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29G0. En ramenant le volume à 76 tours de la machine pour le comparer aux chitîres de M. Grassi, on a trouvé 70"', 42 d'air introduit par les poêles, par chaque lit, sans tenir compte de l'air fourni par les oriflces accessoires et leur ouverture accidentelle, tandis que le volume sorti par les gaines d'évacuation était de 68™%50, cette différence s'explique par ce fait qu'avec la pulsion l'air tend aussi à sortir par les ouvertures autres que les gaines. Si les chiffres de ce tableau ditïèrent de ceux du n*" 29S3, cela tient à ce que la machine n'a pas marché à 88 tours comme dans l'autre cas et aussi à ce qu'on n'a pas tenu compte des rentrées d'air indépendantes des poêles. Le jaugeage dans la cheminée générale d'évacuation du pavillon a donné 6o75 mètres cubes, nombre qui s'accorde assez bien avec les chiffres précédents.
Il y a de chaque côté des salles 9 gaines d'évacuation ménagées dans l'épaisseur des murs ; 9 au nord et 9 au sud ; dans le jaugeage que ces mêmes expérimentateurs ont opéré sur ces gaines, tantôt c'est une gaine du nord qui l'emporte sur sa correspondante du sud, tantôt c'est le contraire. Ces gaines ont toutes d'ailleurs un débit différent. Cela tient certainement aux inégalités de section, aux irrégularités de la surface, quel que soit le système de ventilation adopté, ces gaines devraient être faites avec un soin particuher, il serait bon de les revêtir d'un enduit stuqué à l'intérieur.
Péclet. III. 31
Toutefois, rcvacuation par les gaînos est aussi régulière qu'on pourrait l'espérer en pareille circonstance, quand les fenêtres sont fermées.
2901. Des expériences, faites en avril 1861 par MM. P. Leblanc et Ser, ont donné par lit un volume de 42 mètres cubes d'air entré par les poêles ; la macbine avait une vitesse bien inférieure à sa vitesse normale, et on ne tenait pas compte des autres arrivées d'air. Ces cbilTres ne peuvent être comparés à ceux que nous avons cités précédemment et, dans tous les cas, ils ne les infirment pas. L'objet particulier de ces expériences parait avoir été d'examiner l'effet que produirait, dans la clieminée d'évacuation d'un pavillon, l'introduction d'un foyer formé par un certain nombre de becs de gaz, afin d'en accélérer le débit, la température y a été portée à 33% 5a°y 59" ; ce qui correspond à un excès de 41° à 47° sur la température extérieure. La machine à vitesse réduite et le gaz fonctionnant ensemble et la dépense de gaz étant fort considérable (8 mètres cubes par heure), le volume d'air mesuré dans la cheminée s'est élevé à 53 mètres cubes, soit seulement 11 à 12 mètres cubes de plus que ce qui entrait par les poêles. Quand la machine marchait seule, le volume évacué par la cheminée d'appel était de 31 mètres cubes par lit ; il faut donc admettre, dans le cas observé, que le quart de l'air entré dans les salles par les poêles en est sorti par d'autres issues que celles de la cheminée centrale.
Avec le gaz seul on constate 40 mètres cubes par lit dans la cheminée d'appel, la presque totalité de cet air devait provenir, par suite d'un appel assez énergique des joints des portes et des fenêtres, des ouvertures des portes, etc. On n'a pas constaté l'intensité des courants d'air qui se faisaient alors autour de la tête des lits.
2902. En décembre 1800 et janvier 1861, le général Morin reprit ces expériences dans le but de prouver qu'une large part doit être attribuée à l'appel dans la ventdation par pulsion. A cet effet, on a mesuré le volume d'air débité par la cheminée d'un pavillon quand le ventilateur marchait et quand il ne marchait pas. On a fait le rapport des deux chiffres obtenus ainsi isolément, et on a conclu que ce rapport indique la part proportionnelle de l'appel dans cette ventilation, lorsque le ventilateur fonctionne. C'est là une hypothèse gratuite; rien absolument ne prouve que quand la machine marche, un semblable partage ait lieu.
Une seconde expérience a été faite sur deux poêles d'un pavillon, sans mesurera aucun moment ce que fournissait le répartiteur GG'
CFIAPITIIE VI. — ClIAl'FF.xr.E ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. 4811
(Ir ce piivillon. alors (jiic la inafliine marchait ; on a (Ictcrniiii»'- (;c que «l(»nnaiciil ces (I«mi\ itorlcs |M'ii(lant la iiiarclie on l'arn'l de la iiiacliiiic. Le rapport entre les volumes daii" écoulé n'est |kis le même que dans roxpérience précédente, il est moins en faveur de lappel, (pioi(pi'on ait laissé marcher la maeliint; à des vitesses irrégniiéres et toujours intérieures à sa ^itesse normale.
2963. La conclusion qu'on doit tirer de ces expériences, conclusion (pi'on pourrait prévoir ^/ yy/voW, c'est (pie dans certaines conditions de pression ou [ilutùt de dépression voulm^ dans les locaux, il ne faut pas négliger le secours que l'on peut demander à l'appel. Et la possibilité des expériences indiquées montre que les auteurs du système n'avaient pas négligé cet auxiliaire, la ventilation naturelle. <>n conçoit, en ellet, que dans l'incertitude où l'on était, lors de cette première application de la pulsion dans un hôpital ; sur la j)ression (pi'on aurait pu exiger, voire même sur l'absence de toute pression dans les locaux, en présence du toile général soulevé quand fut émise l'idée de l'insufflation, on conçoit, disons-nous, que des mesures aient été prises en conséquence dans le projet final ; aussi l'évacuation de l'air vicié s'effectuait de bas en haut par de nombreuses gaines verticales qui se rendaient directement au grenier de chaque pavillon dans deux grands canaux horizontaux du milieu des([uels parlait ime manche en i)igeonnage qui aboutissait à une cheminée unique. Le général Morin dit que rien ne serait plus facile que d'accroître à peu de frais l'action d'aspiration de ciîtte cheminée. C'est ce qui a été fait plus tard, comme nous l'avons dit, afin d'être à l'abri de l'action du vent, de régulariser le débit des gaines d'évacuation et d'obtenir dans les salles une différence de pression sensiblement nulle avec la pression extérieure ; mais il importe que cet appel auxiliaire soit facile à régler et à modérer alin ([uil ne dépasse pas la limite (|ue Ton doit lui lixer ; autrement, il \icierait le système et servirait à provoquer de toutes parts des rentrées de l'air extérieur (fui se substitueraient d'une façon nuisible à une portion de l'air de pulsion.
Il n'en est pas moins évident qu'on peut se passer de cet auxiliaire, qui peut, dans certains cas, donner plus qu'on ne lui demande, ])our ventiler des locaux habités, qui, convenablement disposés, fourniront, avec la jtulsion, un certain excès de pression sur la [)ression extérieure.
290i, Une particularité de la ventilation par }iulsion (pii doit attirer l'attention, c'est (pie l'ouverture d'un certain nombre de fenè-
très n'inlliie pas défavorabloment sur le débit dans la salle et ne modifie que peu la répartition de l'air. Ce résultat était attendu; mais on en trouve la constatation dans les expériences de M. Grassi. Ainsi dans une des salles on a pris quatre croisées qui se correspondent, deux sur chaque face : portes et fenêtres fermées, le volume d'air vicié écoulé par la gaine située entre deux de ces fenêtres était de 222 mètres cubes par heure. Après l'ouverture des deux croisées entre lesquelles se trouve la gaine, la dépense de celle-ci était de 1G2 mètres cubes. Les deux croisées en face étant en outre ouvertes, cette dépense descendit à 158 mètres cubes; enfin, en fermant les deux croisées voisines, et ne laissant ouvertes que les deux en face, la dépense remonta à 165 mètres cubes. É\idemment l'air qui ne sortait plus par la gaine s'écoulait par les fenêtres ; mais on voit que, dans la circonstance la plus défavorable, la gaîne emportait un fort volume d'air, loin de laisser descendre dans la salle de l'air vicié.
29G5. Dans une des expériences faites, il est arrivé que, lorsqu'un nombre plus ou moins grand de fenêtres ont été ouvertes dans la salle, certaines gaines, situées près de ces fenêtres, ont donné lieu à un retour d'air vicié; ce fait n'est pas constant, puisque M. Grassi avait constaté le contraire dans ses expériences. Si cependant il n'était pas dû aux circonstances de pression de l'air et de vitesse de la machine dans lesquelles on opérait, la seule conséquence qu'il y aurait lieu d'en tirer serait qu'il faudrait prendre soin, quand on ouvre des fenêtres, de fermer les gaines d'évacuation qui sont à leur proximité, au moyen des registres dont les gaines sont fournies, l'entrée de l'air poussé à travers les poêles n'en serait nullement modifiée, et cet air ne pourrait séjourner dans la salle par suite même de l'accroissement des orifices de sortie qui lui serait fourni par l'ouverture des fenêtres ; tout cela serait facile puisque, dans un hôpital, les fenêtres ne doivent être ouvertes que par des gens de service.
29GG. A Lariboisière, la ventilation insufflée marche de jour et de nuit avec la même intensité ; de plus, elle fonctionne avec la même énergie en toute saison. La ventilation par appel n'est pas astreinte à cette permanence de l'autre côté de l'hôpital, ce qui diminue notablement la consommation en charbou qu'on lui attribue par malade ou par lit.
2967. Le service de la buanderie, qui dessert non-seulement Lariboisière mais d'autres hôpitaux, est en pleine activité en été et
CHAPITHK YI. — r.lIArFFAr,E ET ASSAINISSEMENT DES llOIMTAl X. iH5
en liivrr; à lui seul il cxi^^crait la pirsciife des chaulVeurs et d'un puissant jj;énérateur, et le service alimentaire. Le service de l'appareil ventilant, proprement dit, n'est par conjparaison avec h; sien cpi'un accessoire. Nous rappellerons que le moteur de cet appareil donne aussi le mouvement à la machine (|ui élève l'eau pour Iliùpital; s'il n'existait pas pour la ventilation, et que celle-ci IVil t'Urcinée par appel, ce moteur n'en eût pas ninjns été installé ; seulement il eût été plus l'aiMe.
2968. La ventilation insul'llée oiTre aux administrations un moyen de contrôle assuré ; en effet, il sullit d'appliquer un compteur à la machine, après avoir vérifié par des expériences anémométriques les vidumes d'air qu'elle fournit par tour de volant. Le nond)re de révolutions constaté leur garantit le volume d'air produit. Juscju'ici, il n'y a pas pour une ventilation d'autre moyen de contrôle qui soit à l'abri de l'erreur.
A Lariboisière, il y a un compteur sur le ventilateur.
2969. On voit en 11 (fig. 687 et 688) la fosse d'aisances d'im pavillon qui est ventilée par le canal u u.... aboutissant à une gaine que parcourt la cheminée à feu nu de l'office du rez-de-chaussée. Cette ventilation avait réussi ailleurs à M. Grouvelle qui en était chargé à Lariboisière ainsi que des offices ; elle a laissé à désirer dans ce cas ; les lieux d'aisances ne présentent aucune disposition à recommander ; ils ont été construits dans le système le plus ancien ; il est difficile de les avoir en état ; ils ont, dans un certain temps, donné de l'odeur dans les salles.
2970. Il me reste à expliquer le service d'hiver qui joint le chauffage à la ventilation.
Le fonctionnement de la ventilation est absolument le même qu'en été, à cette différence près que l'air est échauffé avant de pénétrer dans les salles. La vapeur sert à ce chaulfage de l'air et aussi à celui des salles par rayonnement.
2971. Dans le projet du concours, le chauffage des salles se faisait par des poêles à eau chaude de M. Grouvelle, chaulîés à la vapeur; ils devaient fournir toute la surface rayonnante. A l'exécution, MM. Thomas et Laurens, qui craignaient les inconvénients de l'eau chaudf! et la difficulté qu'elle présente à faire varier promptement le chaullage connue cela est nécessaire dans notre climat, si l'on veut obtenir dans les salles une température constante, donnèrent une certaine part d'action directe à la vapeur.
Le caniveau qui parcourt luxe de cluuiue salle, sous son païquet,
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et contient l'air de ventilation, renferme anssi un tuyau de vapeur et son tuyau de retour d'eau ; ce caniveau fut recouvert sur toute sa longueur par des plaques d(^ fonte, que ces tuyaux échauffent. A leur passage sous les poêles, les tuyaux de vapeur et de retour d'eau envoient un branchement à chaque poêle ; mais chaque poêle étant muni de deux robinets, il est facile de supprimer tout passage de la vapeur dans les poêles. L'air de ventilation se chauffe au contact des tuyaux placés dans le caniveau central ; il entre dans la salle en traversant les poêles. Cet air sort des poêles à la température de 30 à 35°. On peut régler le chauffage des poêles d'après la température extérieure et même en supprimer l'action ; dans les jours peu froids, il suffit de donner de la vapeur au premier poêle, c'està-dire à celui qui est à proximité de la porte d'entrée, sur le vestibule.
2972. La disposition des poêles de MM. Thomas et Laurens diffère de celle usitée auparavant dans les chauffages à l'eau chaude ; ces poêles sont bien moins encombrants pour la circulation et la vue, à cause de la forme méplate et peu élevée qui leur a été donnée. Ils sont en tôle et en fonte et traversés dans leur hauteur par douze tuyaux droits de 0™,12 de diamètre intérieur que parcourt l'air de ventilation ; il n'y a aucun serpentin de vapeur ; celle-ci afflue simplement dans le soubassement en fonte.
2973. Chacun des quatre promenoirs P, P, P, P (fig. 687) contient deux poêles méplats semblables à ceux des salles et placés comme eux sur le canal de ventilation qui contient aussi les tuyaux de vapeur et de retour d'eau. L'air de ventilation des promenoirs sort par ces poêles en toute saison. Enfin la cage d'escalier et le vestibule de chaque pavillon sont chauffés par un poêle cyHndrique à eau et à vapeur posé au rez-de-chaussée, en 0, 0, 0. Aucun accès d'air neuf ne s'opère par ces poêles.
2974. La vapeur qui sort de la machine ne suffit pas, en hiver, au chauffage des salles, puisque les autres chauffages que l'été exige aussi, subsistent toujours. Alors on y joint de la vapeur prise directement sur les générateurs. Cette addition s'opère dans l'artère générale de vapeur, au moyen d'une buse qui fait un jet dans la direction du courant établi. Un robinet règle la pression initiale de cette vapeur additionnelle, de façon à ne pas augmenter la contrepression derrière le piston.
Ainsi, c'est toujours de la vapeur à basse pression, et forcément à basse pression, qui pénètre dans les salles et dans les appareils
CMAPITUK VI. — Cll.VL'FFAGI': ET Aî-S.MNISSEMENT DES IlOlMTArX. 487
«Hrcllcs f(»nlitMiii<Mil nii;iM(l les pnrics à eau cliaiido fonclionnent à Laiildiisicrc, ils so ti'oiixriil dans des condilioiis |)arlicnliri«'s, favol'ables à la srt'iirilé. i)uis(iu'ils soiil rurreiiioiil a basse pivssioii.
2973. La facilité que préseiile la vapeur, aussi bien à basse qu'à liante pression, dangnieiiter on de diminuer la température des salies, a permis de reconnailre celle (pii convenait le mieux à un hôpital. Dans tous les programmes, on trouve indiquée la température de io" en hiver, comme celle à fournir. Mais, en général, cette température est trop faible pour des salles de malades. A Lariboisiere, on ne saurait évaluer à moins de 20° la température moyenne de l'hiver dans les salles de la ventilation insufflée, où le service médical a la faculté de chaufler autant qu'il le souhaite ; il y a même des moments où l'on veut davantage. Dans les salles chaulfées à l'eau chaude par circulation, la température arrivait à peine à 15" dans le principe, et encore ne pouvait se maintenir en même temps à ce chillre dans toutes les salles d'un même pavillon : la moyenne de l'hiver était au-dessous de lo". A cette température, on se plaint déjà du froid. Il est certain que, dès qu'on établit une ventilation dans une salle, il faut y élever la température plus haut que si l'on ne ventilait pas du tout.
L'augmentation à 19" et 26° de la température des salles, fixée à 15° par le programme, a une influence très-marquée sur la consommation de charbon. Ainsi, pour élever de 3" la température des salles, il faut augmenter la consommation de charbon dans le rapport de 3 à 4 environ, soit un tiers, la température moyenne de l'hiser étant supposée de -|- 0° à l'extérieur.
C'est là un fait très-important, qu'il ne faut pas oubher quand on parle des consommations, et surtout quand on compare celles d'un hôpital, ou d'un système, à celles d'un antre lieu ou d'un autre procédé. Il a échappé à tous ceux qui ont publié des appréciations des consommations. En paiticulier, on ne peut admettre le mode d'appréciation de M. Grassi pour déterminer la consommation relative du système de la pulsion à Laiiboisière, parce qu'il est sujet à de trop grandes erreurs. .l'ai indiqué, {xiur estimer la dépense du chauffage, des données incontestables, en dehors desquelles on ne peut rien établir d'exact. Pour le chaulTage, de qnehiue manière qu'il soit exécuté, la dépense, pour obtenir une température voulue, sera toujours à très-peu près la même dans tous les systèmes, parce que la quantité de chaleur à fournir est exactement égale à celle qui passe à traNcrs les vitres et les murailles : et si elle devait être
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moindre, ce serait probablement avec la vapeur qui l'eiïectue à l'aide d'un seul foyer plus facile à bien conduire que plusieurs foyers répartis dans les dill'éientes parties d'un établissenienl.
En supposant que l'effet utile du combustible soit identique dans les deux cas, et en admettant les chiffres de 14" et de 18° observés par M, Grassi pour températures de salles cbaulfées à l'eau et à la vapeur, on déduit d'une manière certaine que pour les salles chauffées à la vapeur la dépense en charbon doit nécessairement être plus élevée dans le rapport de 18 — 6 à 14 — 6; c'est-à-dire de 12 à 8.
2976. En présence de l'excès de dépense qui résulte du chauffage des salles à 19" et 20°, dans le système de la ventilation insufflée, on est conduit à se demander pourquoi on ne chauffait souvent qu'à 14" et 15" avec l'autre système ; ces raisons sont que la température doit augmenter à mesure que la ventilation devient plus active, plus effective, que l'évaporation cutanée est plus forte ; de plus avec le premier système non livré à un entrepreneur, les médecins et les sœurs font chauffer au degré le plus convenable pour les malades, tandis qu'avec le deuxième, l'entrepreneur du chauffage et de la ventilation, dont le marché, à tant par jour, fixait la température à 15" au maximum, se tenait toujours au-dessous de cette limite malgré les plaintes souvent réitérées de tous, malades et médecins. Si le •chauffage à l'eau était à la disposition du médecin, connue celui de Ja vapeur, il occasionnerait une plus grande dépense, et tout au moins la môme dépense, quoique accompagné d'une ventilation moins efficace.
2977. Si l'on voulait apprécier la dépense en charbon pour le •chauffage à la vapeur et la ventilation insufflée de Lariboisière, il faudrait remarquer que les générateurs fournissent de la vapeur en même temps pour ces usages et pour d'autres. On ne peut prendre sans examen les clùlfres de la comptabilité, parce qu'ils englobent tous les services fort divers de l'hôpital, et pour avoir la consommation de chacun d'eux, des expériences spéciales seraient indispensables.
On a bien reconnu au dynamomètre que la force utile pour produire la ventilation était de 7 à 8 chevaux ; cette force serait-elle de 10 et même de 12 chevaux, qu'elle n'occasionnerait encore •aucune dépense sensible de combustible, puisque, pour 12 chevaux, par exemple, il ne faudrait brûler que 25 à 30 kilogrammes de houille par heure et que cette quantité ne suffirait pas encore pour le ser- TJce des offices et celui des bains de riiùpital, s'd était effectué par
CIIAl'lTHK VI. — C.llAL KKAtili KT ASS.MMSSKMKNT ItKS IlolMIAfX. 'iH'J
(le la va|H'iii' pi ix' (lircclcmciil aii\ ^(''iK'iahMirs. Un a donc \t"^\r les robinets de vapeur de manière à |)oiir\oir tant à ce service qu'aux divers cliaulfages, en faisant passer i)ar la machine toute la vapeur dont (tu a besoin. La consommaliou apparente de celle (b-rnicre pouriail (bine èlre supérieure aux ccuisonunations ordinaires et à (bî certains uKunenls })bis bute (pie (bins d'autres, sans (pie pour ceb» on IVil admis à poser connue un fait, (jiie la ventilation dépense telle (juantité de charbon observée et supérieure à la quantité qu'exige une machine de 8 chevaux dans les conditions usuelles. Il ne faut pas perdre de \ue que la vapeur m(''me strictement nécessaire au bmclionnement économique de la machine, ou le charbon qui la pr(»diiil. ne sont pas dépensés par la ventilation insufflée, puisque la vaiteiir de la macbiiu! est entièrement utilisée, aussi bien l'été que riiiver, à des cbaiiiïages de première nécessité dans un b(">pilal. Il n'y a de consommé par la ventilation que la perte de chaleur qui a lieu dans le passage de la vapeur dans une machine. Ccîtte perte ne s'élèverait pas, d'après les expéi-iences de M. Regnault, à 2 p. 100 ; elle est en réalité notablement plus grande et très-variable d'ailleurs avec la pression initiale de la vapeur ; pratiquement tous les manufacturiers qui possèdent des machines sans condensation, dont ils utilisent la vapeur, trouvent que l'utilisation de la vapeur les couvre presque de la dépense en combustible.
2078. La buanderie de Lariboisière, à elle seule, exige toujours une quantité de vapeur beaucoup plus grande que celle qui serait nécessaire pour la mise en mouvement de la plus mauvaise machine à vapeur ventilante, et si les autres services n'absorbaient pas la totalité de la vapeur d'échappement de la machine qui conduit le ventilateur et les pompes, cette buanderie labsorberait bien et au delà.
2979. On serait également conduit à se livrer à des appréciations puisées dans la pratique industrielle, pour trouver la dépense en personnel et en entretien, à cause de la pluralité des services réunis à la ventilation. Il est évident d'aboid que le personnel serait le même si l'bi'tpital tout entier était monté d'après le système ; le fait du partage a donc doublé ces charges : puis ce personnel, presque au complet, serait déjà nécessaire pour une buanderie à vapeur aussi considérable que celle de Lariboisière. Les soins à donner à la machine sont loin d'être proportionnels à sa puissance ; du moment où l'installation dune machine était nécessaire pour le service de l'eau et de la buanderie, les frais généraux ne sont pas augmentés par son
àdO tIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.
application au ventilalenr. L'cmtrelien des appareils de chauffage à la vapeur est peu coûteux et n'exige pas une grande attention. Les appareils à circulation d'eau chaude demandent plus de soin, car leur rupture, si elle avait lieu, occasionnerait de très-graves accidents. Comme ils sont d'ailleurs sujets à des ohstructions et à une usure assez grande que l'on n'a pu ni prévenir, ni bien expliquer, ils obligent à de la surveillance et à des réparations importantes assez fréquemment.
2980. Si en dressant le projet d'un hôpital, on pensait à son chauffage et à sa ventilation par pulsion, on diminuerait beaucoup les frais d'installation de ces travaux si nécessaires à la salubrité qu'ils devraient être regardés par l'architecte comme la chose capitale de son projet. Il arriverait même à réduire la capacité que l'on donne à chaque malade dans une salle et par suite la dépense en bâtiments. Autrefois qu'on ne savait pas ventiler, la grandeur de cette capacité était, pour l'architecte, de la salubrité; mais avec un mode de ventilation sur, cette capacité peut être considérablement réduite et ramenée à ce qui est nécessaire au service : c'est une considération qu'il est utile de faire valoir auprès de l'administration, car elle lui permettrait d'économiser sur les constructions et leur décoration architecturale, ce qu'elle aurait à dépenser en appareils, et plus même, si l'on se reportait à de certains exemples, tels que celui de Lariboisière.
Les hôpitaux ainsi établis seraient salubres, tandis que, sans ventilation, les hôpitaux monumentaux ne le sont pas plus que les plus dépourvus d'aspect architectural.
2981. La nouveauté de la ventilation par pulsion m'a conduit à insister sur ce procédé, qu'il importe de faire connaître. Ce sera compléter cet exposé que de mentionner les principales objections qui retardèrent ou amoindrirent sa première application et qui se sont en partie renouvelées depuis.
2982. On avait prétendu que la vapeur ayant un long trajet à parcourir pour arriver à des salles si éloignées des machines, il se ferait des condensations considérables, qui gêneraient la circulation au point d'empêcher ou au moins de diminuer le chauffage. D'abord, des précautions ont été prises contre les condensations inutiles ; mais l'expérience a prouvé que cette objection était sans valeur. On le conçoit dès qu'on pense à la vitesse d'écoulement de la vapeur, même à de très-faibles pressions.
2983. On a dit aussi que, quand on met en train un chauffage à la
CHAPITIU-: VI. — ClIALFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. 41)1
vapeur, il y a des chocs dans l«'s (uyaiiv et des bruits incommodes ; il y a lieu de faire remarquer que d'habitude le chaulTaj^e n'est pas intermiltent dans un liùpilal ; d'ailleurs, en cas de cessation et de reiuise, il faut agir comme on le fait dans les usines, ne pas donner tout d'abord la vapeur en plein, puis se servir des robinets soullleurs , des robinets de purge , disposés de côté et d'autre à Lariboisière; c'est aux agents à se conformer à cette règle de service.
2984. On a encore objecté que les chaudières à vapeur sont sujettes à explosion. Or ces chaudières sont toujours à grande distance des malades, et cet accident, qui devient de plus en plus rare, n'aurait que des conséquences restreintes. Les poêles à eau chaude à haute pression, tels qu'ils existent dans l'appareil Duvoir, sont un danger bien autrement redoutable; on sait, en effet, qu'ils peuvent taire explosion, et comme ils sont placés au milieu des salles de malades, la rupture d'un seul d'entre eux aurait des effets désastreux.
298o. Les poêles à eau à basse pression ne sauraient faire explosion ; si, par un défaut de construction, l'un d'eux venait à se déchirer, comme cela est arrivé, il n'y aurait qu'un écoulement d'eau à une température inférieure à celle de l'ébullition.
2986. Lé général Morin, qui n'est pas favorable à l'emploi de la vapeur comme chauffage, ajoute un autre reproche aux précédents. « Les chaudières sont, dit-il [Etudes siœ la ventilation^ t. II, p. 69), placées dans l'intérieur des bâtiments et particulièrement dans les caves, ce qui est leur emplacement naturel dans les bâtiments habités qui ne sont pas des ateliers; les maçonneries de voûte, les charpentes, etc., sont attaquées par l'action de la vapeur. C'est entre autres exemples ce qui est arrivé à l'hôpital Lariboisière. » On sait que les règlements de j)olice défendent absolument de placer les chaudières à vapeur sous des voûtes ni dans des locaux habités dès qu'elles dépassent des proportions infimes. Aussi celles de Lariboisière qui présentaient 1 00""' environ de surface de chauffe n'ontelles jamais été dans une cave voûtée. Il est toujours possible, surtout quand on construit un hôpital, un théâtre, etc., de trouver un emplacement en plein air pour les chaudières, comme on le voit à Paris à Lariboisière, à l'hospice des vieillards à Issy, au nouvel Hôtel-Dieu, à l'hôpital nouveau de Ménilmontant, à Vienne (Autriche) au grand Opéra, etc. Il y aurait lieu d'avoir des inquiétudes plus sérieuses au sujet des chaudières à eau et à haute pression du
chauffage à 1 eau chaude, lesquelles sont établies dans les caves de chaque pavillon à Lariboisière.
2987. On a dit encore que le ventilateur ne pousserait pas Tair jusqu'aux salles éloignées, et que, dans tous les cas, une portion notable de l'air se perdrait en roule. La pratique des usines métallurgiques où l'air iusulTlé parcourt dans des tuyaux en tôle, comme ceux de Lariboisière, des trajets beaucoup plus considérables, sans aucune perle de ce genre, prouve la non-valeur de cette objection. L'installation de plusieurs ventilateurs, répartis en différents points, serait mie disposition plus coûteuse et moins pratique que celle d'une seule machine ventilante.
2988. On avait aussi prétendu que, quand on ouvrirait les fenêtres, l'air, prenant pour sortir la voie la plus facile, s'échapperait en masse par cette ouverture nouvelle, ne passerait plus par les canaux d'évacuation et qu'une partie de l'air vicié qui a déjà commencé à monter dans les gaines, en redescendrait pour pénétrer de nouveau dans les salles, au grand détriment des malades. Quand on ouvre une fenêtre, on augmente la somme des orifices de sortie ; la vitesse d'écoulement par la gaine diminue par conséquent, mais elle ne devient jamais nulle et ne change jamais de signe, comme l'indique le simple raisonnement et comme le prouve l'expérience. L'ouverture des fenêtres ne saurait modifier cet état de choses que dans le cas où, pendant l'hiver, on aurait réglé les registres des ventouses d'évacuation de manière à obtenir une dépression sensible ; elle ammlerait alors évidemment l'effet de ce règlement, c'est-à-dire la dépression.
2989. La Commission des architectes de la ville, que le préfet de la Seine consulta, parmi les objections qu'elle fit au projet, donnait la suivante, dont elle faisait grand cas : en prenant l'air au clocher, le bruit des machines, celui des ventilateurs et celui des cloches se transmettraient dans les salles par les tuyaux qui conduisent l'air et y affecteraient péniblement les malades. L'expérience a également fait justice de ces erreurs ; dans la salle Saint-Augustin, qui est la plus proche des machines, on ne les entend ni de jour, ni de nuit. A plus forte raison plus loin, dans les autres salles, où les tuyaux de ventilation pourraient seuls transporter le bruit ; ce qui du reste n'était pas admissible.
2990. La faveur si peu fondée, dont jouissait vis-à-vis des administrations publiques, auprès desquelles l'opinion de certains savants l'appuyait obstinément, le procédé du chauffage par circulation de
CIIAPITIIK VI. — CIlAUFFAr.E ET ASSAINISSEMENT DES IKM'ITAIX. V».'{
l'eau (.'liaiido avoc ventilation par apiicl, a permis à <•(• dernier sysiènio une lutte prolon^H'c «pii a tl(»niié lieu à des niéuioires, ;i des l)i(H'hures remplies d'assertions aventurées ou fausses, qui ne méritent pas d'être réfutées.
2901. Frais iNnstalhuion et dinitretien du clmuffiuje et de la ventilation à Lariboisièrc. — Nous terminons l'exposé des deux systèmes en usage dans cet hôpital par l'examen des frais de premier établissement et d'enlictien (pi'on allriluie à l'un ou à l'autre système dans certaines publications.
On a cherché à établii- un \)\\\ de revient comparatif du mètre cube d'air de ventilaticm obtenu dans le cas de l'appel ou de la pulsion, et peut-être n'a-t-on pas tenu compte dune façon complète des dilférents éléments de cette comparaison.
Quant à la question du prix d'établissement il eût été nécessaire et équitable de remarquer ipie les deux systèmes avaient été établis dans des conditions bien dillerentes. En ce qui concerne l'appel, l'architecte de l'hôpital, dès avant 1848, comptait sur l'installation des appareils Duvoir, et les choses avaient été disposées en vue de la réalisation de ce système, et l'application en devenait dès lors plus facile et moins coûteuse ; de plus l'entrepreneur des travaux, exercé à la pratique des appareils, avait intérêt, dans la situation particulière qui luj était faite, à réduire ses prix pour la construction et le service journalier. Il n'en était pas de même pour le système de la pulsion, dont on faisait une première application à l'hôpital Lariboisière et qui dut s'installer après coup, dans une construction déjà faite et qui n'était pas disposée à le recevoir. Il n'est pas douteux que des installations ultérieures faites, en profitant de l'expérience acquise, n'eussent été plus économiques, et, dans tous les cas, ce système n'eût pas eu à supporter les faux frais provenant de démolitions, de percements de murs, de raccordements, etc., si l'on avait disposé l'édilice en vue de son installation.
Il y avait donc, lorsqu'il s'agissait d'établir une comparaison définitive dos deux systèmes, un aléa difficile à estimer peut-être, mais dont le système de l'appel devait nécessairement profiter.
2992. Quant au prix de revient du mètre cube de l'air de la ventilation, les chillVes qui ont été fournis paraissent devoir subir des modifications considérables si l'on se reporte à ce qui se passe actuellement dans l'hôpital Lariboisièrc. Il ne faut pas oubUer d'ailleurs que, lors des expériences faites, l'entretien, les frais de personnel, la fourniture de charbon, étaient pris à forfait, à tant par jow\ par
rentreprenoiir, tandis qiio du C(Mé de la pulsion, l'adininistralion fournissait le charbon ù ses chauiïeurs et que les choses marchaient sans surveillance intéressée. 11 y avait donc là des conditions complètement différentes, toutes au désavantage du système de Tappel ; on peut ajouter que des expériences comparatives ne peuvent donner de résultats légitimes qu'autant qu'on prend le môme élément de mesure pour les dépenses de même ordre ; c'est ce qui n'arrive pas dans le cas de la comparaison que fait M. Morin des prix de dépenses d'entretien des deux systèmes, quand il prend pour base de son évaluation les dépenses qu'il suppose réellement faites quand il s'agit de la pulsion, tandis que dans le cas du système de l'appel il accepte, comme dépenses vraies et sans les contrôler autrement, le prix payé à l'entrepreneur pour l'entretien.
2993. Si l'on considère ce qui se passe depuis la cessation de l'abonnement Duvoir, on aura sans doute des conditions d'appréciation plus comparables.
Actuellement le personnel qui était antérieurement employé uniquement à la pulsion fait aussi le service de l'appel, ce qui diminue la moitié des frais portés de ce chef par la pulsion, une autre diminution doit aussi être accordée à ce dernier à causé de la buanderie qui est considérable à Lariboisière. Eu égard aux consommations en combustible, il est un élément dont les expérimentateurs n'ont pas tenu compte dans l'examen des prix de revient ; ce n'est pas seulement la quantité du combustible qu'il importe de considérer, mais encore la qualité, car le dernier élément fait varier considérablement le prix du combustible employé. Or, dans les appareils Duvoir, on ne peut brûler et on ne brûle en effet que de la griillette, tandis que sous la chaudière à vapeur de la pulsion, on ne brûle que du tout-venant de qualité fort ordinaire, comme dans les usines. Le charbon se payant en raison de sa valeur comme combustible, il y a un rapport marchand à peu près constant entre le prix de la gaillette et celui du tout-venant ordinaire, en charbons maigres, employés ordinairement à Paris ; ce rapport est de i.5S à 1.
2994. D'après le général Morin (page 542, tome I"), le relevé des livres de la maison Duvoir avait foui-ni, comme consommation annuelle du côté de l'appel, 233740 kilogrammes de houille dont on ne spécilie pas la sorte ; il est intéressant de rappeler que l'abonnement de l'entrepreneur l'exonérait de toute ventilation de jour pendant l'été, c'est-à-dire pendant les cinq ou six mois pendant les-