‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 114 sur 137 · CHAPITRE M. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE M. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

Quelques autres hôpitaux de Parla.

3000. On a lenlé, on 18oo, de faire quelques applications partielles (11' la vciiliialioii par iiiiMon clans ceilains li(')pi(aii\ de l'aris, mais <lans dos conditions pou propres au succès. Une Compagnie qui s'était formée pour entreprendre la ventilation par appel en se servant dune vis pneumatique, ou ventilateur à hélice, du docteur belge van Ilecke, obtint de l'Administration de l'Assistance publique de faire l'essai par pulsion du môme appareil à lun des pavillons de Boaujon et plus tard ù I un des pavillons de Necker. A Beaujon on avait d'abord établi un Noutilatour aspirant dans la cheminée d'appel ; ensuite, on appliipia un appareil pour la pulsion. La Compagnie obtint, en outre, du ministre de l'Intérieur, la ventilation et le chauffage de l'asile des convalescents du Yésinet. Tous ces appareils ont disparu depuis longtemps. L'appareil van Ilecke n'a pas reçu d'autres applications que celles-là, et la compagnie formée pour son exploitation a liquidé peu après ces installations.

Dans les établissements que nous venons d'indiquer, l'air de ventilation était injecté par un ventilateur à hélice de construction particulière et le chauffage opéré par des calorifères ordinaires à air chaud.

3001 . Les résultats, comme ventilation, ne furent guère favorables, à cause du peu de pression que donnait l'appareil et de son faible rendement. Dans certaine publication, on semble attribuer ces résultats au système de la pulsion lui-même, tandis que la faiblesse des effets produits provenait de l'impuissance du ventilateur van Hecke. En effet, le perfectionnement que ce docteur croyait avoir apporté au dispositif connu des ventilateurs à hélice, consistait uniquement à rendre les ailes flexibles, élastiques et mobiles, afin de leur permettre de prendre d'elles-mêmes pendant la marche, les inclinaisons les plus favorables ! L'expérience a prouvé, comme cela était facile à prévoir, que ce ventilateur donnait, au contraire, un certain rendement quand les ailes en avaient été rendues fixes et rigides.

3002. Le D' Van Ilecke proposait depuis 1849, en Belgique, d'effectuer la ventilation des lieux habités à l'aide de la vis pneumatique, ou ventilateur à hélice, placé dans une cheminée d'évacuation, de manière à entraîner l'air vicié par aspiration ou appel. Le moteur de la vis était un contre-poids. C'est avec cet appareil que le docteur van Ilecke avait essayé de ventiler l'une des salles du

Péclet. III. '^2

Cercle du Commerce à Bruxelles. En 1852, il établit sa machine aspirante à la prison cellulaire des Petits-Carmes à Bruxelles. L'usage ayant montré que l'extraction de l'air vicié était presque nulle dans la majeure partie des cellules, on cessa de se servir de l'appareil.

Dans tous les essais que le docteur van Ilecke avait tentés avant I800, c'était toujours par aspiration ou appel qu'il cherchait à fonctionner. Les essais par pulsion avec la machine de cet inventeur n'ayant pas eu de consécration pratique, nous croyons inutile d'entrer dans la discussion des expériences qui ont été faites à ce sujet.

Hôpital militaire de Vincennes.

3003. Cet hôpital se compose de trois corps de bâtiments principaux : une partie centrale formant façade et comprenant les bureaux, les logements, les magasins et la chapelle ; deux ailes, parallèles entre elles, affectées en majeure partie aux salles des malades et renfermant en outre, les services accessoires de l'hôpital, tels que les logements des sœurs, la cuisine, etc. ; dans l'aile droite est la pharmacie, la tisanerie, les bains,, etc., les casernements dans l'aile gauche. La chapelle et l'aile droite sont chauffées par des calorifères à air chaud ; les bureaux et toute l'aile gauche sont chauffés par la vapeur.

Les premiers appareils établis par M. Grouvelle, après un concours ouvert en 1857, sont décrits dans un mémoire du commandant Benoit dont on retrouve un extrait dans les études sur la ventilation du général Morin. Depuis, des transformations importantes ont été apportées aux dispositions primitives, et elles ont été exécutées par la maison Geneste et Herscher. Le programme proposé là cette époque et qui n'a pas été modifié était le suivant :

r Maintenir à 15°, jour et nuit, 20 salles des malades représentant un cube total de 10255

2° Chauffer à 15% pendant 12 heures, 10 pièces dont la capacité totale est 528

3° Chauffer à 12% dix autres pièces dont la capacité totale est de 500

4" Chauff'er à 10% nuit et jour, les trois cages d'escaier dont la capacité est de 2866

5° Chauffera 15% pendant 12 heures, deux salles de h pharmacie, représentant un volume de 202

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CHAPITHE VI. — Cli.Vl FFAGt: El ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX. -iUU

C° Cil a 11 lier à 15", pendant \'2 liciircs, liiiit salles alfeclées uii\ l)iireaii\ dont la capacité est de (;8I

Total 15032 ""^

I]004. Le cliaiilVage étal)li par M. (Iroiivelle, était obtenu au moyen de deux chaudières à vapeur, Tune de 32 mètres de surface de cliauiïe; l'autre de 24 mètres, établies dans le sous-sol de'l'escalier central, la petite chaudière servant au service d'été, et servant en hiver soit comme rechange, soit comme complément de la grande ; l'eau de retour servait à l'alimentation des chaudières ; le tuyau de l'iimée en tôle émaillée de 0'",50 de diamètre passe dans l'axe d'une cheminée ventilatoire qui a 3'"\6U de section. La distribution de la vapeur était faite au moyen de tuyaux de cuivre ou de fer étanié ; les tuyaux de retour à pente régulière, marchant parallèlement à ceux de vapeur, ramenaient l'eau condensée aux chaudières. Le chauffage se faisait au moyen de poêles placés dans les salles et d'autres poêles placés dans les gaines d'arrivée de l'air neuf. Les poêles à eau étaient chauffés au moyen d'un serpentin de vapeur placé dans l'intérieur; la température de l'eau était de 105° environ; ils étaient timbrés à deux atmosphères, leur surface de chauffe variait de 2 à 7 mètres carrés suivant les dimensions des salles. Les poêles des gaines avaient 3""', 40 de surface de chauffe.

3005. L'installation de M. Grouvelle a fonctionné jusqu'en 1875; les inconvénients qu'on a reprochés à cette installation sont les suivants :

1" Emploi d'un intermédiaire pour transmettre la chaleur de la vapeur à l'air ;

2° Fuites dues à la présence de l'eau sous pression dans les poêles ;

3° Danger de rupture ; si le remplissage est complet, la dilatation du liquide suffit pour la produire ;

4° Arrêt de chauffage provoqué par les fuites : le niveau de l'eau diminuant, le serpentin de vapeur traversant les poêles de chauffage ne plonge plus dans le liquide, la condensation de la vapeur diminue et le chauffage cesse peu à peu, à mesure que le niveau de l'eau s'abaisse ; à cet égard, il est bon de remarquer que cet inconvénient n'existait pas dans le cas des poêles Thomas et Laurens à Lariboisière, pour lesquels le chauflage se faisait par le socle de l'appareil.

5° Les conduites de vapeur placées dans l'épaisseur du plancher

oOO LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.

n'avaient pas une pente suffisante; l'eau de condensation s'écoulait lentement ou séjournait dans les tuyaux de circulation lorsque les effets de dilatation ou de contraction arrivaient à produire une contre-pente. A la mise en marche, la vapeur chassait cette eau qui engorge les tuyaux, et il en résultait des claquements et des trépidations qui effrayaient les malades et provoquaient des fuites dans les conduites. En hiver, dans les parties non chauffées, la gelée faisait rompre les tuyaux.

0° l'oêles greffés verticalement sur les conduites horizontales : les circulations horizontales d'une grande longueur se dilataient considérablement. Au bout de peu de temps, les appareils de dilatation ne fonctionnaient plus, et comme les poêles étaient fixés au sol des salles et reliés en môme temps à une circulation mobile, il en résultait une tension incessante autour des points d'attache. Cette tension était une cause permanente de détérioration et de fuites.

3006. Les dispositions adoptées par MM. Geneste et Herscher en 1875, sont les suivantes :

Les chaudières ont été remplacées par deux chaudières système Hediard (1332), l'une présentant 30 mètres carrés de surface de chauffe et un volume total de 1°'%75, l'autre a un volume de 10"%15 avec une surface de chauffe de 20'"''; elles fonctionnent habituellement à deux atmosphères, mais on peut les faire fonctionner à quatre atmosphères afin de leur permettre d'actionner une machine qui produit la ventilation des pavillons extrêmes ; l'alimentation des chaudières est continue; elle est obtenue au moyen d'un régulateur d'alimentation et d'une bouteille alimentaire qu'on remplit à intervalles au moyen d'un récipient supérieur; les retours d'eau sont employés à l'alimentation, ce qui rend les incrustations très-faibles. Le faible volume d'eau de ces chaudières permet un chauffage rapide.

La vapeur qui sert au chauffage est distribuée par une conduite principale venant des générateurs et s'élevant à la partie la plus élevée des combles, où elle se divise en deux canahsations horizontales suivant le faîte de l'édifice ; de ces canalisations descendent des tuyaux verticaux ou qui se contournent suivant les besoins pour alimenter les poêles. Des tuyaux de retour verticaux ou contournés comme les précédents, suivant les besoins, partent des poêles et descendent jusqu'aux caves où ils viennent se brancher sur une conduite de retour qui ramène les eaux condensées dans un récipient, d'où elles sont reprises pour être employées à l'alimentation.

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