‹ Traité de l'opération de la taille, ou mémoires anatomiques et chirurgicaux sur les différentes méthodes employées pour pratiquer cette opérationChapitre 17 sur 61 · II 4 TAILLE RECTO” VÉSICALE · texte numérisé non relu

II 4 TAILLE RECTO” VÉSICALE

sentent des différences

très-gran cl es rela ti v e -

ment à la nature et aux connexions des parties divisées. En effet, on ne peut mettre en doute qu’une plaie du périnée bornée aux tégumens offre bien moins de gravité que celle qui intéresse la membrane muqueuse de l’extrémité de l’intestin rectum , qui est liée si intimement par son organisation et sa continuité avec l’appareil intestinal et la vessie. Quant à l’incision profonde, on ne peut pas dire quelle mette aussitôt à découvert , et pour ainsi dire à fleur de peau , la portion membraneuse de F urètre et la prostate , chez un homme robuste et bien musclé, parce que, lorsque le sphincter a été incisé, il reste une couche assez épaisse de tissu cellulaire à traverser pour arriver jusqu’à celte portion de l’urètre (1).

C’est à tort que l’on avance qu’il est possible

de borner à son gré l’incision de la paroi supérieure du sphincter et de l’extrémité du rectum, quand on est obligé de la prolonger, et quelquefois même depuis la portion membraneuse de l’urètre jusqu’au bas-fond de la vessie, pour livrer passage à une pierre volumineuse; car, dès que la pointe du bistouri est engagée dans la cannelure du cathéter ,

(i) Voyez les Planches YI et YII.

TAILEE KECTO-VESICALE. Ïl5

son tranchant ne peut fendre verticalement la portion membraneuse de l’urètre et la prostate, sans diviser, sinon dans la meme étendue , au moins dans une partie de ce trajet , le sphincter et la paroi supérieure de l’intestin rectum (1). S’il n’en était pas ainsi, lorsqu’il est nécessaire de prolonger l’incision jusqu’au bas-fond de la vessie pour extraire un calcul très-gros , il pourrait arriver que l’urine s’épanchât entre la vessie et le rectum , ne trouvant pas un passage facile pour s’écouler dans cet intestin , à cause de la différence d’étendue des deux incisions ( celle de l’intestin et celle de la vessie ).

Enfin, il est certain que lorsqu’on pratique

(i) Inférieurement , la circonférence de la prostate présente une légère excavation, destinée à recevoir le rectum. Dans toute cette partie, qui s’étend à six lignes de chaque côté du raphé , la paroi antérieure de i’intestin est unie intimement à l’enveloppe fibreuse de la glande , par une couche de tissu cellulaire dense et serré, dans lequel on ne trouve jamais dégraissé ; on conçoit aisément que son amas dans ce point gênerait la sortie des matières fécales. Les rapports de la glande avec le rectum ne changent jamais , dans ce sens, que l’intestin soit distendu par des matières ou touU à-fait vide , que le sujet, soit maigre ou chargé d’embonpoint ; et lorsqu’on examine cette disposition, il est difficile d’admettre qu’on puisse obtenir la section complète de la prostate , sans intéresser l’intestin lui même. Senn. ( Addil . du traducteur. )

1 l G TAILLE RECTO -VÉSICALE,

la taille recto-vésicale chez un sujet dépourvu d’embonpoint, et qu’on porte l’extrémité du doigt de bas en haut au-delà du bord supérieur de l’anus , on pénètre avec facilité dans la portion membraneuse de l’urètre jusqu’à la moitié de la portion postérieure de la prostate , qui a été fendue verticalement ; mais , si on veut porter le doigt plus avant, on éprouve une résistance qu’on ne rencontre pas lorsqu’on fait cette exploration en pratiquant la taille latérale avec le gorgeret d’Hawkins , modifié d’après les principes que nous avons exposés dans notre premier Mémoire.

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