. Dnpiay. Aussi, bien i-Dii\nincu de Texislenre des spermatozoaires dnns la liqueur séminub' de» vieillard», et, d*an HUtrecàlé. Torct^ d'udmettre l'inaplitude de ceui-ei à se reproduire, j'ai cherché quelle puutail être In condilioo de rgclerepruducleurqui faisait défaut nu vicillord; oprùs ans observalion Dllentiie du jeu et de liinpnrluncc de ces coftdilions, je crois nvoir acquis la cerlilude que l'iitrécuadïté de l'jl^e awiiicé tetinil, dans ta majorilé des cas, rhrs lei individus surtout qui punsèdenl des animalcules spermntiques normaux, a une diminution notable de la force d'émiMtoD de la liqueur séminale.
Cette cau^c du* itlérilité, sur laquelle j'aurai à revenir plus loin, e><t quelquefois manifeste chez l'adulte; elle K trahit d'ordinaire par une ère (ion molle et fl'i«que. Les ma<iturbaieiir-i, par exemple, offrenl souvent auprès dei femmes celte faiblesse d'érection, qu'il In faille allribueri leur répugnance pour le »e\e. ou à rulTiitbli-<^emeii( de leurs organes, et presque toujours alors ils sont inhabiles k «e reproiluire, bien que leur sperme contienne des aniniakules
(Il ir.h.
. iJécemhre I86ï, p 103.