‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 11 sur 70 · EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

EN GÉNÉRAL

Avant d'entrer dans des considérations générales sur le traitement des oplitlialmies , il nous paraît à propos de les faire précéder de quelques mots sur les causes des oplitlialmies afin de ne pas tomber dans des longueurs inutiles en énumérant toujours de nouveau les causes presque identiques, qui produisent les inflammations des divers tissus de l'œil.

Nous les distinguons en causes locales et générales. Parmi les premières nous comprenons tout ce qui par son action directe sur l'organe de la vue peut provoquer et entretenir l'irritation. Ces causes, à moins qu'on ne veuille ranger parmi elles l'influence locale mais toujours obscure des travaux pathologiques intimes et dyscrasiques, sont ou traumatiques, ou bien atmosphériques. Telles sont les diverses lésions de l'œil produites^ parles corps étrangers, par les cils renversés, par les corps vulnérants, telles sont l'influence nuisible des divers degrés du froid et de la chaleur , de l'humidité , d'un air infecté et enfin de la lumière trop intense ou peu modérée. Le premier eifet de toutes ces causes est l'impression soudaine et irritante sur les nerfs ou les tissus nerveux , avec lesquels elles se mettent en contact. La modification produite dans ces parties donne ensuite lieu au mouvement réactionnaire , soit dans les vaisseaux des tissus directement frappés par l'agent morlrifique ? soit dans d'autres

tissus se trouvant en connexion étroite avec les premiers et dans une prédisposition morbide plus marquée que ceux-ci;. Les paupières, la conjonctive , la sclérotique et la cornée sont les parties de l'œil qui le plus souvent éprouvent l'impression des causes externes. Ce sont aussi ces membranes dont les inflammations sont les plus fréquentes. Nous verrons cependant en parlant de la rétinite , que la rétine par le rôle important? qu'elle joue dans la fonction visuelle, en recevant directement et immédiatement l'impression de la lumière , n'est pas moins exposée à l'action des causes externes que les tissus que nous venons de nommer. Il est des cas dans lesquels la choroïde , l'iris ou la capsule peuvent s'enflammer primitivement sans^ qu'on puisse découvrir une cause générale ou constitutionnelle qui explique l'origine de cette inflammation, et sans qu'une cause traumatique ait directement agi sur ces tissu* internes de l'œil. Dans ce cas les communications nerveuses de ces derniers avec les membranes externes ou avec la rétine suffiront pour expliquer la transmission de l'impression morbifique sur les vaisseaux de la choroïde , de l'iris ou de la capsule. Pour se convaincre de cette opinion on n'a qu'à considérer qu'il est peu de ces inflammations internes , non constitutionnelles, qui ne soient accompagnées de conjonctivite, de sclérotite ou de rétinite.

Tant que les causes externes agissent seules , les ophthalmies sont simples. Si au contraire à leur action locale se joint l'influence d'une cause générale ou constitutionnelle , l'influence d'un état pathologique d'un ou de plusieurs systèmes, la syphilis, les scrofules par exemple, Faction phlegmasique elle-même se modifie, se combine avec un autre élément de maladie ; en un mot l'ophthalmie devient combinée. C'est dans le Traité des ophthalmies combinées ou spéciales que nous devons nous occuper plus particulièrement des causes qui les produisent.

TRAITEMENT DES OPHTHALM£ËSj 2C)

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