‹ Traité de l'organisation du pied du cheval comprenant l'étude de la structure, des fonctions et des maladies de cet organeChapitre 57 sur 70 · DE LA NUTRITION · texte numérisé non relu

DE LA NUTRITION

faîn» cVstque le sabot est mobile^ e*est qa*U obange de forme ; e'est qu'à un temps donné il est plus rétréci, à un autre plus dilaté» et que» grâce à ces mouvements, si Ton peut dire, de systok et de diastole, il fait roflBce, aux extrémités de Tarbre artériel et aux racines de Tar-

bre veineux, d'une sorte de cœur succenturié, complément mécanique, dont les mouvements ne doivent pas être sans quelque influence sur la circulation.

La pratique de forcer h marcher les chevaux dont les sabots sont le siège d'une congestion ou d'une stase sanguine, et le grand sougement que la marche procure, ne sont-ils pas la démonstration journalière de la double influence qu'exercent, selon nous, sur le mouvement du sang, la pression de la boite cornée et le jeu de son élasticité?

Enfin, dans le système veineux du pied, comme dans toutes les autres parties du système veineux gtoéral, le mouvement circulatoire

est favorisé par la puissante influence du cœur, qui est le principe et la cause la plus durable de sa cuiiliniiilé. Bichal a nié, il est vrai, celte influence-, mais l'erreur comniisc à cet (^?ard, par cet illuslre physiolopriste, ne saurait avoir cours aujourd'liui. La force d'impulsion, communiquée au sang par le cœur, ne s'épuise pas, comme il Ta pensé, aux extrémités de l'arbre arténel. il faudrait, pour qu'il eu fdi ainsi, que l'impulsion cordiale ne se produisit qu*une fois sur une masse de sang donnée. Sans doute, dors cette force s'épuiserait. Hais elle se renouvelle sans cesse , et sans cesse, la colonne sanguiae, une fois lancée, reçoit une impulsion de celle qui la suit. En vertu de rincompressibilité des liquides et de la continuité à elle-même de la masse sanguine dans toute Tétendue de Tappareil vasculaire, il est impossible que Fimpulsion qui part du cœur gauche, ne soit pas ressentie jusque dans le cœur di'uil el réciproquement. 11 n'y a donc pas seulement circulation du sang dans toute l'étendue du système : il y a encore, si l'on peut ainsi parler, circulation de la force dont le cœur est la source, qui ébranle partout les molécules sanguines, et leur communique cette prodigieuse rapidité de mouve* ment qui les anime.

Ainsi donc, et en résumé, malgré les conditions dé&ivorables que Faction de la pesanteur et l'éloignement de Porgane central du mouvement opposent à la dreulation sanguine dans le système veineux de la région digitale, cependant, le cours du sang s'y efGeetue libre et rapide, grâce à l'ensemble des voies anastomotiques qui lui sont ou-

raTBioiiO«n

vertes avec tant d'art, à la capacité relativement plus grande des canaux veineux, à leur dispositio*ii superficielle, à la pression qui s'exerce de partout sur la membrane qui les renferme à chaque temps de Tappui» au jeu d'élasticité du sabot» et enfin* et pnncipaleBient à rinfluence toi^oii» puissant» des pulsations oordiatos.

DES wwmsksÉB nVfJUTivJÂS msÉBjsmss aux duvébents

TISSUB DU PIED.

Los propriétés nuti itives des tissus étant, d'une rannicre générale, exactement proportionnelles au développement de leur double vascularité) ou bien, en renversant les termes de la proposition, sans rien changer à sa Taleur, le développement vasculairo étant en rap« port exact avec la faculté de nutrition inbérente aux tissus organî* gueSi on peutd^à pressentir, d'après les considérations anatomiqaeo et physiologiques dans lesquelles nous Tenons d'entrer, quelle est la part de cette faculté dévolue à ébacune des parties constituantes du pied.

Mais cette première appréciation ne ser ait pas assez large et assez profonde: il faut, pour l'intelligence entière des phénomènes morbides, et rappUcation siire dis mclhodes thérapeutiques, entrer plus avant dans ce stijef , et étudier par voie, pour ainsi dire, analytique, les phénomènes de nutrition qui se produisent dans chacun des tissus composants de la région digitale»

B% est vrai de dire, suivant la pensée htppoeraUqde, itue les lois qui président dans l'état bain aui actions normales^ régissent aussi dans l'état morbide les actions pathologiques, {ftmfwmt m rano MtknH sana$, êadm in œgro morbotaê)^ on peut en inférer que l'étude des phénomènes morbides doit conduire à Tint^gence des lois des fonctions normales.

Faisant l'applicalion de celte ^^rande loi formulée par Hippocrate, nous nous servirons souvent, dans l'appréciation de la faculté de nutrition inhérente à chaque tissu, de la connaissance des pliénomènes dont il est le siège, lorsqu'il est moditié par l'état inflammatoire, car rinflammation n'esta pour ainsi parler^ qu'une sorte d'exagération deianutritiotimôme.

Mais nous reviendrotts sur cette idéé, au chapitre del'anatomie patiiologiittte. Il demeure bien entendu que dans les développements qui vont suivroi noua ne nous proposons pasrétndedflSpbéaoïiiâM

VË LA RomTnm. IB9

de rinflammation; celte matière sera traitée en son lieu. Nous tou* Ions seulement aujourd'hui mettre à contribution la connaissance de ces phénomènes, pour éclairer la question de la outrilion» dont les lois président aux actions inflammaloires.

Cela posé* étudions les fooiiltés de la nutrition dans chacun des tissus du pied.

Page 1