‹ Traité de l'organisation du pied du cheval comprenant l'étude de la structure, des fonctions et des maladies de cet organeChapitre 69 sur 70 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Il nous reste maintenant, pour achever l'histoire physiologique dtt pied du cheval, à étudier les fonctions spéciales qui présidât à la génération et à la conservation de l'enveloppe cornée protectrice des

cxlrémiléâ phalungiennes.

* Ce chapitre de notre travail était publié dans le MteiuH àemédeciiu viîé» finatre, après la lecture rjue nous en avons l^iie h I^Aeadémie nationale de

m(*ttcclnc (Inns sa séaiict; (îii f 1 mai 1860, lolsquu nous avons eu connaissance que le savant M. Percivalt avait cxprinitS tî;»ns son Traité des boilerics, (le« idées analogues aux noires. iNous nous faisons un plaisir de reproduire ici le passage de ce Irallë qui a rapport I ce stijci.

a On ne peut mettre en doute, dit Pereif ail, quëlè cheval ait la MMftNMi ■ du terrain sur lequel il marche, t\ que celle eenaatiiMi soit le principe régu- « laicur de son action : principe en vertu duquel il h:iruionise ses inouvcmenls

de manière à rendre les percussions du sol moins dures cl moins faligantes « pour lui, et conséquemiucnl aussi pour son cavalier. Suivant la nature du

DBS ficiiiTimw. 263

Avant de commencer cette étude , nous nous faisons un devoir de déclarer que la plupart dos expériences rapportées dans cette partie de notre travail sur le mode de formation de la corne, dppartienneot à M. Reuaiiil, directeur actuel de l Écoie d Ai(ori. fiie^ que M recherches sur ce point important de physiologie n'aient jamais reçui par lui« une publicité directe, il est de notoriété, parmi see iiombreux élèves et parmi ses coilégues, que les connaissances hiaa arrêtées qui ont cours atyourd*hui sur la sécrétum eorêéê sont aux travaux do ce savant maître. Noos devions à la justice de restituer i M. Renault dans ce livre, à la collaboration duquel il devait concotirir si ses occupations admiiiiiliauvca le hu eusiiCuLpcrmii», Hua ^art qui lui revient ^ légitimement.

DE LA BBCBÉnOPi &£iiATOG£N£.

Le sabot, appan il iin ilc, interposé entre le sol sur lequel ranimai repose et les extrémilés de ses membres qu'il revêt et protège, devait réunir en lui tout à la fois les conditions de dureté, de résistance, de ténacité de substance, de fixité d'adhérence aux parties qu*il enveloppe, de souplesse et d'élasticité, en vertu desquelles il peut servir de base aux colonnes de susientation, de point d'appui aux leviers locomoteurs et d'appareil élastique pour amortir la violence des choos. Hous avons vu» dàns les chapitres précédents, comment ce problème complexe était résolu par la construction m6me du sabot et ses modes particuliers d'adhérenoe aux parties qu'il recouvre. Mais il Allait pour que le bénéfice de la réunion de ces conditions si complexes demeurât acquis i\ l'animal pendant toute la durée de sou existence, que le sabot possédât en outre la propriété

a 8ol et réuergie des mouvements, la foulée des membres détermine une cer- « Uine impression sur les nerfs du pied. Or, ces nerfs, en rcmonlant vers le « sensorlum, reneonirent daas leur U'ajetdes nerCi moteurs auxquels Us s'a- « naslottiosent, et II doit en résulter que les mouvements auxquels ces der^ Cl DÎers président doivent, par riuienuddiaire de la voIoiHô . «'iro plus ou moins « influencés, suivant l'éticrï^îtî des impressions que les premiers ont cproua vces. Ces intpressiuiis l\>nl défauL , dans la ré^^ion du pied, citez les sujets

« néviotOBfséi } «uni ianeeuMls leun laeinbreB en avant, bardiment ei sans

a erainie, et percutent-ils sol aveeleors aabols comme avec un bloc inerte, «( ce qui inipriint^ à touic la n.arhincim mouveflientdeflaccadefaliganiégalfrtt ment pour le chevalet pour le cavalier.

^ (Percivallj on lammets in iht horse , p. 190.)

de résister incessemmcnt h VncWow des iroUenieuts qui tendent h on opérer une détrition et une usure continuelles. Or, cette propriété de résistance ne pouvait pas résulter uoiquemeni de Tagrégation particulière des molécules de la substance^ cornée. U Q*y a pas de corps, dans la nature, si dur soit-il et si tenace dans sa composition, qn*un frottement continuel ne finisse par désagréger et détruire.

U ftiUait donc, en outre, 4|ue la source d*où la corne du sabot émane, ffûit toujours active, afin que sans cesse des molécules nouvelles fussent poussées en avant pour présenter une résistance toujours renouvelée à l'action toi^ours continuée des Irotlements ex* térieurs.

Telle est, en effet, la fonction qui appartient aux parties vivautes que le sabot revêt de son épaisse enveloppe.

Elles jouissent de la propriété de régénérer incessamment sa substance, de même que la peau, les follicules pileux* et, dans un certain ordre d'animaux, les follicules dentaires contrebalancent par une sécrétion continue la continuité des déperditions des substances sécrétées.

C'est cette fonction spéciale de sécrétion de substance cornée, propre à quelques-unes des parties composantes du pied, que nous nous proposons d'étudier dans ce paragraphe.

1. Za mmbran$ tégunmtaire t<nu-ongvU$ eit Vorgane spécial àê la iéerélion de la corne qui l'enveloppe, de même quê la p$au ut Vtgitparml técréiiur spécial de l'^ptdùîm foi la rcoét*

Cette première proposition reçoit une démonstration journalière, soit dans les exp^nees chinirgicales, soit dans celles que physio* logiquement on peut instituer pour la mettre en évidence. Que on arrache, en effet, un lambeau de la botte cornée, soit sur la cutidure, soit sur le tissu podophylleux, soii sur la membrane veloutée, on verra, au IjouI de deux jours, suinter à la surface du tissu dénudé une couche de substaiicc concrète , molle et douce au toucher, de consisiance comme caséeuse, en apparence amorphe, de couleur généralement jaune ou grise, suivant le lieu où Topération est tentée, qui ne tarde pas à former un revêtement protecteur solide sur toute la surface du tissu dépouillé et à reconstituer la continuité irUérimtn de la botte cornée en réparant en partie sa brèche cxiéricwrc.

Cette substance concrescible, qu'exhale à sa surface le tissu sous-on* gulé dénudé, est une matière cornée» fluide à Ntat naiuani au mo*

ment où elle sort de la trame du tissu qui la révet, qui acquiert imraédiatement une consistance péteuse dés qu'elle est étalée à la surface de la membrane génératrice, puis se concrète davantage, puis se fige enfin dans sa forme définitive en se moulant par sa face ' interne sur la forme des tissus qu'elle revêt, de manière à en reproduire exactement l'empreinte.

Toujours et dans tous les cas on obtient le même résultat, si la membraue sous-on^ulée est parfaitement normale et coMservc l'intégrité de sa texture, malgré l'action irritante que Topération produit nécessairement.

C'est ainsi que l'on voit sç reproduire l'épiderme, lorsque la peauen est dépouillée par une action vésicante qui n'a pas altéré profondément- sa texture \ c'est ainsi que le poil renaît du fond de son bulbe, lorsque son follicule générateur est intact, ou encore que la plume de l'oiseau repousse après son arracbement, si son follicule n'a pas été détruit. Cest ainsi même que, d'après les expériences de Oudet, ou voit cbez les rongeurs une nouvelle dent se reformer dans Talvéolc do l'incisive ai radiée, lorsque le follicule sécréteur a été ménagé avec précaution dans cette opération délicate.

Tous ces phénomènes sont du même ordre et sUnterprôtent l'un par l'autre.

Mais cette membrane ne présente pas dans toutes ses parties les

mêmes caractères extérieurs et une structure ànatomique oompléte-

jncaL idciUique.

La cutidure diffère, dan > son aspect et dans sa texture, de la membrane pûdophylleuse, et elle se rapproche par les apparences LXtérieures de la membrane veloutée. Ces différences dans les conditions matérielles n'en impliquent-elles pas d'analogues dans les fonctions, et cfaacuoe des parties distinctes de la membrane sous-ongulée n'a-telle pas un rôle spécial à remplir dans la séorétien cornée?

C'est à l'expérimentation à nous fournir la solution de ces questions.

Pour procéder ft èes reebercbes, 11 ftiut, suivant la métbode adoptée par M. Renault, lorsqu'il occupait la chaire de clinique à Alfort, étudier isolément l'action sécrétoire de chacune des parties distinctes de la membrane sous-ongulée.

PHYSIOLOGIB.

Considérons donc successivement toulM ces parties daos Tordre où elles se présentent de haut en bas^

If. Les premières dans cet oréresoïii\e bourrelet périoplique et le SiKon coronaire sous-jacent qui le sépare du bourrelet principal.

Quel est leur rôle spécial dans la sécrétion cornée?

U est facile de Tassigner par une expérience bien simple. Ârrachez avec un lambeau de la paroi la partie correspondante du péliople qui lui est intimement unie, et vous verrez la surface du bourrât et du aUon périoptiques se couvrir d'une couche de matière concrescible qd se sun^outera à celle que laissera exsuder la surfioe da bourrelet proprement dit, et alunira intimement à elle. Avec les progrès du temps, cette malf ère formera à la stirfiioe de la tumeur cornée du botirrelet une couche grise ou noire, trèsKÎure quand elle est desséchée, mais susceptible de prendre une teinte grise ardoisée et de devenir molle cl spongieuse lorsqu'elle est soumise à raclion de rhutiiidité, comme il arrive, par exemple, dans le cas de plaies suppurantes. Cette matière c'est le périople régénéré. Détruis "/ au-dessus du bourrelet principal le tissu du sillon c! du bourrelet periopliques et cette sécrétion surajoutée à la corne de la paroi ne se produira pas.

Détruisez le bourrelet principal en laissant intact ces deux der* lien orginesi et tous verrai te périople seul sortir du fond de son ^lon, tandis que le travail des granulations bourgeonneuses réparera la perle de subsCanee faite à la cutidure.

Enfin, si laissant les deux bourrelets intacts, vous vous oonteniBi seulement de détruire le fond du sillon coronaire périopliquey vous pourrez oblt uir, isolées l'une de l'autre, la corne du périople et celle de la pai ui recouvertes, Tune par Tauli'e, comme deux tuiles smï un toit» mais sans adhérences.

Ce résultat, qu'on obtient artificiellement par Texpérimentation, se produit spontanément dans quelques cas morbides. Ainsi, dans cette affection ulcéreuse idironique de Forigine de l'ongle, qno Ton désigne sous le nom singulier de en^Mtdiw, il arrive quelquefois que rulcère, en s'établissent dans le sillon coronaire, disjoint à leur naissance les deux cornes périoplique et pariétaire et les fait pousser Isolées Pane de l'autra*

Dans le crapaud encore, c csl un fait assez commun de voir en ta* loûâ les angles d'inflexion de la paroi revêtus de deux plaques de

DES SKCKÉirONS.

oorncs complètement séparées, qui ne sont autre chose que les gid*mes é» la fourchette désunies de la paroi par une uicéraiioii interpo<i sée entre les organes de séorétion.

Ainsi dône» le bourrM $i UnHim ewanmrepéfiopHpM mt l9i organes spéciem de la séerHUm dupémpl»*

III. Soit maintenant à reconnaître ie rôle spécial de la cutidure dans la sécrétion cornée*

Pour cela» enlevez par arrachement à l^origine de l'ongle, dans une certaine étendue circulaire, un lambeau de la paroi, exactement limité inférieurement à la marge inférieure du bourrelet, de manière à ne mettre à nu que la surface de ce renflement cutané. Vous ver* rez, au bout de vingt-quatre heures, tes papilles dénudées dispandire sous une couche d'une matière jaune, ou grise, laquelle, en se coiicrélaiit, rétablira si bien la continuité du sabot avec liii-meme, qu'en rexaminonl au bout dequinzc jours, par sa face interne, sur un pied détaché par macéi aliun , on distinguo à peine quelque différence d'aspect sur la corne, à l'endroit où la brèche a été fnile.

Voilà une nouvelle preuve de la puissance sécréloire du bourrelet» Mais cette expérience ne nous donne pas encore la démonstration de son rôle spécial dans la formation de la boite cornée. Cette minoe couche de corne qui a rempli la brèche faite à la paroi, n'a pas encoreaoquis des caractôrés suffisamment prononcés pour qu'on puisse dire au Juste quelle est sa texture et à quelle partie du sabot normal elle ressemble.

Il (àot donc, pour obtenir de eette expérienee une démonstriitiott

plus concluante, attendre un plus long temps, afin que celte couche de corne, formée à la surface du Ji iurrelet, se soit épaissie par une plus forte pousse et ait revêtu des caractères plus tranchés.

Au bout d'un mois, la corne de nouvelle formation, à Tendroit de la brèche, y constitue une tumeur exubérante qui déborde le niveau du sabot normal, irrégulière à sa surface, très-résistante dans sa cottoheeortioale, au point que Tiustrument tranchant l'attaque avec peine, et mesurant i centimètre environ en largeur depuis la limite de la peau jusqu'à son bord intirieup. Examinée sur un pied macétét cette tumeur n'existe qu'à la superficie \ en dedans, le sabot est par* faitement régulier $ «a cavité eutîgérale présente sur tout son contour une dépression uniforme*

En pratiquant, à l'aide d une scie, une coupe verticale dans la pa«

rUYSIOLOGlB.

roi à Tendroit delà corne de nouvelle formation, on reconnaît que la texture de cette corne est fbrmut^ comme dans la paroi normale, avec cette différence que ses fSbres, au lieu de suivre nne direction reetiligne depuis leur point d'émergence à la surface du bourrelet, décrivent une ligne fortement onduleuse» dont la convexité foit saOUe en avant«

A part cette différence dans l'aspect extérieur de sa coupe, cette corne nouvelle est identique à celle de la paroi normale sous le rap- ' port de sa couleur, de sa consistance et de ses propriétés chimiques

cl physiques.

Plus tard, lorsque trois ou quatre mois se sont écoulés, cette tu- • meur cornée qui faisait saillie à Poriprinc de l'ongle est dcscondue de 3 à 4 centimètres environ et en occupe le milieu. Elle forme toujours la même exubérance à sa pariic uifêrteure, mais elle va en décroissant insensiblement de hauteur jusqu'au bord supérieur du sabot où elle disparait. L'ongle a repris à son origine la régularité de son contour. En dedans du sabot macéré, la paroi présente U même aspect feuilleté à l'endroit de la brèche que partout ailleurs ^ il n'y a mieuM nrégvlarité au niveau du kéracèle extérieur. Sur une coupe verticale, les fibres delà paroi ont repris leur direction reetiligne à leur point d'émergence, mais elles vont toujours en obliquant un peu en avant à mesure qu'elles descendent, et arrivées au niveau de la projection de la tumeur, elles décrivent cette forte courbe onduleuse que nous venons de signaler.

Au bout de sept à huit mois enfin, le kéracèle extérieur est descendu au niveau du bord inférieur de la paroi ; la surface extérieure du sabot a repris ruaiiormité presque pariailc de sou contour, et sa cavité intérieure est parfaiiement uniforme. Une coupe "verticale faite à l'endroit de la brèche, ne laisse voir dans la dirociion des libres qu un peu plus d'obliquité en avant, au niveau du bord inférieur du sabot.

La conclusion à tirer de l'exposé de cette première expérience, c'est que la corne, d^apparene» fitreute, que nous avons reconnue etmitituer la plus grande fnasse de la parai, émane du bourrelet luimême; que le bawrrekt est cansé^pÊemment Pargane prine^^ delà sécrétion de la parai du sahot.

Hais la paroi n'est pas formée seulement par la masse compacle de ses fibres longitudinales*, à sa face interne, elle présente une disposition lameUeuse toute partlculièFe et une structure différente

DBS stoiTions.

de celle qui appartient à la plus grande masse de sa substance.

Le bourrelet seul est-il capable de lui donner cette forme cofnjdèle, ou bien n'est-il pas nécessaire de l'intervention d'un autre appareil de sécrétion pour que la paroi se modèle dans la forme qui lui est propre lorsqu'elle est complètement achevée.

C*est à rexpérimentatioD qu'il faut encore demander la solntion de eelte question.

4)an8 rexpérience précédente* on voit bien que le bourrelet concourt à la formation de la paroi» mais on ne distingue pas nettement encore quelle est sa part exclusive dans ce concours. Il làut donc étodier son action , complètement isolée de celle des parties qui lut sont annexées.

Dans ce but, arrachez sur un subol un lambeau de la paroi, do- • puis le bas jusqu'en haut, de manière h mettre complélemeni à nuia surlace du bourrelet et du U^su podopbylleux dans uue étendue correspondante en largeur:, puis séparez par une incision transverse le bourrelet du tissu podophylicux et enlevez toute la couche de ce dernier jusqu'à l'os» afin de pouvoir étudier isolément Taction sé- Çfétoire du premier.

: Au bout de quelques jours vous verrez exsuder, à la surface du timiiff^et, la couche de corne concrète qui doit remplacer le sabot ébréehé» pendant que» simultanément, s'opérera à la surface de Tes Je, travail de granulation, à l'aide duquel doit se réparer la perte de imbatâace du tissu podophylicux.

1 corne de nouvelle formation, identique dans son aspect et dans ses caractères extérieurs à celle que nous avons vue se former dans les mêmes condiuons de la première expérience, constituera de môme, au bout d'un mois, à l'origine de Tongle, une lumenr exubérante très-dure, irré^^iilière à sa surface et comme sillonnée de petits reliefs superposés immédiatement au-dessous de la peau.

Après la macération, le sabot soumis à cette expérience laisse voir sa gouttière cutigérale parfaitement rétablie dans sa continuité et dans sa forme, par Tespèce de jetée que représente entre les deux jQM»ide sa brèche la pousse de nouvelle corne. Mais aurdessous de O^ ppusse la brèche existe aussi large et aussi complète qu'au mo* «K^doropéralion, le tissu podophylicux détruit n'ayant pu appor* tnivmtn, contingenté la réparation. " ■

Aut bout detroisou quatre mois, pendant lesquels on aura dû ;i@ll||Bi;À#iniire incessamment le travail de^ cicatrice dont le tissu

podophylleux est le siéjsre, nftn Mo prévenir son inlervention dans la sécrétion cornée, le kéracèle du Ijisf^nn sera descendu do 3 i\ 4 centimètres environ, formant en dehors du niveau du sabot une exubé» ranoe plus saillante que daua la pramtère excérience, et préaentaDt, comme caractère physique, uneeioaialTe sécheresse et une dureté eemme pieirreose de toute sa aubstanoet que les instruments tranchants ont de la peine à entamer même avec Taide d*un marteau. La surfeoe eiteree de celte eerne de nouvelle formation est sAcIms dépolie, BOttvent lèBdiUée longitudinalement, et laisse voir plus nettement destinée et structure d'apparence flbrillalre.Sa aurftice interne, étudiée après arradiemeat ou macération, ne montre aucun vestige de la disposition lamelleuse particulière à la face interne de la boite cornée normale. Elle est concave, irréguiiôre, l Uo^ueusc au toucher, et laisse apparaître plus nettement encore que la surface externe la charpente fibreuse de la corne.

Enfin, quand la descente de la corne nouvelle s'est opérée jusqu'en bas, ce qui demande de sept à huit mois, suivant les sujets, la continuité du cylindre de la paroi est rétablie dans toute son étendue, mais la corne qui occupe le lieu de la brèche diffère de la corne normale adjacente par sa plus grande saillie, l'irrégularité de sa aurfiioe len* dilléeiongitudinalement, sillonnée de cercles transversaux, rugueuse au toucher, sèche, dépouillée de vernis.

k sa fiice interne, cette oorne ne présente une disposition régu* lière qu'au niveau du biseau où la cavité cutlgéraleest réguliéremeat formée*, mais au-dessous, le tissu kéraphylleux manque complètement, depuis le haut jusque en bas ; et ft rendreit de la Jonction do bord inférieur de la paroi avec la sole, il existe une solution de ©oetinuilé do la boile cornée par défaut de soudure de ces parties entre elles.

Les résultats donnés par l'expérience que nous venons de rapporter se produisent souvent spontanément dans la pratique, lorsque à la suite de blessures ou de maladies, comme le crapaud, par exemple, le tissu podophylleux a ôLô détruit, transformé dans sa texture oti modifié dans ses fonctions, et qu'il ne concourt plus ou qu'imparfaitement À la formation de la paroi) Taction sécrétoire du bour* relet s'opérant alors isolément ou à peu près, la corne qui en émane se présente avec les caractères de forme extérieure et de structure que nous venons d'indiquer.

Cette expérience dèmontrct de concert avee les Ml» pmtlqufli»

DM tiCRif lOKS.

d'une part, quo Taotion du bmin elet, isolée de celle du tissu podophylleux, ne peut pas engeudrer une paroi complète, achevée dans sa structure el douée de toutes le qualités inhérentes à la paroi nor« maie-, et, d'autre part, que sans la participation de la membrane podophylleuse» la stnieture lamelleuse de la fece interne de cette partie de Tongie ne peut être obtenue.

Une nouvelle preuve que cette participation est nécessaire pour que la paroi soit parfaite, c'est que, si au lieude détruire te tissu podophylleux, comme dans l'expérience précédente, on le laisse intact, le sabot peut, au bout du temps voulu, récupérer si exactement sa forme extérieure et inférieure et ses qualités primitives, qu'il n'est pas possible de reconuaUre eu lui le moindre vestige de Taltéraiioa qu'il a subie.

Ainsi donCt le bourrelet est l'organe sécréteur de In corne à structure d'apparence fibreuse, qui constitue la plus grande masse de la paroi, mais il ne sécrète que cette corne. Celle qui forme le tissu kéraphylleux ne peut être produite sans la participation active du tissu podophyileux, et celle du périople naît d'un (Nrgane spécial de sécrétion, le bourrelet et le sillon coronaire périopliques.

Cette première analyse expérimentale nous indique déjà les rôles qui appartiennent, dans la sécrétion de l'enveloppe cornée, aux deux bourrelcls el au sillon qui les sé[)are, et elle nous démontre aussi la nécessité de rinlervention de l'action podophjUeuse pour que la paroi du sabot soit complète dans sa forme.

IV. Hais quelle est au juste la part du tissu podophylleux dans cette intervention ? Dans quelles limites concourt-il à la formation

de la muraille de l'ongle? Quel contingent matériel, enûn, apportet-il à cette itu iiKilion?

C'est ce qu'il s'agit de rechercher en étudiant son action isolée de celle du bourrelet.

Lorsque vous arrachez un lambeau de la muraille, depuis le bas du sabot jusqu'au haut, en laissant intacts les tissus sous-jacents, au bout d'un mois ces tissus sont déjà revêtus d'une corne si concrète et si solide, que l'animal peut marcher sans soullirance et reprendre son serviae. Hais le sabot ainsi réparé n^est pas encore un sabot normal. Examiné après macération, il présente à sa face interne une disposition parfiiitement régulière ; la botte cornée est complète et exactement fermée par eu bas. Le tissu kéraphylieux règne sane

S72 PHTSIOLOfrIV.

discontinuité sur toute sa circonférence intérieure, et la goultière cutigérale esl régulièrement conliiiue à elle-même. Rien, à première vue, ne fait soupçonner, lorsqu'on examine ce sabot par sa face interne, Taltération qu'il vient d'éprouver. Mais si on l'interpose entre l'œil et la lumière, on est frappé de la plus grande traDsperence de ses parois à Tendroit de la brôctie: premier iadioe que la corne n'a pas* à ce poiQt, son épaisseur.

EffeclivemenU examiné du c^té de sa flioe externe» le sabot laisse voir, dans toute l'étendue de la brècbe qu'il a subie* une dépression profonde qui témoigne que la couche de oome de nouvelle formation^ n'a pas une épaisseur suffisinte pour se mettre de niveau avec la paroi ancienne.

Attendez trois, quatre ou cinq mois, celle dépression restera toujours visible, quoique à un moindre degré, à la partie inférieure du sabot : elle disparnîlra seulement à la partie supérieure par la pousse progressive de la corne du bourrelet, et ne s'évanouira, enfin, que lorsque la pousse du bourrelet aura atteint la limite inférieure de l'ongle.

D'où vient celte corne qui forme au tissu podopbylleux un revêtement promoire, en attemlant que se soit acbevée la réparation complète toujours très-lente de l'ongle? Évidemment du tissu podopbylleux luioméme. La preuve, c'est que si, après avoir arracbé un lambeau de la paroi, vous détruises à fond le tissu du bourrelet, de manière à l'anéantir complètement, le tissu podopbylleux ne se revêtira pas moins d'un plastron complet de corne, mince d'abord et comme pellucide, mais qui s'épaissira peii à peu au point d'acquérir, au bout de quelques mois, une épaisseur égale à la moitié de celle de la corne pariétaire normale.

Exaiiiiaé après macération, le sabot sur lequel cette expérience a été faite présente un appareil kéraph ylleux complet et uniforme -, mais la gouttière cutigérale fait défaut à l'endroit de la brèche. La face externe de la corne qui remplace la paroi normale ne présente pas la même régularité que sa face interne; au lieu d'être unie, lisse et vernie, comme dans les conditions naturelles^ elle est inégale, raboteuse et squammeuse -, on en détache facilement des plaques'commesur une sole épaisse. La corne de cette fausse paroi présente aussi sur sa coupe une disposition fibreuse mais différente, dans hi direction de ses fibres, de cell^ de la paroi véritable. Dans cette dernière, les fibres ont une direction oblique de liaut en bas, perpendiculaire à la

DIS siGRinoiis.

surface dont clîes émanont. Dans la prnmièrr, le*=; fibres perpendiculaires aussi à leur suriace d'émergence aUedeut coaséquemmeat une direokioD horizontale.

Jamais cette paroi provisoire n'acquiert la forme, l*épaisseur, la conmatance* en un mot, les qualités propres à celle qui est formée avec le concours du bourrelet, quelle que soit, du reste, la longueur du temps écoulé depuis Torigine de sa formation* ' Arrivée è une certaine épaisseur, elle se sèche, édate et se détache par écaille.

''Cette expérience forme le pendant de celle dans laquelle nous avons vu le bourrelet fonctionner seul, indépendamment du tissu podophylleux, eiolle conduit à des conclusions analo^Mies.

Elle prouve évidemment, d'une part, que le lissu podophy lieux est proposé à une sécréliou spéciale, celle de l'appareil kéraphylleux qui le recouvre, et qui, dans de certaines conditions exceptionnelles, peut^acquéilr une épaisseur considérable et remplacer provisoirement la paroi normale ; et, d'autre part, que sans ractiou connexe et âmultanée du bourrelet, il est impuissant à engendrer une paroi qui soit achevée dans sa forme, sa structure et ses qualités, de mémo qu^inversement le bourrelet, sans raction connexe et simultanée du tissu podophylleux, ne peut donner naissance qu*à une paroi im« parihite.

liais ce serait se faire une idée fausse de la part qui revient au

tissu podophylleux dans la formation de la paroi normale, que de considérer sa sécrétion coiiiiiic aussi active et aussi féconde dans l'état pljysiologitiuc que dans les conditions accidentelles où il est placé, à la suite d'un arrachement d'une partie de ronîî:Ie.

Dans l'état normal, la sécrétion du lissu podophvUcux s'opère d'une manière constante et uniforme, mais dans des limites extraordinairement restreintes.

Remarquez, en effet, comme premier argument à l'appui de cette proposition, qu'il n'y a pas une très-grande différence de poids, d'é* • paisseur et de volume entre un lambeau de paroi sécrété par l'action exclusive du bourrelet et un autre lambeau de même étendue superficielle, pris sur une région exactement correspondante de Fongle, qui serait le produit de Taction combinée et normale du bourrelet et du tissu podophylleux : preuve que la couche de corne qu'ajoute ce dernier tissu à la face interne de la paroi cutidurale, n'a pas due très-grande épaisseur.

VHTSIQMMII.

D'autre part, pour démontrer combien l'action sécréloire du tissu podophylleux uuf^mente dans les conditions pathologiques, luîtes Texpéricncc suivante : arrachez un lambeau de la muraille, depuis le bas deroogle jusqu'en haut, puis séparez lacutidure du tissu podopbyUeux par une incision transvenet oonduita suivant la direction de la sone ooniQiuro inferiduro, et introduise, comme Ta IsU H. Renault, au* dessous de la eutidure, une lamelle de plomb qui la sépare méesni* quemeot du tissu iéuiHoté et s^opposeà la fusion des produlta dateur sécrétion respective. Avec le temps on obtiendra, par ce procédé, une paroi dédoublée, la corne culidurale opérant son avalure par dessus la corne podophylleuse, mais sans se souder à elle, comme cela peut être observé, du reste, dans certaines conditions patholoques, telles que la lourbure chronique. Qu'est-ce autre chose, par exemple, que le pheiiouitiie qu'où désigne sous le nom lie fourmi' Hère, si ce n'est un dédoublement de la paroi produit spontanément par un mécanisme nnnlo,[^ne ? Eh bien, si lorsque se sera opei ni l'avalure de la corne culidurale, on vient à comparer, sous le rapport du poids et de Tépaisseur, la masse totale des deux plans de coros superposés avec celle du lambeau qui leur correspond par son siège et son étendue, on trouvera que la première excède considérablement la seconde : preuve que 4e tissu podophylleux fonctionno d^une manière plus active, comme organe de sécrétion, lorsquMl n'est pas revêtu par la corne qui émane du bourrelet»

On peut donc dire que la faculté sécrétoiro du tissu podopbyUem reste, pour ainsi dire, à Tétat virtuel 4ans les oonditloQs physiologie ques, et qu'elle ne se manifeste, dans toute sa puissance et dans toute son activité, que dans certaines circonstances exceptionnelles, comme, par exemple, à la suite de 1 ;ii l achemcnt d'une partie ou de la ((»la!ité de rt)ii;:!e, nu bien encore dans le cas de cougeslion uu d iiillamuiciciua de son appareil vasculaire. Nt>us verrons, au chapitre de la physiologie patholoj,'ique, combien rinterventioii de celte faculté sécrétoire exagérée d une manière insolite, peut entraîner rte conséquences funestes, si l'on ne parvient pas à la contenir dans ses limites normales par un traitement approprié et employé à temps.

Cette sorte d'inertie sécrétoiro du tissu podophylleux dans les con» ditions physiologiques, n'est pas, du roste, un fait exeeplionneldans l'organisation*

Les autres sécrétions concrètes de la peau, celle des poils, de Tépiderme et des appendices cornés, préeeptent des phénomènes du

DU ffifCBilIOllS.

ujèiin' onUt). Aiiibi, in ^luussc îles poils est arrclceou toul ;ui nu^lm exL'esMvement ralentie, lorsqu'ils sont arrives une ceriaine longueur-, dit' r"'tren(l,auconlruirc, après leur excision» avec imeni)^ yelle activilo. De mémo pour répiderine» son renouveU^ment ne s'opère dans rétal pbjsiolo^que que d'une manière excessivement IfjQle; lente comme ses déperditions ; mais lorsiiii^ ^ a néi^té ^^i^ réparatioii rapide, comme à la soite^ par ôiebiiplé, d^unè télieatlôn superfldcÂle, qui n*a Cuit que détacber répiderme sans idiHirUlirê tti^lorps papiilatre» la sécrétion k^atogên$ de la peau est singuUôra^ préiil soractivée, et Ton voitUépidérmeàeforiDMr en eotiehes épaisses qui se détachent lon^emps par larges écailles, jusqu'à ce qu'enfin la sécrétion épidcrmique soit rentrée dans les limites normales. N*csl-ce pas là un phénomène de même ordre que celui qtii se prodiii' à la s'irfarp An (issu podophylleux, lor-^qne Fenvcloppti c^idcrx^^i^ ép^e qui le rtivéi eu ^ détacbi^ par uu^i violeutel

Va €es points établis, une question se présente à vé80udm» o%t

oîlltfî ie «âfoir comment les cornes cntWnraîe et podophylleuse se

soudent ensemble p|ur former la masse complète de la paroi?

Évidcinmcnl, la soudure de ces deux cornes uo peut s'effectuer qu'à la condition qu'elles se rencontrent à l'élat naissanl, c'est-à-dire avant qu'elles aieut eu le temps de se concrcter. C'est, du reste, la condition indispensable pour que le sabot soit formé partout continu à lui-même. Isolez le bourrelet périoplique de la cutidure, par une légère perte de substance, et les deux cornes qui en émanent se eon» crètant avisât de se réunû*, pousseront désormais isolées, comme il arrive dans le crapaud ou dans le mal d*âne.

Séparez la culidure du tissu podophylloux, et il se formera une véritable fourmilière, comme dans rexpérience raiipuilée plus haut. Qu'il exi'^lo une solution de coniuiuilé entre la membrane veloutée et le tissu podopliilleux, et la sole restera disjointe du bord inférieur de la paroi, comme cela se voit si souvent à la suite de certaines altératioDs chroniques du Ussu XeuUleté. Divisez le bourrelet dans une étendue longitudinale, par une simple incision avec perte de substance pellicuiaire, et la corne qui émanera d'une des lèvres de l'incision, ne pouvant pas rencontrer avant sa concrétion eeile de la lèvre opposée, le sabot poussera fendu. C'est par une cause du môma ordre que les seimes s'entretiennent une fois produites.

La condition indispeasabie, donc, de la continuité de la boite cor-

876 raT9ioto«ii.

née daos toutes ses parties, c'est que, à leurs points de Innction, les différents (1«''partcnients de l'appareil kératogèuecombiaeut leurs produite avant qu'ils soient soUdiliés.

Cette combinaison entre le prodnit de la sécrétion du bourrelet et celui du tissu podophylleux, s'effectue à l'origine même des feuillets de chair, immédiatement au-dessous de la zone coronaire Inférieure. C'est au moment où la corne est exhalée à la surface de cette zone, qu'elle se soude avec celle qui suinte, si l'on peut dire, du fond des sillons podophylleux > et qu'elle forme cocps avec elle. Cette soudure établie, à mesure que l'ongle effectue son avalure, obéissant à la force à tergo qui le pousse incessamment, les lames k^raphylleuses, très-étroites au moment de leur naissance en raison du peu de profondeur des sillons qui leur servent de ma« triées, s'engagent dans la cavité de ces sillons par une sorte de glissement insensible et s'accroissent en iargeur, à mesure qu*elles descendent, par additioB de molécules nouvelles vers leur bord libre, jusqu'à ce que cette larpreur soit exactement égale à celle des feuillets de chair entre lesquels elles sont intercalée^

Une fois acquise cette dimension, à quelques mllUmètres au-dessous de leur point d*origine, les lames kéraphylleuses, chose remarquable, restent invariables dans leur forme et dans leur largeur, et opèrent, sans éprouver de changement, leur lente avalure dans les sillons qui les renferment, bien que, au fond de ces sillons, la source dont elles émanent soit toujours active et en puissance d'ajouter des molécules solides nouvelles à celles qui les constituent^ les accidents pathologiques ne le démontrent que trop. Mais dans l'état physiologique, cette source ne laisse exhaler, et encore en quauliic à peine apprécinf iîo, qu'une matière onctueuse, sorte de corue fluide non actuellement soiidtjiuble, qui, en baignant incessamment les lames kéraphylleuses, les maintient dans un état de demi -concrétion, en vertu duquel elles sont toiû<^u^s ^P^^"^ ^ souder avec les nouvelles couches de corne concrescible déposées à leur surfnce; c'est ainsi, par exemple, que dans l'état physiologique dies contractent adhérence, au terme de leur avalure, avec la circonférence de la sole, et se soudent avec elle d'une manière si intime, que six mois de macé* ration ne suiOsent pas pour les séparer ^ c*estainsi que, dans les conditions pathologiques, elles conslituent les kéraphyllocèles ou leskéracôles de la fourbure, en se soudant avec les bouffées de corne

DBS SÉCRÉTIONS. 277

soJidifiable qu'txliale le tiasu podophylleux sous Tinflaencè d*aiie irrilatioD sécrétoire momentanée.

Cet état de fluidité permanente da produit de la séerétien podo* phylleuse, dansTétat physiologique, était une condition indispensa» ble pour que la botte cornée conservât une capacité intérieure exactement proportionnée aux dimensions des parties qu'elle doit

Snitpusez, par exemple, qu'au fur et à mesure que l'ongle fait son avaiure, par l'impulsion de la corne nouvelle que le bourrelet ajoute incessamment à la cornp anciennement sécrétée , le tissu podopliylleux ait fonctionné de même, n'est-il pas évident que la capacité intérieure de la boîte cornée aurait été comblée, avant Tacbèvement de l'avalure, par l'addition incessante de couches de nouvelle corne en dedans de la paroi ; et que Ies4i8sus internes auraientsubi^dansTintérieurdecette,botte, déplus en plus rétrécte^ une compression analogue à celle qu'éprouve le follicule de la dent de l'homme dans Tintée rieur delà cavité dentaire qu'il remplit à la longue du produit de sa propre sécrétion. Or, ce qui n'est ici qu'une supposition nedevient> ii pas souvent une malheureuse réalité dans certains cas de fourbure très-aiguë? Ne voitponpas alors hi sécrétion podophy lieuse, exagérée outre mesure, pousser devant elle une masse de matière cornée concrête, qui s'ajoute à la face interne de la paroi, l'épaissit, diminua d'autant la capacité intérieure de la boîte cornée, écrase par sa compression l'os du pied et les membranes qui le recouvrent et finit par en déterminer l'atrophie, de mAnic que la matière calcaire accumulée dans la cavité de la racine dentaire, écrase son follicule générateur et finit aussi par le réduire h un mince filet ?

Où trouver une meilleure preuve de la nécessité que la sécrétion podophylleuse demeure, pour ainsi dire, en réserve dans l'état phy» Biologique, prête à agir pour les besoins d'une réparation urgente, comme dans le cas d'arrachement de l'ongle \ mais ne donniant naissance, dans les conditions normales, qu'à une matière fluide, qui lubréfie le fond des oannelnres podophylleuses, y flicilite le glissement insensible de l'avalure, et maintient les lames kéraphylleuses qu'elle pénètre, dans cet état de consistance moelleuse, si nécessaire pour l'Innocuité des rapports de l'enveloppe cornée avec les parties si délicatement sensibles qu'elle revêt.

Ce n'est pas seulement, du reste, dans la région du sabot que l'appareil kcratogène présente la disposition parliculièro que nous ve-

PHYSIOLOGIE

noDS de signaler. On la retrouve eneore dans toute rétendue du tégument extérieur. Qu'est-ce, en elTèt, que oe que Ton appelle le corps muqueux de MalplghU si ce n'est une immense nappe sousépidermique, de matière conorescible, demi-fluide, prête à se sotidi* fier instantanément en épiderme« lorsque les besoins de la régénération rexigent, et s'y substituant à la longue dans les cirooDStances ordinaires au fur et à mesure que les déperditions le réclament. Ce n'est pas, pensons nous, forcer les analogies que d'établir ce rapprocbemcnt. ' |

La conclusion générale à tirer de renscmblo dos dévoloppem^nts dans lesquels nnîi? venons d'entrer, c'est f/fie In paroi est le produit combiné de trois appareils sécréteurs spéciaux : le bourrelet pério* plique, le bourrelet principal et le tissu podophylleux , Les deux pre* miers, préjmés à la sécrétion de la bande périoplique et de la Massé principale des fibres pariétaires, le troisième donnant naissatuiê cMffêtMHt à la corne lameUée de [a fae$ interne du saèoL

Il nons reste maintenant k étudier la fonction kératogène dans la membrane qui forme le revêtement de la face inférieure de la troisième pbalangc et de son appareil flbro-cartilaginéux complémentaire, autrement dit dans la membrane veloutée,

YI. £a mêmbrane vekmtée est Vor^ane skritewr esdmf d$ la partie du sabot fus t'a» appeUe h solc, 0t e^ concourt acoe les pwrtm du bourrelêt pM^Uque, qui ceignint hs bidbes eariilogi' news, à la formation de la fourchette.

La pieinière partie de celle proposition est démontrée journeilenieni par les expériences chirurgicales ou pliysiolog^ques. Arraclioz, sur ii[i pied vivant, partie ou totalité de la sole, et vous vcri*ez au bout de vingt-quatre heures le tissu velouté mis à nu, se revêtir, dans toute son élcmlue, d'une couche très-mince de matière concrète qui constituera, à sa surface, une espèce de fausse membrane pelliculeuse, laquelle, en se concrétant et en s'épaississent, ne tardera pas à prendre la formot la consistance et la couleur de la corne normale.

Au bout de huit Jours, cette sole, de nouvelle formation, aura déjà une épaisseur suffisante pour servir de plastron protecteur au tissu

qui l'a engendrée , et après un mois elle aura presque récupéré son épaisseur normale.

Examinée à cette époque, sur le sabot détacbé des parties molles

DES SÉGIIÉTIONS.

par la maoératioD, la sole régénérât ne présente aucune modi&ca* Uon dans son aspect et dans sa lAiture. Comme la sole normale, elle laisse voir« à sa faoe supérieure) les ouvertures béantes des canaux dans lesquels pénètrent les papilles 80US*ongulées) oommtf elle, elle montre sur sa ooupe perpendiculaire la disposition linéaire qui dénonce sa texture flbreuse en a[)parenoe et en réalité canalictt** lée. Seulement,'les fibres oornées n'ont pas uuedirectioD aussi rectlligne dans la corne nouvelle que dau6 1 aucieime, elles soat comme ondulées.

£u outre» cette corne a une teinte générale jaunâtre due à rinflltratîou de la sérosité du sang dans ses pores. C'est par ces caractères différentiels, peu durables, du reste, qu'elle se distingue delà corne de sécrétion régulière.

Cette expérience démontre évidemment que U Um ffelMfé sotafre

jouit, comme le bourrelet auquel il ressemble, du reste, pctr son aspect extérieur et par sa texture, de la propriété de sécréter la corne qui le revêt.

A son point de réunion avec le tissu podophylleux sur toute la circonférence de l'os du pied, le tissu velouté combine le produit de sa sécrétion, àPétai missant, avec les lames kéraphylleuses, au moment où, poussées par la force de l*avalure, elles sortent molles et demi-concrètes des sillons podopbylleux. De cette combinaison résulte cette forte soudure delà sole et de la paroi, qu'aucune violence ne parvient à détruire pendant la vie, et que l'action prolougêe de la macéi atioii peut seule rompre après la mort.

Une fusion de la même nature s'établit sur les bord» externes des lacunes du corps pyramidal, entre le produit de la sécrétion du tissu velouté et les lames kéraphylleuses plantaires ; et c'est par elle que les barres et la sole se trouvent si étroitement associées, qu'elles for^ ment à la botte cornée un plaocber indiscontinu et en apparence indivi8ible«

Yll. Le tissu velouté qui revêt le corps pyramidal, remplit, par rapport à la fourchette, le mém ràle que le tissu velouté solaire par rapport à la sole.

L'expérience Journalière le prouve aus^ d'une manière évidente»

Le corps pyramidal, dci)ouillé par arrachement de sob onvdopptt coruéc, secrète à sa suriiice uue matière coa<^rescible qui ne tard#

PHYSIOLOGIE

[MIS à revêtir les caractères particuliers h la corne de la fourcbettc et à en prendre la forme ei les dimensions.

Mais cette sécrétioD de la corne de la foarchelte n*est pas le produit exdu^de la membrane «veloutée qui revêt le corps pyramfdaU L'appareil séorètear du périopic y concourt aussi pour une assez large part -y ou pour mieux dire, cet appareil se confond si bien au

niveau des bulbes carlilagineux, au-dessus des extrémités des branches du corps pyramidal et daiis la lacune tent! aie de ce corps avec le tissu velouté qui lui sert de revêtement, qm^ toute démarcalioii disi)ai'ait entre deux, et qu'ils ne forment i)liis ijU Linc même surface conlincie, présentant dans toute son iHendueie mémo asprol, douce des mêmes propriétés et sécrétant partout un produit identique.

On s'explique bien, par cette communauté d*origine, la parâiile homogénéité de composition et la complète continuité de substance gui existent entre les extrémités des brancbes de la fourchette, les §lému et le prolongement rubané du pérlople. Ces trois parties ne sont distinctes que pur leur situation \ mais elles font corps ensemble et sont si complètement indivisibles, qu'elles ne se séparent pas, mémo par Taction d'une macération assez prolongée pour dissocier, Fini (le Tautre, les com[)arlimenls de l'ongle qui procèdent d*orguncs sécréteurs différents, et qui ne sont que soudés ensemble.

Ainsi, à bien considérer les choses, les glomes et le périople ne sont que des appendices des branches furcales épanouies sur le sommet des angles d'inflexion qu'elles embrassent de leur concavité, et prolongées autour de Fonglesous la forme du ruban périoplique.

Après Pexposé de ces considérations, nous pouvons reproduire, comme leur résumé, la proposition générale dont nous les avons fait

précéder, à savoir : que la membrane té(jumenlaire sous-ongulée est l'organe spécial de la sécrétion de la corne qui l'enveloppe, de aume 2ue la peau est l'appareil sécréteur spécial de l'épiderm qui la revêt.

Mais les différentes parties de cette membrane sous- ongulée ne remplissent pas toutes le même rôle dans la fonction kératogène, et ne sont pas toutes douées de la même activité. Â cet égard, il y a entre elles une différence considérable ^ car, dans les unes, celles qui affectent la disposition villeuse» la sécrétion cornée s*opère d^une manière régulière, constante et indiscontinue, tandis que dans la membrane fmUetée^ cette sécrétion est limitée à une zone supérieure très-eirconscritc, et ne donne naissance à des produits concrets sur

tout le reste de la surface de cette membrane, <iiie d*iuie manière in* termittente et éventuelle.

VIII. Nous pouvons maintenant concevoir Textrémité digitnlo du cheval comme un appareil glanduleux spécial, muni d'un noral)re infini de canaux excréteurs, qui laissent suinter par leurs orifices béants, et s*cntasser couches par couches à la périphérie de l'organe, le produit concrescible de son élaboration.

Cette manière do voir donne la raison de la richesse de Torganisaiion de cette région, de Tabondance et du volume des artères qui 8*y distribuent, et surtout de la disposition toute exceptionnelle de CCS vaisseaux dans Tintéiieur de Tos du pied, lequel « diffère des au- « très parties du systèmje osseux par l'ampleur de son appareil vas- « culaire, et, en cela, se rapproche des organes sécrétoires dont les < vaisseaux sont ordinairement très*consiâérable8 en proportion de « leur volume »

Cette observation de Girard fils, est d'une remarquable justesse. L'os du pied peut être considéré conuiic le noyau central (Van appareil glanduleux, dont la membrane tcgumentaire qui rcuveloppe formerait la substance extérieure. Il existe, en effet, entre les tissus de l'un et de l'autre une telle élroilesse de connexions vascuîaires et nerveuses, qu'il doit y avoir les relations les plus intimes entre leurs fonctions. La pathologie démontre tous les jours la vérité de celte induction.

Détruisez à fond, sur un point des surfaces de la troisième phalange, la membrane vasculaire qui les revêt , puis attaquez avec la rugine la couche corticale de cet os, de manière à mettre à nu son tissu spongieux dans une étendue correspondante, et vous verrez, au bout d'un certain temps, la matière cornée sourdre, pour ainsi dire, des bourgeons cbamus formés de toutes pièces sur le tissu propre de Pos, tant son appareil vasculaire est, si l'on veut ainsi parler, pré' disposé à la sécrétion cornée.

Il est donc vrai de dire que la troisième phalange fait partie intrinsèque de l'appareil kcratogène, puisque c'est des i amiiications infinies de ses propres vaisseaux dans les aréoles de son tissu, qu'émanent les ramuscules qui, en se divisant dajis !o tissu de la membrane sous-oûgulée, y affectent la disposition spéciale de laquelle dépend

' * Girard fils, Thète inaugurale, — Reweil de médecine vétérintHre, t. XX^ p. â69.

PHYSIOLOGIE

sansdôute i'aptitude sécrétoire de celle membrane -, ^aiiqtte lors<|iit cette membrane est détruite avec la partie de l'os qui la supporte, cet 08 se recouvre de végétations qui bientôt affectent la disposition d'une membrane nouvelle, douée aussi de la propriété de sécréter la matière cornée.

La source de la sécrétion cornée est donc, si Ton peut ainsi parler, dans les profondeurs mêmes de la troisième phalange-, mais ce n'est que dans le tissu élaboraleur des membranes extérieures à cet os, que le produil de cette sécrétion peut acquérir ses propriétés et se mouler d.ins sa forme u annale.

i>< memhr.uies csscnlicilcrnent kémioghes ne présciilent-ellcs, comme paiiicularité de leur structure intime, qu'une disposition spéciale de leur appareil vasculaire, de laquelle dépendrait la faculté sécrétoire qui lui appartient en propre? Ou bien ne renferment-elles pas, dans les mailles de leur derme, des gUmdes blennagènex de la nature de celles que Brescbet et Roussel de Vauzème disent avoir reconnues dans les aréoles du derme tégumenteire?

Ou bien, enfin, serait-ce exclusivement dans les processus villeux, qui bérîssent la surface du bourrelet et delà membrane veloutée, que résiderait la faculté de sécréter la corne, comme Tadmettent quelques physiologistes et entre autres M. le professeur Delafond?

11 n'est pcul-ctrc pas possible encore aujourd'hui de résoudre complètement ces questions d'histologie délicate. A priori, il est rationnel d'admettre qucla spécialité de la fonction dévolue au tégument sous-ongulé, implique une modilicatiun spéciale de sa structure et un arrangement approprié de son appareil vasculaire. A chaque glande, en effet, appartiennent une structure et une vascularisatioa particulières. C'est là le fait principal et dominant que i'anatomie de structure a permis de reconnaître. Le mystère des sécrétions, et surtout celui des sécrétions spéciales, est encore à dévoiler. 11 doit donc y avoir dans la cutidure, dans lepodophylle et dans le tissu velouté, un arrangement particulier des vaisseaux artériels qui constitue leurs tissus k l'étet d'organes glanduleux spéciaux. C'est là une induction autorisée par les études d'histologie générale, et dont les recherches micrograpliKiucs ne tarderont pas à donner la confirmation ; ce premier point nous paraît hors de doute.

Qîianl à la question de savoir sll n'existe pas dans les aréoles du tissu sous-ongulé des glandules blennogènes, comme Breschet et Roussel de Vauzème ont cru en reconuaitre dans les aréoles du

DlS«éGRÉTIONS. 1^188

derme, nom n'avons pas pour la résoudre d'autres éléments que l'analo^e. S'il était vrai que Tépiderme et la nappe de substance muqueuse demi^oncrète qui lui est sous-jaeentei ftiseent le produit de la sécrétion d'un appareil spécial, composé d*une ioultttude de petites glandttles que le derme renfsfmeralt dans la profAtidettlr de ses mailles, il serait très-^admisslble <|oe lamembrafie lô^HitDentafire sous-ongulée, qui n'est qu'une conlinualion de In penu, sorvir aussi (le support, par son canevas, a un appareil analogue ; il serait même très-rationnel de supposer, d'après l'abondance du produit sécrété, que dans le tissu sous-ongulé, cet appareil de sécrétion spéciale UM bien plus développé que daus tout autre déparlemeni du légumeat e&terne*

Mais pour que ce raisonnement par analogie eût sa pleine valeur, it faiidl'è jt i uo le fait qui lui sert de base, fût démontré vrai sans cou-

tèstîiîïoTl. Oi', en Ç5t-îl ainsi des organes blenuogènes? Leur existence cslelle un fait si bien démontré aujourd'hui, qu'elle ne laisse plus de doute dans Tesprii de personne? Nous ne le pensons pas • et c'est pour cela que, dans ruilerprélation des pli.'noinèues de la sécrétion cornée, nous ne devons pas altaclicr une importance trop considérable à la découverte de Bresclicl et de Roussel de Vauzcmc, qui ne nous parait pas avoir encore tous les. caractères d^authenticité que réclament les eiigencesde la science moderne*

Reste maintenant à examiner i'hypotbèse du r6Ie que l'on a assigné, dans la sécrétion cornée, à l'appareil des processus nervo-vas^

culaires du bourrelet et de la membrane veloutée. Ces processus ont-ils pour fonction spéciale de sécréter la corne (lui émane des surfaces sur lesquelles ils s'élèvent? Où bien ne consiiiuent-ils que des papilles à grandes proportions, destinées h s'enfoncer dans la profondeur deTeuveloppe cornée, comme les papilles sous-épidcrmiques dans la coucbe concrète qui les revêt, de manière que la substance cornée, insensible de sa nature, devint cependant, pour io centre nerveux, un instrument certain de transmission des sensations?

Nous nous sommes déjà prononcé sur ce sujet dans le chapitre de

l'innervation : pour nous, les processus de la membrane sous-onguîeo, a l'origine et à la base de l'ongle, sont des organes essentiels de la sensil)ililé tactile, construits d'une manière plus vasculairc que les papilles du tégument général, en raison de la situation profonde qu'ils devaient ooouper dans les canaux de la substance inerte de la

PHYSIOI^GIE.

corne , en raison peul^re aussi des exhalations liquides dont ils de> valent être la source.

En dehors des preuves que nous ont fournies, dans un chapitre précédent, l'inductionyOt l'anaiogie, nous appuierons ici cette manière de voir par les résultats de l'expérimentation directe. Détruise! par rincision, par le feu ou par les caustiques, les processus nerveux qui s'élèvent à la surface du bourrelet et du tissu velouté, et au bout de quelques jours, lorsque la lésion traumatique faite aux lissus sé- Ci clcurs aura clé réparée, vous ven ez la sécrétion cornée s'effectuer aussi régulièrement qu'avant rexpériencc. Allez plus loin, ne bornez pas la desiruciion à !n superficie de la membrane qui sort de base aux papilles sous-ongulees. Entamez dans l'épaisseur de sonlissu, et la sécrétion cornée se rétablira encore à sa surface, lorsque le Iravaii des granulations aura comblé ic vide fait par rinslrument tranchant.

Njesl-ce pas là une preuve évidente que la propriété sécrétoire de la membrane sous-ongulée ne dépend pas exclusivement et essentiel ment des processus de sa surface, mais qu'elle procède de la structure intime de cette membrane, depuis ses couches les plus profondes jusqu'aux plus superficielles? S'il en éUtit- autrement, verrait-on la sécrétion se continuer après la destruction de ses organes spéciaux supposés 1^ Yoit-on la dent du rongeur se reproduire lorsqu'on a dé* truit son follicule générateur? Le poil repousse-t-il lorsque son bulbe est anéanti?

Il est donc rationnel d'admettre, puisque l'induction, l'analogie et l'expérimentation directe le démontrent, que la sécrétion cernée se fait en dehors des papilles et indépcndamuient de leur action. Les papilles, comme du resîe, les feuillets du podophylle, servent pour ainsi dire de moules, sur lesquels la matière concrescible sécrétée à leur base, cauUei se modèle comme la cire versée dans le mouie de la bougie se concrète autour de la mèche centrale.

C'est par ce mécanisme que se constituent les canaux qui for* ment, par leur assemblage, la masse de la paroi et de la sole; canaux qui ne devraient pas exister, si, comme on l'a admis, la sécrétion cornée s'effectuait à la surfisce des papilles ^ car évidemment, dans ce cas, leur cavité intérieure devrait être comblée par le produit de cette sécrétion, comme la cavité dentaire est remplie peu à peu par les dépôts successifs qui s'effectuent à la supcriicie du follicule qu'elle renferme. Il y a plus, si les papilles étaient réellement des organes de sécrétion, par toute l'étendue de leur surface, on ne con-

D1E8 sticniTioiis. 285

cevrait pas comment elles ne disparaîtraient pas, tMmiffécs par la compression de la matière dont elles s'envelopperaient elles-mêmes» comme dans les dents à racines, le follicule s'atrophie sous Tin* fluence de la même cause. Nouvelle preuve de la nullité d'action des papilles comme organes sécréteurs.

Les papilles ne sont donc essentiellement que des organes de la sensibilité tactile. Leur rôle principal, dans la formation de ta corne» estde servir de moules sur lesquds la substance ooncrescible» sécrétée par le tissu qui les supporte, se dispose en canaux cylin* driques, lesquels, après avoir servi de gaîne à ces pairilles ellesmêmes, deviennent ensuite, avec les progrès de Favalurc, u s tuyaux conducteurs dos liquides s(^reux qu'elles exhalent par leur sommet et qui enlreiieuucnt dans ia corne, comme nous allnu.s le voir, rhumidilé nécessaire à la conservation de sa souplesse et de son élasticité.

Il y a, ce nous semble, une assez grande analogie entre ia disposition des papilles sous-ongulées, par rapport aux étuis cornés qui les renferment et celle de la pulpe des poils, dans le canal de leur racine. C'est sur les unes et sur l'autre que se modèle le produit couerescible au moment de sa formation *, c*est par les unes et par Pautre, qu'une fds formé, ce produit demeure en relation intime de contiguïté avec les systèmes nerveux et vasculaire, étranger de fiiit à la vie, mais y participant presque par l'étroitesse de ces rapports, qui lui permettent d'emprunter incessamment, aux organes vivants, les éléments matériels nécessaires à la conservation des propriétés de sa substance. En sorte qu'il est vrai de dire, avec (iirard liLs, qiia Pappareil des papilles sous-ongulées n'est qu'un assemblage de pulpes nerveuses et vasculaires, disposées en relief à la surface du tégument au lieu d'être enfermées dans rinlérieur de la cavité bulbaire, comme les pulpes des poils -, et que l'ongle n*est lui-même qu'un assemblage de poils très-développés, car les canaux qui le constituent par leur ensemble sont analogues à ces productions du tégument par leur structure, leur composition cbimique, leur mode d'accroissement et leur régénération.

DE L'ACCROISSEMENT DE LA CORNE ET DE SON AVALliRE.

L La corne, une fois formée, s'accroît incessamment en bauteur,

à la manière des terrains d'alluvion, par la superposition régulière et lu concrétion de couches nouvelles de bubstunce cornée fluide, à

Si86

fHTSIOlMII.

la surface encore mol lp de celles qui sont déjà déposées, lesquelles demeurent immuUibU's dans leur a«*régaUuu iiioli'culaire, ol ne subissent, après leur formation, d'autre changement qu'un déplacement éo bauten bas, poussées» comme elles le sont dans co aeni, par ces nouvelles couches incompressibles qui viennent incessamment s'in* lerposer entre elles et la aurfaoe dea tiaaiia doni elles sent primitivement sorties.

La force qui détermina la descente de ronfla Q^eat donc pas autre que celle qui préside! son accroissement^ c'est la foroe séorétoire. L*ongle gûsse, pour ainsi dire, de baut en bast dani lescoulissea podopliylleuses où Bonteng<i<^ées ses lamelles internes, souslMoflaenee

de la double impulsion que lut communiquent la sccrclion du bourrelet, d'une part, et celle du tissu veluulé de Taulrc.

Ce bout ces deux actions combinées qui produiseat son uKuivement d'avalure «l u ne manière lenlr, mais indiscontinue, par un mécanisme à ierifo, comme celui qui détermine la sortie de l'eau d'une source vive-, la corne anciennement formée, recevant l'impulsion de celle qui suinte des canaux excréteurs, comme Pondoe liquide qui s'écoule, est chassée par celle qui vient derrière elle.

La descente de Tongle est donc en soi un phénomène tout méca« nique qui n*a rien d'actif que Ja cause qui le produit. G'eat en cela qu'elle diffère de la pousse ornim fronUtiui qui» d'après lea re* cbarcbes tt^ès-intéressantes du savant Numan, a^aocroissent en longueur, noo*8eulement par l'impulsion, de bas en baut, que leur eommunique la sécrétion de la peau géoèi^trice qui entoure la base de leur support osseux, mais encore par l'élongation activa de ce support lui-même, lequel en se développant avec le squelette dont il forme un appendice, s'étend dans tous les sens en longueur comme en circonférence et entraîne avec liu Tétui corué qui lui sert do revè« tement.

Cependant il y a quelqu'analogîe, dans les premières années de la vie, entre l'accroissement du sabot du cheval et le mode de développement des cornes frontales des ruminants. Dans le poulain, en effet, le sabot très-petit en proportion, du reste, de la taille du sujet, se développe ensuite insensiblement avec les progrès de rossiûcation des parties du squelette qui lui servent de supports; Mais ce développement ne s'effectue pas par une expansion graduelle du sabot actuellement formé ; son tissu inextensible ne s'y prêterait pas. C'est par un méoaniame analo^e à celui qui préside è l'eocrolsaemant suo-

DBi iiflKÉTIOllS,

ccssif des cornes frontales , qm l'ongle se mot peu à peu en rapport de dimensions avec le volume des parties qu'il doit revêtir.

L'os de la couronne, en au^entant graduellement de volume avec le restant du squelette» élargit proportionnellement la ceiotiire que lui forme le bourrdet, et entraîne néoessairement alnal mie augmen* talion du diamètre du aabot, dont la circonférence supérieure se modèle exactement sur le contour de sa matrice.

Par ce simple mécanisme, la boltecomées^élarglt à mesure qu'elle s'accrotl, et offre peu à peu, à la troisième phalange, un espace plus vaste où elle peut se développer }\ sou tour, et aciiuôrir des dimensions correspondantes à celles du rayon osseux auquel elle est articulée.

Ce développement de la phalange unguéale s'effectue graduellement de son sommet vers sa base, comme rélargissement de l'ongle qui nVst, du reste, que Texpression du développement parallèle de la phalange coronaire. C'est seulement lorsque cette phalange a acquis ses dimensions définitives, que la troisième s'achève dans les siennes, mettant peu à peu à profit Pespace insensiblement plus vaste que lui présente la cavité intérieure du sabot, à mesure qu*il s'accroît, et entraînant avec elle ce sabot à mesure qu'elle augmente de volume par les progrès dé ss propre ossification, de même que le comillon, en s'allongcant, soulève et entraîne l'étui corné qui le revôt.

Le sabot n'ac(iiiierl déliiiilivcment sa forme cylindrique, que lorsque la deuxième et la troisicine phalanges, complètement achcvôcs, servent de moules invariables h la matière cornée que les membranes kératogèncs excrètent à leurs surfaces.

Avant cette époque, il présente la forme d'un cône renversé, qu'ex^ plique et que nécessite Taugmentation graduelle et indiscontinue, pendant un certain temps, de la circonférence de l'os qui sert de support à sa matrice.

II. La forée sécreloire qui préside à l'accroissement indiscontinu de l'ongle, pendant toute la durée de la vie, est-elle douée d'une égale activité dans tous les points de l'appareil liératogène? Ou bien n'y a-f -i! pas des régioùa où son action, plus considérable que dans d'autres, déterminerait une pousse plus rapide de la corne?

C'est là une question d'une importance principale pour la pratique de l'art.

En général, on admet que les talons <HK^nt avec plus de rapi-

SSS PHTSIOLOni.

dité que 1m piiice. Cette opinion qui irest pas absolument destituée de fondement, a été beaucoup exagérée par suite d'une illusion d'observation facile à comprendre. L'élévation des talons étimt toujours inférieure à celle de la pince dans les conditions normales, on conçoit qu'un accroissement égal de Tune et da Taiitre région, soit plus frappante dans la première que dans la seconde, puisque relativement à leurs dimensions respectives» la quantité surajoutée par la croissance représente, en bit, une fraction plus considérable dans le premier cas que dans le second. SoU, par ezemplet 1 0 la hauteur du talon et 15 celle de la pince j si par le foit d'un accroissenient égal* une quantité comme I est ajoutée à l'un et à l'autre, cette addition qui représentera Vio hauteur totale du talon sera plus sensible dans cette région qu'en pince, où elle ne constituera que Vis. Et successivement, avec les progrès île Tavalure, ce résultat deviendra plus trappant, en sorte que le rapport de hauteur des talons à la pince, que nous snpposims être primitivement : : 10 : 15, devra nécessairement devenir à la longue, sous Tinfluence d'une pousse parfaitement égale, : ; -15 : 20^ .* : 20 : 25; ; : 2o : 30, etc., ou plus simplement : : 3 : 4 ^ : ; 4 : o -, .' : 5 : 6, etc. C'est-à-dire, en d'autres termes, que la différence entre les talons et la pince qui, dans le principe, était de 7t* se réduira successiTement à 741 Is* Vs* ^* Diflërence de moins en moins sensible, qui peut fiire croire facile^ ment, à première vue, que la pousse des talons a été beaucoup plus rapide que celle de la pince; tandis qu'en fût, l'une et l'autre région se sont accrues d'une quantité parfaitement ^ale.

Nous ne sommes donc pas fondés h croire que, dans l'état physiologique tout au moins, les parties postérieures de l'appareil kératogène soient douées d une plus grande activité sécrcluiie que les partics antérieures.

Au contrnire, nous pensons que, dans les conditu ii:^ normales de raccruisseuiunt de l'ongle, les organes générateurs de la corne fonctionnent avec une égale activité dans tous les points de leur étendue^ en sorte que, dans un temps donné, une même quantité de matière cornée est excrétée sur toutes les parties de leurs surfaces, et que la descente de l'ongle s'effectue d'une manière régifliére et égale, sous l'influence impulsive d'une même force, agissant avec une égale intensité, en pince aussi bien qu'en talons $ sur la circonférence de la sole comme sur les bords de son écbancrure centrale $ dans le milieu du corps de la fourchette comme ft l'extrémilé de ses branches.

DBS SiCRiTIONS. 289

On peut se convaincre de celle égalité d'action de la force de Tavalure, en imprimant une marque sur différents points du sabot à une égale distance de son origine^ on verra, avec les progrès de la pousse, cette marque s'éloigner du bourrelet» d'une lODgueur parfaitement ^ale sur tous ces points à la fois.

L'obsenration atteotive de la surface extérieure de. la paroi d'un sabol normal conduit aux méoies résultats. •

Dans Fétat normaU la surface extérieure de la niitralile présente on aspect légèrement onduleux» qu*elle doit à la succession alternative de petits reliei^ et de sillons superficies qui régnent transversaiement a la direction de ses fibres» d'un angle d'inflexion à l'autre. Ces sortes d'ondes, dessinées à la superficie de la matière cornée concrète, semblent correspondre à des états alternatifs de plus ou de moins de congestion pliysioloj;ique des tissus générateurs de la corne, et accuser des degrés dans l'activité de leur sécrétion continue.

Mais quelle que soit l'activité de celte sécrétion même, ré;;alité de son action, dans un temps donné, sur toute l'étendue de l'organe sécréteur, se traduit normalement par le parfait parallélisme, sur toute la circonférence du sabot, dessillons interposés entre les ondes de la matière cornée; parallélisme qui devrait être rompu, comme cela arrive, en effet» dans les condilions pathologiques, si, dans un point du sabot, plus que dans un autre, raction sécrétoire était plus active, car alors la n>ne de corne interceptée entre deux sillons, devrait avoir une plus grande étendue superficielle dans le point correspondant à une plus grande activité de la pousse.

L'expérimentation directe est donc d*accord avec Tobservation, pour démontrer que dans l'état physiologique la force qui préside à la sécrétion de l'ongle, une et égale dans son action sur tous les points des surfaces kératogènes, imprime à toute la masse du sabot , UD iiièiiie raouvemeul régulier et uniforme de descente.

Mais en est-il toujours ainsi en dehors de l'étal physiologique? Non. Sous l'influence de certaines conditions qu'il va être important d'apprécier, la pousse de la corne peut s'effectuer d'une manière irrégulière et inégale ; soit parce que la sécrétion qui y préside est devenue, de fait, plus active dans un point de l'appareil générateur; . soit parce que» dans un autre, elle estempécbée et ne peut suivre son cours régulier.

Ainsi, par exemple, lorsque le sabot a dépassé les limites de sa

PBTSI0L06IB.

longueur normale, et que l'excès de corne qu'il a acquis n'est pas détruit par l'usure ou par une déperdition artificielle, la pousse des talons devient peu à pou sensiblement prédominante sur celle de la pince, comme on peut s'en assurer par l'inspection des cercles et des sillons transversaux qui s'étendent d'un angle d'inflexion à l'au- Ire. Ces sillons n'ont plus alors la disposition de parallélisme parfait qu'ils affectent sur les sabots à pousse régulière ; ils sont tu contraire beaucoup plus écartés les uns des autres, et interoepteat conséquemment entre eux des cercles beaucoup plus larges dans la région des talons que dans celle de la pince» ce qui témoigne évidemment d'unie plus grande activité de la sécrétion dans la première que dans la seconde. Et, effectivement, telle est la prédominance de la pousse des talons sur celle de la pince, qu'au bout de douze mois, la différence primitive de hauteur qui existait entre deux a presque disparu, et que ces régions mesurent des dimensions à peu près égales.

La figure ci-jointe donne la démonstration graphique de Tassertion que nous émettons. Elle représente le sabot d'un ebeval trèsmédiant, qui resta douze mois en fourrière dans une auberge, sans sortir une seule fois de sa stalle et sans que, une seule fois, ses pieds tassent parés par le maréc^.

On voit sur cette pièce que les talons présentent des cercles beaucoup plus larges que ceux de la pince et ont une bauteur, à peu de chose près, égale à la sienne, ce qui témoigne de la plus grande activité de leur pousse.

Il semblerait dans ce cas que, à mesure que le sabot s'allonge, la force impulsive du bourrelet en pince rencontrerait, dans la niasse incessamment accrue de la corne, un obstacle de plus en plus difficile à surmonter, qui ralentirait peu à peu la sécrétion; tandis qu'en talons, l'avalure pourrait se faire avec plus de facilité, d'une part, parce que la paroi moins baute présenterait une moindre résistance; et, d'autre part, parce que l'organe sécréteur, doublé sur lui-même aux angles d*inflexion,iouirait peut-être dans cette région d'une force impulsive augmentée par cette duplicature.

L'examen attentif de certaines formes de pieds fourbus, nous sem-

ble donner une démonstration irréfragable de la vérité de cette iiiterprêta tioD. Lorsqu'à la suite de la (ourbure, un coin de corne kéraphylieuse s*est interposé en pince» entre la surface du podophylle et la fàce interne de la paroi, l'avalure du sabot cesse de 8*^ectuer désormais avec la régularité qui caractérise Tétat normal. En pince, la masse considérable de corne accumulée par la sécrétion morbide, résiste à l'impulsion que tend ft lui communiquer la corne de nouvelle formation excrétée par le bourrelet et retarde notablement son avalure; en talons, au contraire, et dans la partie postérieure des quartiers, Taction impulsive des organes sécréteurs rencontrant une résistance beaucoup moindre, la nouvelle corne peut effectuer sa descente, en chassant devant elle l'ancienne, qui éprouve comme un • mouvement de bascule d'arrière en avant, sous l'influence de cette impulsion inégale plus puissante en talons qu'en pince.

Telle est la différence qui, dans ces circonstances morbides, peut exister entre la pousse des talons et celle delà pince, que souvent la corne de nouvelle formation des premiers aura parcouru tout son trajet, du biseau au bord plantaire, avant que celie de la pince soit arrivée au delà du tiers supérieur 4e son parcours.

■La figure ci-JoInte met en évidence la vérité de cette proposition : Le cercle Bc indique la ligne de démarcation entre l'ancien n

est déjà en c dans la région

des talons, c'est-à-dire au niveau du bord plantaire.

C'est en raison de cette prédominance de la force impulsivedes talons sur celle de la pince, que les sabots fourbus tendent si communément à s'allonger d'arrière en avant, et à s'incurver en baut à la manière des souliers chinois.

Mais nous reviendrons avec détail sur cette question, dans la partie de notre ouvrage dù nous tndterons des maladies du pied; pour le moment» nous ne voulons emprunter à la pathologie que ce qui nous est nécessaire pour IMnterprétation des phénomènes physiologiques.

Il nous paraît résulter évidemment de la démonstration que nous venons d'exposer, que l'action sécrétoire du bourrelet peut être ra-

On voit que Tavalure de la corne nouvelle qui, en pince, n'est encore arrivée qu'en b,

PBYSIOLOGLË.

lentie, ou même complètement entravée, par une pression qui met obstacle h Texcrélion de la corne de nouvelle formation* comme c'est le cas« par exemple» dans les pieds fourbus et dans les sabots extraordinaîrement allongés.

III. Mainteoant, la proposition inverse n'est-eile pas aussi rigoureusement vraie, h savoir : qu'en diminuant les résistances opposées à Texcrétion, on favorise et on active la fonclion sécrétoire de i'ap* pareil kératogène?

Oui, évidemment encore; et rcxpérience chirurgicale en donne la preuve jouraaiière. Arraclrôz, par exemple, un lambeau de la paroi

sur un point quelconque de la circonférence du sabot, et vous verrez ia conift qui se formera à la surface du bourrelet dénudé, acquérir au bout d'un mois une telle épaisseur, par suite de ia suractivité delà sécrétion, qu'elle cousliluera une tumeur saillante au-dessus du niveau de la surface extérieure de la paroi conservée : [)rcuve qu'au point où aucune résistance ne fait obstacle à l'échappement de la corne sécrétée, cette matière est fournie avec plus d^abondance.

Une autre preuve de la suractivité de la fonction kératogène, dans ce cas spécial, est donnée par la direction qa*affectent les fibres constitutives de la tumeur cornée formée sur le bourrelet. Ces fibres, plus longues que Tespace mesuré entre leur surface d*émergenoe et Tori* gine des coulisses podophy lieuses sur lesquelles elles doivent glis^ ser, n'ont pas une direction rectiligne comme les fibres de la paroi normale, mais elles décrivent une courbe onduleuse, dont la convexité est antérieure et s*adaptent ainsi à l'espace trop étroit relativement à leur longueur dans lequel elles sont encloses. Ce n'est que plus tard, lorsnu'ellos se sont u^î,ociées h la corne kéraphylleuse, qu'alors entraînées par le mouvement de Tavalure, elles reprennent leur direction rectiligne el effectuent leur descente dans un temps relativement plus rapide que celui de la paroi normale, comme le témoigne la plus grande étendue superficielle des cercles dessinés sur leur surfoce extérieure.

D'autres preuves de la plus grande activité de ta sécrétion du bourrelet sur les points de sa circonférence où les pousses de la corne , nouvelle rencontrent le moins de résistance, sont fournies tous les jours par les pratiques delà marécbalerie. Ainsi, par exemple, oa

active la pousse des talons en les parant jusqu'à la rosée et en appliquant un for à ia planche qui les soustrait à l appui et diminue 1 iii-

DBS SiGRiTIOnS

tciisité des pressions transmises h In parlic du bourrelet qui leur correspond. Ainsi, encore, il suflU quelquefois de remploi méthodique de celte ferrure pour obtenift dans le cas de seime quarte, la formation d'un cercle de corne épaisse et continue, à Tendroit de la fissure de la paroi; ainsi, par l'emploi iotelligeDi delà ferrure préconisée par Lafosse, on parvient sou?ent à restituer aux talons du sabot la bauteur et le développement qui leur foisaieot défaut.

Do même, lorsque les pieds sont de travers» il est possible* en reportant l*appui par une ferrure orthopédique, sur les parties de l'ongle 011 la pousse de la corne est le plus active, d'en ralentir la croissance, et de l'acUver, au contraire, dans celles qui supportent la plus j,Tan(ic souime des pressions anormales, et qui, par ce fait, ont été empêchées dans leur pousse, etc.

L'influence sur la sécrétion du bourrelet des ]i;v>^îons inégales qu'il supporte, est rendue surtout évidente dan- ir< pieds rampiiir;. Dans cette sorte de pieds, la sécrétion cornée t*si <'xrp?*^î t immiI lente, à l'endroit de la pince, où l'appui se fait exclusivement -, tandis que» dans la région des laloQS qui n,e portent janiais sur la terre, la pou'^^r ili^ la corne s'opère avec une très-grande rapidité.

Aiusi, pour résumer ces premiers développements, raccroissement de la corne s'opère d'une manière uniforme, régulière et égale S1^' tous les points à la fois de la couroane eutidnrale» dans les condi* Hona parfaites de l'état physiologique, en sorte que dans uu temps donné, l'action impulsive delà sécrétion étant partout la même, toute la masse 4e l'ongle effectue dans ce même temps son âvalure régu- Uèfe. Mats en dehors de cet état normal parfait, la sécrétion cornée pouvant être ou ralentie ou activée dans quelques points circonscrits de l'appareil kératogèno, la pousse de l'ongle s'opère alors d'une manière inégale, qui se traduit à sa surface par l'inégalité de largeur pic présente dans les dilTôrcnis poiuls de son étendue une zone de même origine.

l/uno des preinicres règles de Tari du maréchal est, d'une part, desavoir C0n<prvf>r à Tongle les conditions de sa pousse régulière en sauvegardant, par la justesse de la ferrure, la rectitude dos aplombs de ranimai -, et, d'antr part, de mettre à profit, avec tatelligenee,, l'inégalité possible de l'action sécrétoire, en empêchant dans un point une pousse trop rapide, et en activant dans un autre l'acoroissemeot trop lent à se produire. .

;Ces idées, sur raccroissement de la corne, se rapprochent en qiieU

FHYSI0L06I8.

ques points de celles que Bourgelal à formulées dans le passage suivant de son Essai théorique et pratique sur la ferrure :

< La partie vive, dit cet illustre auteur, doit pousser, vers Textré- « mité du pied, la partie moyenne et la partie morte eosemble, à c mesure qu'elle y est déterminée elle-même par les diocs qu'elle « épronve et par celle à laquelle elle cède însensiblemeni la place « qu'elle occupait; dime, seUmledêgréékrétûtanee^ d$ lapartdM « parHêi qu'eUe doit chatser, Vou»rag» de l'aeermsemmt sera phi « au moins péMk; donc, plus leur étendu» et plus leur uolume ssr « ronteoHeidérabks, plus l'obstacle sera difficile à surmonter, at- « tendu qu^elles contrebalanceront davantage la force impulsive des « liqueurs reçues par la pur de supérieure;

liDonc, moins les retranchements à faire fi Poiii^lepar raclioii de « parer seront fréquenls, moins Tongle croilra et moins l'accroisse- « ment en sera prompt*, donc, plus ils seront réitérés, plus cet ac- « croissemenl sera diligent et sensible. C'est sur ces grands princi- « pes qu'il serait superflu d'étendre ici, que l'artiste doit élayer son « raisonnement et sa pratique. Par eux, et en s'y conformant, il « parviendra facilement à se rendre maltra de la forme de tous les « pieds, même les plus défectueux; il en dirigera raccroissement, Il

< le hâtera ou te retardera à son gré* Il répartira la nourriture à sa « volonté et selon le besoin, sur les diverses parties \ il la détournera « des unes, il la forcera à refluer sur les autres, et comme il n'agira « Jamais que d'après les vues et les conseils de la nature, il sera « certain d'entretenir ou de réparer avec succès une partie d'autant

< plus essentielle, que l'animal le plus précieux peut cesser bientôt « de l'être, pour peu qu'elle ait reçu quelque atteinte. »

Ces propositions, considérées lonfirteraps comme erronées, nous paraissent établies sur une juste observation. Nous croyons, avec Bourgelat, «que selon le degré de résistance de la pari des parties « qu elle (la corne vive) doit chasser, l'ouvrage de l'accroissement € est plus ou moins pénible -, » que « plus l'étendue et plus îe volume « de ces parties sont considérables, plus robstadeest difficile à sur- « monter, attendu qu'elle^ contrebalancent davantage la force im-

< pulsive des liqueurs reçues par la partie supérieure, etc.» Hais ce n'est pas seulement la résistance que la masse de corne déjà formée oppose ft la forée in^^Moe des liqueurs qui en ralentit ou en empêche la sécrétion, c'est aussi, et principalement, Tintensîté des pressions qui sont transmises par la continuité de la paroi h la surAice

DBS sécaiTiOMs. 295

sôcrétoira, comme le témoigoent les exemples des sabots rampias ou de travers, dont ia pousse est si leate dans les régions où s'exercent toutes les pressions de Tappui.

Bourgelat n'avait pas reconnu rinfluence sur l'activité de la sécrétion cornée de cette dernière cause, si prépondérante cependant Ne voyant comme obstacle à la pousse, plus ou moins active de la corne, que le plus ou moins de résistance opposée par la masse de Tongle déjà formée, il prescrivit, comme principe général sur lequel V artiste mur évhal devait étayer son raisonnement et sa pratique, de diminuer la longueur du sabot dans celles de ses régions où sa croissance élait plus iente à s'effectuer, et de la ménager, au contraire, là où elle était le plus rapide, atin d'activer ou de ralentir Ja force impulsive de la sécrétion, en diminuant ia masse qui lui fait obstacle ou en lui laissant toute sa force. Et, en partant de ce principe, il arriva sans s'en douter, à ce singulier résultat, d'exagérer démesurément les difformités auxquelles il voulait remédier et deles rendre plus durables et plus constantes par la plus grande somme des pressionSt que l'inégalité méthodique du niveau de la fàce plantaire du sabot devait accumuler sur les régions les plus abaissées.

Si Bourgdat avait été éclairé par la pratique de l'art dont il es- . seyait de formuler les régies, cette erreur n*eùl sans doute pas échappé à son génie observateur. Quoiqu'il en soit, cependant, l'interprétatiuii qu'il a donnée du mode d'action de l'une des causes qui favorisent ou ralentissent ia pousse de l'ongle, n'en est pas moins juste, et aujourd'hui elle sert de base aux pratiques les plus ralioanelles de Part de ferrer.

Ainsi donc, la sécrétion cornée peut ne pas s'eitectuer avec une parfaite égalité sur toute ia circonférence de la couronne cutidurale; die peut être accélérée ou ralentie dans une étendue plus ou moins considérable, proportionnellement à l'intensité des résistances opposées sur les surfeces sécrêtoires à l'échappement de la corne qui tend incessamment à se former.

IV. Il est encore d'autres circonstances qui peuvent influer sur la sécrétion, et donner à cette fonction une plus ou moins grande ac- Uvité«

Ces influences nouvelles qu'il nous reste à examiner, peuvent exercer leur action : 4<» sur l'organisme tout entier, et indirectement sur l'appareil kératogéne; d'une manière moins générale et plus

PHtSIOLOGIC.

directe sur les quatre pieds à la fois^ 3^ sur un seul pied d'uu ani- . mal, et même sur une région circonscrite de ce pied.

On peut donc ies diviser eo trois catégories pour la facilité de rétude.

Biais avautd'eo aborder rexameu, nous devons Aiire observer que tous les individus ne sont pas susoeptibies d'en ressentir l'action an même degré* parce que chez tous la fonction sécrétoire n^est pas douée de la même activité.

A cet égard, il semble qu'il y a de grandes diflérences suivant les races, et dans chaque race suivant lc^ dispositions individuelles et certaines conditioas données de structure qu'il est important de préciser.

Ainsi, par exemple, dans les chevaux de race, en général, la corne dusabot est plus dense, plusluisante, plusépaisse, d'un grain plus An que dans les chevaux d^une origine moins parfaite ; elle résiste davantage aux influences des agents extérieurs, et se régénère avec une plus grande rapidité, comme il est facile de l'observer dans les régiments qui forment une agglomération de chevaux de différentes origines, sur lesquels le phénomène peut être étudié comparât!* veinent*.

Dans les individus considérés isolément, les variations de radivité sécrétoire de l'appareil kératogène sont bien plus nombreuses et plus frappantes.

Il esf tel animal, chez lequel le sabot ne pousse qu'avec une désespérante lenteur, uu point que d'une ierrtire n une autre, cesl à peine s'il s'est tormé assez de corne pour que le maréchal puisse rafraîchir seulement le bord inférieur de l'ongle et changer les clous de place.

Il en est d'autres, au contraire, sur lesquels la pousse de la corne est tellement active, qu*en moins de trois semahies le sabot a acquis une trop grande longueur pour la régularité des aplombs.

U n'est pas toujours facile d'apprécier, par des signes extérieurs, cette plus ou moins grande activité de la sécrétion cornée.

En général, cependant, la pousse de l'ongle est plus rapide dans les aniUiuux dont la corne est épaisse, égaie à sa surface, luisante, inclinée dans une direction iioi oiali'. li? couleur foncée, bien proportionnée en volume à celui du corps, bien conlormée, avec des talons

* Reynsil, CommumeaUon inédiie.

DES SéCRéTIOTVS.

bien développés, une fourchette saillante, des lacunes bien nettes, des barres régulièrement inclinées, etc.

Cette pousse, au contraire, est notablement plus lente dans les sa* bots dont la corne est mlQce, Inégale et cerclée à sa suriàce, dépouil* lée de vernis, inelinée dans une direction qui tend à se rapprocher de rhorizontale, de couleur daire, d'un volume trop considérable relativement è la masse du corps ^ à talons bas, ft fourchette trop développée, avec une sole qui n'est pas suffisamment excavée et des lacunes trop larges et trop effacées.

I^'abondance et la rapidité de la sécrétion cornée paraissent aussi en rapport avec l'épaisseur du derme, l'abondance des poils qui le recouvrent et le développement dans la peau du pigmentum colorant. Ainsi, en général, dans les animaux dont la robe est foncée, et le poil épais et toufAi, le rdief de lacutidoreprésente une forte saillie et séeràle une corne plus épaisse et d'une pousse plus rapide que dans ceux dont la peau est mince, fine et recouverte d*un poil rare et soyeux. Dans ces derniers, le bourrelet est généralement peu sait* lant^ et par une conséquence nécessaire, la paroi a peu d^épaisseur. Aussi, est-il très- commun de rencontrer des' chevaux alezans ou blancs avec des sabots à parois minces; et très-ordinaire, au cont! aire, de trouver une forte muraille dans les sabots des chevaux bais ou à robes foncées,

lly a donc u ne corrélation assez constante entre le plus ou moins d'épaisseur de la peau qui supporte, dans ses mailles ou à sa surface, les vaisseaux de Tappareil kératogène, et la plus ou moins grande activité aécrétoire de cet appareil lui-même.

Considérons maintenant les différentes influences qui peuvent exercer leub action sur la sécrétion cornéét ft quelque race, du reste, que les animaux appartiennent et quelles que soient leurs prédispositions liidividuelles.

La première de ces iuUueuces et la plus générale, est celle de la nourriture.

Lorsque les animaux ont éprouvé des privations pendant longtemps et qu'ils sont soumis enstiiteft un réfime substantiel, on voit, au bout de quelques semaines, se dessiner à l'origine de leurs sabots un cercle plus ou moins saillant, qui témoigne de la plus grande activité des fonctions de la peau, et en particulier de celles de l'appareil kératogène unguéal. Cet effet est déterminé quelquefois d'une

PHYSIOLOGIE

manière si soudaine, par l'influence d'une alimeuLauon irop nourrissante, quMl coosUtue une ?éntat>le maladie.

C'est ainsi, par exemple, que la fourbure aiguC se déclare souvent à la suite de ralimentatioa avec certaines graines très-aliblles, le blé, entre autres, et Torge surtout.

L'Influence de la nourriture sur la sécrétion de la corne est rendue encore manifeste par l'usaoC du vert en liberté. Les animaux qu'on envoie à la prairie, à l'époque du printemps, présentent souvent, ad buul (le (juclques rno s, h Torigine de leurs ongles, un cercle qui accuse racLivilé plus gi amie de la sécrétion cornée.

Le retour de la beile saison détermine des phénomènes semblables. A cette époque, les animaux se dépouillent du poil épais et touffu qui a formé leur revêtement d'hiver; toutes les fonctions de la peau entrent dans une nouvelle activité à laquelle participe la sécrétion cornée, et qui se traduit par la formation d*un cercle saillant à Toriglne des ongles; de même que dans les animaux de Pespèce bovine, Tactlvllé plus grande de la fonction kératogéne, à l'époque du printemps, est accusée par le développement d*un anneau en relief à la base des cornes frontales.

L'exercice et Tétat de repos influent aus^i d une manière sensible sur la pousse plus nu moins rapide des sabots.

On conçoit, eu elict, que les mouvements de la marche et les percussions répétées des pieds sur le sol doivent, en accélérant la circulation dans l'appareil kératogéne, imprimer à sa sécrétion une plus grande activité. Cest effectivement ce que l'observation démontre. Ainsi, par exemple, la corne des chevaux de régiments croit avec plus de rapidité dans la saison des manœuvres ou à l'époque des voyages que nécessitent les changements de garnison, que lorsque les animaux demeurent dans une stabulation plus on moins proloo* gée. Cette différence peut être facilement mesurée par le plus ou moins de temps çuMl font dans^ies condlttons distinctes, pour que le numéro matricule, imprimé avec le fer chaud à Toriglne de l'ongle, soit entraîné vers son bord inférieur

Dans la pratique civile, on observe des faits même ordre. A supposer, par exemple, que la pousse des ongles soit égalenn^nl active dans deux chevaux de même race, de même âge, de même robe et do même poids, si l'un deux travaille tout un mois, et si l'autre

' Rcyiial, Communication inédite. '

DË8 SiCIttiTTOlfS

resle pendant tout ce temps dans le repos le plus absolu, il laut, à la fin de cette période, enlever plus de corne au premier qu'au second, pour restituer à leurs sabots leur longueur régulière et rétablir la rectitude des aplombs*

Celte plus grande rapidité de la pousse de Pongle» dans le cbeval quiiravallle, est asses considérable pour pérmetUe le renpuveUement de la ferrure jusqu'à deux et même trois fois dans un mois» comme cela est quelquefois nécessité par une usure éicesnve, à l'époque de la saison des pluies. L'ongle du chenal qui demeure inaclif iraiii fiit certainement pas assez de longueur pour supporter avec iuipunilc CCS manœuvres répotées.

Mais ce n^}st pas seulenieui l'influence de rcxcrcicc qui active la • pousse de l'ongle dans le cheval qui travaille, c'est aus^i l iiitei vention delà ferrure qui, en substituant périodiquement son aclion mécanique à celle des déperditions régulières et continues de l'état normal, diminue ainsi la résistance que Texcès de la longueur du sabot oppose de plus en plus à la force impulsive de la sécrétion. * La preuve qu'il en est ainsi, c'est que les dimensions que peut acquérir un sabot qu'on laisse croître indéfiniment pendant douze mois, sans que ranimai sorte de son écurie, équivalent à peine au double de sa hauteur normale, tandis que la quantité de corne qu'on en détache par douze ferrures successives, est bien plus considérable que celle dont celte hauteur donne la mesure, puisqu'il ne faut pas plus de six à sept mois, dans ces conditions, pour qu'une marque empreinte à l'origine de Pongle soit arrivée h son bord planiau'c, c'est-à-dire pour que le sabot ait doublé sa longueur par des renouvellements successifs. ,

Aiini, le sabot dépouillé périodiquement par, la ferrure de l'excédant dosa corne, croU autant en six on sept mois que le fait en douze celui qui n'éprouve aucune déperdition naturelle ou artificielle.

L'élevage des animaux en liberté donne encore une démonstration de la vérité de la proposition que nous souLcaonsen ce moment.

On voit, dans ces conditions, Tavalure des ongles s'effectuer avec bien plus de rapidité, sous l'influence des déperditions continues produites par les frottements de la marche, que lorsque les pieds sont revêtus d'un fer qui s'oppose à l'usure de la corne.

L'exercice active donc la sécrétion de la corne unguéale tout à la fois, et par le mouvement plus rapide de la circulation qu'il déter-

PHTSIOLOGIV

mine dans raj)paroil koratogène, el par les ilet>ei'diU0U5 nalureiles ou artificielles rie l'oiigic qu'il produit ou iiécessite.

Mais ces cflets ne se manifestent pas au même degré sur tous les terrains, il semblerait, par exemple, que sur des sols sablonneux, la pousse de Tongle serait plus active que sur des terrains argileux, toutes coadition s de race et de dispositions individuelles étant d'ailleurs supposées égales. A quoi cela peut-il être attribué? Peut-être à . oe que les réactions du sol, plus fortes dans le premier cas que dans le second, activent davantage la circulation des tissus sous-comés, et consécutivement leur fonction sécrétoire. Peut-être aussi que l'usure des ft'rs étant moindre dans le second cas, on renouvelle moins souvent la ferrure.

L'état de santé ou de maladie influe-t-il sur là sécrétion cornée? Peut-être. Mais nous n'avons pas à cet tgard beaucoup de données positives. Toutes les parties de l'appareil kératogène général étant régies par les mémos lois, il est ratiouuel d'admettre que les circonstani l's morbides qui nKaliUent les sécielions épidermiques et pilleuses, doivent produire quelque effet aualogue sur la sécrétion des ongles j mais c'est là un phénomène encore peu apprécié. Ce qu'il y a de plus connu à cet égard, c'est la relation de causalité que l'observation a démontré exister entre certaines formes d*indigestion du cheval et le développement de la fourbure.

A cêté de ces influences générales qui, indirectement ou directement, peuvent modifier la sécrétion cornée, il en est d'autres beaucoup plus limitées dans leur action, qui produisent des effets analo* gues, soit sur un seul pied, soit même sur une région circonscrite du pied.'

Ainsi, on peut activer la pousse de Tongle d'une maniérie trésrapide, en entretenant à demeure une application irritante autour de la couronne et jusque sur le bourrelet \ on ne torde pas à voir les

effets de cette irritation continue se traduire à roi i^iiie du sabot par Tapparitiou d'un cercle en relief, qui témoigne de la formation dans un temps donné, d'une (lu nitiié île corne plus considérable que ne le commandaient les besoins de Tavalure régulière.

L'art sait mettre à profit cette plus grande activité sécrétoire du bourrelet, sous rinfltionce des irritants, pour obtenir, dans certaines conditions pathologiques, des modifications de la forme et des dimensions de la boite cornée.

L'effet déterminé sur toute Tétendue du bourrelet, par une appli-

DBS SllGRÉTIOnS.

cation irritante générale, peut être produit dans un point circonscrit de cet organe. L'état maladif en fournit des preuves journalières. Ainsi, quand la couropne est congestionnée ou enflammée à la région des cartilages, par une maladie de ces organes, on voit des i-eliels de corne très-saillants, indices de la supersécrétion du bourrelet dans un point circonscrit, se dessiner à Porigine du quartier correspondant.

L'art s'efforce souvent de produire des effets analogues, soit pour obtenir la réparation de solutions de continuité longitudinales de la paroi, soit pour accélérer la formation de la corne dans un point de

la couronne ciuului aie où elle esl i aleniie ou pervertie, dans le cas de crapauiliijc, par exemple.

Mêmes effets peuvent êtrepi HluiiN, soit sur toute l'étendue de l'ap ■ pareil kératogène, soit sur un point circonscrit seulement, par Taclion des causes qui peuvent en déterminer la congestion générale ou partielle ; telles, par exemple, que les contusions du sabot contre un corps dur, les pressions violentes, les percussions de la ferrure, les brûlures, les piqûres, etc. Toutes causes qui, pour peu que leur action soit profonde et durable, laissent leur empreinte à la face externe ou interne de la boîte cornée, èous la forme, ou de cercles, ou de kéracèles, ou simplement de suffusions sanguines intra-cornées.

La ferrure exerce aussi, comme nous l'avons démontré plus haut, une influence très-puissante sur l'action des organes kératogènes; soit que, en conservant la régularité des aplombs, eUe détermine la répartition uniforme des pressions de l'appui sur toutes lels parties qui doivent les supporter, et entretienne ainsi la régularité de la sécrciion cornée sur toute Tétendue de la couronne cuiidurale -, soit que, en sousU ayant à ces pressions une partie circonscrite de cette couronne, elle y détermine une sécrétion plus active par la diminution des résistances opposées à Téchappement de la corne qui tend à se former.

Une foule de circonstances générales ou locales peuvent donc intervenir, qui impriment au cours du sang, dans Tappareil kératogène, un mouvement de flux, ou transitoire, ou plus ou moinsdurable, lequel se traduit toujours à la surface de la corne^ par des ondulations superposées qui, semblables aux couches d'alluvion déposées sur le rivage d'un fleuve, témoignent du mouvement oscil* latoire du liquide qui les a formées.

L*art consiste souvent, soit à arrêter ce mouvement de flux, quand

il est trop rapide ; soit à le metlre à profit, soit à le soliiciler suivant les iadications spéciales. Nous reviendrons avec détail sur ce point dans la troisième partie de notre travail.

^. II

DBS EZHAIiATIOIVB SÉBEUflES BU m».

Les membranes tégumeutaires sous-ongulées ne sont pas seulement les organes de la sécrétion kératogène, elles sont encore le siège d^une exhalation continuelle de fluides séreux qui pénètrent incessamment la corne de dedans en dehors, et rentretiennent dans les conditions matérielles les plus favorables à Texécution du réle tout mécanique dévolu à Tenveloppe unguéale.

C'est cette fonction eidialaloire qu'il nous reste encore à étudier pour achever Ffaistoire physiologique du pied du cheval.

La corne diffère essentiellement des tissus vivants par sa structure et ses propriétés. Aucun vaisseau, aucun nerf ne s'irradient dans sa substance, aucun mouvement de transiormation, de déplaceuient ou d'échange ne s'y produit \ ses molécules composantes demeurent immulables dans leurs rapports de cohésion, tant qu'elles ne sont pas désagrégées par les etiorts des frottements*, en un mot, c'est une matière inerte, étroitement associée aux parties vivantes qu'elle recouvre, mais ne participant pas de leurs propriétés*

Et, cependant, cette matière si complètement étrangère à la vie, semble emprunter comme une sorte de vitalité aux tissus nuxqueb elle est unie par des connexions s! étroites, car elle ne conserve sa souplesse et son élasticité caractéristiques, au degré de développement nécessaire pour Texécution de sa fonction toute mécanique, que tant que ces connexions persistent ; elle ne tarde pas à les perdre, au contraire, pour se U anslormer en un corps remarquablement dur et résistant, dès que les rapports de contact immédiat ont été rompus entre elle et les parties molles.

C'est que, en effet, ces parties, dans lesquelles se ramifient un si grand nombre de vaisseaux, sont le siège d'exhalations de fluides qui pénétrent incessamment la substance hygrométrique de la corne, rimprègnent, pour ainsi dire, et entretiennent en elle une humidité constante, condition indispensable de sa souplesse.

L'introduction dans la corne des fluides qu*exhalent les tissus sous-jacents, s'opère par une double voie, par les pores des lames

DKS SiCRiTIOHS.

kéraphylleuses et par les espèces d'étuis engainants que forment, aux villosités <1e !a cutiduro et de la sole charnue, les extrémités supérieures des tubes coustilutifs de la paroi, de la sole et de la

fourrhntte.

1. Les iaroes kéraphylleuses , continuellement immergées dans le liquide onctueux qui suinte du fond des sillons podophylleux, s'imprègnent de ce flttidey à la manière d'un corps poreux, par une véritable îmbibition, et le répandent, de proche en proche, par les voles de la capillarité à travers Tépaisseur de îa paroi. Jusqu'à la surface extérieure, où II contribue, peut-être, à former Tespèce de vernis qui donne è la corne des pieds bien conformés son aspect caractéristique.

La preuve de l'influence de Timbibition kéraphylleuse sur la conservation des qualités essentielles de la corne, est donnée tous les jours par l'observation clinique et par l'expérimentation.

Toutes les fois, par exemple, que dans un point de la circonférence du sabot, la paroi est désunie du tissu podopliylleux, elle ne tarde pas à devenir dure, sèche, cassante dans toute rétendue du décoliemeat et à perdre son vernis extérieur : témoin ce qui s'ubserve dans Je crapaud, dans la fourmilière et dans tous VS& cas otl les connexions entre la chair et la sole cannelées sont rompues.

Des effets analogues se remarquent encore, lorsque le tissu podqphylleux détruit est remplacé par une membrane lisse, qui n*est que juxta-posée à la face interne de la paroi, mais ne s'engrène pas évec elle; dans ce cas, la corne pariétaire ne pompe pas assez d'humidité dans les tissus qu'elle recouvre, et elle n*a jamais l'aspect extérieur et la souplesse caractéristique de la paroi normale.

Enfin, rinfluencede Pimbibition kéraphylleuse sur la flexibilité du tissu du siil)iii est déni nn Liée par les phénomènes qui se produisent, lorsque la boite Lonice est séparée des parties molles et soumise à l'action de l'air. Dans ces conditions, elle se dessèche, perd de son poids et revient sur elle-même en contractant une remarquable dureté. On peut arrêter iiiih lininient celle transformation de sa substance, en l'emplissant sa cavitéjntérieure d'un liquide qu'on renon veUe au (ur et à mesure qu'il disparaît par évaporation ou par absorption.

L'humidité que pompent incessamment les lames kéraphylleuses dans les sillons podophylleux, est donc une condition indispensable de la conservation de la souplesse du sabot.

PHTSI0L06IB.

Bîais ro n'est pas par celte seule voie que la corne puise dans ses organes générateurs !es fluides nécessaires à son bon entretien.

II. Les villosités qui la pénètrent en si grrand nombre, laissent transsudcr de leur extrémité et versent dans leurs faînes en veloppantesun fluide, (de quelle nature? No us l'ignorons. Probablcmcnl onctueux), lequel s'introduit dans les tubes constitutifs de la corne et en parcourt tout le canal intérieur.

Ce fluide peut être considéré comme une sorte de sève qui sert, non pas à la nutrition du tissu corné (il ne se passe pas dans la corne de phénomènes de cet ordre) mais bien à la conservation de ses qualités intrinsèques. C'estèrimprégnation profonde et continuelle de cette matière, que la corne doit l'aspect onctueux ^qu'elle présente sur sa coupe, et la moUesse élastique qui lui permet de se laisser entamer facilement par les instruments tranchants.

Cette matière fluide, grasse probablement, qui parcourt les tubes du sabot, est h la substance de la corne ce qu*est à celle des cheveux, des poils, la matière exhalée dans leur canal intérieur par leur pulpe radiculaire, et de inénie que les cheveux et les poils, arrachés de leurs bulbes, perdent leur apparence brillante et deviennent remarquablement différents de ce qu'ils cLaicnt lorsqu'ils tenaient par leurs racines aux tissus vivants ^ de ménie, la eori»e, séparée des villosités qui sont comme les pulpes de ses poils agglomérés, se ternit à sa surface, perd son aspect onctueux, sa souplesse, et devient remarblement dure et sôcbe.

Sans doute, il ne nous est pas possible de démontrer expérimentalement que les villosités sous-oomées sont chargées de la fonction exbalatoire que nous leur assignons. Hais l'induction nous autorise suffisamment à admettre qu'elles joignent cette propriété à la foculté sensoriale que nous leur avons déjà reconnue.

Le premier argument que nous ferons valoir à l'appui de cette maniéré de voir* est la disposition tubulée que présentent les parties du sabot qui sont sécrétées par des surfaces villeuses.

Pourquoi ce tube qui continue l'étui engainant de la villosité, sui* vaut toute la longueur de la paroi et à travers toute l'épaisseur de la sole et de la fourchette, s'il n'avuitpas pour usage de servir de canal, à travers toute la masse de la matière cornée, au produit particulier de l'exhalation du processus villeux qu'il renferme dans sa partie supérieure? N'est-ce pas là l'analogue du canal central du crin ou du cheveu, et ne doit-il pas remplir le même office?

DES SÉCRÉTIOItS. 305

Remarquons, du reste, que cette disposition est générale, dans l'organisation, pour tousles produits du même ordre. Ainsi» les dents, les poils, les ongles, les sabots, les cornes frontales, etc., présentent tous un arrangement semblable. N'est-ce pas une forte présomption que ces produits de sécrétion concrète sont encore parcourus, après leur formation, par des fluides émanant de leurs proprés organes sécréteurs, ol que, là, se trouve une condition essentielle do la solidité de leurs connexions avec les parties vivantes et de la cuuservatiou des piupriétés, en vertu desquelles ils iciiipli-si ut leur rôle spécial? En effet, la dent perJ ses caractères propres lui aque sa pulpe est détruite ou atrophiée, et souvent même elle flétnclie de son alvéole j de même, le poil se fane, se ternit et finit par tomber, lorsque sa pu! pe cesse de sécréter ia substance propre de son cauai intérieur, etc.; de n)cme, aussi, ia corne du sabot perd son vernis, sa souplesse, et devient dure et cassante lorsque ses-oonnexions, avec les villosités, sont rompues, ou que ces organes ont été détruits.

Ainsi, par exemple, dans un faux-quartier formé exclusiveraenl par la sécrétion du tissu podophylleux, sans le concours dti l)orirrelet, la coi iit r-; UHjjours sèche, dure, iVmMp, écailleusc i sa tui lace, malgré l'huandité que les lames kéi aiilivili uses vont [)uiser dans les sillons du podophylle, parce quoic produit de i'exbalâtiou des houppes viUeuses iui manque.

Ainsi, interrompez par un sillon transversal la continuité des fibres de la paroi dans une région quelconque du sabot, |t yoiis verres, au bout de quelque temps, la partie de corne infirieure à ce sillon, se dessécher et devenir friable, parce qu*el1e ne recevra plus des villosités du bourrelet Iç fluide nécessaire à la conservation de sa souplesse.

Ainsi encore, quand le bourrelet a été détruit à fond, et qu'è sa place s'est formé un tissu de cicatrice qui ne présente pas la struc^ turo villeuse du bourrelet normal, la corne, engendrée par ce tissu de nouvelle formation, est loin de présenter les caractères de souplesse et de flexibilité qui appartiennent à la corne physiologique.

Toutes les fois enfin que, soit à la paroi, soit à la sole, soii a la fourcliette, soil an pi ! Inplc, lu corne cesse d'être en coaiiijuuiuauun avec les villosiii > «i' la surface qui l'a sécrétée, elle îni-do pas à perdre ses caractères particuliers de souplesse pour devenir dure et friable ; preuve qu'elle reçoit des villosités, une des conditions prin-

306 PHTSIOLOGIB.

cipales de mni eatreUeo el de la oonsenrattoa de ses propriéléB pbyaîDlofkiaei*

Un autre arsumeiit» en foveur de la fonction eibalante des ?illo» âlée 80ii8HM>roées, nous semble fourni par leur propre stmeture. Ces (Mrganee sont très vascnlaires* Or» s'ils étaient exclusivement préposés! remplir une fonction sensoriale» ils n'auraient pas eu besoin d'uQ appar^ de Talsseaux artériels ou irelneux aussi considérablement développé. Cette grande vascularité implique donc quUIs sont aussi chargés d'une fonclion de sécrétion. Mais de quelle sécrétion? Ce n'esl pas celle de la corne. Nous avons démontré plus haut que si les villosités fonctionnaient comme organes Ivéralogènes, ia disposition Uibu'.ée de la corne n'existerait pas. Elles ne peuvent donc avoir pour rôle, comme agents de sécrétion, que la formation du fluide destiné à parcourir ia cavité intérieure des tubes de la substance cornécr et nécessaire, sans doute, à son bon entretien.

n nous paraît donc ressortir de cette démonstration que la condition prindpale, pour que la matière constituante du sabot consenre ses propriétés physiologiques, est qu'elle reste toiqours en communication immédiate avec ses organes sécréteurs, afin qu'elle puisse leur emprunter incessamment, sott l'humidité, soit les fluides spéciaux destinés h mettre obstacle à sa dessiccation et à son endurcissement.

La distribution de ces fluides ne s'effectue pas d'une manière unifoi iue dans toutes les couches de la matière cornée. Vers les parties profondes où la corne avait besoin d'être douée d'une mollesse presqu'égale à celle des tissus vivants, afin que ses mpporîs de conlact et d'union intime avec eux ne fussent pas susccptibios d'en altérer rorganisation, sa substance est profondément imprégnée de fluides, qui communiquent une telle souplesse à ses couches les plus internes, qu'elles donnent aux doigts la sensation d*un corps onctueux.

Au contraire, il était nécessaire que ses couches corticales présentassent toiijours une certaine dureté, afin qu'elles fussent davantage susceptibles d'opposer de la résistance à l'action violente des corps extérieurs, et de prot^r contre leur contact les parties organisées et sensibles auxquelles le sabot sert de revèfement. Aussi ces couches sont-elles presque dénuées d'humidité, et, par cela même, plus dures et plus inallaquables.

La structure intime de la corne favorise cette distribution inégale des fluides dans son intérieur. Du côté de ses couches proîondes^ sa

DBS SiCRÉTIONS. 907

substance est plusporewe, et ses tubds préwiiteiit on diamètie plne large et un canal plus euvert» en sorte que la pénétration des fluides peut s'y faire aveo plus de Hicillté} tandis qu'elle est, au contraire, davantage empéeliée dans les couches les plus extérieures, par la

plus grande densité du lissu, i'élroitesse de ses tubes et l'obstruction plus ou moins complète de leur canal iuicrieur.

Yers leur extrémité périphérique, mais en dehors de ces condi« ttons de structure, U est une autre cause qui intervient pour s'opposer à Pimbibilion facile des couches extérieures du sabot par Fhumidité intra*cornée ; c*est TacUon desséchante de l*air qui, en s^emparant de cette humidité, à mesure qu'elle tend h sourdre à la surtlice.de la corne, maintient toujours sa lame corticale dans un tel état de dessèchement et de dureté, qu'elle est rendue comme impénétrable aux ûuidcs intérieurs.

Ainsi, les variations de la consistance de la corne, dans Tétat physiologique, ne tiennent pas à d'autres conditions qu*às0n imbibition, plus ou moins profonde, par les fluides qu'elle pompe dans ses organes sécréteurs. Elle est molle à sa face interne, parce que sa porosité et le diamètre de ses tubes la rendent facilement pénétrabie aux liquides qu*exhalenten abondance les tissus vivants avec lesquels elle est en rapport intime. Elle est dure à sa face externe, parce que, en raison de sa densité, de Télroitesse de ses tubes intérieurs et de leur obstruction incomplète, les fluides exhalés par ses organes sécréteurs ne pénètrent que UiUiciiement sa substance ; parce que, d'autre part, l'air extérieur la dépouille incessamment du peu d'humidité qui peut avoir flltré à travers &cs pores.

Notons bien, toutefois, que cette action de l'air extérieur est toujours limitée à une très-petite profondeur, tant que la corne conserve sa longueur ou son épaisseur normales. Dans ces conditions, au delà d'une lame assez superficielle de sa couche extérieure, le tissu

corné se présente sous Tlnstrument tranchant avec des caractères

de souplesse et d'onctuosité qui dénoncent son imbibition par les liquides exhalés. Mais à mesure qu'avec les progrès de l'accroissement, la corne de la paroi acquiert plus de longueur et celle de la face plantaire plus d'épaisseur, leurs parties excédantes deviennent de plus en plus dures, parce que leurs tubes, presque complètement obstrués, ne se laissent plus traverser par une quantité suflisante d'humidité, et que raction desséchante de l'air sur leur substance

30À PHYSIOLOGIE

n*est plos contrebalancée par les exhalations des tissus vivants dont elles sont trop éloignées pour en épronver IHnflaenœ. Ces parties, complètement desséchées, perdent alors de leur force

de cohésion ; elles se détritent, se fendillent, s*écaillent, s'exfolient jusqu'à la limite des régions où la corne est suffisamment imprégnée de liquides, pour conserver sa souplesse et sa ténacité normales : nouvelle preuve que, sans rinfluence de Thumidité qui péiiètre à travers ses pores el reste combinée avec sa substance, la matière cornée finit par perdre ses propriétés physiologiques.

Celte plus grande dureté que la corne acquiert, à mesure que le sabot s'allonge et s*épaissit, est favorable à la rapidité de son usure, puisque sa force de cohésion diminue avec les progrés de sa dessiccation, en sorte que, par une heureuse combinaison, lorsque, dans rétat de nature, le sabot a acquis un eieés de longueur qui pourrait devenir nuisible aux aplombs, la rapidité des déperditions ne tarde pas à la cont^balancer et h rétablir les conditions normales.

En résumé, la corne ne peut s'entretenir dans ses conditions physiologiques, qu'autant qu'elle a conservé des communications libres avec ses tissus sécréteurs. Lorsqu'elle en est séparée ou qu*elle a acquis une trop grande longueur, comme dans le cas d'an accroissement excessif, celles de ses parties qui ne peuvent plus puiser à la source vive, perdent leur souplesse el leur élasticité caractéristiques. Même effet peut être produit, lorsque l'enlèvement de la couche corticale du sabot favorise révaporation de rhumidité inlerslitie!!e, en exposant à Tair des couches plus profondes, moins durca et plus pénétrables, conséquemmcnt, k Timbibition.

Ces considérations physiologiques serviront de base aux prescriptions hygiéniques que nous formulerons dans la troisième partie de ce travail, pour la conservation des pieds du cheval dans leur état de parfaite intégrité.

HISTOAIQUE DE UL BÉOlÉTIOIf KÉRATOGÉINE.

Nous croyons utile, pour compléter riustoire de la sécrétion kératogène, de présenter ici l'exposé rapide des diOérents travaux faits par nos devanciers ou nos contemporains, sur cette partie si importante de la physiol(»^?ie du pied du cheval. Ce nous sera Toccasion dp restitu(T à chacun la part qui lui revient dans la doctrine d'ensemble que nous venons de formuler.

DBS SiGRÉTIONS. 309

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