XXVII
Examen des avantages et des désavantages de la
taille recto-vésicale.
Un avantage commun à ces deux méthodes , c’est-à-dire à l’incision de la paroi antérieure
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de la vessie , ou à celle de son bas-fond et de l'orifice , comme l'indique le professeur Yaeca , c'est que l'ouverture pratiquée dans les deux cas peut se prêter à une dilatation suffisante pour livrer passage à une pierre volumineuse ; mais un avantage particulier â la taille rectovésicale , c’est qu’après l’extraction du calcul , l’urine , les mucosités et les corps étrangers que peut contenir la vessie sortent facilement par la plaie. Dans l'un et Fautre procédés , à la vérité , on est exposé à la lésion du péritoine ; en outre, il est important de faire remarquer, d’abord relativement à la taille recto-vésicale, que si l'incision qui pénètre jusqu’au bas-fond de la vessie, commence à la marge de l'anus et comprend la portion membraneuse de l’urètre , la prostate dans toute son épaisseur et l’orifice de la vessie, elle doit offrir une profondeur assez considérable. En second lieu , le bistouri ne peut suivre la cannelure du cathéter que jusqu’à l’orifice delà vessie inclusivement, de sorte que le reste de l’incision qui intéresse le basfond est faite sans que rien ne dirige l’instrument (1) , à moins qu’on emploie un cathéter cannelé , dont la courbure soit différente de celle qui lui est ordinaire. De plus , on blesse ,
(r) PL IV , %. 2..
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dans cette incision , les vaisseaux éjaculaleurs , l’une ou Fautre des vésicules séminales (1) , ou du moins un des vaisseaux déférens , pour arriver au bas-fond de la vessie.
En effet, quel est le chirurgien qui pourrait assurer qu’en pratiquant la taille recto-vésicale pour extraire une pierre très volumineuse , il fendra verticalement le vérumontanum dans sa partie moyenne , avec une telle précision , qu’il ne coupera ni l’un ni Fautre des conduits éjaculaleurs; et qui, prolongeant en arrière son incision pour ouvrir le bas-fond de la vessie , fera pénétrer le bistouri exactement entre les deux vésicules séminales ^ là où elles sont accolées , sans blesser l’une ou Fautre , ou l’un des conduits déférens? Voyez la fig. 2, pl. IV. Enfin , il y a tout lieu de craindre d’inciser le repli du péritoine, dont il a été question plus haut ; et , en dernier lieu , de déterminer la formation d’une fistule stercourinaire.
(1) Pl. IV, fig. 2,
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Comparaison des avantages et des inconvénient * . que présente la taille hypogastrique.
Pour pratiquer la taille hypogastrique , ou iueise la peau vis-à-vis l’intervalle des muscles droits et pyramidaux de l’abdomen, et l’on découvre ainsi la ligne blanche. Cette première incision , qui est superficielle , est terminée rapidement. La section de la ligne blanche faite d’après le procédé très-simple que j’ai indiqué et mis en pratique sur le vivant , n’expose aucunement au danger de blesser le péritoine (1). Il existe dans le second temps de cette opération un grand avantage pour l’opérateur ; c’est qu’il peut toujours éviter de léser le péritoine , qu’il distingue très-facilement, et lorsque la vessie est soulevée au-dessus du pubis par l’extrémité obtuse de la sonde à dard. On court encore moins le danger de toucher à cette membrane , puisque la paroi antérieure de la vessie se présente à nu entre les bords de l in-
(i) Voyez le Mémoire sur la Taille hypogastrique.
TAILLE RECTO-VÉSICALE.
cision des tégumens, et qu elle peut être alors facilement divisée dans une étendue proportionnée au volume du calcul. Quant à la facilité d’introduire les tenettes et de saisir la pierre , elle est la même qu’après la taille recto-vésicale , et peut-être même est-elle plus grande.
Le seul inconvénient assez grave que présente la taille hypogastrique chez l’homme réside dans la difficulté que l’urine et les mucosités de la vessie éprouvent à s’écouler après l’extraction de la pierre, difficulté pour laquelle on est obligé de pratiquer une incision latérale interne qui pénètre jusqu’à la portion membraneuse de l’urètre et qui sert à-la-fois au passage de la sonde à dard , et ultérieurement
à celui de l’urine et des mucosités vésicales. Mais aujourd’hui cette difficulté est , sinon toutà-fait détruite , du moins eu grande partie , depuis que sir E. Home a prouvé par l’expérience, qu’on pouvait très-bien pratiquer avec succès l’opération chez l’homme, sans faire d’incision au périnée. ( Philos. T ransa cl. . ann. 1820, pag. 11. ) Le professeur Yacca pense qu’en pratiquant l’incision le long du col de l’urètre jusqu’au bas-fond de la vessie , c’est-à-dire , en intéressant le moins possible le bas-fond de ce viscère et la. paroi supérieure de
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l’intestin rectum , on peut éviter la formation d’une fistule sterco-urinaire ( pag. 28 ) ; mais l’expérience a prouvé le contraire , car chez le sujet que M. Mori ( pag. 65) opéra exactement suivant cette méthode , « trois mois après l’opé- » ration , la fistule sterco-urinaire subsistait » encore.» Enfin, dans ce procédé, que l’on évite ou non d’intéresser le bas-fond de la vessie, toujours est-il qu’on n’est pas constamment certain de ne pas inciser le repli du péritoine, et qu’il y a toujours lésion de l’une ou de l’autre vésicule séminale et du canal déférent correspondant.