XXIX
Les craintes du danger attaché à ta taille hypogastrique sont généralement exagérées et mal fondées .
De l’examen comparatif de ces deux procédés opératoires, il résulte évidemment , selon moi, qu’en considérant la facilité du manuel de l’opération , l’importance et le nombre des parties qui se trouvent intéressées dans les deux cas , et les accidens qui peuvent en être la suite, la taille hypogastrique , pratiquée dans les
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circonstances indiquées plus haut, est bien préférable à la taille recto- vésicale , lorsque le volume de la pierre est tel, qu’il est un obstacle à l’extraction par le périnée. Je ne pense pas , d’ailleurs , qu’on puisse dire à-la-fois que l’existence d’une fistule recto-vésicale est une incommodité légère , et que la taille hypogastrique est la plus dangereuse de toutes les opérations chirurgicales , car les faits dont on possède l’histoire démontrent combien il résulte d’accidens d’une fistule recto-vésicale , et tandis qu’il existe assez d’observations authentiques pour constater qu’on obtient des guérisons complètes par la taille hypogastrique.
Si ces observations ne sont pas très-nombreuses , c’est d’abord parce que l’on rencontre rarement des calculs tellement gros , qu’on ne puisse les extraire par le périnée au moyen de la taille Latérale ; en second lieu, parce qu’il est beaucoup plus rare qu’une pierre aussi volumineuse ne soit pas accompagnée d’une altération incurable des membranes de la vessie et même des reins , et qu’alors les praticiens prudens ne tentent point l’opération et se bornent à un traitement palliatif ; en troisième lieu , parce que certains chirurgiens ne se sont décidés à pratiquer la taille hypogastrique qu’après avoir irrité la vessie par de longues et
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iiiuliles tentatives pour faire passer le calcul par le périnée , ou pour le briser afin d'en faciliter l’extraction par cette voie.
Ce qui prouve d'une manière irrécusable la justesse de ces assertions , et en même temps que la taille hypogastrique n’est point par ellemême une opération imparfaite , ni aussi dangereuse que quelques chirurgiens modernes voudraient le donner à penser , c’est que , lorsqu’on pratiquait jadis cette opération non seulement dans les cas où le calcul était très-volumineux et ancien , et compliqué ou non de l’altération morbide de la vessie et des reins, mais dans des circonstances où la taille latérale eût été suivie de succès, sur quatre-vingt-six opérés de tout âge et de tout sexe , il n'en succomba que seize , c’est-à-dire qu’il y avait , sur cinq opérés, quatre guérisons (i). Enfin, j’ajouterai qu’il n’est personne parmi les gens de l’art , qui mette en doute que dans l’état actuel de la science la taille hypogastrique soit réellement le seul procédé opératoire à l aide duquel on puisse opérer l’extraction de la pierre chez la femme, avec la certitude du succès,
(i) Nouvelle Méthode d'extraire la pierre par dessus /c pubis. lu 8°. Bruxelles, 1779*
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et surtout relativement à l’incontinence d’urine (1).
(i) Chez la femme, on peut aisément dilater le canal de l’urètre et l’orifice de la vessie, soit à l’aide d'un dilatateur , ou même du doigt indicateur ou médius introduit à plusieurs reprises , de manière à ce qu’on puisse extraire par cette voie de petits calculs ou des corps étrangers d’un petit volume , comme des aiguilles, des épingles d’ivoire , un bout de sonde de gomme élastique qui se sera rompu dans la vessie , etc. , sans que la malade reste ensuite exposée à un écoulement involontaire de l’urine : les auteurs anciens et modernes ont cité beaucoup d’observations de ce genre. (Yoy. Med. cuir. Tmnsact. , vol. XII, pag. i.) Mais lorsqu’on extrait ainsi un calcul , non pas d’un volume considérable , mais seulement d’une grosseur ordinaire , et qui est dur et résistant , on peut assurer, sans crainte de se tromper, que la dilatation du canal est presque toujours alors suivie de l’incontinence d’urine , lors même que cette dilatation a été précédée de la taille latérale de l’orifice de la vessie. II est d’ailleurs positif que la simple dilatation , opérée par degrés, mais entretenue pendant huit heures, a déterminé des symptômes d’une irritation locale et générale portée à un haut degré d’intensité. La situation pénible dans laquelle se trouve alors la femme aprèstavoir supporté ces manœuvres doulaureuses , est bien plus incommode chez elle que chez l’homme qui éprouve le même accident, parce qu’il peut au moins y apporter quelque soulagement à l’aide de moyens mécaniques. Chez la femme, au contraire, l’écoulement continuel de l’urine, humectant sans cesse le pubis et les parties environnantes , ne tarde pas à causer des excoriations douloureuses; et quelque soin qu’elle ait de faire des ablutions d'eau fréquemment répétées, elle est toujours fatiguée par une odeur urineuse , qui est aussi insupportable pour elle que pour les personnes qui l’entourent.
TAILLE RECTO-VESICALE.