‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 59 sur 70 · B HUM AT ISM A LB · texte numérisé non relu

B HUM AT ISM A LB

L'ophtbalmie rhumatismale présente une zone vasculaire composée de vaisseaux d'un rose carmin , droits , disposés parallèlement, qui commencent au point où la sclérotique se réunit à la cornée, s'éloignent de cette dernière membrane en devenant de plus en plus déliés, et se terminent enfin à une ligne à peu près de la circonférence cornéale. Ces vaisseaux sont situés au-dessous de la conjonctive, el ne se déplacent que par le mouvement du globe oculaire.

Ils forment autour de la cornée une couronne semblable à celle d'une fleur radiée. Souvent quelques unes des pointes de ces vaisseaux, les plus voisines de la cornée , dépassent le bord de celte membrane d'un hui tième ou d'un quart de li gue, quelquefois d'une demi-ligne, et forment sur les confins de la cornée un petit cercle , ou le plus souvent un segment de cercle vasculaire très étroit , qui constitue un des signes différentiels de la sclérotite rhumatismale.

Dans l'ophtbalmie rbu matismale il se forme très fréquemment, el sans que les vaisseaux de la scléroti que se prolongent sur la conjonctive cornéale , une phlyctène transparente de la grosseur d'un grain de millet, d'un grain de chènevis, ou tout au plus d'une petite lentille. Cette phlyctène, en se rompant, donne lieu à une pttile ulcération très superficielle , dont le fond reste clair et transparent, et qui, en se cicatrisant, laisse à sa place une facette semblable a celle d un diamant taillé.

L'inflammation rhumatismale peut affecter les lames profonde» de la cornée.

Cette membrane devient inégale, comme sablée , aspersée de petits points extrêmement fin> ; bienlôt il se forme dans la cornée des plaques opaques blanches ou légèrement bleuâtres , qui sont dues à l'épancbement d'une matière fibroalbumineuse entre les lames de celte membrane.

.YSIPÉLATEtSE.

L'injection confluenle de la conjonctive , el le gonflement du tissu cellulaire sous • conjonclival , masquent la sclérotique sousjacenle , et ne permettent pas de constater l'état de cette membrane. L'absence de photophobia et d'épiphora , dans l'opbthalmie érysipélateuse, nous permet toutefois de conclure que la sclérotique est exempte d'inflammation.

La cornée conserve son intégrité dans l'ophlbalmie érysipélateuse.

MS OfcHTHAXTVtlES COMBINEES.

VBINEUSK.

8CBOFDT>EU»K.

Il existe dans l'ophthalmie veineuse un cercle de vaisseaux plus foncés que ceux qui composent la zone rhumatismale , mais affectant la même disposition autour du bord de la cornée. Les vaisseaux qui forment cette zone présentent des anasto moses nombreuses. Mais ce qui caractérise principalement l'injection veineuse de la sclérotique , c'est la présence d'un anneau bleuâtre, blanc-bleuâtre, plus ou moins complet, large d'un tiers de ligne , ou moins large , qui entoure la cor née et qui sépare la »one vasculaire de la circonfé rence de cette membrane ( cercle veineux ou arthriti que).

La sclérotique est *ouvcnt ffectée chez les individus atteints d'ophthalmic scro fuleuse , mais alors cette dernière n'est plus simple.

La sclérolite ne présente dans ces cas d'autres caractères que ceux de la sclérolite rhumatismale; l'opbthalmie lymphatique , accompagnée de sclérotite , n'est qu'une combinaison avec l'ophthalmie rhumatis maie.

SYJ-HII.1TIQ0».

Dans les cas où l'ophthalmie syphilitique est accompagnée d'une injection scléroticale , celte dernière dépend d'une complication rhumatismale accidentelle.

Cependant on trouve quelquefois, dans le cortège des signes analomiques de l'oph thalmie syphilitique , une zone d'un rouge violacé, large d'une ligne à une li gne et demie, d'une teinte uniforme, dans laquelle ou ne dislingue point de vai»seaux séparés , et qui entoure la cornée. Cette zone, 1 ne faut pas confondre avec l'injection rhumatismale , a été décrite sous le nom de cercle dyteratiqu*.

Ban» l'ophthalmie veineuse la cornée devient quelquefois le siège d'un épauchement inter- lamellaire , et d'une ulcération très circonscrite; celle-ci offre une forme irréguliè rement ovalaire ; elle es beaucoup plus longue que large. Ses bords sont comme déchirés, et plus ou moins taiilés à pic; le fond de l'ulcère est couvert d'une matière grisâtre , qui, vers l'époque de la guérison , devient pulvérulente, crétacée ou jaunâtre.

VABIOI.EUSÏ.

La sclérotique est le siège d'une injection très vive.

La cornée peut être affectée de différentes manières dans l'ophthalmie scrofuleuse. Elle peut être le siège d'une kératite nonvascuiaire ou primitive: alors la cornée entière , ou une partie de cette membrane, devient trouble ; sa surface devient inégale, comme 6ablée, ei est parsemée d'une foule de petits points extrêmement fins; d'autres fois altérations de la cornée consistant dans des épan chements inter-lamellaires de matière lymphatique, qui soulève les feuillets superficiels de cette membrane en forme de pustule, sont la suite d'une compli cation rhumatique et ont été décrites sous le nom d'oph thalmie rhumatismo ■ scrofu teuse (pag. 355). Enfin, dans la combinaison calai' rho -scrofuleuse , les vais seaux de la conjouctive scié roticale peuvent se conti nuersur le feuillet conjonctival de la cornée où affectent souvent la même forme fasciculaire, qui est particulière à l'injection lymphatique delà conjouc tive «cleroticaU.

La cornée ne présente pas de lésion dans l'oph thalmie syphilitique.

De» pustules se développent sur la cornée ; celte membrane devient le siège de points suppuralifs blanchâtres d'abord , puis jaunâtres, qui s'élèvent peu à peu ; la suppuration ne tarde pas à affecter la substance de la cornée , et y prend la forme d'une pustule assez acuminée et élevée, ou plus tard celle de l'onyx.

TÀÈLEÀU SYNOPTIQUE

48 Dans l'irii.

5° Dans la cheroide.

OPHTHALM1E

CATAnEHiLÏ.

OPHÏÏULMTE

T. HU MATISMAIE.

L'iris reste exempt d'inflammation dans l'ophlhalmie catarrbale.

Symptômes physiologiques.

1° Sécrétion.

L'opbtbalrnie rhumalismale peut se transmettre à la sclérotique, -à la membrane le l'bumeur aqueuse, au feuillet séreux , qui tapisse la surface antérieure de l'iris, et enfin au parenchyme même de cette membrane.

Il existe alors, outre les ca racières aoatomiques de la sclérotile , une constriction de la pupille, qui devient, le plus souvent, perpendiculairement ovalaire:

l'iris change de couleur, et sa texture rayonnée commence à s'effacer.

La choroïde n'est pas affeciée dans l'ophlbalnne catarrbale simple.

Dans l'ophlhalmie catarrbale la sécrétion muqueuse de la conjonctive e>t aug menlée; les paupières sont collées le matin par des mucosités desséchées. Le mucus sécrété plus abondamment s'amasse surtout dans la région des angles de l'œil. Celte sécrétion peut devenir très copieuse et pu rifortne : elle constitue alors un des symptômes de l'ophlhalmie' blennorrhagique qui n'est qu'une oplilhalmiecatirrhale très intense.

Lophlhalm e catarrbale est souvent accompagnée de kiimoiemenl qui provient moins d'une auguif nlation de la sécrétion lacrymale que d'un obstacle mécani que opposé à la libre circulation des larmes par le boursouflement des voies lacivrnqles absorbsniei, ■■

Dans l'ophlhalmie rhuma tismale la plilogose ne s'é tend pas à la choroïde.

OPHTHALMIE £et»if£Lateg«z.

Dans l'ophtbalmie érysi' pélateuse l'action pblogisti que ne s'étend pas à l'iris,

La sécrétion muqueuse n'est pas augmentée tant que l'oplithalmie rhumatismale ne se complique pas de conjonctivite caiarrbale.

L'ophlhalmie rhumatis maie est accompagnée de larmoiement dû à une véri table liyperdiacrisie, ou augmeniation de la sécrétion lacrymale ; il est en harmonie avec l'inlensiié de l'inflammation : les larmes qui s'échappent des paupières, au moindre effort qu'on fait pour écarter ces voiles, sont chaudes, brûlantes, et cor rodent quelquefois la peau avec laquelle elle* sont en contact.

Affection nulle de la cbo roïde.

Dans l'ophthalmie érysi pélaleuse, la sécrétion mu queuse est à peine auginen tée ; il n'y a point d'épi pbora.

DES Ol'HTHALMIES COMBINEES.

OP1ITIIALMIE

* El nui; se.

Lorsque l'ophilia tcnîe vei

neuse envahit les lissus vas culaires de l'œil, l'iris chan gc de couleur, l.i couche pigmenteuse semble dii»pa rallie à sa surface poste Heure ; celle membrane prend un aspect marbié, ei est marquetée de plaques plus ou moins grandes , d'une couleur d'un gris d'ardoise ou bleuâtre, quel quefois un peu '.îarrè. L'iris pi end une leiule sale et perd sa structure fibriilaire.

La pupille est dilatée , immobile et transversale ment ou perpendiculairement ovalaire, ou bien celle ouverlure est resserrée cl irrégulière, à cause d'adhé rences qui se sont formées entre sa marge et la cristal loïde antérieure.

L'opblhalmie veineuse es1 consiamment accompagné»

de congestion ou d'inflam malion de la choroïde; elle se Habit par l'injection Ta riqueuse des membrane* externes de l'œil, injection dont les vaisseaux s'anastomosent avec ceux des corps ciliaires et de la choroïde , et -que nous avons décrite sous le nom d'în/sçlton abdominale (page 307); la congestion de la choroïde se manifeste, en outre, par la présence du cercle veineux autour de la cornée , par les altérations de l'iris et les changements dans la forme de la pupille, et sur lout par l'apparence glnucomateuse du fond de l'œil, qui paraît être le siège d'unt opacilé concave et d'un veri de mer.

La sécrétion muqueuse de la conjonctive présente quelques caractères parti culiers chez les peisonn»s arthritiques prises d'opbtbalmie •, elle est souvenl de nature acre et corrosive et le mucus ressemble quel quefois à une écume blanchâtre , qui s'amasse dans les angles ou dans les plis de la conjonctive (écume arthritique).

Le larmoiement qui accompagne la sclérolite paraît être moins violent que dans l'ophthalcaie rhumatismale.

OPI1T1IALMJE

sciioruLiiUsii.

L'iris peut s'affecter ditii.»

'opbihaluiie scrofuleuse ; celle membrane change quelquefois de couleur et île texture, cl des ex.-ud..lions peuvent se foi me i dans l'ouverture pupillai. e .ependani , nous ne cou .laissons pas de syuiplômepariiculieis , sinon led ca raeléres déjà énoncés' de l'opblhalmie scrofuleuse , qui puissent servir à faire distinguer celte espèce d'ilitis des aunes.

La choroïde , de même que l'iris, peuvent s'affrclti clans des cas rares où l'opblhalmie scrofuleuse s'étend au-delà des membranes exlerncs de l'œil. C est près que toujours la partie anlé Heure de la choroïde qui est le siège de l'iuflamnia liou scrofuleuse. Lessyrap tomes anatomiques par les quels elle se manifeste sonl ceux que qous avons indi quésdansla description générale de la eboroïdite.

(Pag. 113 et seq.)

Ol'imiALMIE

SYl'Illl.mOIE.

L'opblhalmie syphilitique m; lixe tiiujpurs dans l'iris souu la forme de I iiiflatnmalirin rie son parenehv me Le petit cercle de celle membrane prend une teinte mide violacée ou cuivrée; son lissu se lumélie et l'orme un anneau élevé . composé de flocons épais et lomenteux. La pupille devient irrégulière et affecte le plus souvent la configurai ion d'un ovale oblique de bas en haut et de dehors en de dans, dont l'extrémité supérieure et iulerue est plu.»

ou moins anguleuse. 11 se forme quelquefois sur Pum ou l'autre partie de la surface antérieure de l'iris une ou plusieurs élévations jaunâtres, roussâlres , circon seriies, à surface inégale et tloeonuciise, qui semblent analogues aux végétation.roudylomaieuses.

L'inflammation peut se transmettre à la choroïde et à la rétine ; nous ne connaissons pas jusqu'ici de.symptômes particuliers par lesquels la phlegmasie de ces membranes, secondaire à l'irilis syphilitique , diffère de la eboroïdite et de la rétinilc en général.

La sécrétiou muqueuse de la conjonctive n'est paaugmentée dans la conjone tivite lymphatique simple; les mucosités desséchées .

qui, chez des individus lym phalliques, se trouvent souvenl amassées sur les bords des paupières, proviennent soit de la complication de la conjonctivite lymphatique avec l'ophthalmie eatarrbale ( ophlhalmie eatarrbo-Iym pialique}, soit d'une blépbarile glandulaire et de la sécrétion augmentée des follicules ciliaires.

L'ophlbalmie scrofuleuse n'est accompagnée de larmoiement que dans les cas où elle est compliquée de sclérolite rhumatismale ( ophlhalmie rhutnatisinoscrofuleuse ).

l 1 MCXOTK.

L'iris peul être affecté -eeondairi m.iu daM l'opliilultuie varioleusc.

Toutes les fois que dans l'iritis syphilitique il y a aug mentation de la sécrélion muqueuse ou lacrymale , cette inflammation n'est plus simple; une ophlhalmie catarrhalc ou rhumatismale s'est alors jointe à l'irilis syphilitique.

L'ophlbalmie varioleuse peu 1 se propager aux lissus les plus profonds de l'œil et par conséquent à la choroïde.

La sécrétion des follicules ciliaires et de la conjonctive est augmentée.

Les mucosités desséchées entre les bords palpébraux collent ces derniers et s'opposeut à l'écoulement libre des larmes.

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