OPHTHAEMIE DES NOUVEAUX-NES
mettre une maladie identique d'un individu â l'autre. L'origine spontanée ou primitive de l'ophthalmie blennorrhagique, selon nous, n'exclut point son développement et sa propagation par contagion. Or, que l'origine de cette opbthalmie, dans une localité quelconque , soit due au concours de causes propres à développer des affections catarrhales , qu'elle surgisse d'emblée chez un individu par suite du contact de ses yeux avec un mucus virulent . que les yeux d'un enfant contractent cette affection après avoir été exposés pendant le passage par les voies génitales de la mère à l'influence nuisible du mucus sécrété par le vagin malade , qu'un individu affecté de gonorrhée ait porté aux yeux ses doigts chargés de matière purulente , ce sont bien là des différences dignes d'être prises en considération ; mais elles ne sont pas de nature à imprimer un caractère essentiel à l'ophthalmie blennorrhagique, qui en est la conséquence. Tout ce qu'il est permis de dire , c'est que l'ophthalmie purulente suite d'un catarrhe de la conjonctive est moins formidable quand elle n'est que sporadique ou dans le commencement d'une épidémie ou d'une endémie ; que l'action du virus d'origine atmosphérique paraît être moins violente et moins destructive que l'action du mucus gonorrhoïque et leucorrhéique ; et enfin que cette affection est susceptible de prendre une intensité et une extension effrayantes toutes les fois qu'elle sévit sur des rassemblements nombreux d'individus dans une localité circonscrite.
Troisième variété. — De l'ophthalmie des nouvkacx-nés.
On a pu voir par les considérations qui précèdent que nous sommes aussi loin d'attribuer l'origine de l'ophthalmie des nouveaux- nés à une eause unique , que d'admettre un virus venu d'Egypte comme le germe invariable de l'ophthalmie purulente des adultes. La première aussi bien que la dernière
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variété de l'ophthalmie blennorrliagique peut être due à un grand nombre de causes différentes , dont l'action a été isolée ou simultanée. C'est ainsi que tantôt l'ophthalmie des nouveauxnés se développe endémiquement dans les maternités, les hospices d'enfants ou d'orphelins, où ces êtres délicats se trouvent encombrés, privés des soins nécessaires de propreté, exposés à une atmosphère chargée d'émanations nuisibles, circonstances qui suffisent pour imprimer aux irritations catarrhales un certain caractère de malignité. D'autres fois, l'ophthalmie purulente des nouveaux-nés se rencontre sporadiquement et sans qu'on puisse faire remonter son origine à des causes de nature endémique ou épidémique. C'est une erreur de croire qu'elle soit constamment ou le plus souvent produite par l'inoculation du mucus leucorrhéique pendant le passage de l'enfant à travers les voies génitales de la mère ; l'examen attentif nous a prouvé que ce cas est exceptionnel. Nous avons vu plusieurs fois des enfants, nés de mères affectées de blennorrhagie vaginale , conserver l'état noririal de leurs yeux ; nous en avons vu beaucoup d'autres affectés de cette ophthalmie, tandis que leurs mères n'avaient point eu de leucorrhée lors de leur accouchement, et d'autres enfin qui , venus au monde sans aucune trace de phlegmasie oculaire , l'avaient contractée des semaines , des mois entiers après leur naissance. C'est dans les temps où les ophthalmies catarrhales sont le plus fréquentes et même épidémiques que celles des nouveaux-nés sont le plus nombreuses. Presque toujours, car les exceptions sont peu nombreuses, Tophthalmie des nouveaux-nés débute sous l'influence des causes catarrhales et avec les caractères anatomiques du catarrhe oculaire. Si les caractères physiologiques de la maladie ne peuvent pas tous être constatés sur des enfants à qui la parole manque , toujours est-il que l'un des plus importants , la démangeaison existe, comme le prouve le frottement que les petits malades tendent continuellement à exercer
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sur leurs yeux. Est-il étonnant, d'ailleurs, que les variations thennométriques agissent avec facilité et avec violence sur de petits êtres si délicats, non encore habitués à l'action de la température de l'air ambiant, si inférieure à celle dont ils jouissaient pendant leur existence intra-utérine? Ne les découvret-on pas à chaque instant? Ne sont-ils pas continuellement soumis au refroidissement? Ne les cxpose-t-on pas à l'action du grand air et de l'eau froide lors de leur présentation à la mairie et à l'église, sans égard pour la mauvaise saison et les rigueurs de l'hiver ? Aussi est-ce alors que sévissent le plus ces ophthalmies si délétères. Après ce que nous avons dit (p. 27) sur l'action combinée des causes générales et locales des phlegmasies oculaires, il nous semble que l'on n'aura pas lieu de s'étonner de ce que le refroidissement agisse davantage sur les yeux chez des êtres à peine sortis d'une obscurité complète, ne s'accoutumant que lentement à l'influence de la lumière, et que néanmoins on expose atout moment et sans considération pour la sensibilité de leur appareil nerveux oculaire, aux rayons directs et concentrés , en portant ces jeunes sujets près des croisées, en plaçant leurs berceaux en face de fenêtres quelquefois fortement éclairées et en approchant imprudemment de leurs yeux la lumière artificielle la plus vive.
La phénoménologie de l'ophtlialniie purulente des nouveauxnés ne diffère pas de celle que nous avons exposée en parlant de l'ophthalmie blennorthagique en général. Le développement, les caractères anatomiques et physiologiques , la marche et les terminaisons sont les mêmes pour l'une et pour l'autre de ces affections. Nous avouons que nous avons été dans l'erreur en croyant autrefois que l'absence des granulations de la conjonctive dans l'ophtlialmie des nouveaux-nés pourrait constituer un caractère différentiel entre celle-ci et l'ophtlialmie purulente des adultes. L'observation postérieure à la publication de cet opuscule nous a convaincu que l'état granulé