DU TÉGUMENT A L'ORIGINE DE L ONGLE
Immédiatement à Torigine de l*ongle, le tégument présente deux renflements hémi-cylindriques d'inéi,^al volume, disposés l'un au-des- 11 > Icraulre, circulairement autour de la base de la deuxième phalange, et séparés l'un de l'autre par un sillon parnllèlo profond.
Ce sont les deux bourrelets, organes-matrices des deux parties cornées qui, en se superposant, forment le contour extérieur du sabot, à savoir : : le pifiopU et ia paroi m nmraUh.
Ou peut appeler hmirrM périapltqtttf en raison de ses usages, le moins volumineux de ces renflements, qui occupe la position la plus supérieure.
Le second est le boun det principal ou liàculidure, d'après Bracy Ciarck.
Nous allons ies décrire isolément, en commençant par lu plus considérable, par le bourrelei principal, •
I, Du BOURRELET PRINCIPAL.
Syn. cuiidure, matrice de l'ongle.
(Pl. XXIV, XXV el XXVI).
Le hurrekt prine^ est formé par un renforcement très-considérable du chorion tégumentaire à l*origine de Pongie.
^ ANATOKIE.
Ce eborion constitue autour de la deuiième phalange (Pl. XXIV, a) un renflement hénii*eylindVoide, auquel lesliippiatres ont donné, en raison de sa forme, le nom de bmrM sous lequel il est usuellement connu. Bracy Clarck Ta désigné sous eelui de euHâure (eutti-
dura), expression qui a clé adoptée par les analomisles Irauçais, mais qui est moins répandue que la première.
On dési^Mie encore ce rennement de la peau sous le nom de ma' irice de Pouijle, par analoj^ic avec lu iini lie <le l'nppareil tcgumenfairc du doigt qui, dans Tliommo, remplit la même fonction-, expression vraie et biei^ appropriée, si Ton ne considère que la fonction de Torgane auquel on rapplique; moins juste, si Pon n'a égard qu'ft sa forme, car l'idée de matrice entraine p:énéralement celle d'une cavité dans laquelle se moule le produit à créer, tandis que le bourrelet constitue, au contraire, une saillie qui dépasse le niveau de la peau.
Le bourrelet (Pl. XXIY, a) forme au-dessus de la troisième pha* lange et h la limite inférieure de la deuxième, une sorte de corniche arrondie (ab), disposée obliquement d'avant en arrière et de haut en bai, dcinàs le sommet de réminence pyramidal, qui constitue soa point le plus élevé, jusqu'aux bulbes cartilagineux au dessous desquels il se rélléchit fi angle aigu (PI. XXVI, a), de dehors on dedans et de haut en bas, pour se pr* longer en ligne droite et aller s'effarer dans le fond dt\s lacunes qui bordent de chaque côté, à iu lace inférieure du doigt, le relief saillant du coussinet plantaire (Pl. XXVI, b).
Le bourrelet décrit donc trois courbures, Tune circulaire antérieure autour de la base de ia deuxième phalange, et deux, en forme d'arcs très-fermés» dont la convexité est postérieure, au-dessous les hulbes des cartilages.
L'intervalle laissé entre les deux extrémités réfléchies du bourrelet, est rempli par la saillie des bulbes cartilagineux (Pl. XXVI, b) qui ne semblent élre en arrière que la continuité de sa couronne circulaire, et par les deux branches du corps pyramidal (Pl. XXVI, d) qui se couiondent, sans délimitation, avec les relicls des deux bulbes.
Nous considérerons dans le bourrelet : sa surface, ses bords, ses extrémités réJiéchieSf sa couleur, sa structure.
MBFACK l»ir MDlBttn.
La surface du boui rolot est (',>;îvexe dans le sens de sa larireur. Le relie! qu'elle lormeest surtout dessiné du côté du té^uiiuMil s oisougulé par-dessus lequel elleproéinine, à la manière d'une coruicho
APPARETI. TtolIVSKTAnE. 89
d'^ûlablemeiil, a i.i imiite supérieure de la façade qii elle tei iiHne.
Elle ne présenle pas la même étendue superlieielie clans louto la ligne de son contour. Plus large dans sa partie moyenne qui correspond au plan médian du doigt, elle diminue très-sensiblement de dimension vers les parties postérieures jusqu*à son point de réflexion, au-dessous des bulbes cartilagineux où elle acquiert tout à çoup une plu9 grande largeur (PU XXVI, a), pour se rétrécir de nouveau, en se prolongeant dans les lacunes latérales où sa saillie s'effàce et s'établit insensiblement sur le m^e plan qqe celui du tégument plantaire (PL XXVI, b).
Lu surface du bourrelet est remarquable par l'aspect villeux qu'elle présente (PL XXIV, a).
H s'en élève, comme de la tramt; du velours, une ruuUilude innombrable de filaments drus et serrés à la manière des poils qui recouvrent la peau, et imbriqués par en bas, suivant le sens de rinclinaison de la surface qui les porte.
Ces filaments, prolongements du tissu tégumentaire lui-même, ne sont que la continuité, sous une forme spéciale, des nerfs et des vaisseaux qui entrent dans sa composition, d'où les noms depapUles^ ' viUosités, viUfhpapilles (Delafond), houppes mUmes, sous lesquels on les désigne.
Les papilles ont une forme conique et se présentent avec un volume et des longueurs différentes, suivant les points où on les examine.
Moins développées dans la partie supérieure du buurrelet, où elles n'alleiî^neiU f,^uère qu'à la longueur de 4 à 2 millimètres, elles s accroissent gradueileuient en descendant vers sa partie inférieure et y mesurent jusqu'à 5à6millimètres. Au niveau des angles d'inflexion, elles se conservent avec ces dernières dimensions, dans presque toute l'étendue superficielle du bourrelet-, enfin , sur ses extrémités réfléchies, leur longueur est réduite à 3 millimètres environ.
Le nombre de ces bouppes villeuses paraît être le même pofir une étendue superficielle égale dans toutes les parties du oontour de la eu* tidiire ; le gazon qu'elles forment est aussi riche et aussi serré sur ses parties latérales qu'à la région centrale ; tout aussi riche encore sur ses extrémités réfléchies qu'à la partie saillanle du bulbe cartilagineux.
Ou prend facilement une idée de leur forme et de leur disposiùuu, en les examinant, h travers une eau limpide, sur un pied dépouillé . de Sun on^^lô par la macération.
le mouvepifini du liquide eaUraine dans il^SSmai» sens des
84 ANATOVIB.
courants qu'on y détermine les villosités llottanles qui ressemblent, sous Teau qui les agite, à un gazoa lin et touffu dont Jes (euiiles légères s'inflécbissent sous le vQut.
10»! DV BOUmULIT.
La surface du bourrelet est limitée par deux bords, l'un sttpérieurt Fautre inférieur,
Jinrd supérieur. — Le l)ord supérieur est formé par une sorte d'aretc ou de li{^ne saillante (Pl. XXIV, c) qui règne dans tout son coutour, jusqu'aux bulbes cartilagineux où elle s'etTace.
Celte arête sépare le bourrelet d'uu sillon circulaire profoud {iUlon eoftmam périoplique) dont nous allons parler plus loin.
Bord infiriêur (Pl. XXIV, v). — La limite entre la cutidure et les parties tégumentaires qui revêtent la face antérieure de la troisième phalange, est marquée par une zone blanchftlre, sorte de ruban très-
étroit qui règne, en ligne horizontale, entre les villosités culiduralcs et les feuillets du tissu sons-on^^ulé.
Cette zone, que nnu^ a()pel*>iis zone coronaire inférieure, est trésétroile, surtout vers les porlics postérieures où elle diminue de surface, comme le bourrelet dont elle suit les inflexions.
Elle paraît glabre à première vue, mais en y regardant de près et avec un instrument grossissant, on voit qu'elle est semée de prolon* gements villeui très-petits, mais analogues en tout à ceux du bourrelet lui-même.
smteiriB «ireicHns du BoiTRftKt.BT.
Le bourrelet, après s'être ineurvé de dehors en dedans et de dessus en dessous, en arriére des extrémités rétro«;<;HÎes de la troisième pbalange et au-dessous des bulbes cartilagineux, vient se prolonger en ligne droite parallèlement aux branches du corps pyramidal, dans le fond des lacunes latérales dont il occupe la moitié postérieure environ. Sa mesure en longueur dans cette région est justement donnée par rétendue longitudinale de surface qu'occupe le tissu podopbylleux de la face plantaire du doigt (Pl. XXVI, c).
Le relief et la largeur du bourrelet s'effacent insensiblement dans cette région, d'arrière en avant, au point qu'au centre de la surface plantaire, il n'est plus diilmct du tissu veloale avec lequel il se confond en B.
COULEUR DU BOLERULFT.
La couleur réelle du bourrelet est la couleur rouge-vif, qui n'est.
ÂppAUEiL ïéguhe:<tâiee. 85
du reste, que l'expression de sa très-grande vascularité ^ mais cette coloration est souvent dissimulée par la présence d*un pigmentum noirâtre, qui lut donne une teinte brune très-foncée.
Ce pigraentum s'étend toujours à la surface du bourrolot, lorsqu'il existe sur la partie du lt'i,^ument immcdiatcaiciU supérieure au sabot; et, iuversomont, le bourrelet en est toujours dépourvu, soit dans toute son éieadue, soit sur un point eireoiiserit, lorsqu'il manque sur la peau supérieure à roii;,'-ie, en totalité ou par place - en sorte que la coloration de celte deruière, uniforme ou varii c par absence du pigmentum , donne toujours au bourrelet des teinies correspondantes.
sraucTDu ]»ir bouuulbt.
La base fondamentale du bourrelet est formée par un canevas fil reiix très-dense, sorte d'byperlropbic du chorion tégumentaire, qui lui donne une Irès-grantlo Cerraelé, au point que Coleman considérait cette partie du tégument comme un appareil ligamenteux particulier.
Ce canoTas supporte dans les mailles de son tissu et à sa aurface* un réseau artériel formé par les branches descendantes du cercle coronaire superflciel (Pl. XXY, a), les branches aseendantes de l'artère pré-plantaire , et les divisions ultimes de l'artère plantaire
(Pl. XXV,BBB).
Ce réseau est tellement serré dans les injections bien réussies, qu'il forme, ù lu surface du bourrelet, une véritable membrane exclusivement vasculaire. L'inspectliu nii( ^n^r ( [liquc démontre que ses artérioles extrêmes se prolongent jusque dans les bouiipes villeuses cutidurales, el y forment des anses complètes accompaguées de veinules qui affectent la même disposition. . Probablement aussi que chacune de ces houppes renferme des filets nerveux ; la physiologie et la pathologie rendent cette induction Gertaine, mais nous n'avons pas assez Thabitude de l'usage du microscope pour en donner la démonstration directe.
Existc-t-il dans le bourrelet un appareil kéralogène spécial, ou, en d'autres termes, un assemblage de glamlulrs disposées dans les mailles de sa i^^angue fibreuse auxquelles serait dévolue la fonction de sécréter la corne? L'observation directe ne permet pas de donner une solution affirmative à cette question, dont nous renvoyons, du reste» l'examen au chapitre de la physiologie.
ANATOXXB.
il. ^ Du BOtmitCLBT PÉRIOPLlQUK.
Le bourrelet périoplique conslitue un petit reDflementhémi-cylia* drïque peu saiJlant (PU XXIV, e), situé au-dessus du bourrelet priacipoU dont H suit la direcUou circulaire Jusqu'au niveau des bulbes cartilagineux. Là» il se confond avec la membrane tégumentairequi forme le revêtement de ces bulbes, tandis que le bourrelet principal, sHnflêchissant en dessous, va se prolonger et s'effacer dans des lacunes latérales du corps pyramidal.
Le bourrelet pi iioiiliquo préseiile, comme la culiduro, sa plus grande êlunauo siipeiiicielle dans la partie antérieure do l'ongle, et il se rétrécit graduellement d'avant en arri* re jusqu'aux, bulbes cartila^Muoux, point où il s'élargit tout à coup en se confondant avec eux.
Sa surface est hérissée, comme celle de la cutidurc, de prolonge* menls villeux, mais beaucoup plus courts, plus fins et plus serrés.
La limite supérieure de ce bourrelet est marquéo par la rangée des derniers poils que la peau sécrète avant de s'introduire et de disparaître sous Tongle.
Sa limite inférieure est formée par un sillon profond creusé éittre lui et le bourrelet principal (Pl. XXIV, d)
Ce sillon, parallèle aux deux bourrelé!?, règne comme eux, dans toute la circonférence du doij^t, jusqu'aux bulbes rnrtilni,'iucux, à la surface desquels il s'efface pou à pou-, ropomlanl on peut on suivre le Irncf^, sur contour de ces bulbes, jusque dans le fond do la lacune médiane du corps pyramidal, où il se rejoint à lui-même.
Il est bordé inférieurement par Parôte vive qui établit une démarcation tré8*nette entre lui et le bourrelet principal, tandis que, supérieurement, sa surface se confond sans délimitation avec celle du bourrelet périoplique.
Ce sillon qu'on peut appeler wm\ périoplique, d'après ^n siège, ses rapports et ses usages, ne présente pas la môme étendue superficielle dans touL ^ ou contour.
Large dans la région cenlralc du doigt de près d'un tiers do reutimèlre, il se rétrécit graduellement h mmwe qu'il serapproclie des parties postérieures; puis, i! s'élargit de nouveau, au point de dépasser ses dimensions centrales au niveau des bulbes cartilagineux et de Textrémité des branches du corps pyramidal.
Le fond du sillon périopliqoe est hérissé, comme ta surface du
APPAREIL TÉfiUKEirrAIRI. 87
hoiirrelel du même nom, de proiongements villcu:^, pelits» fins et
serres.
L*ensemble du bourroiet pério|)liqiie e( ilii sillon qui le horde inférieurement forme Tappareil géaéraleur de la parLie de l'ongle qae Ton désigne sous le nom de périopie.
§ in.
DU TÉQUHEirr 8im U FACE AUTÉRIEVRE de ÏsA TEOmiSHE
PHALAIIGE.
Syu. chair canneléef feuillett di chair, tissu feuilletéj tissu podophylleuw.
(Pl. x\iv, XXV, XXVI. xxvn.)
La pnrlie ilii U'^iimcnt qui revôt la face aiUtricurc de lu troisième pluilnn^e est dt'signée sous les noms de chair cannelée, feuillets ik chair (les anciens liippintres), iissu feuilleté flioiir^^elal), ltss^( lamelleu.r ou /aiwfwewj? (les Anglais), tissu podophylleux j^nï ïkiicy Clarck (de srw, ircêtf, pied, et de ipwAA»», feuille).
Ces dénominations variées, par lesquelles, à différentes époques et dans différents pays, on a désigrné la partie du tégument que nous allons étudier» donnent assez une idée de la forme générale qu'elle afTecfe.
Elle est, en effet, constituéé par un assemblage de feuUleU ou de ^ames parallèles, et disposés de champ , de baut en bas, sur la face circulaire de la troisième phalange. U faut la coneeiroir (Pi.XXIV, g)
comme une vaste membrane d'une teinte uniforme rouge vif, plissée sur elle-même, à la manii^rc de la feuille de révenlad fermé, de façon que ses plis juxta-posés sont é^^anx en surface et parallèles entre eux. On dirait que la nature a eu recours à ce procédé pour pnrvenir à disposer l'appareil étendu de celle membrane sensible el séenHoire, dans Tespace relativement étroit qu'il occupe et où il devait être res< serré pour remplir son importante fonction.
Tous les fmUûtê de la membrane podopbylleuse présentent une disposition identique autour de la troisième phalange qui leur sert de support. Ils s'étendent en ligne droite, depuis la zone coronaire intérieure (Pl. XXIV, v) qui les sépare du bourrelet, jusqu'au bord inférieur de la phalange (h) où ils s'arrêtent sur la périphérie du tégument plantaire qui leur fait continuité.
Chaque feuillet est complètement isolé de ceux (lui lui so.jt immédiatement adjacents, comme une page d'un livre cnlro les deux qui
^ AlfATOVIE.
ravoisinent. Il piéseiite m bord libre, mince, tranchant, parfaitement lisse .î WvÀl nu.
Son exlrémité supérieure est adhérente et continue à la zone earomire inférieure, sur laquelle elle se dessine par un léger relief.
Son extrémité inférieure, libre et flottante m la marge du tégument plantaire, présente une disposition remarquable. Elle est terminée par de petites houppes effilées de 5 à 6 miUimétres de longueur (Pl. XXIV, H), identiques aux prolongements villeuxde la surface du bourrelet, qui forment, par leur assemblage, sur le bord inférieur de la membrane podophy lieuse, un riche gazon de villosilés, qu'on peut considérer comme la bordure de celui qui revêt toute la surface plantaire.
L'espace compris entre chaque feuillet constitue un sillon angulaire, étroit et peu proron i, limité, de chaque côté, par les laces lisses et j)arfaitcment unies îles lames qui le bordent, et, au fond, parla continuité de la membrane qui le forme.
Chacun de ces sillons peut être considéré, ainsi que nous le verions plus tard , comme la matrice de la lame kérapbylleuse qui iuî correspond, lorsque le sabot est adhérent aux parties.
La disposition feuilletée du tissu sous-ongulé se fait remarquer, audessous du bourrelet, [dans toute l'étendue de l'espace que mesure son contour ^ c'est-à-dire qu'elle règne sur toute la face antérieure de la troisième phalange et jusque sous sa face plantaire.
La membrane podophylleuse se réfléchit, en effet, au-dessous des bulbes cartilagineux, à la manière du bourrelet dont elle suit la direction (Pl. XXVI, c cl m.
Ses Icuillels et les sillons qui les séparent sont disposés en série décroissante sur le talus des lacunes latérales (Pl. XXVI, h).
Leur direction est oblique d'arrière en avant et de dedansen dehors, ils occupent sur Taire inférieure du doigt, où leur aspect contraste avec la disposition villeusede la membrane plantaire, unesur-' face triangulaire dont le côté interne est parallèle aux branches du corps pyramidal, la base correspondante aux bulbes du cartilage, et le sommet à l'angle antérieur de la lacune médiane.
Les feuillets de la membrane podophylleuse n'ont pas la même étendue en longueur et en largeur sur toute la surface q u ell t ipis^* .
Leur longueur est nécessairement proportionnée à ia liaiiicur de celle surface, c'est-à-dire qu'ils présanlcnl leurs plus grandes dimensions dans ce sens, à la partie médiane du doigt, point où le
APPAREIL TKGUMENTAIRE. 80
bourrelet est le plus élève, et qu'à mesure que ie bourrelet s'incline vers les parties postérieures, ils décroissent progressivemeat. Eoerfet» l8s dernières lames feuilletées, eelles qui se trouvent correspondantes aux extrémités réfléehîes du bourrelet, n'ont guère qu'une longueur de quelques mllliniètres, tandis que celles de la partie médiane de l*ongle atteignent à la hauteur de 8à IS centimètres» suivant la taille des animaux.
Quant aux dimensions en larp:eiir, elles ne sont pas absolumoat les mêmes sur tous les points de la tjurface podophylleuse. Généralement les sillons de la partie médiane du doigt et ceux qui correspondent aux énnnences patilobes, présentent plus de profondeur (jue ceux des parties latérales et de la surface plantaire surtout^ c'est à ce dernier point que les lames podopbylleuses sont ie plus étroites.
Outre cette différence, il en est une autre plus marquée. En feuilletant, comme on ferait d*un livre, les lamelles du tissu podophyileux, on voit de temps en temps, au fond d'un sillon, une lamelle' plus étroite, comme avortée. On remarque cette disposition principa* lemeot vers les parties postérieures du doi^t.
Considérées sur un seul feuillet, la iaii^cur des surfaces latérales, et la prolondcur correspondante des sillons qu'elles limitent, ne sont plus uniformes de haut en bas.
En baut, au niveau de la zone coronaire inférieure, les sillons sont peu profonds et les feuillets ne forment, par leurs bords libres, qu'un relief linéaire.
Puis ils deviennent ^rradudlement plus larges et tes sillons qui les séparent plus profonds, dans une étendue de quelques millimètres au-dessous de ceiio zone. Mais une fuis ([u'ils ont acquis une certaine diniensioii, vannni de ;{ à 4 millimètres, ils ne la dépassent plus cl la conservent umjorme et toujours égale jusqu'au bord inférieur du doigt.
Nomure ei éteadae BuperflcleUe du renlllcis.
Le nombre des feuillets varie de 550 à 600, y compris ceux de la . surface plantaire. L'étendue de surface qu'ils représentent dans leur ensemble, à les supposer déployés et étalés sur un plan, est six à sept fois plus considérable que celle de la superficie extérieure du cyl Indre du doigt. Ce chiffre est inférieur à celui de Bracy Clarek, qui admet que les lames podophylleuses déplissées occupent une surface douze ibis plus étendue qu'avant leur Uéplissement môinei mais nous
croyons qu'il y a de l'exagération dans les résuUaU du calcul du savant vétérinaire anj^lais.
Quoiqu'il en soit de cette différence d*opinion, cette appréciation approximative peot donner une idée do la perfection dans le doigt du cheval, de la sensibilité tactile dont cette vaste membrane podophylleuse est un des instruments principaux.
Stnieiore éu iImq poiopliynem.
Le tissu poUopliylleux forme une niembraiio mince, mais irèsrésistanlcet tenace, douée d'une cerlainc clasiicité, dans le sens do la loni^ueur de ses lames. Brocy Clarrk s'est trompé en le considérant comme de nntiire oni1ilaj,^inoiise^ ce tissu a pour hnso une toile tibrcusc, minco, à canevas tin et serré, qtii est, parrapiiort à lui, ce que le cliorion libreux de la peau est à ia totalité de celte membrane.
Cest à la surfiice et dans les mailles de ce chorlon que se ramifient les divisions terminales des artères plantaires et pré-plantaires, pour y constituer un magrnillque réseau (Pl. XXV), véritable mem* brane vasculaire, dont la présence, sur les pièces naturelles, est accusée à l'œil nu par la coloration d'un rottge*vif, caractéristique du tissu podophylleux, et qui, dans les préparations injectées et bien réussies, laisse voii- sa trame artérielle dessinée en riches arborisations, dont les divisions extrêmes semblent éclater eu étoiles, à la maiiiùi'o des fusées d'artilice.
De la trame de celte membrane se prolonge dans la base de chaque feuillet une arlériole très-ténue, qui règne parallèlement à la longueur de la lame et envoie dans sa profondeur une multitude de divisions infiniment grêles^ disposées sur. leur tige d'émergence à la manière des barbes d'une plume sur Taxe qui tes supporte, et se repliant en arcade sur le bord libre du feuillet.
Outre les divisions artérielles, le chorion podophylleux supporte
un réseau nerveux, élément nécessaire de ses feuillets, et des houppes papillaires qui les terminent à leur extrémité inférieure, mais dont l'inspection directe, même avec des instruments grossissants, ne permet pus de saisir la disposition.
Ce réseau nerveux est formé par les divisions terminales de la brancbe ^îutanée et celles du nerf plantaire, qui s'engage avec l'artère pré-plantaire dans la scissure du même nom.
I^ut'étreexiste^t^il aussi dans la trame du tissu podophylleux un appareil spécial pour la sécrétion de la corne (appareil kératbgène),
ilPPAREIL TiGUMEWTÂIUE 9|
oomme il en eiiatortit an dans la peau, d'aprdsBresehel etRoussei de
Vauzèmc, pour la sécrélionderépidermo? Nous en sommes réduits,
à cet égard, à de pures conjectures, l'observation directe nous faisant défaut pour nous fournir jes éléments matériels de la soiulion de cette quosiiiM).
La membrane podophyileusc repose, par sa face profonde, sur un réiicuium fibreux dans les mailles duquel est disposé le plexus veineux podophylleux, dou( neus avons donné plus haut la desp crlption^
Ce rétlcttlam, épais surtout au centre et sur les parties latérales du
doi^n, êiablit, entre Tes et le lissu feuilleté, des rapports trës-étrolts de vitalité et defoneflons, au point qtiMI estdifllcfle de dire s*il ap-
pnrtientà Tes comme son périoste, ou au lissu podopl)\ lieux comme nue cnnlinuilô do son chorioii. Pcut-ôlrc qu'à l'égard de l'un et de ruuU i> il l emplit ce double office.
Bracy Clarck a donné, A cette membrane de ren force iiionl du (issu podophvlleux, le nom de rélicuhm processigerum {processus [)voiottgement et (fero Je porte*, littéralement : membrane qui porte les feaillets)» C'est une expression qui peut être adoptée avec avantage pour la facilité des descriptions.