M. XXXIV
La fourchette a une structure d'apparence fibreuse, comme les autres divisions du sabot que nous avons déjà examinées. A pre-
AHATOHiK*
mière vue» cette disposition n'apparaît pas* eo raison de la grande dODsité de m subsUiDce et do TagrégatioD serrée des fibres qui la conposent. Mais elle devient Bumilbste par la macératioii d*abordt qui isole les unes des autres les fibres oonsiitulives et les reud évidentes à une simple inspectiou ^ Mémo eflet se produit dans certaines maladies des organes sécréteurs; enfin, il suffit d*one coupe loagilutlinale pratiquée sur un sabot sain, pour donner, à Toeil nu, la démonsiratioii de cette structure flbrillaire de la fourchette.
Les libres apparaissent, sur celte coupe, dirigées corn m ( lUt s 1*^ la sole, obliquement d'arrière en avant, mais elles ne sont pas comme elles, rectilignes elles affectent, au contraire, une disposition flexueuse et ondulée» plus marquée dans la région du corps que partout ailleurs*
Il est très-fecile de reconnaître, sur cette coupe, que ces fibres font continuité aux prolongements vtlUformes de la membrane veloutée.
La compacité de Tagrégation des fibres de la fourcbette est rendue manifeste par des coupes horizontales. La substance qui la constitue appaiaii sur ces coupes avec un aspect vernissé brillant; ou la dirait amorphe à première vue, tant elle est uniforme. Ce n'est qu'à une inspection attentive qu'on reconnaît le pointillé qui dénonce la structure fibreuse.
Sur les sabots qui ont acquis, faute d'user, une très-grande croissance, la surface de la fourchette est formée d'une succession d'écaUIes assez fines, de dimensions inégales, imbriquées d'arrière en avant, dont la disposition rappelle d'une manière grossière celle du revêtement extérieur des poissons.
IL — Du piaiopLB ou bahdb coroh aihb.
( The ffog eotmary hanà de Bracf Clarck. )
(P!. XXVHI, XXIX, XXX, XXXII. XXXHI.)
Nous avons dit plus haut que les deux hranches de la fourchette formaient, en s'épanouissant, deux plaques arquées (les glômes de Bracy Clarck) (Pl. XXXii, g) qui embrassaient, dans leur concavité, les angles d'inflexion, et se prolongeaient ensuite, en se rétrécissant,
' La Fig. S de la Pl. XXXIV réprcscnle un lîiiiil)oan <In fourchcUe donl les fibres se sont dissociées dVlles-mèincs, sons 1*' pied du cheval , par I mniionrc de rhuiniUilé. Ce cheval faisait sole et fourchette neuves, cl c esien eaicvaiil la fourciietteaiicienDe qu'on découvrii la fourelieiie nouvelle, a?ec ses fibres drfngréaéea, eomoiw lea repnMnie la figuw.
AFPAHSIL COKSi.
SOUS la forme d*uno bande rubanée autour du bord Bupériour du sabot (PI, XXVni^ c d). Cette bande est le p^to/^/e ou band$ earonaire de la fourcbelte {the frog cor&narp bond)
C'est Bracy Clarck qui, le prcmiei , l*a bien dislinguéc et décrite, en lui donnant les deux noms sous lesquels elle est aujourd'hui connue.
Quand on soumet un sabot à une macération suffisamment prolongée pour dissocier les différentes parties dont Tassemblage constitue la boite cornée, le périople reste toujours continu aux extrô* mités des branches de la fourchette, dont il ne parait être qu'une dépendance (Pl. XXXID), en sorte qu'à ne le considérer qu'objecti* vement, il semble exact do dire quil n*est qu*un prolongement laminé de la substance de la fourchette. Mais, physiologi(]iiemeiit, il n'est pas plus exact de considérer le périople comme un épanouissement de la loiii elieUe, que celle-ci comme un renforcemoui du périople^ ils constituent, par leur ensemble, un tout indivis, il il loules les parties soutlorméesen même temps dans la place qu'elles occupent par un appareil sécréteur disposé circulairement au dessus du sabot.
Cet appareil est constitué, pour le périople, par le sillon coronaire périoplique, et le petit renflement cuUiné (bourrelet périopliquê) qat règne au-dessus de lui ; lesquels remplissent, par rapport à la bande coronaire, le m6me office que le bourrelet principal, par rapport à la paroi, comme nous le verrons, du reste, lorsque nous traiterons de la physiologie de Tongie.
A partir du renflemtiuL cutané qui lui sert de matrice, la bande périoplique se prolonge on diminuant graduellement d'épaisseur sur la face extérieure de la paroi, sur les angles d uiûexions ot les extrémités des branches de la fourchette, avec la substance desquelles la sienne se soude intimement : aucune démarcation n'existant en ce point entre la matrice du périople et celle de la fourchette.
Ëlle forma done autour du sabot, de concert avec la fourchette, un Gerde complet.
n fout distinguer au périople, considéré dans la continuité'du cercle qu'il décrit, deux faces et deux bords.
1° TAGES BU PjfcaiOPLB.
«U FAOE KsnBiia* (H. XXVIIt.)
La face externe est légèrement ondulée par une succession de
124 ANATOMIB.
cercles transversaux, et laisse voir des stries très-Anes, disposées parallèlement dans le sens de la direction des fibres de la paroi. C'est surtout à la région des glômes que la succession de ces cercles et la disposition striée sont visibles*
Lorsque la corne des sabots est très-desséobée, les sillons, qui séparent les cercles transversaux du périople, se creusent et forment autant de petites tranchées obliques de liauten bas, qui soulèvent la corne de celle partie de l'ongle en écailles imbriquées.
b, FACB IIITBHNB.
La face interne du périople est modelée sur le contour des pardos auxquelles elle est superposée et si intimement adhérente, qu'on s'explique facilement comment cette partie de Tongle avait écbappé è Tattention des anciens anatomistes.
Cylindrique dans tout son contour pariétal, elle présente, au niveau des angles d'inflexion, une concavité moulée sur le relief de ces parties, et se confond ensuite, en dedans de ces angles, avec les extrémités des branches de la fourchette.
L'adhérence du pi rin[)le, par sa fano interne avec les parties qu'il recouvre, n'est pas lu même dans loiue son étendue superficielle. Supéricmeitient, dans toute îa largeur du biseau et au delà, celte adhérence est Irés-inlime, à tel point qu'elle ne peut être détruite, après la mort, que par raction très- prolongée de la macération. Mais à mesure que le périople s'étend davantage vers le bord inférieur de 2a paroi, son union avec elle devient de moins en moins tenace, et il s*en détacbe môme spontanément par exfoliations lamellées.
Dans la région des arcs-boutants, radbérenoe du périople aux arcs d'inflexion, présente le même caractère que sur la face périphérique de la muraille; mais è Textrémitédes branches de la fourcbette, cette adhérence devient une véritable fusion par continuité de substance, car, à ce point, toute démarcation disparaît entre les organes sécréteurs de la fourchette et du périople; les produits de leur sécrétion se soudent au moment de leur formation.
f* DES BORDS BU PÉRIOPLE.
«. BOai» SUpiUlDR.
Le hwd supérieur du périople (Pl. XXIX, s s) dépasse celui de la paroi. Il présente, au-dessus de la cavité culigérale, une arête tran*
chante qui règne sur tout le pourtour de la paroi, et qui constitue le relief du sillon périojiUque dans lequel il est implan le.
Au-dessus de celte arête, le pt laisse voir h sa face interne une sorte de petite qonttière cuttgeruie secondatre, modelée sur le petit renflement cutané qui longe supérieurement le sillon coronaire, et qui indique la démarcation entre la peau propreraent dite et le système téguinentaîre sous-onguié.
Cette caTité cutigérale secondaire se rétrécit, comme la principale, de la pince à la région postérieure des quartiers, puis s'élargit de nouveau aux angles d'inflexion (Pl. XXX), où elle acquiert des dimendons triples de celles de la région ant^eure de l'ongle. En dedans des angles d'Inflexion, elle se continue sans transition avec les sillons latéraux de la cavité intérieure de la fourchetlc.
La surface de cette seconde gouttière cutigérale est, comme celle do Ifi première, criblée d'ouvertures nombieuses, dirigées obliquement en tjas, qui accusent la structure villeuse du renflement cutané qu'elle recouvre, et la disposition tubulée de la corne qui émane de ce renflement.
b. Bou> mvikiBinu
Le bord inférieur du périopte, plus mince que le supérieur, est découpé en lanières irrégulières qui se perdent sur la face antérieure de la paroi, sur le sommet des angles d'inflexion et sur la surflice des branches de la fourchette.
Considérons maintenant le périople suus le rapport de sou étendne, de sop épaisseur, de sa consistance, de sa couleur et de sa structure,
4« Étendue du périople.
L'étendue soperfldeUe du périople est très-variable sur les cbe< vaux soumis à la domesticité, h cause de la multitude des circonstanoes qui tendent à le détruire, et dont la principale est l'intervention
dà maréchal.
Dans les chevaux à Tétat de nature, le périople forme sur presque toute l'étendue do la paroi, des arcs-boutanls et des branciics de la fourchette, luie enveloppe complète, d'autant plus mince, qu'on la considère plus loin de son origine.
Dans les chevaux domestiques et soumis à Tinfluence mensuelle de la ferrure, le périople est détruit par l'action de la rape dans la moitié et môme les deux tiers inférieurs de l'ongle, il n'existe, d'une manière eonstante, que dans l'étendue en largeur, de 3 à 4 centimètres au pourtour du biseau et des bulbes de la fourebetle.
2" Épaisseur du périople.
Le pri iri]»le esi lu plus raiiice des divisions de l'ongle. Son épaisseur, Yuriable suivant les régions où on le considère, est exactement mesurée comme celle de la paroi » par Pétendue en largeur de sa surface d'origiae.
Ainsi, au niveau des angles d'inflexion, là où le bourrelet secondaire présente ses plus grandes dimensions en largeur, Tarmature périoplique est considérablement développée pour eonstituer les arceaux des glâmfuroaki ; au niveau des quartiers elle est idus mince, et elle s^épaissit de nouveau au point correspondant à la pince.
Considéré dans tout son contoui*, le périople est d'autant plus épais, qu'il correspond à uîie porlinii de paroi plus mince, ou, en d'autres termes, qu'il est plus rapprociic de la peau, et d'autant plus mince, qu'il eu obi plus éloigné. Dans les pieds normaux, sa mesure, en épaisseur, donne presque un tiers de centimètre en pince, et \ centimètre complet au niveau des glômes ; tandis que, par sou expansion inférieure, il ne constitue qu'une mince membrane épidermoîde.
Considérée d'une manière générale, l'épaisseur du périople varie suivant son état de sécheresse ou d'humidité.
Lorsqu'il est mis en contact avec un liquide, sa substance se ren* fie considérablement, et constitue, à l'origine de l'ongle, une sorte de bourrelet cylindrique, d^une teinte blanchâtre, qui en déborde le iiivonu et le surmonteè la manière d'une corniche.
Desséchée, elle s'aiiiuicii cousidérablemeni, et forme, à la surface qu'elle recouvre, un revêtement dur et fendillé, comme l'écorce de certains arbres.
Snus l'influence d'une grande dessiccation, il s'écaille et s'exfolie par minces lamelles.
3« Consistance d» périople,
La consistance du périople est en rapport avec son état de aéeberesse ou d'humidité.
Quand elle est imprégnée de son humidité normale, sa sobstanee est molle, élastique, fodlement attaquable par tes instruments tranchants.
Dans l'état de dessiccation, au contraire, elle est dure et résistante, jusqu'à ébrécher les instruments.
4" Coulêur du périople.
\x périople a une couleur brune-jaunàtre sur les sabols uoirs, et
appakul goané. 117
plu^ rlaire sur les pieds, tloot la peau, matrioe de ToDgle, manque de pigmeutum colorant.
ô° Structure dupériople.
La substance constituante du périopleest identique, snustous les rapports, à celle qui compose la fourcbette { dans l'état normal, elle est comme elle, dense et à structure serrée, et en même temps moite, élistiqiie, facile à entamer par les instruments tranchants.
Ces caractères, très-difTérenUels de ceux qui appartiennent à la paroi, sont faciles à disiinguer sur des coupes horisontales ou longitudinales pratiquées à l'origaic do l'ongle.
Si l'on entame en dédollanl le bord supérieur du biseau d'un snbot détaché dans son entier, en ayant soin de n'enlever que de minces lamelles, les premiers copeaux que Ton oblieul ainsi sont homogènes, denses, serrés, formés exclusivenieul par la substance du périople qui déborde un peu la paroi, comme on le sait, au-dessus de la cavité cutlgérale principale.
Mais, lorsque en creusant plus profondément, on pénètre dans la substance cornée pariétaire, les lamelles détachées sur les coupes horizontales présentent alors deux couches bien distinctes : Tune extérieure et antérieure, formée par une corne d'une couleur plus daire et plus transparente, d'un aspect mat et homogène ) Tautre postérieure, d'une couleur ardoisée, ù structure flbrillaire bien accusée par le pointillé de s;i coupe.
Le même contraste existe sur des coupes lon^iitudinalesi la couche mate et dense de la substance coronaire, superposée à la corne fibreuse de la paroi, tranche par son aspect avec celui de cette dernière, et s'en distingue très-nettement à l'oeil nu.
Le point de contact, entre ces deux couches cornées superposées, est marqué, sur les coupes longitudinales et horizontales, par une ligne parfaitement droite, suivant le sens de laquelle il est facile d'obtenir la désunion des deux substances par une shnple traction, quand on opère sur de minces lamelles enlevées surtout le pourtour circulaire de la paroi.
Dans la région des gldmes, la démarcation entre la corne pariétaire et la corne périoplique est Uès-dislincle sur les coupes jusqu'au niveau des angles d'inllexion. Mais en dedans de celle limite, il n'y a plus de distinction possible entre la corne des glômes et celle des bulbes de la fourchelte auxquels ils sont sur-ajonlés. Il y a, entre l'une el l'autre, coulinuité de substance. ËUes tonnent un tout par-
438 Aiuioicii.
faltement homogène, qui démontre bien l'identité de leur nature et la
conirnuiiauté de la sourro dont plies émanent.
La corne périoplique est manifestement livreuse comme celle de la fourchette.
Cette structure, éTidente à une simple inspeetion, est rendue plus saisissable encore» soît par la macération, soit par l'observation des modifications morbides dont ses organes sécréteurs peuvent être le siège.
Le dernier revêtement de Tongle est formé, à son orî^ne, par Tépiderme tégumeulaire (jui se projette par-dessus le penople, et forme, à sa surface, une expansion pelliculaire parfaitement visible sur les sabots des jeunes poulains, après macération.