NORMANDIE
Orne 1 ,537 exemptions.
Calvados 1,752 —
Seine-Inférieure. . 5,140 —
Eure 5, OU' —
Ces chiffres acquièrent encore une plus grande importance, si on considère la population relative des départements, ainsi : le Finistère, un de ceux qui donnent le moins d'exemptions pour mauvaise denture, a une population totale de 547,000 habitants ; l'Eure, un de ceux qui en fournissent le plus, comprend 450,000 habitants. Nous avons du reste dressé d'après l'ensemble de ces divers résultats une carte de cette répartition par département.
Notre carte, par une division en trois teintes^ indique trois séries artificielles distinctes au point de vue de la fréquence de la carie dentaire en France. La première série, commençant dans le tableau général au Puy-de-Dôme et finissant avec VAveyron^ comprend les départements lesmoins affectés ; la seconde, du Vaucluse k\3iVienne, tient le milieu ; et la troisième, celle des départements les plus affectés, s'étend de la Côte-cVOr à la Dordogne.
* Mémoires de la Société d'aiithrophologie, 1. 1, \^A¥4i.~ Bulletins de la même Société, t. II, p. 666.
Si maintenant l'on examine la carte ci-jointe de la distribution de la carie dentaire en France dans le but d'en expliquer la physionomie, on arrive aux déterminations principales suivantes :
Un premier fait se remarque tout d'abord, c'est l'existence de trois grandes régions foncées répondant à la plus grande fréquence de la carie. La première comprenant les départements du nord, Flandre française, Picardie, Normandie, Champagne; la seconde quatre départements de l'ouest, l'Anjou, le Poitou, la Vendée; la troisième les départements du sud-ouest, Guyenne et Gascogne, Béarn. En opposition à ces trois régions noires, on en remarque deux autres qui sont complètement blanches, l'une formée des départements de Bretagne, l'autre composant une grande région centrale qui s'étend d'une part à l'est vers les Alpes et d'autre part au sud jusqu'à la Méditerranée. Entre ces teintes extrêmes viennent se grouper des régions intermédiaires plus ou moins colorées avec quelques îlots clairs ou foncés représentant des exceptions accidentelles.
Or, si l'on vient à invoquer dans l'explication des dispositions de cette carte les causes émises jusqu'à ce jour dans l'étiologic de la carie, on remarque que chacune d'elles, prise isolément, ne peut en expliquer tous les détails.
La nature des boissons usitées dans les populations ne joue, ainsi que nous l'avons déjà fait pressentir, qu'un rôle secondaire ou peutêtre nul. Ainsi dans la région nord-est foncée, l'usage de la bière, boisson fermentée alcoolique, est habituelle; en Normandie, également très-foncée, c'est le cidre, liquide fermenté acide. Mais cette même boisson se retrouve en Bretagne où la carie est très-rare. Quant au vin, usité dans le reste de la France, ou ne saurait lui assigner aucun rôle en présence des teintes si variées qu'offre la région des vignes.
Le cours des fleuves n'a pas plus d'influence. En effet, tandis que la Seine et la Garonne arroseraient des régions très-affectées, le Rhône en baignerait une privilégiée, et la Loire, dans la première moitié de son parcours, arroserait une région blanche et par son autre moitié une région noire.
Le voisinage de la mer n apas plus de signification, car si la Normandie représente la région la plus affectée, la Bretagne, découpée dans l'océan, est à l'extrémité opposée de la série.