CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IlOPITAIX. iOI
de rôrcplioli dos appareils à Larihoisirre et par M. (Irassi ont doniu' pinir des températures extérieures très-basses, puis plus élcviM's, des Nnlimit's d'ail" aspirés par la elieiiiiiiée, (pii dépassent de heaiicoiip ceii.v eoiivemis. il faut dune (pi'il y ail, dans l'appareil, un niovrii dont M. DuNoir-LeManc l'ail injstènî el «jni pernidle de siippli'cr nionienlanéuienl a linsulli^anee de la veiililalinn qui a lieu naturellement jiar le seul elfet du cliauU'age. Il ne me parait pas douteux que ce moyen consiste tout simplement dans rouverture du robinet du tuyau de communication directe du vase d'expansion avec la cbaudière, tuyau indispensable pour la ventilation d'été qui doit avoir lieu sans chaullage : ce tuyau existe, ((uoiqu'il ne soit pas indiqué dans les dessins des appareils; or, ce tuyau de retour d'eau étant sullisanl a lui seul pour produire la ventilation convenue sans cliauffaiie, agissant en même temps que le tuyau de reloui' d'eau par les poêles, permet évidennnent d'amener l'eau du vase d'expansion à une température assez élevée pour produire dans toutes les circonstances la ventilation totale observée sans accroissement de température. Reste maintenant à savoir si cette augmentation de ventUation n'a lieu que quand on fait des expériences, ou si le cliauffeur a un moyen caclié pour régler la ventilation ; car on ne peut pas admettre qu'un entrepreneur donne gratuitement une ventilation de 80 à 90 mètres cubes, quand il n'en doit que 60, et que ce surcroît de ventilation lui coûte un grand accroissement de dépenses en combustible
2900. En résumé, de ce que je viens d'exposer, il résulte trois cboses parfaitement évidentes pour les appareils disposés comme ceux de M. Léon Duvoir : 1° qu'une ventilation uniforme et qui se règle d'elle-même par le seul eiïet des appareils de chaulfage est impossible ; 2° que la ventilation dépend du cbauiïem-, qui ne sait pas lui-même ce qu'il fait quand il veut dépasser la ventilation variable, qui s'opère naturellement par suite du chauffage ; 3° enfin que des expériences dirigées avec le plus grand soin par les personnes les plus habiles, les plus intègres, quelque prolongées qu'elles soient, ne prouvent absolument rien pour ce qui se passe quand on ne fait plus d'expériences (1).
(1) Je dois faire observer que si la médaille d'or a été donnée à M. Léon Duvoir- Lcblauc b. l'exposition universelle de 1805, elle ne l'a été que pour ses appareils de cîinuffnije et nullement pour ses ventilations : on en trouvera la preuve dans le rapport du jury lui-même.
462 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS. Appareils du système de la ventilutiou par pulsion.
29J0. J'ai déjà expliqué que le projet adopté par le jury du concours pour riiôpilal Larihoisière, cousislait dans la venlilalion par pulsion ou iiisulllalion et dans un chaufl'age à vapeur, mais parTinterniédiaire de poêles à eau que la vapeur échauffait ; on a vu comment, suivant le conseil du général Morin, la moitié des salles seulement dut recevoir l'application du système. A l'exécution, le rôle des poêles à eau chaude fut amoindri pour donner une part plus directe à la vapeur, ce qui permet de mieux régler le chauffage d'après les variations de température de notre climat ; ce sont les dispositions générales des ingénieurs Thomas et Laurens qui ont été exécutées et leurs appareils ont fonctionné depuis 1853.
M. Farcot avait obtenu l'entreprise de ces travaux, d'après un cahier des charges qu'il ne lui était pas loisible de modilîer, et dont il ne pouvait dépasser les prévisions.
Il n'est pas inutile défaire remarquer que ces travaux devaient être installés dans des bâtiments déjà construits, ce qui entraîne certaines défectuosités et un accroissement de dépenses ; ces inconvénients ne se produisirent pas au même degré pour l'appel, l'architecte pouvant croire dès 1847 à l'application des appareils Duvoir.
D'après les luttes d'influence qui s'étaient produites lorsqu'il s'était agi pour l'Administration des Hospices de prendre une décision au sujet de Larihoisière, on pouvait prévoir qu'elles se continueraient pendant et après l'exécution des travaux du nouveau système ; diverses expériences contradictoires ont été exécutées à un certain moment; nous examinerons les conséquences qu'il en faut tirer; disons maintenant que certaines d'entre ehes avaient mené à établir que la ventilation par pulsion n'existe pas ; on pouvait donc croire à l'abandon du système après une pareille condamnation. Il n'en est rien cependant ; il n'a pas cessé de fonctionner dans cet établissement, et la pulsion avec l'emploi de la vapeur au chauffage est apphquée par l'Assistance publique de Paris dans le nouvel hôpital de Ménilmontant et à l'Hôtel-Dieu, non encore terminés. Différents hôpitaux et d'autres édifices à l'étranger ont employé la pulsion pour ventiler et la vapeur pour chauffer. En France, l'Hôtel de ville de Paris et la grande Maison de détention et de dépôt de Nanterre seront de même ventilés par pulsion et chauffés à la vapeur.
2911. Pnttcipes de la ventilation p a?' insufflation ou pulsion. —
CHAPITIŒ M. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOPITAIX. '«03
D'après MM. Thomas et Laiiims, qui puisaient leurs eonviclinns dans la piali(iiie des forges, où l'on répartit l'air insiilflé entre divins loyers • Il telle pi-oportion et avec telle pression que l'on veut, il était évident (pion obtiendrait dans la ventilation des locanx habités etparticnlièrenient des Iiôpilaux, l'aeeès de l'air neuf en quantité voulue en eliacun des points où on jugerait utile de le |»oiter. L'expérience acquise dans la ventilation par appel a\ait montré la difficulté d'atteindre un pareil résultat, par suite des variations de l'état atniospliéri(pie, soil au point de vue de la température, soil au point de vue de l'action du vent sur le débouché de la cheminée et sur les orifices de prise d'air. Les résultats obtenus au Théâtre-Lyrique et même à Lariboisière, malgré les soins apportés pendant les expérimentations qui y ont été faites sur l'appel, n'ont fait ([ue confirmer cette appn'cialion.
2912. Un autre avantage de la pulsion, c'est qu'elle rend la ventilation indépendante du cliauiïage et (|u'on peut l'augmenter ou la diminuer sans que le chaulfagc ait à intervenir. On sait que dans le système de la circulation d'eau chaude, le chauffage et la ventilation, partout où on s'est ser\i de ce système, sont dépendants l'un de l'autre.
2913. La pulsion permet, en outre, en dépensant une très-faible force, de puiser l'air neuf à une fauteur telle en contre-haut des toits et des bâtiments en\ironnants, qu'on peut l'obtenir ainsi aussi pur que possible, puisqu'il est à l'abri des émanations des habitations et |tlus frais en été que s'il était pris dans les cours ou près du sol, à l»roximité des surfaces échaulfées par le soleil. On a parfois, dans 1 appel, puisé l'air dans les caves pour l'avoir frais, mais cette fraîcheur des caves ne peut se maintenir longtemps ; d'ailleurs cet air habituellement ne serait pas pur, surtout s'il était pris dans les caves d'un hôpital. Il ji d'ailleurs presque toujours une odeur désagréable qui achève d'en justifier le rejet.
Prendre l'air à une grande hauteur est facile et ne coûte rien en construction, si l'on doit élever un clocher dans l'édifice. Une gaine spéciale ne serait pas d'ailleurs une dépense à condamner, du moment où elle assure la pureté de l'air. Dans des bâtiments à construire, il serait facile de réduire cette dépense au minimum. Enfin, en cas d'impossibilité, la pulsion permettrait d'aspirer l'air d'assez loin pour le prendre dans un emplacement salubre. On a dit qu'avec l'appel on pouvait arriver au même résultat; nous avons vu, quand il s'est agi du Théâtre-Lyrique, qu'en été, la quantité d'air neuf appelée par la conduite souterraine qui débouchait dans le square Saint-Jacques
n'était que le 1/6 du volume évacué par la cheminée d'appel; aussi cette galerie est-elle supprimée depuis longtemps.
2914. La puissance d'une cheminée d'appel est limitée, tandis qu'on peut organiser une machine à vajieur de manière à offrir une grande latitude; on ne peut faire croître le tirage ad libitum par l'élévation de la température, car la masse dair enlevée ne croît que comme les racines carrées des différences entre la température de la cheminée et celle de l'intérieur.
La résistance qui se produirait dans les chemmées de prise d'air neuf absorberait une grande partie de la puissance des cheminées d'appel, surtout si les premières avaient une grande hauteur; aussi ce qu'on a tenté dans ce but s'est-il borné à prendre l'air sur les toits, et l'on peut citer des cas où on a été conduit à y renoncer comme à Gw/s Hospital.
2915. Pour ventiler par pulsion, il faut nécessairement un moteur, qui le plus souvent ne peut être qu'une machine à vapeur commandant un ventilateur quelconque. Divers genres de ventilateurs sont applicables; ainsi le ventilateur à force centrifuge, disposé comme à Lariboisière pour ne produire aucun bruit ; le ventilateur à hélice, un cylindre soufflant à tiroir qui donnerait le meilleur rendement, mais dont le grand volume serait souvent un obstacle insurmontable à son placement, tout autre genre de soufflerie, pourvu quelle fût sans bruit. M. Piarron de Montdésir a essayé un autre mode en employant le système de l'injection; mais ce moyen, qui n'a pas reçu d'application suivie, est peu propre à vaincre les résistances des coudes, des étranglements que présentent les artères, et à répartir l'air neuf dans leurs circulations plus ou moins compliquées. Cependant ce moyen peut être utile parfois, quoique son rendement ne soit pas le meilleur possible (2440). Dans tous les cas, la pulsion exige une plus ou moins grande dépense de force ou de charbon. Mais une cheminée d'appel, qui ne peut fonctionner qu'en donnant à l'air évacué un excès de température de 20 à 25° sur la température extérieure, occasionne une dépense de combustible tout aussi forte et môme plus forte qu'une bonne machine (664).
Avec un moteur à vapeur, on réduit même à d'infimes proportions la dépense de combustible, quand la vapeur, après avoir agi mécaniquement, peut être appliquée à des chaulTages, et tel est le cas de tous les hôpitaux où l'on a, même en été, l'emploi de cette vapeur pour chaufler l'eau destinée à différents services, pour les bains d'eau et de vapeur, pour la buanderie, etc. Dans les hôpitaux bien organisés.
CIlAl'irUi-: VI. — CIIALTFAGK ET ASSAINISSEMENT DES Ilul-ITAIX. '.Cr,
il y ;i (lcj;i une cliniidiriv à v;i|).'iir |t.Mir ces divers usages, dr idl,. ^••rlc (|iii> raceruisseiiiciil de iiiaiii-dd'iiMv {Kuir xcnlilrr iii.-raiiM|ii(.nu'iil serait j)eu imjxirlanic.
:ilMO. Ileiiianiuons qu'une niaeliine à vai)eur pour la vniiilalini, n'a pas besoin d'être du système le plus économique an poinl de mic <le la dépense en vapeur puisque dans celte machine, sans condensation, on peut taire passer toute la vapeur dont on a hesom puiu- It's cliaullages et (jue celle-ci présente un volume supérieur à celui <iu'e\ige la faible force du système ventilant.
Lue machine à vapeur, à force variable à volonté, commandera •loue un ventilateur quelconque qui recueillera de l'air pur pour le refouler dans les salles à ventiler. Cet air pénétrera dans les sallcf^ par des orilices déterminés aussi nombreux que possible, et on am*a soin de les munir de registres ou valves qui permettront de régler le débit d'air en chaque point. La pulsion permet, en augmentant la pression iniliale, d'augmenter la (piantité d'air envoyée parles canaux de veniiJaliou, soit accidentellement, en cas d'épidémie par exemi)Je, soit dans le cas de canaux trop étroits.
2017. Le ventilateur sera installé dans une chambre spéciale, entièrement fermée à l'air ambiant, comme le dit le brevet de MM. Tbomas etLaurens, pris en juin \8o'3 au nom de M. Armengaud aîné; cette chambte est en communication directe, par un canal ou conduit en bois ou en métal ou bien en maeonnerie, avec la prise d'air pur. C'est à la base de la cheminée d'air pur que doit aboutir ce canal iLaspiration.
2918. Dans une addition au brevet, on fait remarquer qu'en disposant le sommet de la cheminée de salubrité de manière à utiliser la vitesse du vent et en terminant cette cheminée, à sa partie inlerieiue, par des tuyaux qui viennent se joindre aux orifices d'aspiration du ventilateur, on diminuera le travail mécanique à dépenser [)our l'aspiration.
2919. La ventilation par appel occasionne nécessairement ime dépression dans l'atmosplière des salles ventilées, c'est-à-dire qu'elle y mamtient une pression moindre que la pression atmosphéiique ; de là les rentrées d'air par les joints des portes et des fenêtres et par toutes les ouvertures accidentelles, ce qin produit des courants irréguliers et incommodes.
2920. La ventilation par i.nlsion permet de faire l'inverse, c'està-dire d'avoir dans les locaux ventilés un léger excès de pression. La fixation de cet excès de pression est assez délicate. Il peut être tel
péclet. m. OQ
qu'il suffise à l'évacuation de l'air vicié. Mais pour que la répartition à l'évacuation soit régulière, il faut des locaux convenablement construits et disposés, il faut que les portes soient doubles et munies detambours, de manière qu'elles ne puissent être constamment ouvertes ou entiebàillées comme cela a lieu à Lariboisière.
2921. Ce moyen, l'excès de pression, avait réussi dans des ateliers. Mais il y avait à prévoir que dans cei'tains cas, il y aurait lieu de joindre l'appel à la pulsion en vue d'une bonne évacuation del'air vicié. C'est ce que dans le brevet déjà cité on dénonuiie « action d'appel limitée » ; cette action permet de régler la pression que l'on juge à propos d'établir dans les salles, la rend soit égale, soit inférieure à la pression extérieure. Mais l'usage de cet auxiliaire demande à être fait avec soin; si l'action était trop énergique, le système serait vicié et l'appel serait plus nuisible qu'utile.
2922. Dès qu'il fut question de mettre en œuvre la pulsion à Lariboisière, les plus fortes préventions et des objections dont la source n'était peut-être pas tout à fait désintéressée, s'élevèrent contre toute idée de pression dans les salles de malades quelque faible qu'elle fût. Cbacun sait cependant que la dépression, c'està-dire la baisse un peu forte du baromètre, n'est pas favorable à la santé des valétudinaires et des malades, tandis que la hausse du baromètre à 77 centimètres ne produit pas de mauvais effets. Que pourrait donc, au point de vue médical, produire un excès de pression de 20,25 ou 30 millimètres d'eau, alors que nous avons vu, cet hiver, le baromètre varier de plus de 35 millimètres, soit de 472 millimètres d'eau. Ce qu'il nous paraît important d'éviter, ce n'est pas une pression plus forte ou moins forte de quelques millimètres, mais bien l'irrégularité dans la pression. Ce sont surtout les changements brusques de pression qui sont défavorables.
2923. La marine anglaise a appliqué récemment la pulsion dans des conditions toutes particulières. Avec les énormes puissances que l'on donne actuellement aux machines marines, il n'y a guère moyen d'avoir des cheminées hautes de diamètres suffisants. Souffler de l'air sous les grilles dans des cendriers formés avec une machine, fait trop souvent brijler la chaudière ; on en est venu à mettre les chauffeurs dans un enfer paifailement clos, un ventilateur prenant l'air sur le pont, l'insuffle dans l'enfer où il se maintient à une certaine pression. Dans la séance de la Société d'encouragement du 8 décembre 1876, M. de Fréminville, ingénieur de la niarine française, en décrivant un yacht d'une légèreté et d'une
CIIAIMTRK M. — CIl.UFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOPITAI'X. -167
vitesse ex(r;ntnlinain\ cilc coiniiie fais.iiil iiarlic du systôinc (iiii a l»ro(liiil CCS ivsiiKats, riiisurilalidii de l'air dans la chamhin des eliauHems parmi veiitilaleiir qui y mainfieiil la pression à 100 on 150 inilliniètres d'ean.
2924. Dispositions employcrs à Larihoisicrc. — La ventilation est elTêctiiée avee de l'air recueilli aii-dessiis des toits, à nnc assez
grande haiilenr dans l'alniosplière \ r qu'il soit pur de toutes les
émanations cpii se produisent dans un hôpital.
Le clocher (le la chaix'lle, par sa hauteur et sa forme, s'est trouvé parfaitement disposé pour cela. On s'est contenté, pour toute appropriation, de donner aux lames des abat-son deux inclinaisons, de manière à utiliser la vitesse du vent qui, après les avoir traversées, arrive dans la gaine a b (fig. 688), formée par l'un des quaire piliers creux de ce clocher. La dépense de construction pour avoir de l'air liur a donc été insignifiante, loin de s'être élevée, comme le général Moriii l'a publié, à celle delà construction d'une haute cheminée daii^ 1 lultM-ieur de ce clocher, ce qui d'ailleurs eût été impossible dans un clocher tout bâti. Le mode de construction de celui-ci comportait, à ses quatre angles, des pibers creux, à parois épaisses, en pierres de taille ; on n'a donc fait qu'utiliser l'un de ces i)iliers pour l'arrivée de l'air pur ; c'est par ce moyen qu'est encore fourni aujourd'hui tout l'tiirde la ventilation par pulsion.
2925. La figure 687 est une coupe générale au rez-de-chaussée delà moitié de droite de l'hôpital ; la disposition des salles de la moitié de gauche est identique. Mais cette coupe horizontale est prise dans la cave par le pavillon n° 2, au premier étage pour le pavillon n" 4 et au second étage par le pavillon n° 6 ; une galerie souterraine dans laquelle débouche la cave de chaque pavillon règne sous tout le pourtour de l'édifice ; cette galerie est elle-même située sous le portique à arcades qui passe devant les pavillons et les chauffoirs P,P et entoure aussi la grande cour XY ; la cage d'escaliers de chaque jtavillon et les chauffoirs ou promenoirs communiquent avec ce porti(|ue dont les arcades sont fermées par des vitrages.
Dans la partie ZZ de la galerie souterraine sont établies les machines à vapeur et celles de ventilation. Cette chambre communique d<' plain-pied avec celle des chaudières y, /<, qui sont en contre-bas du sol, dans la cour U ; c'est également dans cette galerie souter- • raine que sont placés les tuyaux en tôle qui portent l'air de ventilation à chaque pavillon, ainsi que les tuyaux de vapeur pour le chauffage des salles et ceux de retour d'eau, les tuyaux d'air sont suspendus
;iu liant de la f;nlerio \isiI)lo et accessible de toutes parts. Les tuyaux de vapeur et de retour d'eau sont placés dans un caniveau souterrain recouvert à niveau du sol par des panneaux qui permettent la visite et les réparations s'il y a lieu.
2926. Un ventilateur B, fig. G87 et 688, à force centrifuge, dont l'enveloppe a la forme spirale, et qui par sa disposition et sa construction évite tout bruit inconnnode, aspire l'air neuf })ar l'intermédiaire du pilier creux a h du clocher (fig. 688) et le refoule par l'artère DEF ; il est mis en mouvement à l'aide d'une simple courroie par une machine à vapeur à détente, sans condensation, d'une force variable, et dont la vapeur de fuite est absorbée en toute saison par des chauffages. En hiver et môme en été, cette vapeur ne suffit pas à tous les chauffages accessoires de Lariboisière. Tout est disposé pour suppléer à cette insuffisance par des prises directes sur les chaudières, le rapport des vitesses de la machine et du ventilateur est de 1 à 4 ; en marche normale la machine doit faire de 90 à 100 tours par minute. Remarquons qu'il y a un second ventilateur B' pourvu aussi de sa machine à vapeur, mais qu'un seul de ces mécanismes suffit largement en tout temps à la ventilation de ce côté de l'hôpital. Le second appareil avait -été indiqué dans le projet de concours, alors que l'hôpital tout entier devait, conformément à la règle de toute bonne administration, être pourvu d'un seul système. Lors de l'exécution réduite, on conseilla à l'administration de conserver cette seconde équipe, comme moyen de rechange ; mais cela n'est point une nécessité avec des machines bien construites.
2927. Lors de l'entreprise soumissionnée par M. Farcot. il avait été admis que les travaux d'appropriation du local, où serait placée la machine ventilatrice, afin de la mettre à l'abri de toute arrivée d'air autre que celle du clocher, seraient à la charge de la construction de l'édifice. Mais rien ne fut fait dans ce but et c'est sur cet état de choses incomplet qu'ont eu lieu les expériences publiées et dont nous parlerons plus loin. Nous avons vu ce que les auteurs du système proposaient de faire à ce sujet, mais ils n'eurent point la faculté de compléter leurs travaux à cet égard. Toutefois on doit à M. Ser d'avoir établi ce complément lorsqu'il devint plus tard ingénieur de l'Assistance publique de Paris ; c'est ainsi que les ventilateurs B et B' ont été enfermés dans une enveloppe hermétique n,ti,u,u qui n'a de communication qu'avec la gaîne ab du clocher par le canal souterrain s,s,s.
2928. Trois générateurs timbrés à S atmosphères 1/2 sont placés
ClIAPiritK VI. — CIIAIFFAGE ET ASSAINISSEMENT UES IIOI'ITALX- A(j*J
en^.y.y, avec leur cliiMiiinée en .V ; à r<iii;j;im' il ny en a\;iil <|iii' dmix qui pivscnlaiciit tMiscmltlt^ une sml'act' de rli.iiill't' (iCiiNintii l(i()""«. Mais nu rccoiiiiiil liicnlot (|u"iiii tinisirtiic izi'iit'ialciir ('tait m-cessaire, à raison de l'aujiiiK'nlalinii dinmco an M'^^il•t' dahmil prévu df la buanderie, (jui dessert uou-seuleuieut Larilioisicre, mais encore d'autres liùpiiaux; on voit en partie celle buanderie en /.//.
2929. Une conduite de \apeur part de la machine et peut recevoir un complément des générateurs. Cette vapeur à faible pression circule dans la galerie souterraine tnm?n in, en donnant un brancbeniL'ut dans chaque paxilidu: un tuyau de retour d'eau ooo suit le même trajet et aboutit dans le réservoir fermé ?i, placé dans la cave R, derrière les machines. Ce réservoir sert à ralimenlalion des chaudières : la pompe alimentaire y reprend les vapeurs condensées, auxquelles on ajoute de l'eau quand il en est besoin. En t, s on voit les tuyaux de vapeur et le retour d'eau qui desservent la communauté; o' , o' , o', sont les calorifères à vapeur de ce bâtiment. Ces mêmes tuyaux ont des branchements qui vont aux bains de \apeury et rj. La prise de vapeur pour la buanderie est faite directement sur les générateurs : les conduits qui la desservent n'ont pu être figurés. A côté des généralems est un vaste réservoir d'eau que l'on chauffe à la vapeur pour les bains ordinaires des hommes. Un autre réser\oir tout semblable existe de l'autre côté en regard du premier.
Enfin, en S est placée une pompe que le moteur à vapeur met aussi en mouvement, et qui fournit Teau à Ihôpital. Elle aspire l'eau par une conduite d'environ 300 mètres de long dans l'aqueduc de ceinture du canal de l'Ourcq qui passe derrière Saint-Vincent de Paul.
2930. Suivons maintenant le fonctionnement de l'appareil : nous le prendrons d'abord pendant l'été, parce que c'est le cas le plus simple. L'air pur, pris au sommet du clocher, arrive au ventilateur par l'action aspirante de celui-ci, à laquelle la vitesse naturelle du vent vient en aide. Cet air est ensuite refoulé dans une conduite en tôle D E F, qui est suspendue à la voûte de la galerie souterraine et passe devant chacune des caves existant sous les pavillons.
De cette artère D E F part, au i)assage de chaque pavillon, un branchement tel que G' G', qui luiunit l'air nécessaire à la ventilation de ce paNillun. Chaque branchement se subdivise lui-même en plusieurs répartiteurs pour porter l'air aux trois étages de salles de malades. La coupe horizontale faite dans la cave du pa\illon n" 2 montre ce partage de l'air. Le répartiteur G' G' est un tuyau de tôle
suspendu à la voûte de la cave : il fournit en z, i, i, i dans le caniveau :;", sur lequel les poêles sont placés, l'air de ventilation du rezde-chaussée.
En :c, a:, aux deux extrémités de cette cave, il y a un sous-répartiteur qui fournit l'air à deux gaines ménagées dans l'épaisseur de chaque mur de refend; c'est l'air de ventilation du premier étage qui suit ce chemin. Ces gaines aboutissent à un caniveau s' établi dans l'épaisseur du plancher de cet étage et situé en son milieu dans toute sa longueur. Deux autres sous-embranchements ?/, y aboutissent à deux autres gaines logées de même dans l'épaisscnu' des murs et communiquant avec le caniveau central z exécuté dans l'épaisseur du plancher du deuxième étage, qui reçoit ainsi son air de ventilation d'une manière tout à fait semblable à ce que nous avons vu pour le premier.
2931. Ainsi deux gaînes verticales amènent l'air neuf à chacune des extrémités des salles du premier et du deuxième étage et chacun de ces couples de gaînes alimente deux poêles. Ces gaînes n'avaient pas été établies pour le système de la pulsion ; elles avaient été préparées par l'architecte pour un autre objet. Il a fallu les employer telles qu'elles étaient. 11 avait été question de placer au centre de chaque pavillon, et montant de salle en salle une colonne en métal qui y eût porté l'air en évitant des coudes et des résistances, mais l'architecte ne voulut pas de cette disposition peu en harmonie avec sa décoration. Les caniveaux cc'c"(fig. 689) qui ont été construits dans l'axe des salles et sur toute leur longueur, pour recevoir l'air neuf et contenir les tuyaux de vapeur et de retour d'eau, n'avaient pas été davantage prévus lors de l'édification du monument ; cette circonstance obligea à en restreindre la section et à réduire l'épaisseur de leurs parois. Les fermes en fer du plancher n'étaient pas disposées pour laisser passer ces caniveaux^ elles créaient des obstacles à la liaison des murettes d'une travée à la suivante ; les tassements qui se font toujours dans un bâtiment neuf augmentent encore cette défectuosité. Si le projet de la pulsion avait été arrêté en même temps que celui des bâtiments, ces gaînes et ces caniveaux eussent été de dimensions plus convenables et mieux construits.
2932. Les caniveaux sont en briques, avec un simple enduit en plâtre ; ils sont recouverts par des plaques de fonte qui fonctionnent comme surface de chaufi'e tout en permettant la visite des tuyaux et le nettoyage des caniveaux eux-mêmes, lequel doit être opéré, au mininuun, une fois par an.
CnAPlTHE VI. — CIIAIFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. 471
293.1. Cliaquo c'Ingt' contitMit une firande salle do (rcntc-dciix lits, è rexlroinilé do laiiiiollo so Iruiivo uno piùco rôsorvôo où il y a doux . iits, comme le montrent les coupes horizontales des pavillons n" 6 et «" 4. Au milieu de chaque salle, et sous son parquet, se trouve donc 4o caniveau contenant l'air de ventilation. Sur ce caniveau, on a posé <lans chaque sallo, (luatre poêles :;, z, z, z, vus dans la coupe horizontale du pavillon n" 4 et dans les coupes longitudinale et transversale (fig. G88et689).
Ces poêles, traversés dans leur hauteur par douze tuyaux, servent d'orifices principaux d'entrée p(uir l'air de ventilation. 11 y a (rois autres bouches d'air. Dans chaque chambre à deux lits est également un poêle qui donne accès à l'air neuf.
Enfin, des branchements partant de l'artère générale donnent la ventilation aux quatre promenoirs, P, P, P, P, dans chacun desquels •sont placés deux poêles )\ r, par lesquels entre l'air neuf.
2934. L'air de ventilation débouche dans les salles avec une faible vitesse; on a observé qu'il s'y distribuait régulièrement, quand on prenait soin de régler les valves d'admission, et avec une uniformité incomparablement plus grande que dans la ventilation par appel, •dont on avait la comparaison de l'autre côté de l'hôpital.
2935. L'air s'en va de chaque salle par dix-huit gaines et par une ■dix-neuviême dans la chambre réservée; toutes sont pratiquées dans l'épaisseur des murs et chacune débouche par deux orifices au parement du mur de la salle de malades. L'un de ces orifices ?^, n, n (fig. G89) est en bas, près du parquet ; c'est la ventouse d'hiver : l'autre, ;;,;?,/>, qui se trouve à 2 mètres environ au-dessus, est la ventouse d'été (fig. 688 et G89). L'une et l'autre sont pourvues d'un registre que l'on tient ouvert ou fermé, suivant la saison. Les gaines de tous les étages aboutissent au grenier; celles du mur de gauche, dans le caniveau .9, et celles du mur de droite, dans le caniveau t. €es deux caniveaux établis au grenier, dans les bas côtés de la toiture, aboutissent chacun par un coffre posé en leur milieu sous le versant du toit à la cheminée d'évacuation Y (fig. 088 et 089), qui €st placée au centre du pavillon. Les caves sont libres, ne contenant ni foyers, ni appareils à surveiller : c'est un avantage de ce système <^ur celui de l'eau chaude et de l'air chaud dont l'emploi obstrue une grande partie du grenier et des caves.
2936. Postérieurement à l'installation première, il a été établi dans la cheminée d'évacuation de ch ique pavillon, un foyer de chaleur alimenté par la vapeur de fuite de la machine, afin d'aider à la
sortie de l'air vicié an moyen de l'appel liniilé (2921). On se trouvait en clTet dans les conditions de pression que nous avons signalées alors. La surface de chantre de ce foyer à température modérée est seulement de 24""' environ, c'est-à-dire à peine un peu plus du quart de la surface de chautîe du foyer d'aiipel du côté de l'eau chaude ; cette dernière surface de chautîe ne peut pas, cependant, donner en été, par les orifices des poêles, une ventilation comparahle à celle qu'on obtient du côté de la pulsion,
2937. En tète de chaque pavillon est un avant- corps qui renferme la cage d'escaUer, et, à chaque étage, diverses pièces pour le service, telles que la chambre des sœurs, un office et une salle de bains. La coupe des pavillons n° 4 et n° 6 montre ces salles au premier et au deuxième étage. Dans les offices se trouve un appareil chautl'é à la vapeur pour les tisanes, le linge, etc., et le chaulîage des bains des salles, plus un foyer à feu nu pour les cataplasmes. En été, toutes les vapeurs de fuite sont, comme nous l'avons déjà dit, complètement utilisées. Il faut même recourir largement à la vapeur des générateurs pour suffire aux chauffages accessoires.
2938. J'ai montré comment l'air de ventilation était aussi pur que possible, dans ce système, par suite de sa prise au haut du clocher. Avec le système de l'appel, on prend l'air dans les cours, dans les caves au contact des murs ou du sol, et quelquefois à proximité de lieux infectés de miasmes.
2939. Il me reste à mentionner un autre avantage de l'idée de prendre l'air à une grande hauteur dans l'atmosphère et que MM. Thomas et Laurens avaient aussi en vue : c'était d'obtenir pendant les chaleurs, de l'air de ventilation à une température sensiblement inférieure à celle des cours, ou des locaux qui environnent les salles à assainir. Le rafraîchissement de l'air de ventilation pendant l'été fut bien souvent demandé ; pour les hôpitaux, il peut avoir des résultats précieux. Aussi nombre d'appareils ont-ils été proposés pour cet objet : ceux qui pouvaient produire l'elfet annoncé étaient fondés sur l'emploi de la glace, procédé d'une exécution incommode, et souvent môme impraticable, à raison de la dépense qu'il occasionnerait.
On a observé, à Lariboisière, que, pendant les chaleurs de l'été, la ditVérence de température entre l'air pris au clocher et celle de l'air ambiant à l'ombre était d'au moins 4° ; qu'à de certains moments, elle a môme dépassé ce dernier chitïre. Ces résultats sont très-importants, et ils trouveront certainement leur application dans nombre d'autres circonstances.
CHAPITRK M. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOIMTAIX. 'nil
2940. Le fjonéral Morin a contesté ces résultats [Êtmlfs sur In vontUtitum, tome I, jinge 142) en s'ap|niy;iiit sur ee que, d'après les e\|)ériences de M. Becquerel, les températures de l'air pris en pleine campagne vont en croissant à partir du sol jusqu'à une certaine hauleur. Nous ferons observer qu'il n'y a pas lieu de concliue de ce qui se passe en rase campagne à ce qui doit se passer duns une ville, au milieu d'habitations, où des surfaces étendues sont exposées au soleil dans un espace restreint. La plus grande pureté de l'air est d'abord un fait incontestable quand on le prend à 25 ou 3o mètres au-dessus du sol et de plus à distance des habitations; il est tout aussi évident qu'il devra être plus frais que si on le recueille dans une cour éehautlee par la réverbération des murs qui l'entourent ou au parement de façades que le soleil a frappées toute la journée, comme cela se fait pour l'appel à Lariboisière, auprès d'un sol exposé à la même influence. Pour atteindre le double but d'obtenir de l'air frais et pur, il convient donc de prendre l'air en contre-haut des toits et non à la surface de ceux-ci. Le sonmiet du clocher de Lariboisière se trouvait donc dans les conditions propices à produire l'elTet signalé, puisqu'il est complètement dégagé de toutes les constructions de l'hôpital et que de chaque côté les bâtiments de malades sont à 40 mètres de distance. On peut donc être un phi/sicien instruit et ne pas admettre que la loi des variations des températures de l'atmosphère, dans une cour, dans une rue, dans un espace confiné, est le même qu'en rase campagne. Les expériences directes que nous avons indiquées plus haut viennent d'ailleurs clore la discussion et prouvent la vérité du fait.
2941. Un peut se rendre compte de l'importance du résultat obtenu en abaissant par ce moyen la température de l'air de ventilation, si l'on calcule la quantité de glace qu'il faudrait employer pour obtenir un abaissement de température de o°.
Prenons 300 malades à ventiler et le chiffre de 100 mètres cubes par malade et par heure ; la température de l'air à rafraîchir est de 30°: on veut la ramener à 25". La quantité de chaleur qu'il faudra absorber par la fusion de la glace, sera représentée par
30000 X 1,3 X 0,2377 (30 — 2:i) = 46300 calories.
Un kilogramme de glace absorbe 79 calories pour se fondre, l'eau restant à 0": cette eau étant elle-même portée à 25°, la quantité de chaleur absorbée par kilogramme de glace serait alors de 79 -f- 25 :=
104 calories. Mais on ne pourrait compter pratiquement arriver à <3clian(ïer autant la glace fondue avant de la perdre. Prenant donc •comme maximum 100 calories par kilogramme de glace fondue, nous
trouverions encore qu'il en faudrait -j^ = 40.j kilogrammes de glace
pour abaisser de 5 degrés Tair de ventdation de 3ûO malades. En admettant seulement douze heures de ce rafraîchissement de l'air par chaque jour de chaleur, on arrive à une consommation de o,G00 kilo- ^Tammes de glace.
Au prix de 0,0o le kil., la dépense pour ce mode de rafraîchissement s'élèverait à 280 francs par jour. Ce chiffre ne comprend pas les frais de manipulation, ni ceux d'entretien et d'établissement des appareils indispensables. Avec les procédés nouveaux, ce serait 0'^'',02 le kilogramme que coûterait la glace, la dépense serait encore de ] 12 francs, et celte dépense fût-elle moitié moindre, deux ou trois jours seulement d'action réfrigérante, conteraient autant que l'intérêt annuel du coût d'une cheminée pour l'air neuf,
2942. Les volumes d'air que MM. Thomas et Laurens, par expérience à Lariboisière, ont reconnus utiles pour obtenir une ventilation parfaitement salubre dans un hôpital, sont bien supérieurs à tout ce qui avait été proposé antérieurement. Ils vont à 80 mètres cubes, 100 mètres cubes et plus par malade et par heure, le minimum est de 60 mètres cubes : les salles de chiruigie sont celles qui exigent le plus grand volume d'air ; parfois même il convient d'y atteindre 120 mètres cubes.
2943. Le programme du concours dressé par l'Administration pour Lariboisière, demandait 20 mètres cubes d'air par malade et par heure, avec faculté de doubler momentanément cette quantité. Doubler avec les mêmes appareils un volume d'air un peu important n'est guère praticable qu'à l'aide de la ventilation insufflée, quand toutefois on a eu soin d'installer une machine d'une puissance qu'on peut faire varier.
2944. Si l'accroissement de la ventilation devenait nécessaire, par l'action mécanique il serait toujours possible, au moyen d'un accroissement'de travail, facile h réaliser gratuitement dans un hospice par l'utilisation de la vapeur d'échappement de la machine. La prévision de doubler la ventilation n'a plus guère d'utilité avec les grands volumes d'air reconnus nécessaires aujourd'hui : il n'en était pas de même quand on ventilait avec des volumes trop réduits. Mais il est bon de voir à quel prix, dans les deux systèmes de venti-
CIlAl'ITHE VI. — CIIAIFFACI' ET ASSAINISSEMENT MES IIOPITALX. i".")
liilinii. MM pt'iil olilcilir racoroisscmoiil (riiiic voiililalioii donn»''*», en sii|)|tit>ant le cas où la marliinc cxi^^riiiil drlrr rliaiiHi'c s|t('ci;il('nn'nl : dans ce cas assez rare, la dt''|it'iise de condtiislilili' (roilrait sensiblement avec le travail, I(mjiicI aiii^iiicntc itoiii- la \enlilalion mécanique comme le cid)e des volumes d'îiir insulllés dans les circonslances les plus défavoralles : ainsi la dépense de combustible pour des ventilations par pulsion 1 fois, 3 fois plus grandes, serait 8 fois, 27 fois plus grande ; tandis (jue pour la ventilation par une cliemini'e d'appel, en supposant la température extérieun? de (t% la tempt'ratiue intérieure de la", et celle de la clieminée d'appel de 30°, la liaiiteur de lu cheminée de 10 mètres, celle des pièces de 5 mètres, jai démontré (2388^ que l'on ne pourrait augmenter l'appel que dans le rapport de 1 a 1,55 en portant la température de la clieminée à 273°, c'est-à-dire à celle qui produit le maximum d'appel, et cela avec une dépense 14 fois plus grande. Les circonstances que j'ai supposées sont celles de l'hôpital Lariboisière, pour la hauteur de la cheminée de M. Duvoir et pour rélé\ation de la salle du second étage.
On voit que par l'appel, ou ne pourrait augmenter la ventilation que dans le rapport de i à 1,55 et cela avec une dépense presque double de celle qui permettrait xle la doubler au moyen de la pulsion. On peut ajouter que l'emploi de l'eau chaude ne permettrait en aucun cas d'obtenir la température de 273° dans la cheminée, ce qui supposerait des pressions absolument inusitées en industrie et dont l'emploi constituerait un danger permanent et considérable.
2945. Expérioicrs dirersrs Sitr le s:i/s;tcmo de la pulsion à Lariboisière. — Des expériences comparatives ont été faites sur le système de la pulsion et celui de l'appel à Lariboisière ; nous avons déjà indiqué et discuté les résultats qui concernent ce dernier système; nous allons exposer les résultats troinés pour le premier.
2946. Il est juste de faire remarquer, avant tout, la différence de situation qui s'est produite, lors des expérimentations, entre les conditions de marche des deux installations : la maison Duvoir, après avoir monté son appareil à Lariboisière, était chargée, pour un prix déterminé par jour, de chauffer les trois pavillons de gauche pendant un assez grand nombre d'années ; d'après ce marché, elle n'avait pas à ventiler pendant l'été; les agents et chaulfeurs étaient tous employés de celte maison, soumis à ses ordres et à ses instructions.
La maison Farcot, au contraire, avait l'entreprise de la pulsion,
mais ollo no s'était chargée ni de la conduite ni de l'entietien des appareils, et les laissait, une fois terminés, à l'Administration de l'Assistance publique qui les faisait fonctionner par ses agents : un mécanicien-chaulfeur et des aides. MM. Thomas et Lanrens, n'étant entrepnMUMus en aucune façon, n'avaient ])as même été convoqués pour assister aux expériences de réception des travaux.
Ainsi du côté de l'appel les expériences ne pouvaient se faire à l'insu du constructeur qui, dans certains cas, était même prévenu de tout mettre en état. Il en était tout autrement du côté de la pulsion. Les auteurs du système ne furent présents à aucune des expériences, ils n'eurent pas à faire connaître les travaux complémentaires qu'ils désiraient, ni même à constater si on avait rempli les conditions normales dans lesquelles leurs appareils devaient être établis.
2947. Il en résulte donc que les expériences relatives à l'appel ont été faites dans les conditions les plus favorables au système et qu'il n'en est pas de même pour la pulsion. C'est pourquoi on trouvera inutile de s'arrêter sur ce résultat d'expérience qui constate que le ventilateur ne prend au clocher qu'une quantité d'eau moindre que celle qu'il refoule ; on pourrait, en elîet, faire cesser cet état de choses quand on le voudrait. Cette expérience devait simplement être faite une fois pour démontrer à l'Administration qu'il y avait lieu de clore la chambre des ventilateurs ; ce qui du reste a été fait plus tard.
2948. On a constaté aussi que les volumes d'air introduits ne sont pas les mêmes à tous les pavillons et à tous les poêles ; comme il y avait des valves pour régler les débits, il aurait fallu faire ces règlements qui auraient amené la répartition de l'air au degré désiré dans chaque salle avec une approximation impossible à atteindre par l'appel.
2949. On a signalé aussi des ditférences entre les volumes d'air refoulés et ceux que les poêles écoulent ; ces derniers ne sont pas cependant les seules voies par lesquelles l'air pénètre ; il y a en outre par salle trois autres ventouses dans le parquet ; en plus de ces voies d'accès réguliers, il y en a d'autres qu'une observation attentive aurait fait découvrir : ce sont les ouvertures accessoires ; tels sont les joints longitudinaux et transversaux des plaques de fonte qui recouvrent les caniveaux dans toute la longueur des salles, les orifices ménagés dans ces plaques pour la manœuvre des robinets ; les soubassements des poêles qui ne sont pas reliés au plancher par un inutile joint hermétique ; enfin de toute la longueur des salles les