‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 106 sur 137 · CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT liKS IIOI'ITAIX. '» '. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT liKS IIOI'ITAIX. '» '. I

^..ès^N.

dispositions qu'il y a employées. La figure 680 est la coupe de la chemin(k' d'appel. Ces ligures, qui sont la reproduction du dessin publié par ^I. Du voir liii-nuMne, représentent le premier projet que ce constructeur avait soumis à la Commission ; mais après son exécution il l'ut reconnu nécessaire d'y apporter de notables changements : ainsi la chaudière à eau chaude^ vue au rez-de-chaussée, fut descendue dans la cave, et la chandjre de la cheminée d'appel a été considérablement agrandie pour y loger un plus grand nombre de poêles à eau chaude reconnus indispensables pour la ventilation d'été. Je transcris la légende qui accompagnait le dessin que l'auteur remit au jury de l'exposition universelle, dont je faisais partie.

A, cloche servant de foyer pour le fourneau à cataplasmes et servant aussi à chauffer l'eau nécessaire au chauffage et à la ventilation.

a foyer chauffant les bouilleurs /, / et la marmite b. c, four.

d^ cendrier du foyer A.

/, /, bouilleurs chauffant l'eau destinée au service des salles et contenue dans le réservoir G.

B, B, B, serpentins servant de tubes ascensionnels et utilisant en môme temps le calorique de la fumée' provenant des deux foyers A et a.

C, prolongement du tuyau à fumée.

D, isolement formé autour du tuyau de fumée, où viennent aboutir les tuyaux de ventilation du promenoir et des chambres des sœurs.

F, étuves pour le service des salles chauffées par l'eau de la chaudière.

G, réservoir pour la distribution de l'eau chaude.

HH, tube ascensionnel partant des bonilleurs /, /, chauffant l'eau du réservoir G.

II, tube de distribution partant du réservoir G et retournant au bouilleur.

J, J, robinets de distribution d'eau.

K, K, réservoirs supérieurs (fig. 680) servant au chauffage et à la ventilation.

L, L, tubes ascensionnels partant de la chaudière et alimentant les réservoirs supérieurs K.

M, M, tubes partant des réservoirs K, alimentant les poêles, et retournant à la chaudière.

N, cheminée (llg. 686) par laquelle s'écoule l'aii- amené par les

CIIAPITKE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DKS HOPITAL X. 'iVi

coiuliiils de vt'iitjliition dans la cliambit' d"a|t[iel cliaulTiM» p.ir les réservoirs K.

P, 1', poêles à eau chaude eliaulTant les salles.

Y, Y, conduits de ventilalion ouverts à la partie inl'érieure en hiver, el à la partie supérieure eu été, au moyen de portes en tôle. Les conduits vont tous se réunir à la cheminée d'appel de la manière indiquée i/if/. 686).

iH !,IVHE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.

0, bassin liéniispliérique en fonte, rempli d'eau, recevant les tnyauxdo chiiledes sièges d'aisances ; ce bassin formant sipbon esldestiné à em[)èclier que l'odeur de la fosse ne reuionle dans les cabinets.

Il, R, cuvettes en fonte émaillée.

S, S, contre-cuvettes en fonte communiquant avec les conduits de ventilation T, T, et avec les tuyaux de chute U, U.

T, T, tuyaux de ventilation partant des contre-cuvettes S.

V, Y, tuyaux de ventilation en briques recevant ceux partant des contre-cuvettes.

X, X, cavité entourant le bassin 0, aliu que les matières puissent s'écouler dans la fosse.

2875. Le dessin et la description sont incomplets sous beaucoup de rapports ; on n'y trouve pas le tuyau de retour direct des réservoirs supérieurs, nécessaire à la ventilation d'été. On ne montre pas l'arrivée d'air neuf dans les poêles par des caniveaux établis dans les planchers et débouchant à la façade. On n'y voit pas indiquée non plus la disposition adoptée ultérieurement et qui a consisté à descendre la chaudière à eau chaude à la cave; entln, on voit figurer en coupe dans les planchers des espèces de ventouses qui ne sont en réahté que la continuation des gaines verticales d'évacuation de l'air vicié. La disposition des réservoirs K, K [ficf. 686) est aussi mal représentée, il va en réalité 17 réservoirs dont un central et les 16 autres disposés autour du premier. Mais il m'a été possible de combler les parties importantes de ces lacunes. Dans cette légende, le fourneau à cataplasmes figure en première ligne et attire exceptionnellement l'attention, quoiqu'il ne soit qu'un accessoire ; cela expliquerait Terreur commise au sujet de l'importance de ce fourneau et dont nous avons déjà parlé.

2876. Les poêles ont l^jSO de hauteur sur O^jTQ; par suite, la surface extérieure de chaque poêle est de 4"'"i ,13 ; la surface totale dechautfe d'une salle est de 16'"'i ,52 ; chaque poêle est traversé par un tube central de 0"',40 de diamètre extérieur et par 12 tubes qui ont 0"',10 extérieurement et que l'air doit parcourir avant son entrée dans les salles; l'air neuf arrive par des caniveaux qui débouchent ou dans les caves ou dans les murs de façades du pavillon, ces caniveaux aboutissent à un caniveau central placé dans l'axe du pavillon et qui distribue l'air aux poêles placés au-dessus. Le poêle de la chambre à deux lits a de G"", 52 de diamètre et l'",37 de hauteur; par suite la surface libre du poêle est de 2""i ,82. La section des orifices de soilie mesurée par M. (irassi à une certaine hauteur dans les gaines a foiu-ni

CHAPITRK M. — r.llAl'FF.\r,E ET ASSAIN'ISSEMENT lti;S Il^l'ITM X. \V\

It's iioinhics suixiiiils pour li's dillV'ronls étapes du |ia\illuii n I (|iii a servi aux cxpi'ricnros do M. (irassi. Dans la salle du n'z-dt'-ch.nisséc les dix-huit oiilices de s(»rtie onl()"',2iî» siu' (l"',27!>, «'O (jiii donne; pttur les dix-huit orilices une section totale de l""',2(i: au preniieiéta^e les dix-huil orifu-es de la «jurande salle ont eliacun 0'".2i0 sur 0'".285 el en totalité la section est de 1""' ,20 ; au second étage la surlace totale des dix-luiit orifices de sortie est de r",33, ces orifices ayantcliacun0'".2i9sur0'",2î)8. A chaque étage se trouve déplus une chambre à deux lits ; Toriliee de sortie de l'air dans la petite chanii»re au rez-de-chaussée est 0'". 30 X 0'",22=: 0'"t ,006 ; au premier étage de 0,25 X 0",27 = ()"'t ,069; et au second étage de 0"',2o X 0"',26;) =0"^T, 06»;. D'après cela la somme totale des orillces de sortie de l'air est au rez-de-chaussée de l""i ,316; au premier étage, de l""i ,329 et au second étage de I'"i ,396. Le réserAoir supérieur se compose d'un réservoir central de 0°",7o de diamètre ; autour de ce réservoir s'en trouvent rangés 16 autres, dont 8 ontO'", 70 et 8 autres, 0"',30 de diamètre ; ils coninumiquent entre eux et ont environ l^.OO de hauteur, ce qui fournit une surface totale de 88 mètres carrés environ. D'après le même dessin, les tuyaux auraient environ 0"',05. La section de la cheminée varie de 2""' ,2 à 2"',ri6 d'un pavillon à l'autre.

Nous avons extrait du rapport de la Commission (1) chargée, en 1855, de la réception de ces appareils les donnc'es qui suivent.

Les expériences portèrent uniquement sur la lem})érature dans les salles et sur la (juantité de ventilation mesurée dans la cheminée d'appel : im marché à forfait avec rentrejireneur réglant la dépense annuelle du chaulfage, la Commission n'avait pas à relever les consonmiations de charbon ni les frais d'entretien.

Les instruments employés furent des thermomètres à mercure et des anémomètres de M. Combes, simples on à rouages multiples pour prolonger la durée des observations.

2877. Dendartt l'hiver de 1854-1855, l'Administration eut plusieurs fois à se plaindre de l'abaisseïment de température des salles, surtout pendant la nuit; mais la Commission déclara que ce fait était plutôt imputable au chauffeur qu'à l'appareil lui-même, (jui avait une puissance suffisante pour maintenir dans les salles ime tempélature supérieure à 15". De plus runiformité de la température lais-

(1) Cette commission se composait de MM. Combes, Péligot et Leblanc. C'était celle qui avait fait antérieurement la réception des appareils Duvoir-Lcblanc à l'hôpital Beaujon.

't'id LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES IJEDX IIAHITÉS.

siiil à désirer, ciii- il .irrivnit rréqiioiiimcnt qn'ollo ;nl('ign;iit 20' à l'étage supérieur, tandis qu'elle n'élail que de 14" au rez-de-ehaussée. La Commission pensait qu'une suiveillance attentive permettrait iU\ réduii'e ces inégalités.

Depuis, les inégalités d(; température aux divers étages ont continué à se présenter, et avec d'assez grands écarts; la température des salles a souvent donné lieu à des plaintes et est descendue à moins de 15°.

De|)uis que le marché Diivoir est expiré et que les appareils marchent en régie, on n'a pas pu parvenir à l'aire cesser ces inégalités de la température, inhérentes au système de la circulation de l'eau, mais on a pu relever un peu la températui-e.

2878. A l'égard de la ventilation, la Commission a constaté que le volume d'air, appelé par la cheminée, était toujours supérieur à celui qui pénètre dans les salles par les orifices d'accès de l'air neuf, différence qui provient de l'air appelé par les joints des portes et des fenê.tres. Elle regrette que le cahier des charges n'ait pas prévu cette différence et ne spécifie pas si le volume d'air que l'entrepreneur s'est engagé à fournir doit être compté à l'entrée parles poêles, ou à la sortie par la cheminée d'appel.

En envisageant les conditions de la ventilation d'une manière générale, il y aurait de l'inconvénient à compter cet excédant comme favorable ; car cet appel d'air irrégulier et inconnu pourrait souvent avoir lieu aux dépens des salles voisines, ou de locaux dont l'air est vicié et infect. Toutefois, il faut remarquer, ajoute la Commission, que, dans le cas particulier dont il s'agit, cette objection perd de son importance, puisque chaque pavillon est isolé.

2879. La Commission appelle sur ce sujet l'attention de l'Administration et émet le vœu qu'à l'avenir le chiffre de la ventilation par les poêles, facile à mesurer, soit spécifié dans les marchés; qu'on mette à l'étude la construction d'un appareil placé dans la cheminée d'appel qui indiquerait approximativement au moyen d'une aiguille si la ventilation est supérieure ou inférieure à celle qui est exigée, instrument qui servirait à l'Administration de contrôle permanent de la ventilation, comme les thermomètres à l'égard de la température.

Ce vœu nous montre combien les administrations peuvent se faire illusion sur l'efficacité de certaines ventilations par appel. Un instrument fonctionnant comme un thermomètre, pour la mesure de la ventilation, n'existe pas encore, mais, fùt-il trouvé, que la question ne serait pas résolue d'une manière absolue ; car il ne donnerait

CIIAPITUR VI. — CFlArFFAGE V.T ASSAINISSEMENT HKS IIOPITAI'X '• '»7

<|ii(' la incsiMV (le la vonlilation dans la choinini'c (ra|)|M'l ; cl colle-ci nt'sl milUMiioiit (Ml rapport ronslant soit dans dos localités diOtTonlos, soilà dos ôpoqiios dillorontos dans le niômc lion, avoo la \ontilalion ofToclivo ot ntilo. Il donnerait la ventilation opparrutr h imn la vontilalinn rrrllr.

2880. La \ontilation dos |»avillons iU^ .M. Léon JUivoir, estimée pai' malade et par Iienre, en la dédnisaiil du voinme total d'air écoulé parla eheminéedappel que Ton divise par le nond)re des lits, a toujours été pendant l'essai supérieure aux 60 mètres cubes exigés par le marché ; le résultat de cette division a oscillé entre 64 et 92 métrés cubes.

La ventilation déduite, au contraire, du volume d'air entrant dans les salles par les orilices des poêles, qui sont les entrées régulières et utiles de l'air neuf, a été en général, et en moyenne, comprise entre 4o et 50 mètres cubes par malade.

L'évacuation par les ventouses, ou gaines de sortie d'une même sallo, a présenté de très-grandes inégalités, même à des instants très-iapprochés : l'écart maximum a été de 40 à MO.

2881 . Ainsi les chiffres moijens de 45 à 30 mètres cubes, indiqués tout à riieure, ne représentent pas encore réellement ce que chaque malade reçoit de ventilation : il y en a qui reçoivent beaucoup moins (pie le minimum voulu et d'autres beaucoup plus.

2882. Toutefois, la Commission, s'en tenant au système des moyennes, a été d'avis que l'appareil de M. Léon Duvoir était capable de produire, sous le rapport du chauffage et de la ventilation, les effets prescrits par 'e marché, mais en appliquant le chiffre de la ventilation au volume d'air expidsé par la cliominée d'appel et non au volume d'air neuf venant réellement à travers l'appareil lui-même.

Il ny a pas eu d'expérience sur la ventilation d'été, pendant les mois de chaleur.

2883. Des expériences plus détaillées et plus nombreuses que celles de la Commission se trouvent dans une étude comparative des deux systèmes établis à Lariboisière ; ce travait fut fait en l8oi-oD par M. Grassi, pharmacien en chef de cet établissement, pour passer sa thèse au doctorat en médecine (I).

(1) Depuis rinipicssion dti la dernière édition do cet ouvrage, d'autres expériences ont été faites \ Lariboisière ; elles ont soulevé dos discussions relatives aux avantages et aux inconvénients dos deux systèmes : l'appel et la pulsion. Le dernier système, étant venu à rencontre d'opinions toutes faites et de positions prises ne fut pas toujours accueilli très-favorablement. Nous résumerons les résultats de ces expériences diverses.

i'i8 I.IVRK XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.

11 est facile de se convaincre, à la lecUire, «lue les expériences de M. Grassi ont été exécutées avec ijeaucoiip de soin, sans parti pris ni préventions.

Elles ont eu pour objet de mesin-er les volumes d'air entrés dans les salles par les orifices des poêles, et les volumes d'air écoulés par la cliemin(''(' d'appel, en se servant des anémomètres Combes. Pour abréger, j'api)ellerai :

y. le volume d'air eniré par Jieui'e et par malade ;

V, le volume d'air sorti des salles par heure et par malade;

0, la température extérieure;

/. celle de la pièce ;

/', celle de l'air dans la cheminée d'ai)pel.

2884. Vcnlilation sans chanffaye. — Le tableau ci-dessous donne le résultat de ces expériences.

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