GÉNÉRALE
Le cheval, l'un des aDimaui les plus grands et les plus lourds delà eréatloOt est en même temps aussi Ton des plus libres dans ses allures» Tun des plus rapides dans ses mouvements, Tun de eeux qui a le plus de puissance pour imprimer & la masse de son corps les déplacements instantanés les plus considérables. Heureuse combinaison de facultés contraires, dont l*étude de sa machine donne le secret.
Les parlies les plus essentielles de celle niachinc, cousidcrce au point de vue de la locomotion, sont les membres. C'est d'elles principaleniciit que nous allons nous occuper, parce que leur étude se rattache directement à notre sujet.
Les membres fout L'office, dans la machine animale, de colonnes de support et d'organes d'impulsion .
A cet effet, ils sont constitués par des rayons solides, superposés et rendus continus les uns aux autres, ftPaide de liens flexibles mais très-résistants. Variables dans leurs formes, dans leurs dimensions et dans leurs rapports respectifs, ces rayons servent de support aux muscles, disposés par groupes autour d'eux, et destinés à leur imprimer des mouvements en différents sens, à la manière de ressorts a^^issaiU sur des leviers.
Ce qui trappe, à première vue, dans ragcncement des rayons constituants des membres, c'est la disi>u>ilinii angulaire qu'ils affectent généralement, les uns par rapport aux autres. Ainsi, le scapulum et rhumérus forment ensemble un angle ; l'humérus et le radius en forment un autre; le métacarpe et la première phalange en constituent un troisième. De même, dans le membre postérieur, rilium et le fémur, le fémur et le tibia, le tibia et le métatarse, le métatarse et la première phalange forment, en se rencontrant, une succession d'angles superposés.
Ces rapports des rayons osseux sont sans doute défavorables à la solidité, puisque la première condition de force et de résistance d'une colonne est dans la superposition perpendiculaire des assises qui la constituent \ mais, d'aulrc part, ils favorisent raclion des ressorts musculaire^, tandis que, par un ingénieux antagonisme de muscles et de cordes tendineuses, les angles osseux acquièrent, dans les temps voulus^ un degré suffisant de raideur pour ne pas s'affaisser
DE LA LOOOVOTIOIC.
sous l'effort des pressions qui tondent à les fermer, et ne céder que dans la limite nécessaire à i'amocUssemeûi des réactions.
En sorte que, grâce au mécanisme de celte disposition» Tappareil des membres réunit en lui deux propriétés presque contraires : la ri* gidité et la llexibité* en vertu desquelles il est si parfoltement adapté à remplir son double office de colonne de soutien et d*organe d'impulsion.
Ces deux facultés et cette double fonction sont communes aux membres anléricurs et aux postérieurs j mais elles ne leur appartiennent pas au môme degré.
Situés en arrière du centre de gravité, et plus en di liors de son action, les membres postérieurs sont plus parliculièrcmcnt destinés, par leur situation même, à imprimer à la masse du corps les mouve* ments de déplacement*
Placés, au contraire, en avant du centre de gravité et plus directement sous sa pression, les membres antérieurs ont, pour fonction plus spéciale, d'offrir à la masse du corps déplacée ]^r l'impulsion du derrière, les appnis qui doivent la sontenir.
Les membres postérieurs sont donc plus particulièrement des ag^ents d'impulsion, et ceux de devant des organes de support^ loulefois, la faculté impulsive appartient aussi à ces derniers, de même que les premiers fonctionnent aussi comme appareils de soutien. ]^Iais il y a pour ainsi dire inversion d'aptitudes fonctionnelles dnns les uns et dans les autres; aussi présentent-ils, dans leur structure anatomique, des différences en rapport avec la différence du réle qu'ils ont à remplir dans la locomotion.
Pour les membres antérieurs, par exemple, tout est admirablement disposé pour que la masse du corps trouve, dans leurs colonnes, des étais solides, flexibles, souples et élastiques tout à la fois, qui la soutiennent dans l'état de repos, lui offrent incessamment des points d'appui nouveaux, quand elle est déplacée, amortissent les ébranlements que les réactions du sol pouiiaiciiL lui causer, et lui communiquent enfin un nouveau mouvement d'impulsion, au moment où ils se dégagent de dessous elle, pour aller au-devant de sa chute.
La solidité de ces colonnes de soutien résulte de la superposition de leurs rayons osseux et de la rigidité que donnent au;^ angles qu'ils forment, les apparefls musculaires et tendineui^ qui s'opposent ù leur fermeture ^
*■ L'anaiomie enseigne que sur les soniuicls des angles formes dans les
PHYSIOLOGIS.
Leur flexibilité est la conséquence de la muUiphciié despî^s iiui les composent, et de la nature des liens qui les unissent.
La souplesse est le résultat combiué d'une iouie de disiu^siticms iugéiiicuses qui tendent à la produire.
La plus remarquable de ces dispositions, et qui est toute spéciale aux BMNObres antérieurs, est le défaut de continuité qui existe eoire leurs squelettes et le squelette du tronc. L*umoii du tronc aux mem* bres ae s'efS^tue, en eliBi» que par des parties nolles, uuaeulaires outt^reuses.
La eaim tboradque est soutenue et eooive suspendue entre les omopihites, par deux larges «xpandons diamues» doublées à Textèrieur d*ane puissante enveloppe apouèvrotique, qui s*appUque»t sur ses parois latérales dans une vaste étendue, et s^attaebeat par un
faisceau considérable de fibres convergentes h lu face interne du scapuluni, eu sorte qu'cUcs formeut, au ihoiax, comme une sorte de soupLiUc, sur laquelle U est supporté, à k niwàèrc de la tais:>e d une voilure, sur la soupente de ses lessorts.
Ingénieux mécanisme, dont oaco.nçoit, à première yuc la disposition et les conséquences.
Mais, dilïérente des liens inertes de suspension, qui présentent une résistance constante et invariable à Taction ^les efforts qu'ils osxi à supporter, la souponle tboractque louit d*uno élasticité active, si Ton peut dire, <|UÂ se proportionne et ae gredum, suivaiil Tintensiié d'action de la causa qui la anet enjeu»
J^hagm p^r leur doublure fibreuse» dont ta force da iisxmUé leur donne la puissance de résbter cmtaounent» ^ sens Ifttiguev à Ti^ tion d» Ift pesanteur à laqueUe ils fpnt ioeessaniaient ^ilibre» lés louscles grands dentelés deviennent actifs par leurs fibres oontru^ tiles sous-jacentes à leur enveloppe extérieure*, et lorsque la masse du corps, lancée par Tiiupulsioii du ilci i icre, vient à retomber sur les colonnes de devant, les grands dentelés, en se cowtractaut au moment de la iIiuIl, retiennent pour ainsi dire celte masse eritraiuée par la gravilaiiou, raccourcissent Tespace qu'elle a à pcuxouri^, et augmentent di& toutes t'énergia de leur contri^tioA W £(»rç6 4^ \^u»
membres par les rayons otieos, à leurs poinls de contact, il existe des appa« reîls tendineux ou uiusculo-fibreux destinés à him icsi&uince aux pressions
qui s'exerot'nt sur les côlés des anj^lf^s eî q ii Icnilenl à les fiirmor, M. Uxgnon a dévduppu celle idée (1:uis son ingeiueux i':ssai de mécanique aitimaU. Nouî» y renvoyons j de plus longs détails sur celle queslion de physiologie nous me-
n^ra^^ au deM^ 4$^ W>tre twt.
BB U LOCOHOTION.
qui unisscul ie Ironc au membre. Pais, lorsqu'une fois Vchw de rimpulsioa csl éleiûi, la coniraclioQ de la libre cburnue de3 muscles suspoi^urs cesse, et tout le poid» de la guisae reste supipertè par taf puissADte aponévrose d*«aveh)ppe.
lies grands musées charnvs qui se rendent da sternum au bras revq^lisaeBt ausstt par intermlltence, Toffioe d'organes de suspension. Pfincv4|l«nen^ locomoteurs, comioe l'indique leur eonposUion mtan* ces muscles fonctionnent comme suspenseuis, lorsque la omsse du corps retombe eu ire les deux épaules.
Du sommet de rhumérus, dcveua alors leur pointlixc, ils agissent en se contracta Ml sui' la caisse tlioracique, qui lend à desci udro eutrc les deux ço,lonncs anîùneure.s, la relieiineut dans sa cliuto, et s'opposent ainsi, concurremnioul avec la pailic charuue des grands denteios^ ce (juc l'apoucvrose inextensU)le dSv ces derniers reçoive,
dan^ tçMie sa foroet TaçUçtn de la gravitaiioni ausmentée de toute ^ip^nsi^ dçtnioiiTeniient communiqué.
l^n donnant ^iii^ wscles, dont la puissance de ténacité augmente a^ç Ift Ci^raç^iaQi n^e, la fonction de supporter le premier effort
la pespntenr, au moment le corps, lancé dans 1 Waoe, vieni à ftbMlldi^ la sol, la nature a ainsi prévenu les d^lacérations dont le tissu fibreux aurait été infailliblement le siège, sMl avait eu à soutenir le premier clioc; el, en outre, elle a disposé ainsi un appareil d'élasticité parlait, toujours proportionné, dans sa force de, résistance, k rintensité des acllous qui lui sont opposées.
Que si, par exemple, il avait existé une connexion entre le membre antér^ui: et le tronc, par voie de continuité du squetette, comme dans le membre postérieur, il y aurait eu à craindre que, dans les d|^4% l%mme pesantoidu oojrps cnn^^ le. sol, les visoéfes Intéftipff tjt'éprpuvnsfieftt des él»ranlemients dangmni^ poxv leur stvuc- MÎr^#ilWlri. qM« l«s os de supiiprt ne de vtnsswt impuissants à résis- MMF W <ks percussions dans le» mouv^ent^ si raiôdBS dont
la macliîne du cheval est susceptible.
•L'apparoil d'aiiiorUsscment des réactions que représente le groupe des muscles suspenseursdu thorax, csl complété, et pour ainsi dire perfectionné daiis ses fins, par ^irecUoa el les rapport^ des os. auxquels ces muscles s'implantent.
L'omoplate et l'humérus ne se rencontrent pas en ligne droite*, ils forment, à leur poi^t de contact un angle considérable, ouvert en arriérai ei^ sets inverse de celui qui résulte de l'union du fémur avec
PUVSIOLOGIE.
riliiim, dont TouTerture est dirigée en avant* Ces angles, inverse* ment disposés, que forment à l^origine des membres antérieurs et postérieurs, leurs deux premiers rayons, ont ôlé comparés avec justesse par Youatt S aux ressorts des voitures modernes, avec lesquels ils ont des analogies de forme et d'usage. On conçoit, en effet, que les pressions exercées de haut en bas ou de bas en haut, sur les côtés de ces ressorts osseux, aieul pour conséquence de tendre à les r<)pprooher , effet auquel résistent les muscles antagonistes de leur fermeture, et qu'ainsi soit obtenue une puissance d'éiasUcilé sur iaquelie s'éteint toute Ténergie des percussions.
£u outre de leur direction oblique de haut en bas et d'arrière ea avant, si favorable à ramorlissement des réactions, les deux scapulums en aCTeelent une autre de haut en bas et de dedans en dehors, qui leur donne une nouvelle force de résistance contre les pressions qu*il8 ont à supporter. En effet, en vertu 4e cette direction, signalée pour la première fois et bien interprétée par Bourgelat, reflbrt qui s'exerce en dedans des omoplates, a pour conséquence de les faire converger, par leur bord supérieur, vers les apophyses épineuses du garrot, sur lesquelles elles prennent un point d'appui comme sur une véritable clé de voùle ; et, ainsi opposées Tune à lautre parleurs sommets , elles se trouvent dans les conditions les plus favorables pour soutenir ie poids appendu entre deux, avec une grande force de résistance, qui n'exclut cependant pas un certain degré d'élasticité, car le bord supérieur des omoplates est muni d'un cartilage ItodMe, par lequel elles s'appuient sur les apophyses épineuses, et qui fait TofSce, au moment de la pression, d'un ressort élastique propre à Tamortir.
Ainsi donc, dans les régions supérieures du membre antérieur, l'amortissement des réactions est le résultat combiné du mode d'attache du membre au tronc, par des liens musculaires et fibreux, de l'anguh riir de position des deux premiers rayons, et de Tinclinaison du scapuium vers les apophyses du garrot.
Nous verrons plus loin que, dans les régions inférieures, il existe aussi une merveilleuse combinaison de leviers, d'appareils ligamenteux et de coussins élastiques pour produire les mêmes effets.
' This singular construclion of thc limb.< rcminds us of the similar arrangement of the springs of a carriage, and ihe ease of motion, and almost perfeet freedom fromjoHing, whieh are thenby obtaintd.
(YouaU, TkehûTse,^, 3f7> 1940.)
DE LA LOCOMOTIOH. 473
Mais, entre ces régions infêrieiireset les supérieures» dont nous venons d*étudier la disposition générale» les rayons osseux ont une direcMon perpendiculaire, et la transmission des pressons et des ebocs semble s'effectuer, suivant leur longueur» sans aucune déperdition.
Il n'eu est rien, cc})endant-, les effots de la perpcndicularité nécessaire pour la beauté des formes et la solidité de Tappui, sont contrebalancés dans ce qu'ils ont de favorable aux réactions, par la brisure des articulations carpiennes.
Là, une double rangée de petits os» revêtus, sur leurs surfaces de contact, de coussins diarthrodiaux, et séparés les uns des autres par
des cloisons synoviales, s'inlcrpose entre les deux grands rayons de l"avant-bras cL du canon, et faitroffice entre eux d'un appareil d'àmorlissciuent qui, sans rien changer à la soliditA de l'appui, s'oppose à la transmission intégrale des pressions supérieures ou inférieures.
Tout est donc calculé dans les membres antérieurs» pour permettre à la machine du cheval, si pesante cependant, de se lancer dans Tespace avec rétonnanle impétuosité qui est propre à ses mouvements, sans crainte' que lorsqu'elle touche la terre, les réactions des chocs produisent en dedans d'elle des ébranlements nuisibles à ses oryaues.
Dans les membres postérieurs y il existe aussi un arrangement parfailement combiné pour produire la solidité de la colonne et sa puissance d'action» unies h un certain degré de souplesse et d'élasticité»
Mais ce qui prédomine en eux comme organes d*unpulsion, c'est la solidité et les dispositions favorables 6 Taction musculaire.
Aiiisi il existe une connexion intime entre la charpente du tronc et celle du membre. Le premier rayon du membre, l'ilium est commun à Tune et à l'autre. Le second est en continuité articulaire avec le premier -, et comme Tilium est intimement associé, d'une part, à la tige Tçrtébrale, par ses rapports avec le sacrum^ et, d'autre part, . aux os du bassin avec lesquels il ne forme qu'un tout continu, même dès les premiers temps de la vie, il en résulte qu^ Timpulsion communiquée par l'action du membre postérieur, se transmet sans perte aucune , par des parties solides , à toute la machine : conditions qui u'auraiciil pu èUc qu'impariaiLcmeut obtenues, si lu memitic propul-
PHYSIOLOGIE
teur h W été lié bu corps que par des parties ttolles ét élasiiqiies, à h ttanièrè oehii qui est prtttdpetoiiieikt iS^Dé tu bmUxl
Les autres eondillens Ab solidité et de jpuissanoe d'action du liiembre imstérteu)'^ ise (rotivent dans le vMtinie et la densité de ses os,
dans la saillie de leurs éminences d'implanialioii, dans les angles qu'ils forment plus nombreux et plus fermés que ceux du membre antérieur, dans le développement des masses musculaires qui se groupent autour d'eux, cl, enfin, ilnnsla force de résista née des membranes aponcvrotiques qui servent, à ces masses charnues, de revéiMBent ou dépeints d'appuic toutes conditions, soit des leviers^ soit des ressorts qui les mettent en jeu , admirablement combinées pour là production de mouvements tout à la fois rapides et énergî^né^
Cette Gonstrufition si famable dans le membre postérieur t k pfo^ duction du mouvement et à sa transmission complète» concourt aussî^ parunbenreux arrangement, à l'amortissement des réactions. Les angles osseux font, en effet, dans ce membre comme dans celui du devant, l'oflicc de ressorts qui cèdent graduellement sous la pression et éteignent, dans leur élasticité, les effets de la rencontre, souvent violente, du corps contre la terre, dans les mouvements de progression rapide.
Ce jeu des angles du membre pos^térieur est suffisant pour contrebalancer les conséquences de sa connexion solide avec le tronc, d'autant surtout, que lorsque le corps a reçu une vigoureuse impulsion qui l*a détaché du sol et lancfé dans Tèspace, les premières co* tonnes qui viennent & Pappu! sont celles de devant, où tout est si parfaitement ménagé pour l'amoindrissement du choc -, celles dé derriéré ne prennent (erre qu'en dernier Heu, lorsque déjà le plus grand effet de la commotion est produit et en partie éteint.
Ajoutons, enfin, comme deriiioie considération, que le membre postérieur est éloigné du centre de gravité, et que la ti?e vertébrale qui l'unit aux parties antérieures, est douée d une e^^ilaïue flexibilité -, double condition qui concourt à atténuer les effets des ébranlements qu'il pourrait communiquer aux viscères intérieurs , soit par l'énergie de sa détente^ soit par la violence de ses heurts contré te soi.
fl ressort des considérations dans lesquelles nous venons d'en* irer^ sur fes membres antérieurs «t postérieurs, que ces appendices du tronc sapporlent dans in station, «ne part inégale de la masse du
corps, les outtricurs étant plus chargés que les postérieurs^ en roi»
DE LA LocavoiiON . 4 76
900 âB itmt pésiltoh mpeelfvé soitô le céatte de ^vité; tfil <tue» 4^nè la p1ni|^sioiiJteMlpli8Mtd«ir(ttBS, à quelqûlis^NbdfirâreiitSi lés {vreflftidn étèlit plus particullèrekiieiit destinés à présenter & le masse du tNMrps déplocé, les appuis qui doivent la soutenir, lés se* conds ayant pour foncUoii plus spéciale de lui communiquer le mouvement d'impulsion.
L'examen anatomique de ces membres nous a fait voir, dans l«îur constrnction, des différences en rapport avec la difiêrence de leur HMe éiis le foncUon lecemetrice.
HéHa %lMs fett>fttiVelr dans la l^on digitale, les ménies partltû- ISMitlft^ dfspbliàans mééàni^iiéii correspondantes anx mêmes aptitudes ibnctionnelles.
- Celte région qui va être iii;iiiiienant l'objet de notre examen tout spécial, re pouvait être bien t oiuprise, au point de vue de la locomotion, dans l'arrangement si complexe de ses différentes parties constituantes, qu'nprès ce coup d'œil jeté sur reosemblc de l'appareil ' denleUe B'est qu'une dépeadaace*
BU EOLE DU nSD DAIIS LA LOCOUOTIOIV.
L'intelligence que nous avons maintenant des rôles spéciaux dévolus dans la fonction locomotrice, aux groupes des appendices aaujriours et postérieurs, va nous donner la raison des différences qui appartiennent respectivement à leurs régions inférieures, et la connaissance acquise des dispositions mécaniques si parfaitement corniHUées dans les régions supérieures, pour associer la solidité et la ténacité des parties à leur souplesse et à leur élasticité, nous éclairera dans PInfterprélatlon des dispositions analogues ou semblaUes que rextréfflilé digitale pi-èseote à Toell de robsmrvateur.
La disposition anatomique qui frappe, au premier examen, dans rorganisatioii du pied du chevaP, lorsque l'on considère celte région, 011 point de vue de la locomotion, c'est la prédominance presque absolue des agents passifs de cette fonction, les os, les ligaments, les tendons, sur les organes actifs, les muscles. La fibre musculaire n'y apparait, pour ainsi dire, qu*À l'état linéamentaire, dans l'épais-
* Le mot pied est pris ici dans son sens le plus large ; il comprend les régions qui s ei'ndpiit depuis les ariiculalions carpieunes ou uif siennes jusqu'au sal>ot inclusivement.
476 PHYSIOLOGIE
seur du ligament suspenscur du boulel, et aussi dans les petits faisceaux des lombricoïdes, sortes d'organes d'atteote» <iui ne paraisseatpas avoir, dans réconomie du cheval, d*autre utilité que de marquer une transition à une organisation plus complexe.
A ne considérer cette région que sous ce premier aspect, purement objectif, on prévoit déjà que son rôle doit être exclusivement passif dans la ioiiction locomotrice.
Et, en effet, le pied formé par les premières assises des colonnes de soutien, supporte incessamment, dans la station, tout le poids de la masse du corps, et dans la progression, ce même poids, dont l'intensité d'action s'est augmentée de toute la force d'impulsion qui l'anime.
En outre, c'est par son intermédiaire que les leviers locomoteurs,
dont il est la continuité, prennent sur le sol le point d'appui, à Taide duquel les puissances qui les meuvent, soulèvent la machiiie et la déplacent.
Enfin, il contribue, pour sa part, d'une manière trés-puissante à décomposer, dans le jeu de ses ressorts, le poids du corps qui lui est transmis des rayons supérieurs, à atténuer ainsi les effets des pressions contre le sol, et, partant, l'énergie des réactions qui leur cor^ respondent.
Ainsi, solidité et force de résistance pour supporter les pressions de la pesanlcur et les efforts de la locomotion-, souplesse et élasticité, pour atténuer les effets des chocs, et prévenir les ébranlements de toute la machine, telles sont les propriétés que réunit, au plus haut degré, le mécanisme du pied considéré comme organe locomoteur.
Ces propriétés qui exercent une si grande influence sur la liberté et rénergfe des mouvements du cheval, résultent du mode suivant
lequel les rayons osseux se rencontrent et se superposent; de leur agencement avec les cordes tendineuses qui les bordent, et les laisceaux ligumcnleux qui les entourent ; des qualités propres aux membranes et aux coubsius élastiques annexés à la dernière phalangej et, enlin, de la forme, delà consistance, de l'épaisseur du sabot, de la solidité de ses adhérences aux parties qu'il enveloppe, et du jeu particulier de son élasticité.
Passons succesâvement en revue ces différentes conditions de sUructura et d'aptitudes, dont la combinaison ^ rheureux arrauge-
ment font du pied du cheval un appareil locomoteur si parfeUement adapté à ses fins.