CHAPITRE YI Chauffage et assainissement des hospices et hôpitaux
2854. De tous les établissements publics, les hôpitaux sont ceux dans lesquels il est le plus important d'étabhr un bon système de chauffage et de ventilation ; ce n'est cependant que depuis un petit nombre d'années qu'on s'est occupé de cette question. Ordinairement les architectes se contentent de donner aux salles une grande hauteur, à rédilice une forme monumentale, de façon à donner aux salles une capacité de 40 à 50 mètres cubes par lit, mais ne se préoccupent pas autrement des conditions sanitaires, La bonne tenue des hospices, la propreté qui y règne, signifient peu pour l'assainissement, et il suffit d'être entré le matin dans une salle non ventilée avant l'ouverture
(les fenêtres, pour comprendre, à rôdeur infecte qui vous suffoque^ combien l'air qu'on y respire est malsain.
2855. Quand on réflécliitàrinlluenee que doit avoir sur les malades cet air stagnant, vicié par la respiration, les transpirations cutanées et pulmonaires, les émanations et les déjections de toute espèce, il est impossible de douter que les maladies spéciales aux hôpitaux, les caractères qu'y prennent certaines affections et la lenteur de la guérison d'un grand nombre de maladies ne proviennent de l'absence d'un système régulier de ventilation. On a de la peine à comprendre qu'un état de choses aussi funeste à la santé ait duré si longtemps sans éveiller la sollicitude des médecins et des administrateurs. En Angleterre, depuis le commencement de ce siècle, on a fait divers essais pour y porter remède ; ce n'est que bien plus tard qu'on s'est occupé en France de cette question ; mais elle y a fait des progrès sensibles, et elle nous paraît aujourd'hui plus avancée dans notre pays que partout ailleurs.
2856. Jusqu'en 1840, il n'existait à notre connaissance, en France, aucun hôpital régulièrement chauffé et ventilé. Le plus souvent, le chauiîage était produit par de simples poêles, alimentés avec du bois, disposés pour tenir les tisanes chaudes, et quelquefois munis d'étuves pour chauffer le linge. Jamais il n'était question de ventilation.
Dans les hôpitaux les mieux disposés, quelques-uns de ces poêles fqrmaient calorifères avec prise d'air à l'extérieur, analogues à celui que nous avons décrit (1936;; mais les prises d'air étaient insuffisantes, et de plus aucun moyen n'était réservé pour l'évacuation de l'air vicié, si ce n'est quelques vasistas dans les fenêtres ; on en était réduit, pour chasser le mauvais air, à la méthode aussi primitive qu'elle est imparfaite, et quelquefois dangereuse en hiver, laquelle consiste à ouvrir les fenêtres à de certains intervalles. Les poêles-calorifères, même avec des prises d'air suffisantes et des orifices de sortie ne peuvent convenir que pour de petits établissements ; encore faut-il observer qu'ils ne donnent aucune ventilation l'été, et que celle-ci est tout entière à trouver en dehors de ces appareils.
2857. Pour les grands établissements, où il est bien plus important, à cause de l'accumulation des malades dans un même lieu, d'avoir une ventilation régulière et certaine, il est préférable d'installer un système général de chauffage et de ventilation pour toutes les saisons.
<:ii.\PiTUi-: VI. — ciiAi riAGh; et assainissement ors iiripnAi;\. V.i[i
Nous n'insislorons pas sur ios pelils liôpit.uix ; ils pcMncnl (■■irc iliinillV's ol \»'nlil(''s coimnc les salles (U' ivmiiod ; l;i vonlilaliuii (loil s('iil(M)it'iil ètr»' l)(';iii(nii|) plus forte. Les appareils dont nous pailcions |>lus loin pour les maisons d'école, à pari les dispositi()n> pailiculières au cliaull'age des tisanes et du linge, convienneni également aux petits li(>pitaux, tout en laissant à désirer pour l'été.
Hospice de Charenton.
:28o8. La nécessité d'un système de chaufTage général fut com- |>iise. pour la première l'ois, par rAdmiiiisIration des Hospices, lors de la reconstruction de la maison des aliénés de Charenton. A cause de la nature spéciale des maladies qu'on y traite, une des conditions à remplir était de ne rien laisser pour le cliaufîage à la disposition des malades ; il convenait donc d'éviter de placer dans les salles et les dortoirs des poêles à alimentation directe. A l'époipie de cette reconstruction, l'eau chaude, comme moyen de transmission de chaleur, avait donné des résullats assez vantés en Angleterre ; en France, on avait peu l'habitude de l'emploi de la vapeur, et par suite on la craignait : le chauffage à l'eau chaude fut donc adopté et les travaux de Charenton furent confiés à M. Léon Duvoir- Leblanc.
2859. Les bâtiments de Charenton se composent de séries de cellides de 40 mètres cubes de capacité, placées au rez-de-chaussée, débouchant d'un côté sur dos galeries ouvertes, et de l'autre sur un couloir fermé. Ln caniveau pratiqué dans le sol des couloirs fermés contient des tuyaux d'eau chaude et reçoit de l'air extérieur qui s'écoule ensuite dans les cellules par des canaux pratiqués dans l'épaisseur des murs et qui s'ouvrent à 2 mètres de hauteur; l'air sort des cellules par des orifices percés dans le plancher, et se rend dans un vaste canal situé au-dessous de lui, lequel le conduit dans le cendHer du fourneau. Les chaulîoirs communs sont garnis de poêles à eau chaude.
2860. Nous avons déjà parlé (2418) du procédé de ventilation par le cendrier du fourneau du calorifère, et nous avons fait comprendre combien il était impuissant, irrégulier et coûteux. On ne s'étonnera pas qu'il ait été rejeté depuis et môme abandonné dans cet hospice de Charenton. pliant au chauffage par l'eau chaude, nous n'a^ons rien à changer aux idées pi'écédemment émises à son sujet.
l'Kun. IM. liS
2801 . Les iiicoii\énients de ce mode de rliaiiffage et de la ventilation ])ai' les cendriers échappèrent à la commission chargée de recevoir les travaux de l'entrepreneur; mais on sait qu'en France, il arrive fpiehjuol'ois que les commissions, ne pouvant consacrer assez de temps à l'accomplissement de leur mandat, se décident d'après l'examen ou l'opinion d'un seul de leurs membres.
Les résultats obtenus furent jugés suffisants par la commission chargée de la réception des appareils ; mais, d'un autre côté, une commission belge chargée, en 1845, d'examiner les différents systèmes de chauffage et de ventilation adoptés dans les édifices publics, en France, visita Charenton et donna, page 21 de son rapport, le résultat suivant de son examen :
« A Charenton, où ce système de ventilation est établi en grand « (l'appel par les cendriers des foyers), nous avons désiré consla- « ter sa puissance et ses bons effets, et nous avons pu nous con- « vaincre, par quelques expériences que nous avons faites avec la « flamme d'une bougie, que cette ventilation était complètement « irrégulière : sur cinq cellules dans lesquelles nous avons expéri- « mente, deux seulement faisaient appel, et les trois autres cellules « produisaient un effet contraire, c'est-à-dire que l'air des autres, u au lieu d'être aspiré par les orifices pratiqués dans les planchers, « arrivait avec assez de vitesse et formait ainsi des courants inverses « de celui qui aurait dû avoir lieu, »
2862. Les résultats trouvés par les délégués belges étaient faciles à prévoir. Comme nous l'avons déjà dit, l'idée de l'appel par les cendriers doit être rejetée partout, et particulièrement pour les hôpitaux, où l'abondance et la régularité dans la ventilation sont les premières conditions àremphr. Quant au chautfage à l'eau chaude, d'après des renseignements plus récents, il laisserait lui-même àCharenton beaucoup à désirer, et on n'obtiendrait même plus les résultats déjà évideihment insuffisants que constatait la Commission de 1845 dans son rapport si complètement défavorable.
Hôpital JBeaujon.
Appareils de M. Duvoir-Leblaiic.
2863. Un pavillon de l'hôpital Beaujon a été aussi chauffé et ventilé par M. Duvoir-Leblanc. Les appareils sont disposés de la même manière que dans le projet présenté par le même entrepreneur pour la prison Mazas. projet qui a été rejeté, comme je l'ai déjà dit. Cette
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flisposilion consiste à clianlfer Tair de ventilation par dos poôles placés dans les salles, à faire évacuer l'air vicié par des cheminées qui s'ouvrent au niveau du sol et viennent déboucher dans une cheiiunée centrale partant des combles et renlermanl un calorifère à t'au chaude, à grandes surfaces de cliaidfe qui sert de vase d'expansion; de ce calorifère [)arlent les dilVérents tuyaux de descente de l'eau chaude qui alimente les poêles. L'établissement de ces appaivils constituait une amélioration évidente sur les mauvais poêles (|uils remplaçaient. Le pavillon de l'hôpilal Beaujon, ainsi chauffé cl ventilé, fut moins malsain pour les malades que les autres pa- \illons chauffés par de simples poêles. Toutefois la ventilation ne fui pas assez énergique pour empêcher l'odeur de certains malades allèctés de maladies spéciales de se répandre dans tout le pavillon et d'alfecler péniblement tout au moins l'odorat.
Hôpital IVecker.
Appareils do M. Duvoir-Leblaiic.
28(54. A rhopital Necker, dont un pavillon a aussi été chauffé par M. Duvoir-Leblanc, les appareils sont disposés à peu près de la même manière qu'à Beaujon. L'hôpital renferme deux pavillons composés chacun d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Le nombre total des lits est de 168. D'après son marché, l'entrepreneur s'était engagé à maintenir, pendant les sept mois de chauffage, une température de lo" dans les salles, à produire jour et nuit une ventilation supérieure a GO mètres cubes d'air par malade et par heure, moyennant une somme de 15 francs par jour tout compris. La ventilation d'été devait avoir lieu au moyen de 100 kilogrammes de houille fournie par l'Administration. La réception des appareils n'a été faite qu'après une série d'expériences dirigées par M. Leblanc. Comme elles n'ont duré que du mois de janvier au mois de mai, elles n'ont pu porter sur la ventilation d'été, qui est, dans les mois de chaleur, la pierre de touche des systèmes de ventilation.
2865. Dans le rapport de la Commission on Irouve ce passage : • M. Duvoir-Leblanc, qui a beaucoup perfectionné ses appareils « depuis la construction de ceux qui fonclionuent à l'hospice Beauce jon, est parvenu à supprimer complètement le foyer existant dans « les caves, en sorte que, l'été comme l'hiver, le chauffage de l'eau " destinée à la circulation s'opère par la chaleur perdue des foyers " destinés aux préparations médicamenteuses, cataplasmes, etc
« Ce n'est que pendant les grands froids qu'il devient nécessaire « d'allumer du feu sur le foyer auxiliaire voisin du foyer habituel. » La Commission a eertaiuement voulu dire que c'cîtait le même loyer qui chautïait simultanément les médicaments et leau de circulation, mais non pas que cette dernière était chaulïée par la chaleur perdue du fourneau aiL\ médicaments, parce que la quantité de chaleur absorbée pour le chauffage et la ventilation est beaucoup plus grande que celle qui est employée à chauffer les médicaments, et que, quand on chauffe des liquides, même à plus de 150°, la quantité de chaleur perdue est toujours inférieure à 1:4 de celle employée, du moins dans les appareils bien construits. Cette phrase du rapport, qui doit réellement être interprétée comme je viens de le dire, a été tellement répandue et invoquée en faveur des appareils du genre de ceux de Necker, que dans les administrations et le corps médical, nombre de personnes ont cru que M. Léon Duvoir chauffait un hôpital avec la chaleur perdue du fourneau à médicaments (1). D'après les nombres recueillis à l'hôpital de Lariboisière, les dépenses de combustible, pour les deux services séparés, seraient à peu près dans le rapport de 4 à 1, dans les mois d'hiver : ainsi on devrait dire, au contraire, que ce sont les fourneaux d'office, ou à médicaments, qui pourraient être chauffés par la chaleur perdue des foyers de chauffage et de ventilation, et non l'inverse.
L'exemple le plus considérable et le plus important de ventilation que nous puissions citer est celui de Thôpital de Lariboisière, primitivement appelé Ihôpital du Nord. Par cette raison même, nous entrerons dans d'assez grands détails relativement à cet édifice.
Hôpital Eiariboisière.
2866. En 1847, un projet de M. Léon Duvoir-Leblanc, du genre de celui do'nt nous venons de parler au sujet de l'hôpital Necker, avait été accepté sans concours, pour l'hôpital du Nord, aujourd'hui Lariboisière, sur l'avis d'une commission composée du général Morin et de MM. Gaultier de Claubry et Robinet. En 1850, le Conseil d'Administration de l'Assistance publique demanda que la construc-
(1) M. le docteur Boudin, qui a écrit sur le cliauflfage des hôpitaux, surtout sur les chauffages de M. Léon Duvoir, ttani venu me voir pour me faire une réclamation de la part de celui-ci, au sujet de la description que j'avais publiée de ses appareils, me disait sérieusement qu'à Lariboisière, le chauffage et la ventilation de ceux des pavillons dont M. Duvoir avait été chargé, avaient lieu par la chaleur perdue des fourneaux à cataplasmes.
CIlAlMTlir. VI. — CIlAlKFAiiH KT ASSAlMSSKMKM UliS llul'lTAlX. VM
tiun dos appaioils lui mise au cuiicoiirs. Kii Ih'.'Jl. M. le diicclnir ^'«'lierai d»' rt'llo Admiiiislialidii n'-alisa ce vœu en (HiMaiil un cuncoiirs pour la \«'iililaliuii cl le cliauU'a'j'o do eo vaslo liùpilal.
Une commission (Ij lui cliiirj'ôe de rôdiger lo ciliior dos charges ot do fonctionner onsuito ooniuio jui-y pour juyor les |)rojels dos di- \ ors conourionts ot dôoidor du choix do l'AdMiinislration.
2807. Quatre projets avaient été présentés : un pai" M. René Duvoir. un autre par M. Léon Duvoir, un troisième par M. Grouvoile, et \q (|uatrième par MM. Tiionias ot Laurons. Lo projet do MM. Thomas et l..iui'ons lut mis on |)romièro ligne ot accepté pom- son onsond)le et pour le systènu^ de venlihdion ; mais le jury n'accueillit point le chautrago à la vapeur seule, qui en faisait partie, et il préfora quil OUI lieu conjoinlomont à la vapeur ot à Toau chaude, d'après. le procédé de M. Grouvollo, consistant à chaulFer l'eau par rintermédiaire de la vapeur. Lo projet de chaulï'age de M. René Duvoir, au moyen de cnioriforos à air chaud, fut regardé comme inférieur pour un hôpital.
2868. Celui di; M. Léon Duvoir se composait, comme d'habitude, d'un chautïage à leau chaude par circulation, le vase d'expansion étant placé dans les combles au centre d'une cheminée d'appel où il devait chauffer lair à sa sortie et produire par suite la ventilation.
2869. Lé projet de M. Grouvelle opérait le chauffage par des poêles à eau, que chauffait de la vapeur à haute pression, et la ventilation par une cheminoe d'appel disposée comme à la prison Mazas.
2870. Le projet de MM. Thomas et Laurens consistait dans la vontilatiun |)ar insnfllation ou pttkion, produite à l'aide d'un ventilateur que conduisait une machine à vapeur ; le chauffage était effectué par de la vapeur a basse pression, sortant de la machine, ou venant des chaudières ; mais l'adjonction subséquente des poêles à eau cliaudo du procédé de M. flrouvelle, appropriés au nouveau système |)ar SOS auteurs, devait faire que lo chauffage à la va[)eur ne fût pas direct. Nous verrons qu'à l'exécution, des modifications réduisirent le rôle prévu et demandé à l'eau chaude.
2871. Le système de la ventilation par pu/aio/i, avec chauffage à la vapeur par l'intermédiaire de poêles à eau chaude placés dans los
[\) Cette commission était composée de MM. lîegnault, président, el Pelouze, membres de rAcadémie des sciences ; de M. Hacliette, membre du Conseil d'administration; de M. Blondel, inspecteur des hospices; de M. Robinet, membre de l'Académie de médecine; de M. Gauthier, architecte de l'hôpital; le secrétaire était M. Thanvin. inzénieur civil.
438 LIVHE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX nABITÉS.
salles et les promenoirs, reçut donc l'approbation du jury ; sa construction était résolue. Aucune laison ne semblait devoir s'opposer à ce qu'un jugement rendu à la suite d'un concours public par le jury de ce concours, produisît son elFet; mais il n'en fut pas ainsi. Le mode de cliauiïage à l'eau de M. Léon Duvoir était tellement soutenu par quelques personnes, qu'il s'éleva auprès de l'Administration supérieure pour le l'aire prévaloir une nouvelle lutte d'inlluences. Il en résulta, chose tout à fait inusitée, un renvoi du projet adopté par le jury au jugement du Conseil des bâtiments civils, qui conclut à ce que l'Administration ne devait adopter aucune innovation ; et ensuite, en 1852, un second renvoi au général Morin qui était appelé par le Ministre M. de Persigny,à donner son avis sur le système de la pulsion avec chauffage à vapeur et sur les appareils de M. Duvoir. Ce savant émit l'avis qu'il fallait retirer du projet de MM. Thomas et Laurens la moitié des pavillons de malades pour les donner à M. Duvoir, et laisser appliquer, par suite, le système de ces ingénieurs au\ trois autres pavillons et aux divers services de l'hôpital. Cet avis était basé sur l'utilité qu'il y aurait à créer une expérimentation comparative des deux procédés dans le même établissement. Le système de MM. Tbomas et Laurens, système avantageux surtout pour les grands établissements, se trouvait ainsi devoir perdre, par une application plus restreinte, une partie de ses avantages. L'avis de M. Morin fut cependant admis par le Ministre et suivi d'exécution. Cette décision a grevé le système nouveau de la ventilation insufflée d'un accroissement de frais de première installation, et aussi d'une augmentation notable dans les frais annuels de la gestion et de l'entretien.
Tous les appareils de Lariboisière fonctionnent depuis la tin de l'hiver de 1854.
2872. La figure 695 donne le plan de la moitié de l'hôpital Lariboisière. Les malados sont distribués dans six pavillons isolés et distants les uns des autres d'environ 20 mètres ; trois sont à droite de la grande cour centrale de 1 15 mètres de longueur sur 43 mètres de largeur, et les trois autres à gauche de cette même cour, en regard des premiers. Chaque pavillon contient trois salles de malades, le rez-de-chaussée, le premier et le deuxième étage ; chacune renferme 32 lits : à l'extrémité de chaque salle il y a une chambre réservée, à deux lits. C'est donc un total de 102 lits par pavillon ; soit 612 pour tout l'hôpital. Des chauffoirs P, P, P, promenoirs ou réfectoires, sont au nombre de quatre de chaque côté des pavillons
CHAPITUE VI. — l'.IIAl Kl'.\(iK KT ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. i.l'."
(If rii(>|iil;il ; ils rclii'iil lo |i;i\illMiis ciilic eux. Diiiis les cpidt'miL's, nii coiivcrlil les t'iKiiilïoirs en salles de malades ; et suiiveiil on ajoute linéiques lits aux exlit-mités des salles. En k l f^ un hâlinienl à plusieurs éla^M's contient une vaste l)uanderi(> et la lingerie : le l)àtiinenl N. (|ui lui fait peudaul. renferme la grande eommunauté des sdi.rs et leur inlirmerie. Les Itàliments H, Q, |)lacés des deux côtés de la chapelle /" sont destines aux bains ordinaires des lionnnes et des lennnes, ;ni\ bains de vajieur en j et q, aux amphithéâtres et salles de dissection. A droite et à gauche de l'entrée de riiôpital sont les bâtiments de l'administration, qui contiennent aussi tous les ser- \ ices de la pharmacie et des cuisines. Les pavillons n"' 2, 4 et G sont alïeclés aux hommes et ceux en regard, portant les n"* I, 3 et ."i, aux lennnes : ces derniers furent destinés aux appareils de M. L. Du\oir ; les pavillons de droite et tous les services de Ihùpital, tels (jue la buanderie, les bains deau et de vapeur, la comiimnauté des sœurs, furent attribués au système nouveau qui employait la vapeur. In mur d'enceinte enferme complètement tous les bâtiments de l'établisseujent, qui n'ont ainsi de communication avec l'extérieur que par le portique de l'entrée et une porte de service sur le boulevard extélieur; ce type a été appliipié dans des dispositions générales aux deux nouveaux liù[»itaux de Paris, l'hôpital de Ménilmontant et le nouvel Hôtel-Dieu.
Appareils Av 11. Duvoir-J.<eblanc.
2873. Je m'étendrai un peu sur l'appareil établi à Lariboisière, parce qu'étant le dernier monté par ce constructeur, il est pourvu de tous ses perfectionnements, et que d'ailleurs, étant conforuie dans toutes ses dispositions aux appareils existant dans d'autres établisseuients publics, il me permettra de compléter l'étude de ce procédé. Mais ce qui est beaucoup plus important, c'est que cette étude perriiettra de montrer les inconvénients et les difficultés que présente la ventilation par l'appel. On aura ainsi des éléments décisifs pour établir la valeur relative du système par appel et de celui de la ventilation par insid'llatioii, im pulsion. Ce dernier n'étant pas applicable en toutes circonstances, il n'est que |)lus iutéressanl de se rendre compte des défectuosités du système de rai)pel et des moyens d'en atténuer les consécpiences.
2874. Les (Igures 684, G8;j représentent la coiipi» longitudinale d'im des pavillons de Lariboisière chauflV' par .M. Duvoir, avec les