‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 109 sur 137 · CHAPITRE VI. — CIIAIFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — CIIAIFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

VENTILâTION ET CHAUFFAGE

1" SÉRIE. — Nuits du 5 au 6 décembre 1855.

Salle Sainte-Eugénie..

(Rez-de-chaussiic.)

Salle Ste-Élisabetli..

(1" étage.)

Salle Sainte-Anne

(î' étage.)

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iiir

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'Ji.O

2" SÉRIE. — Nuits du 28 au 29 décembre 1855.

Salle Sainte-Eugénie.

Salle Ste-Élisabeth. .

Salle Sainte-Anne...

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En prenant comme précédemment les moyennes de ces deux séries d'expériences, on trouve :

pour les volumes d'air entrant par les poêles par malade et par heure :

Au rez-de-chaussée.

Au !"■ étage.

Au 2« étage.

-Moyenne,

Rapport.

pour les volumes d'air sortis par malade et par heure:

76 ,3 87 ,2 83 ,7 SI ,i 1,88

pour les volumes d'air entrés par les fissures des portes et des fenêtres par malade et par heure :

Volumes d'air passant du grenier dans la cheminée par malade et par heure :

2888. M. Grassi a ensuite examiné si la ventilation de chaque salle avait lieu régulièrement par les différents orifices de sortie de l'air, et pour cela il a observé les volumes d'air écoulés par les neuf

orifices de sortie situés d'un môme côté de chaque salle. Pour la salle située au rez-de-chaussée, les volumes d'air écoulés étaient en moyenne de 195 mètres, et ils ont varié de 104 mètres à 248; pour la salle du premier étage, le volume moyen écoulé était de lo2 mètres, et les variations ont été comprises entre 77 mètres et 2i8 mètres ; pour le second étage, le volume moyen écoulé était de 170 mètres, et les variations de 73 à 22G mètres.

« Les volumes d'air, dit M. Grassi, débités par les divers canaux « d'évacuation sont, comme on le voit, très-difîérents les uns des « autres ; ces différences correspondent à des variations analogues (( dans les divers points des salles. C'est un inconvénient; au reste « on peut y remédier : la partie supérieure des canaux présente en « efTet un registre que l'on peut ouvrir plus ou moins, de manière à « compenser, par une plus petite section du canal, la vitesse trop « grande de l'air. Je dois dire qu'on n'avait probablement pas encore a cherché à régulariser ainsi la ventilation, car j'ai trouvé les re- « gistres complètement ouverts. »

Ces conséquences ne sont pas admissibles; car si, par une position convenable de chaque registre, la ventilation était rendue régulière, l'effet de chaque orifice serait ramené à peu près au chiffre minimum 73, tandis que la valeur moyenne des appels des orifices des trois étages étant de 172 mètres, la ventilation moyenne serait réduite dans le rapport de 73 à 172; elle deviendrait donc 0,42 de sa valeur moyenne actuelle, et, comme elle est de 82", 4, elle se trouverait réduite à 34"", 6. Ainsi la Commission de réception, qui a pris les moyennes et est ainsi parvenue, par une simple division des totaux, à un chiffre de ventilation supérieur à 60 mètres par lit, n'aurait obtenu que 34 mètres cubes environ, si le règlement absolu parles registres avait été effectué.

2889. Dans des expériences sur le même pavillon, MM. Trélat et H. Péligot ont trouvé les chiffres suivants pour l'évacuation de l'air vicié au moyen des dix-huit gaines de chaque salle.

Au rez-de-chaussée, la moyenne des cinq gaines du côté sud a été de 128"'%o0 par gaîne et par heure, et les évacuations ont varié de 84 mètres cubes à 181 mètres cubes ; la moyenne des gaines du côté nord a été de 122 mètres cubes et les débits ont varié de 80 mètres cubes à 155 mètres cubes.

Au premier étage, la moyenne des neuf gaines sud était de 189°",72 avec une variation de 88'"%o à 233"'%10 ; la moyenne des neuf gaines du côté nord a été de 180"'% 76 et la variation de 88,80 à 229"'S40.

CnAPITRE VI. — CIIM'FFAGK ET ASSAINISSEMENT DES IIOPITACX. 4.")3

Au second l'ingo, los gaîiios sud ont donné on nioycnno 120"', GG avec une variation de 8i mètres cubes à 21î)'°%20, (;l les gaines nord ont fourni l.SS^^To, la variation allant de 7G mètres cubes à

Ces cliitTresdillèivnt, et parfois notablement, de cen\ de M. drassi. Les expériences de ce dernier ayant signalé de grandes inégalités d'ini étage à l'autre et d"nn pi»iiit d'une salle à une autre, on a di"] clierclicrà y remédier le plus possible par la mano'uvrc des registres. Il y avait donc de moins grandes inégalités, et déjà le volume total écoulé a diminué comme le faisait pressentir l'observation précédente. Pour le même côté des trois salles, il était chez M. Grassi de 4Go3 mètres cubes, et dans les expériences de MM. Trélat et H. Péligot,il se trouve déjà réduit à 3972 mètres cubes, quoiqu'on soit bien loin encore d'une répartition absolument régulière, laquelle est d'ailleurs impossible à obtenir au moyen de semblables gaines.

En hiver, comme en été, l'air vicié sort toujours, du côté de l'appel, au niveau du plancher des salles.

2890. M. Grassi a cherché ensuite l'influence de l'ouverture des portes et des fenêtres sur la ventilation. Il a observé l'appel par le même orifice de la salle du rez-de-chaussée, quand la porte et les fenêtres étaient fermées et ensuite quand on ouvrait la porte d'entrée, ou los deux fenêtres adjacentes à l'orifice, les deux croisées en face, et les croisées du fond; il a trouvé pour les volumes d'air appelés dans ces différentes circonstances, 119 mètres; 134 ; 170 ; 160; loG. Ainsi l'ouverture des portes et des fenêtres modifie complètement la ventilation ; on en conçoit facilement la raison : l'air n'éprouve alors aucune résistance pour pénétrer dans la pièce.

2891. L'expérimentateur a constaté en outre que l'ouverture des croisées avait une grande influence sur le volume d'air neuf appelé par les orifices des poêles ; dans une série d'expériences faites sur les quatre poêles de la salle du rez-de-chaussée quand les portes et les fenêtres étaient fermées et quand deux croisées étaient ouvertes, le volume d'air appelé dans ce dernier cas était inférieur au premier de plus d'un sixième.

2892. Enfin M. Grassi a observé l'influence de l'ouverture des fenêtres d'une salle, sur la ventilation des autres salles, dont les portes et les fenêtres étaient fermées; et il a reconnu que cette influence était tout à fait insignifiante.

2893. Dans son ouvrage, le général Morin donne (pag. io9, t. I") les expériences qu'il a faites sur les poêles Duvoir, en 18G1, pendant

le chauiïage par conséquent, après, comme il le dit lui-même, avoir invité l'entrepreneur à mettre tout en état et à bien régler le chauffage et la ventilation. Les expériences ayant eu lieu sur les poêles dont on avait enlevé les couvercles grillagés ne représentent point l'état habituel des choses et il est impossible de supprimer ces grillages en service courant, les expériences ont porté sur le pavillon du milieu ; la température extérieure était de — .^j" et celle des salles de + lo°.

Dansées poêles, même débarrassés de leur couvercle, la quantité d'air fournie par ceux des extrémités de chaque salle est au rez-dechaussée les deux tiers environ de celle que donnent les poêles du milieu; au premier étage, un peu plus ; au second étage également, mais moins cependant qu'au premier.

Cela tient au mode de prise d'air, la résistance est plus grande pour les poêles extrêmes qui prennent l'air dans la cave que pour ceux du milieu qui le prennent au mur de parement de leur étage.

Les températures étaient respectivement pour les deux poêles placés l'un le plus près de la porte, l'autre le plus loin : au rez-dechaussée 27° et 34° ; au premier étage 23° et 32° et au second étage 26° et 33° ; ces différences, encore sensibles malgré les soins pris pour la circonstance, deviennent plus grandes habituellement les jours où l'on doit peu chaufler, le poêle du fond est Irès-chaud, tandis que celui de l'entrée est à peine tiède ; cela tient à ce que l'eau chaude qui vient des réservoirs placés dans la cheminée d'appel arrive plus directement aux poêles du fond; malgré les robinets de réglage, on n'a pas pu faire disparaître les différences de température entre les deux poêles extrêmes ; de sorte que la température est habituellement de 3° ou 4° plus élevée au fond des salles qu'à l'entrée.

Les volumes d'air fournis par chaque poêle présentent de grandes inégalités, comme cela a été constaté par les autres expérimentateurs ; on trouve par heure :

Au rez-de-chaussée 3o3™'

Au! «''étage 278

Au 2« étage 313

La moyenne générale, donnée parle général Morin, est de G2 mètres cubes par lit et par heure. Ce nombre n'infirme en rien ceux trouvés par les autres expérimentateurs ; si on lui apphquait le coefficient de contraction relatif aux grilles supprimées, on trouverait un chiffre s'approchant de celui de M. Grassi.

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CIIAPITHF. M. — CIIAIFFAGK KT ASSAINISSKMF.NT UKS IIOPITAIX. l.*)5

280i. M. Morin lit (aire, par l'iiigénioiir de la maison Diivoir. une «'xpérieiiee en aoùl i8Gl, sur la ventilation d'élé ; elle a eu lieu la nuit seulement, eoniine eelles de M. (irassi ; on s'est eontenté de mesurer le déhit à la cheminée d'appel des pavillons. On a trouvi' par heure et par lit : au pavillon n" i : TS-'^SS; au pavillon n" 3 : 67°", 70 et au pavillon n" 5 : 89°'%o7 ; moyenne: 78'"%r;t ; on ne sait pas ce qui se passe dans chaque salle, et on ne connaît rien sur l'entrée de l'au" neuf. Les fenélres étaient fermées, mais les portes étaient ouvertes ; cette ouverture de portes de plusieurs mètres carrés de section devait faciliter singulièrement l'accès de l'air extérieur et augmenter le débit de la cheminée d'a|)pel. •

La température dans la cheminée d'appel était de 37°, celle de l'extérieur étant de 17°, 14°, l;j°, et elle s'est élevée à 42° pour des températures extérieures de 23 à 26° ; on ne donne pas la température des salies qui, dans les expériences de M. Grassi, étaient de o à 8° au-dessus de l'extérieur. La dilTérence pouvait être plus grande encore au mois d'août 1861, car on ne ventilait de jour que par l'ouverture des fenêtres, ce qui tend à équilibrer la température à linlérieur et à l'extérieur. Les salles doivent donc être plus chaudes que quand il y a une ventilation de jour.

11 eût été très-intéressant de déterminer les entrées d'air par les poêles et la température des salles pendant le jour dans le cas des grandes chaleurs bien supérieures à celles de lo° et de 23° des expériences. On aurait déterminé ainsi l'infliience sur la température des salles des prises d'air qui débouchent sur les façades exposées au soleil. On ne saurait donc conclure de ces expériences (comme le fait M. Morin, page 470) que le système de l'appel est capable d'extraire à Lariboisière, pendant la nuit, 80 mètres cubes d'air environ par heure et par lit dune manière régulière et pour chaque malade; il resterait à démontrer aussi que l'appel se fait aussi activement pendant le jour.

2895. Les" résultats diiïérenls trouvés par les divers expérimentateurs montrent qu'il est difficile d'obtenir une répartition régulière de l'air neuf par l'appel. Son action, malgré les 88""' de surface de chaude des poêles [)lacés dans la cheminée, n'a pas fourni en été, ni même la nuit, une ventilation normale et suffisante.

On ne ventile par appel à Lariboisière que pendant la saison où l'on chauffe. Il vaudrait beaucoup mieux que la ventilation fût absolument indépendante du chauiïagf.'. Kn février 1877, alors que la température n'exigeait pas un chaulïage énergique, on pouvait

remarquer dans les salles de l'appel une mauvaise odeur prononcée quoiqu'on ventilât, alors que dans les salles ventilées par pulsion, Todeur était absolument nulle.

Ajoutons que les prénéraleurs à eau cliaude qui fonctionnent à plus de deux atmosphères, sont établis dans les caves sous cliacpie pavillon de malades. Ces chaudières devraient être soumises aux mêmes exigences que les chaudières à vapeur, car elles présentent le même danger.

Le chauffage à l'eau chaude n'a pu fournir l'égalité de la température; on constate toujours au second étage plusieurs degrés de plus qu'au rez-de-chaussée.

Depuis plusieurs années que le marché Duvoir est expiré, les appareils marchent en régie, la température des salles a été portée à 17° et dans quelques-unes à 18°. Avec une ventilation normale et effective, ces températures seraient insuffisantes, il faudrait compter de 20 à 22°; les températures de t5 à t6° sont trop faibles, même pour un hôpital non ventilé.

2896. Ces diverses expériences confirment celles qui avaient contribué à conduire MM. Thomas et Laurensà la ventilation par pulsion et les motifs dont ils ont toujours appuyé celle-ci : c'est que lair qui entre accidentellement par les portés et les fenêtres, ou par les fissures des parois d'un édifice, quoi qu'on en ait dit, ne ventile pas utilement; entrant à proximité des ventouses de sortie, il leur arrive directement sans se mélanger à l'air de la salle. C'est ce qu'observe aussi M. Grassi, et il. ajoute que cet air passe ainsi près de la tête des malades, qu'il entoure de courants d'air froid; que cet air pris indistinctement dans les cours et les corridors peut ne pas être pur. Enfin il cite un fait qu'il a observé avec plusieurs personnes de l'hôpital, et qui démontre un des inconvénients de la ventilation par appel signalé aussi dans les travaux déjà cités, à l'appui de la ventilation par pulsion. « La porte de la salle des bains de femmes avait « été laissée ouverte par mégarde ; l'air qui en sortait accompagné <' d'un nuage de vapeur aqueuse était attiré par le pavillon voisin « (à M. Duvoir) et venait s'y rendre avec toute* son humidité. » Il s'y serait rendu avec tous ses miasmes, si une salle de dissection ou un lieu malsain eût été ainsi soumis à l'appel d'un pavillon peu éloigné.

2897. L'expérimentateur regrette^, comme la Commission de réception, que le cahier des charges ne spécifie pas si les 60 mètres cubes d'air exigés par lit et par heure seront mesurés dans la cheminée

CnAPITRE VI. — CIlAL'FFAr.E ET ASSAINISSEMENT HES IIOPITAIX. 457

d'appol, on s'ils so rapporloni à l'air nouf ipii onirc. par les poêles. Dans lo (ItMixièiiii* cas les condilioiis iinpnsôos no stM'aionI pas à licMucoup près remplies. Il re{,'i'elle éj^^aleinenl (pn; le inarelié n'exifri» pas (le venlilati(Mi de jdur en été, parce (pie dans cotte saison, r/'ipiililne (les lenipéraliires extc-rienre el inlt-rienre: est heaneniip plus rrc(nienf (pi'(Mi liiver. Cet (''ipiilibre s'oppose à la ventilatidn naturelle, alors nuMiie (pie les croisées sont (invertos. Ce fait est à ne pas porilre do vue qnand on compare à Larihoisii^'ro le prix contant do la ventilation par appel et de la ventilation par pnision ; car l'onlrepriso de l'appel est déchargée de la ventilation la plus difficile et la plus coùtense, qn'elle n'a pas à tluiiner et qu'on n'a pas à lui payer.

:28ÎI8. Les observations puisées à des sources très-dilTérontos, que je viens de rapporter, sont d'accord sur deux points très-importants : sur la grande dilîérence qui existe entre le volume d'air introduit dans les salles à travers l'appareil et celui qui s'écoule par la cheminée d'appel; sur la grande irrégularité de l'appel opéré par les cheminées partielles, ou gaines d'évacuation de l'air vicié, laquelle correspond à des inégalités proportionnelles dans la ventilation des dilTérentos parties de la salle auxquelles ces orifices correspondent.

2899. D'après le rapport, la ventilation moyenne par malade et par heure (k'duile du volume d'air écoulé par la grande cheminée d'appel, serait de 78 mètres cubes : d'après la thèse, elle serait de 82 mètres cubes : ces nombres sont aussi rapprochés qu'on pouvait l'espérer, attendu les grandes variations qu'éprouve l'appel d'une cheminée d'un jour à. l'autre. Le volume appelé par les poêles^ toujours en moyenne, par lit et par heure, est d'après le rapport de 4o mètres cubes el d'après la thèse de 42°'%5 seulement.

D'après la Commission do réception, le rapport moyen do la dépense par la cheminée d'appel à celle qui a lieu [»ar les poêles serait égal à 78 : 45 = 1,73 ; d'après la thèse, ce rapport serait 82,4 : 43,8 = 1,88. Mais dans l'un ou l'autre cas, M. Duvoir- Leblanc n'a rempli ou dépassé les conditions du marché qu'en ado|)tant la supposition que le débit par la cheminée d'appel représente la ventilation réelle.

2000. D'après le rapport, l'éconlomont par chaque gaine de sortie dos salles a varié de 40 mètres à 110 métros, d'après la thèse dans la proportion do 73 à 2i8 et d'après MM. Trélat et H. Péligot de 76 à 235 mètres cubes : ces différoncos dans les observations d'un même appareil prouvent combien la ventilation par appel est va-

riable; elles montrent que celle de M. L. Diivoir à Lariboisièi'e est très-irrégiilièro. Le cahier des charges ne dit pas d'une manière positive ffiie la ventilation doit être régulière dans toutes les parties de la salle : admettrait-on cependant que les salles sont ventilées, si la totalité de l'air en traversait une certaine partie et que l'excès d'air que recevraient certains malades compensât l'absence de ventilation pour les autres? D'ailleurs, la régularité de la ventilation étail tellement voulue que toutes les gaines des salles devaient avoir deux orilices, un près du plancher pour l'hiver et l'autre près du plafond pour l'été ; tous ces orifices devaient être garnis de registres, mais ceux d'en bas n'en ont pas et ceux d'en haut sont condamnés. La régularisation ne pourrait s'établir qu'en abaissant tous les registres de manière à réduire toutes les vitesses au minimum; alors, en etfet, d'après les expériences de la Commission, en supposant que la vitesse moyenne observée ait été la moyenne des vitesses extrêmes, la régularité de la ventilation aurait réduit la ventilation moyenne à 78,40 : 75 = 41'°,6. Aussi d'après le rapporjt lui-même, si la ventilation avait été rendue régulière, elle serait inférieure de beaucoup à celle qui était exigée, quoique estimée en moyenne.

2901. Quant à l'appareil en lui-mèiiie, il n'est pas établi selon les principes qui doivent présider à une bonne ventilation. Nous avons vu précédemment que pour les dimensions de cheminées qui sont précisément celles du pavillon de Lariboisière, pour produire le même appel parla cheminée des combles et par une cheminée recevant Fair à la surface du sol, les dépenses moyennes de combustible pour la ventilation d'hiver sont dans le rapport.des nombres 1 et 2,5 et pour la ventilation d'été dans celui de 1 à 5 : les résistances pouvant être les mêmes dans les deux méthodes.

2902. Pour produire cet accroissement énorme dans la dépense de combustible on emploie 88 mètres carrés de surface de chauffe dans la cheminée d'appel. Ainsi M. Duvoir-Leblanc a doublé les dépenses d'établissement pour doubler la dépense moyenne de ventilation d'hiver et quintupler celle d'été. M. Duvoir-Leblanc prétend que dans ses appareils la ventilation régulière, au chiffre convenu dans ses marchés, est assurée, parce qu'elle dépend du chauffage; il le dit dans toutes ses publications et d'une manière positive ; d'ailleurs ce n'est que dans cette supposition que les expériences faites pour la réception de ses appareils signifieraient quelque chose, ses appareils ne renfermant pas d'instrument ni de moyen pour indiquer l'état de la ventilation. Il est absolument impossible de produire une

CnAPITllb: M. — CII.MKFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOIMTM \. 4ril>

ventilalioii iv-iiilièiv avec dos ixiôlos dont la ((MiiiM-raliirc csl rr-^li-c pour II» cliaiillago; c'est là un principe général, indépendant de la disposition et du système des appareils, comme je vais le taire voir. C'est donc une erreur (juil l'aul détruire dans l'intérêt de la (pieslion des cliaulTages.

2003. Considérons d'abord inie cheminée d'appel recevant directenienl par le bas l'air extérieur; ICiret produit par la même cheminée dt'peudaiil iiiii(|U('ment de l'excès de la tempéralurtî moyennes de l'air cliaulVé dans la cheminée sur la température e.\térieure, il en résulte nécessairement que pour produire une ventilation constante dans toutes les saisons, il faudra fournir à l'air de la cheminée une quantité de chaleur égalenuMit constante ; c'est d'ailleurs un fait parfaitement constaté i)ar l'expérience.

2904. Supposons maintenant que l'air extérieur avant de pénétrer dans la cheminée traverse, dans dliïérentes direittions, des pièces chauffées par des poêles, de manière à maintenir la température intérieure à IS°, et admettons que l'air ne soit pas surchauffé en arrivant dans la cheminée. L'air extérieur en entrant s'échaulïera au-dessus de la température constante qui doit être maintenue de manière à fournir la chaleur qui passe à travers les murs et les murailles et il s'échappera par la cheminée à la température intérieure ; il se produira. alors une ventilation variable avec la température extérieure ; elle sera nidle si l'air extérieur est à 15* et si on ne chauffe pas; mais à mesure que la température extérieure s'abaissera et qu'on chauffera davantage, la ventilation ira évidemment en croissant de manière à atteindre son maximum dans les jours les plus froids, et par la môme raison elle ira en décroissant à mesure que la température extérieure se rapprochera de 15°.

2905. Admettons maintenant que les poêles soient chauffés par un courant d'eau chaude et que le vase d'expansion soit placé de manière à échaulïer l'air à son entrée dans la cheminée. Pour chaque température extérieure, cette circonstance augmentera la ventilation, mais elle ne changera pas le sens de ses variations, puisque la température du vase d'expansion variera comme celui des poêles ; ainsi encore dans ce cas la ventilation sera à son maximum dans les jours les plus froids et sera presque nulle au commencement et à la fin du chauffage.

2906. L'appareil de M. Duvoir-Lcblanc est disposé exactement comme nous venons de le supposer. L'air extérieur entre dans les pièces à travers les poêles ; il s'élève d'abord vers le plafond, descend

ensuite par couches plus ou moins isothermes, jusqu'aux orifices (l'écoulement placés à la partie inférieure des salles, d'où il s'élève dans les combles pour gagner la cheminée qui renferme le vase d'expansion; ainsi la ventilation résulte de la force ascensionnelle de l'air à travers les poêles, dans les cheminées partielles des salles et dans la grande cheminée des combles dont il faut retrancher la charge nécessaire pour faire descendre l'air chaud du plafond au plancher de chaque salle. En admettant que les charges correspondantes aux deux premiers mouvements de l'air se compensent, tout se passe comme si la ventilation résultait d'une grande cheminée formée de deux parties, la première ayant la hiuteur d'une, de deux ou de trois salles; la seconde, la hauteur de la cheminée des combles; la première partie étant à la température constante de 1;)° et la seconde à une température variant comme celle de l'eau dans le vase d'expansion, la cheminée eommuniquant librement par le bas avec l'air extérieur; or les poêles et le vase d'expansion, dont les températures sont solidaires, sont d'autant plus échauffés que la température extérieure est plus basse, et par conséquent la température moyenne de l'air dans cette cheminée, et par suite la ventilation, augmentera ou diminuera, dans le même sens que les quantités de combustible consommé pour maintenir la température intérieure. Il est, en outre, évident que si une ventilation constante était indépendante de la température extérieure, comme le prétend M. Duvoir-Leblanc, elle resterait la même au commencement et à la fin du chauffage, quelque petite que fut la différence de la température intérieure et de la température extérieure ; et par suite elle aurait encore lieu quand on ne chaufferait pas du tout. D'ailleurs, si le principe dont il est question était vrai, il le serait pour un appartement chauffé par un foyer découvert dans lequel l'air extérieur pourrait entrer librement; et dans ce cas sa fausseté saute aux yeux.

2907. Le principe d'une ventilation régulière par le seul effet du cbauffage est aussi absurde que la ventilation gratis par les cendriers des fourneaux de chauffage, qui a produit de si tristes résultats à la prison de Tours (2836 et suiv.) et à l'hôpital de Charenton (2847). Je suis vraiment honteux d'insister sur de pareilles choses ; mais les administrations pubhques ne pouvant apprécier les procédés que par les avis et les recommandations qui les appuient, c'est un devoir que de leur signaler les erreurs sur lesquelles ils reposent.

2908. Cependant toutes les expériences faites par la Commission

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