SENSIBILITÉ TACTILE
Le siège principal de cette sensibilité est l'appareil des membranes tégumeutaires phalangicniK's, dépendance et continuité de l'enveloppe légfumentaire générale, à laquelle est dévolue la fonction de mettre l'organisme entier en relation avec le monde extérieur. Seulement» dans cette région, la constance et la continuité des rapports de contact avec le sol exigeaient que la faculté tactile y fût trèsdéveloppée» et que» conséguemment, les instruments propres de cette 'foeulté, o*est*à-dire les papilles, eussent une perfection d'organisation correspondante. Cest ce qui arrive en effet.
DE L'INNERVATIOK.
Renflée en manière de corniobe cirettlaire autour de rexlrémité supérieure de la troisièBM pbalange \
Piissée longiludinalemeDt sur la face antôrieura de cet os, de ftiçon à aequérfr une étendue superfidelle sept à buit fois plus considérable, ^ue ceUe qu'elle aurait mesurée M elle iiVftt formé qu*aiie surflice unie $
•Étalée comme un tomentum épais sur la flioe plantaire du doigt,
la membrane sous-ongulée présente à la superficie de son renflement supérieur, sur toute l'ctcudue de sa partie plantaire et à l'extrémité inférieure des feuillets multiples que constituent les plis de sa face antérieure, un riche gazon de houppes vasculaires et nerveuses qui s'élèvent de sa trame, nombreuses comme les lilaments du velours.
Ce sont les papilles ou villo-papilles auxquelles aboutissent les divisions extrêmes des nerfs plantaires.
Engaioées dans des étuis propres de la substance cornée, elles vont pour ainsi dire à travers Pépaisseur de cette enveloppe au-devant des sensations, et contre-balancent ainsi tout à la fois par leur nombre, par leur masse, par leur longueur, par leur volume, et surtout par la somme de sensibilité exquise dont elles sont douées, leur situation défavorable sous le plastron de corne qui les revêt et qui Tendrait obtuse leur faculté sensoriale, si cet antagonisme de dispositions li'cxislaiL pas.
Ces papilles sont les instruments de la faculté tactile dans la région digitale; faculté très-développée, malgré l'épaisseur de la corne; car, en général, dans l'organisation, elle est, non- pas en raison inverse de répaisseur du syslèaie épidermoide, mais bien en raisoni directe du développement des papilles et de l'abondance des nerfs qui s*y distribuent) et la région digitale ne fait pas exception à cette régie.
Tel n'est pas, il est vrai, le rôle donné aux papilles du pied du cheval parles auteivs qui ont déjà traité de cette question. On les considére comme des organes essentiels de la sécrétion de la corne ; mais, en leur assignant une fonction sensoriale, nous avons pour nous d*abord Tanalogie.
Les papilles du doigt du cheval ne correspondent-elles pas par leur situation, par leur disposiliuii, et, à part leur volume exagéré, par leur forme même, aux papilles, si remai(|iial)lt;nicnt développées du reste, des extrémités du doigt de Thomme, dont la foacliou
comme iuslruments du touciier est si mauiieslo? Ces papilles digitales du cheval ne sont-plles pas encore les analogues dos renflements papillaires sous la patte du chien et sous les doigts des oiseaux, de ceux surtout qui, tels que le perroquei ei les oiseaux de proie, se servent de leun pattes eomae d'inatranflnt» de fifébaneioA et de toucher?
Pourquoi dans le ebeval le ayatèine papfllilPeda dei(^ auraît-U un usage dHlérent de celui qui eet aaaigiié au même apparefl dans les
autres animaux?
Et puis, à supposer que cette démonstration par l'analo^'e ne parût pas suffisante, la situation même des prolongements papillaires du doigt ne dit-elle pas leurs usages? Où les renconlre-t-on?
Sur le bourrelet d*abord» c'est-à-dire au sommet des fibres pariétaires, à Topposé de celle des extrômilès de ces fibres qui est en rapport avec le sol, en sorte qu'elles se trouvent immédiatement sous
l'influence des sensations qui leur sont transmises du sol par la continuité des libres de la pnroi. Qu'on n'objecte pas contre cet usa^'e, que nous supposons aux papilles du buarrelct, Tépaisscur et surtout la longueur de la corne qui les sépare des objets qui doivent les impressionner. Celte disposition est fréquente dans rorganisation des êtres, et bien des exemples puisés dans Thistoire naturelle prouvent que la pulpe nerveuse conserve une exquise sensibilité, malgré Tépaisseur de son revêtement extérieur. Ainsi, les dents sont sensibles à un contact même très-l^er, malgré la couche épaisse de substance â>ttrnée qui sépare leur pulpe intérieure du corps qui rimpresûonne ^ ainsi, les instruments les plus délicats du toucber, dans un grand nombre d'animaux, sont les longs poils qui bérissent leurs lèvres: tiges inertes et flexibles, interposées entre les corps extérieurs et la pulpe sensible dans laquelle elles sont comme implantées \ et, pour prendre un exemple qui ait quelque analogie avec le sujet que nous traitons, le bec du canard donne à Tanimal des notions tactiles trèsminutieuses, grâce à un liiis(vau considéral)Ie de la cinquième paire, qui, d'après Dugos, s'épanouit à la macboue supérieiire, à Tongiue du bec, entre l'os et la corne.
Ce n'est donc pas forcer la vraiaemblanoe que d'admettre que, malgré leur situation éloignée du sol, les papllb» duiourri^sont les organes de la sensibilité tactile. .
Quant aux papilles qui bâteeni VesMoM Mvieuie daslmiiia
DE l'innekyation.
poâoplqrllmaeft el te mhotéu ttsAiTeloQtè» il senbto que leur foiM>tion ressorte de leur position mèmA.
Cellea du tissu pod^ptaylleDi |»éDèlrent un peu eu divergemt d&ns tout» te oiroonléreilce du bord inftneur de te pmi, afin dHMsettwater pour aînoi dire te faculté senailive dans toute la parite de Pongte qui, par sa position et sa forme, était destinée à subir la première te contact du terrain ; celles du tissu velouté distribuent la même propriété à la surface solaire, aiiii que, partout où s'établit le contact, ranimai en ait conscience pour la sûreté de son assiette sur le sol et la solidilé de son équilibre dans mauvements.
L'iisa;^'e que nous assij^nons aux prolongements pf^pillaires dos membranes tégumeutaires du doigt nous parait doue évidemmeut démontré.
Ëat^oeà dire que ta sensibilité tactile appartient es riu^ivement à ces organes dans eette régten? Non. Les papilles digitales ne sont, pour ainsi pirter, que des appendices de ]*appareîl nerveux des nembranen téguttentatres, des sortes de prooessus destinée à pénétrer te eome et à faire paitiolper ce eorpe Inerte à la im>priété son* sonate dont Ite sont doués» si Tob peut dire, à l'exeès. liste les mem* branes qui les anpporfeut sont etteMuémes trés*flensibles, et te tissu podophy lieux, qui n*affeclela forme papillaire qu'à l'extrémité de se» lames, jouit d'une sensibilité très développée dans toute son étendue. Ses processus lamelleux peuvent être considérés aussi comme des dépendances de l'appareil général de la sensibilité tactile dans la région du doieft, ot comme destinés, h la manière des i^iptlles elles» mêmes, à peneirerla corne, pour diminuer en quelqur sorte son épaisseur sans atténuer sa solidité, el placer plusdireclemeutle tissu nerveux sous le contact du corps qui doit l'impressionner.
La sensibilité exquise des papilles et des processus lamelleux du ttesu feuilleté est, du reste, rendue évidente dans une foute de eireonstanoes qm ténoignent en tevettr de notre nmnière de voir. Ainsi, ranimai ■anifeste toujours une très-vive douleur lorsque, avee llnstraiient traneliant, on exelse, ft te surteee du bourrelet, des pellicules dete eome traversi>« par des prolongements papilteires; ainsi, rien n^esl douloursufx pour te ebeval oomme te ptueentent de quelques lamelles du tissu feuilleté entre les lèvres dHine ffssure longitudinale de la paroi ; enfin, la cautérisation par le fer rouge à travers répaisseur de la corne des extrémités papillaires qui la pénètrent, comme eela arrive quelquefois dans l opération de la ferrure à
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cliaud, est toujours très-douloureuse et cause quelquefois des accidents inflammatoires trés-redoutables.
La faculté seDSiUve n'est pas bornée exclusivement aux membranes enveloppantes du doigt ; ses autres parties constituantes la possèdent» à un degré moindre il est trai» mais sufilsamment développé pour que, dans les différents mouvements de sa machine» et dans ses différentes attitudes, l'animal ait conscience des pressions que supportent les os et les coussins d'amortissement qui leur sont annexés, et aussi des tractions que subissent les tendons et les ligalucnts. Celte sensibilité des ditléi euis tissus de la région dii,ilale, plus ou moins développée ou obtuse, suivant l'ordre des systèmes auxquels lis appartiennent, peut être préjugée d'après la distiibuLion même des divisions terminales des nerls plantaires.
Il y a, par exemple, des rameaux destinés aux cailiiages latéraux; d*autres aux bulbes du coussinet plantaire -, d'autres h la trame fibreuse du corflp pyramidal, aux plexus artériels et veineux, au tissu osseux lui-même, car Tartère plantaire ne pénètre dans les foramens postérieurs de la troisième pbalauge qu'enlacée par un pleius ner* veux à filaments très-iénus. Toutes ces parties traversées par des nerl^ jouissent donc d'une sensibilité propre, sensibilité obscurs dans l'état normal, mais qui éclate en pleine évidence dans les con^ ditions pathologiques. Combien douloureuses sont, par eiemple, et souvent à l'excès, les caries de la troisième plmlange, de l'aponèvrose plantaire, des ligaments articulaires, ou les inflammations des gaines synoviales articulaires on tendineuses?
Toutes les parties composantes tin doigt sont doue sensibles à leur manière-, mais la sensibiliié, pour ainsi dire, accumulée dans les enloppcs tégumentaires est rendue si parfaite par la disposiiion lie leur appareil popillaire qu'on peut considérer ces membranes comme un organe particulier du toucher.
Cette sensibilité, dévolue d*une manière si spéciale à l'extrémité des membres du cheval, à travers l'épaisseur de la masse cornée qui l'enveloppe, éUàt nécessaire pour permettre à l'animal de graduer, dans les diflérentes allures, la percussion de son pied sur le sol \ de calculer au moment du poser l'assietle de sa face solaire | et de disposer les rayons osseux de ses colonnes de soutien dans les rapports les plus favorables à ramordssement du cboc.
C'est, en effet, grftce à cette sensibilité digitale que l'animal a conscience des qualités du teriain sur lequel il se meut, et qu*il y
DV L'nfHBftYATrOW.
conserve son équilibre aux différentes allures, quels que soient la forme de ce terrain, sa consistance, ses inégalités et les obstacles dont il est hérissé. Guidé par son instiact» régulateur certain des attiUi- Iuâ08-que doit prendre le membre pour venir au soutiiui de la m- ^)liiii» 4aiw les différa à l'avance, grâce à
k sensibUité tactile de ses doigts, dans quelle aililude il doit jçencon" ttser le toçriâo pour la plus grande soliâlié de son appui. ■j Dureste, ces mouvements-automatiqiies involontaires, si jmerveil- ■laiMMMnt combinés pour leurs fins,; dont ta sensibilité 4e la région digitale est une des conditions essentielles, nous pouvons parfiiitij^ meni nous faire une idée des rapports qui les rattachent, à cette senç sibiliLc même, en réflécbissaiiL à nos propres mouvements et à la ma* nière dont ils se produisent. InstmcUvi nient, >;ins qiienousen ;iyons bien conscience cl sans qu'il snit néeessaire q'u^ la \ (i]oii[i' > participe, dans nos différont^ mouvements de progression, i iiiipuision de la masse du corps sur le membre qui vient à l'appni p »ur la sontumiTt est modérée et ralentie par une action admirablement conib:neo ^ amaelesdu tronc et de ceux du membre qui pose encore sur le 8ol>V in sorte que, lorsque le poser doit se faire dans une excavation dH^tetraîD, la masse da corps descend, non pas obéissant aux lois de i^gwvitatioBi, mais soutenue et ralentie dans sa tendance vers la tiif«l|»ar'les muscles qui s'attachent au pivot de Pautre membre^ :
fiésulte un amortissement du choc dont les avantages nous sont bien démontrés par Tébranlement douloureux que nous éprouvons dans iiuit le corps lorsque, n^ayant pas calculé la profondeur d'vm tKui (|ui trouve sous nos pas, ou la hauteur d*une marefae à fîiiiM Im , nous atteignons le terrain en lombaut sur le membre prêt à Tappui.
Bien certainement que, sans la sensilulité du pied, nous ne pourrions pas avoir conscience aussi exactement de la distant e qui imus aé^redu sol, et mesurer avec autant de précision l'espace àlranchir. '.|i|âb>ien, U en e^l de même du cheval, dont le principe régulateur iPirHaiinin diaprés. les mêmes lois. Instinctivement, et qoelle que soit la sa^té du mouvement imprimé à sa machineai pasanterleohevai jjanjtot'paale sol comme une masse inerte^ >>«|liil8rles mouvements ott il ne perd pas terre, sa chute sur lemem* bre qui vient à l'appui est ralentie par raction combinée des muscla» tronc synerî?iquement liés h ceux des membres qui sonf encoce au soutien j et, dans les allures où la machine lanoée dans Tes-
nrraioLOGii.
pace ne progresse que par bonds successifs, les notions de la pesanteur, qui s'exercent alors avec une énergie auj^mentée de toute la loroe dlmpulsion, sont merveiUdUieinent amortieft par les attitudes que prennent les membres au moment du poser, attitudes de la régulArité desquelles la sensitiilè tactile du pied est le priueipe fondamental.
Cest grftoe à cette sensiliilité de ses pieds que* quelle que soit la vitesse du moufement imprimée à sa machine (et souvent elle est excessive* comme dans les courses), le obeval conserve un èquHibm si solide dans sou instabilité.
Croit-on , par exemple , que , sans cette propriété de ses doi^s
cornés, le cheval des montaprnes aurait celle suieté de Jambes qui lui permet de longer le bord des abîmes sans danger pour iui et pour son cavalier?
Croit-on que le hunier anglais, lancé sur îa traro des fox-hounds, pourrait dans sa course impétueuse franchir avec tant de sûreté les obstacles qui se hérissent devant lui, s'il n'avait pas à rextrémité de ses doigts un appareil du toucher qui lui donnât conscience du terrain duquel il s*élance, et de celui sur lequel il rstoml»?
Et le cheval aveugle, qui lève haut lea membres antérieurs à eha* / cun de ses pas et qui semble» ainsi, sonder du pied l'èspace avant de s'y lancer, comme Taveugle fait de son béton, ne donne-t-il pas la preuve de Tuiage dévolu à la sensibilité digitale dans la pro- • gresalon?
Buffon a dit dans son magrniflque langage que le chien voyait par
le nez, tant la finesse de l'odorat lui sert de guide sûr pour suivre la . piste de l'animal qu'il poursuit. On peut, en enipi unlant l'expression du grand naturaliste, dire des chev mx aveugles qu'ils voient par les pieds, tant la sensibUité tucUie de cette région donne encore de sûreté à leurs pas.
Du reste, s'il était besoin d'une démonstration expérimentale delà nécessité que les doigts cornés du cheval soient doués d'une sensibilité très-développée, on la trouverait dans les conséquencaede To* pération de la névroiamkpkMêmrê,
Lorsqu'il existe dans le sabot du cheval une douleur peraistanteet irrémédiable, qu'accuse hicessamment une claudicatiôn tellement marquée que l'animal est devenu impropre à tout service, on se décide quelquefois à pallier le mal, qu'on est impuissant à guérir, en éteignant la seoalhiUté dans le pied par la section avec perte de sub-
D« L'iHHItTATIOll. tSO
stancc des nerfs qui la lui distribuent j opération dont nous traite* roDS avec détail en son lieu.
Qu'arrive-t-il alors? C'eai^Panimal dont tosextrèuté» digitales sont ainsi destituèea.de la prévôté de sentir ne sait plus propor^ limer rénargia des peroniiioiia de am^pM le aal àla fiMeaéa résistance des parties qui le constituent ; d*«Da part, pm»^pif$<Sk^ ill» mwé axaoteoiaiilocttaaianoe de la MiÊmvA' ^ éi pÊÊêi i m ^e^ kifdM» Imiii sur lequel il doil être posé; tld'iulre part, paroe qull n'est plus prévenu par la sensation de I Mntei ri té de \^ pêroumotn Le sabot est alors à rexirémité des rayons osseux comme une sorte de masse inerte, iiulépciuluuto du systèiJie s.'usible, que ranimai lance dans Tespace el licurlc contre les corps qui recouvrent le sol, sans prévoyance de ce (lui peut arriver, sans conscience de ce qui est cl teljc pi ut être dans ces conditions la conséquence des percussions non calculées et non mesurées du sat>ot contre le terrain, qu'il n'est pas absolument ratU flO voir, à la suite d'allures précipitées et pcolongées, les chevaux névrotomjsés perdre dans leurs li-
tîÉpet UwE»ai)i»ol# désunis das ^«nies vives flétrie» K V9m0mmi^ gfmgréne. s ' : / >
La preuve qu*il ^ a n^fm^lé d« rinterveo^n doperopMap ém mesures pour que ^ ftccideot^ gaogréneui; se manifestent, c'est qu'on ne les voit le plus souvent survQOir que sur les obcvaux employés aux rapides allures, et que les animaux utOtsès exclusivement au pas, après Topération, en sont ordinairement exempts.
Mais on peut dire que ces chutes des ongles, consécutives quelquefois à la névrotomie plantaire complète, sont princi[)alement causées par rextiii(;tioii de lu force nerveuse, laquelle préside aux aclious végétatives des tissus.
Sans entrer ici dans la discussion complète de cette question, sera mieux traitée , et plus à sa place , dans une autre partie de ce travail, nous dirons que cette manière d'interpréter les phénomènes i^^pièliili» chose de trop absolu. Sans doute, tes nérfe ùâpied qui aiHitnf ilfi Icfiurs fibres terminales les dernières artérMN» 'iiàffMkt lliMit^iie sur les actions véfétatiM désliiaitflill^^
liiifif ^nnAi éette inflooice n*eet pat uniqm, èt eUéFsnÉtj^l cè point e sa eft itetté itti» les liflBii» ésmeupent déflniti<VêiiiMil^éMtttéi^ téute faculté de nutrition lorsque l'action de ces nerlis vient h être détruite. • . - ' . . - •' i^^iftftm
Interrompez par une résection, même considérable, la conifnilité
PHTglOUWR
des ileux nerfs plantaires avant leur première bifurcation, c'est-àdire au-dessus du boulet , et cette résection ne mettra pas obstacle aux manifestations des actions végétatives \ les tissus entamés travailleront à Jeur réparation avec autant d'activité et les fonctious 86- CFétoires des enveloppes kératogènes coatinueroni à B*elfectu^ anaei complétas et aiuei rapides.
'€es phénomènes de nntritioa et de séciétfon, donl la région digitale eontinne è être le siège après la destruction des norfe sensiâlli« ne peuvent s'expliquer qu'en admettant la présence, dans les tuniques artérielles, de fibres grises ou organiques qui communiqueraient aux tissus la force végétative, c'est-à-dire la puissance d'aflinité qui les rend iiptes à se combiner avec le fluide organisable.
Les artères, dans celle hypotlièse, seraient chargées de transnieltre aux tissus tout à la fois Télèment matériel de ^ur composition et la force en vertu de laquelle ils s'en em {tarent.
L'^inction de la sensibilité tactile des doigts peut donc être eoDsidérée comme la cause primitive des accidents gangréneux que Ton voit quelquefois apparaître d*une manière pour ainsi dire foudroyante à la suite de la névrotomie plantaire.
Il en est de même des exosloscs des phalanges, des ruptures des u iiduiis et des fractures des os, dont on a observé des exemples consécutivemoni à la névrotomie.
L'animai paralysé dans ses pieds, et privé des sensations qui devraient s'élever des parties paralysées, ne sait plus proportionner l'énergie de la contraction de ses muscles à la résistance des tendons devenus insensibles auxquels leur effort est transmis, et à la solidité des os insensibles eux-mêmes sur lesquels ces tendons s'insèrent, et l'on voit alors ces parties céder comme des corps inertes sous les efforts disproportionnés qu'elles subissent.
Une autre conséquence de l'opùraliûn de la névrotomie, c'est l'iocerliludc de i'equilibrc de la maclime, surtout dans les mouvemeuts rapides.
L'animal, n'étant plus prévenu à temps par le toucher du soi de l'assiette de son membre, ne sait plus prévoir si les rayons de ses colonnes de soutien actuellement à Tappuî sont disposés dans les conditions géométriques nécessaires pour la solidité du soutien de la masse du corps. De là résulte que ces colonnes défaillantes se dérobent sous les pressions et entraînent la chute de L'animal, et «lue les
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articulations s'altèrent par le fait des eCCorts qu'elles subissent dans de fausses conditions d'aplomb.
On évite en grande partie ces consêquenoes tetales d'une névrotomie plantaire eomplèU qui prive le pied totalement de sa faculté sensoriale, en ne coupant que les divisions des neriii qui distrftuent la sensibilité aux régions du pied où le mal est reconnu avoir son siège, et en laissant toutes les autres parties en relation avec le centre régulateur par leurs cordons nerveux. La fraction de sensibilité tutélaire laissée par cette opération partielle à la région du doigt suffit pour que ranimai sache encore faire son appui avec prévoyance et éviter ainsi les effets de percussions désorganisalrices.
Ainsi perfectionnée, l'opération de la névrotomie est susceptible de rendre de grands services, en perniellant encore, pendant quelques années^ l'utilisation d'animaux devenus compi<Mement impropres à tout travail, par le fait des souffrances continuelles qu'ils éprouvent dans la région du sabot ^ el telle est même, dans quelques cas beureux, la perfection des résultats qu'elle peut donner, qu'on trouve dans les annales des steeple-chases, des exemples de huntert partiellement énenéi et qui, malgré cela, ont pu suffire à leurs rudes exercices avec sûreté pojur eux*mèmes et pour leurs cavaliers. Mais nous reviendrons sur cet important sujet dans un cbapiire spécial.
Il nous semble ressortir de ce rapide exposé que la^nsibilité dont les extrémités digitées du cbeval sont dotiées à un si haut degré est là condition fondamentale de la solidité de ses attitudes et de la
sûreté de ses mouvements, sûreté si parfaite malgré l'instabilité do
son équilibre.
Le patîiologiste sait mettre à profit celte sensibilité si développée du pied du cheval pour mesurer, d'après ses degrés mêmes , la gravité des lésions dissimulées dans la profondeur de la boite cornée.
T.e grand art dans la prognose des maladies inflammatoires des animaux consiste à peser toujours à sa juste valeur la douleur dont elle est l'un des symptômes principaux, et à lui assigner son vrai sens, en la considérant comme l'expression fidèle de la gravité des lésions, et comme le signe indicateur univoque de l'opportunité de l'intervention active du chirurgien.
C'est surtout à l'égard des maliadies inflanunatoires des tissus sousK>ngulés que ces principes de diagnostic doivent trouver leur application.
i02 PHYSIOLOGIE.
Là, rinfliaiBatioli doit élre combattue avec activité dès qu'on la volt poindre, en raison de la sensibilité exquise des (NUties dons Fétei ttormal et de rexlréme douteur qui s'y développe dès qu'elles Sont enflammées»
SI cette inflammation méconnue oU mal appréciée dtiAs sa cause et dans ses progrrs est abaudoniiée à cllc-môrae, il sufllt d*une ou deux fois vingt-quatre heures pour que les tissus sons-ongulés rendus turgescents par le fluxns inflammatoire, et comprimés par l'enveloppe épai^- ■ cl inflexible de la boite eornée. meurent frappés de gangrène dans une va Ue étendue, et qu'ainsi des accidents souvent irrémédiables el tonjnnrs très-diffieileinent réparables soient la eoiiséquence de l'explosion de riuttammalion dans (^tte sorte de castellum corné, si parfaitement adapté dans les coaditious normales à la protection des partiel sensibles qu'il renferme, mais cause fré* quente de leur destruction par la résistance Insurmontable qu'il oppose à leur gonflement dans les conditions patliologiques. Nous consacrerons» du reste» à cette importante question tous les développements qu'elle comporte au chapitre de la jn ofjnose des maladies du pied^