CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
Les (\ni;ilis,itions (l(»s rouiblcs et dos caves pn'scnh'iif une ponlo nolahk', dans h» sens de la marclit? des llnides ; celte pente favorise récoulement de l'eau de condensation. Les tuyaux ont été cintrés par avance afin de permettre la dilatation, sans l'emploi d'a|i|)areils spéciaux. Les conduites sont enveloppées avec le plus grand soin p(Mir réduire la condensation sur leur parcours.
Entre les poêles de chautTage el les conduites qui les desservent sont placés un régulateur de pression (1977) et un purgeur automatique (1980).
Les poêles de chauiïage contiennent deux ou trois récipients d'eau (1981) qui, par la chaleur accumulée dans ce liquide, maintiennent la température des salles pendant quelques heures après la suspension du chauirage.
Les poêles sont placés dans des enveloppes en tôle cylindriques, percées de trous, par lesquels s'échappe l'air chaud; elles sont surmontées de colonnes en tôle de petit diamètre dans lesquelles sont dissimulés les tuyaux de circulation desservant les différents étages.
3007. L'air frais et pur, pris dans le jardin au moyen de puits et de galeries percés sous la cour, arrive dans de grandes gaines verticales où sont disposées un certain nombre de bouteilles chauffées à volonté par l'eau des- retours ou par une prise de vapeur directe. Ces bouteilles servent à dégourdir l'air neuf avant son entrée dans les caniveaux établis sous le plancher de chaque étage, et qui distribuent l'air neuf aux différents poêles, autour desquels il s'échauffe avant de se répandre dans les salles.
L'évacuation de l'air vicié se fait par de petites gaines ménagées dans l'épaisseur des murs de la construction. Ces gaines communiquent avec les salles par des orifices verticaux placés derrière les lits des malades. La section de passage se règle à volonté au moyen de registres que l'on manœuvre de façon à assurer un renouvellement d'air de 30 mètres cubes par malade et par heure. Ce chiffre peut être porté à 00 mètres cubes lorsque cela devient nécessaire. L'air vicié qui a circulé dans les conduits d'évacuation se rend dans deux grands collecteurs horizontaux pratiqués sous le sol des caves et qui aboutissent à la grande gaine qui entoure le tuyau de fumée commun aux deux générateurs ; cette gaîne se prolonge audessus du toit et y forme une cheminée de plusieurs mètres de hauteur.
Connue on ne disposait pas de foyer de chaleur pour produire la ventilation des casernements et des salles des pavillons extrêmes de
l'aile gauche, on a employé un appel mécanique qui produit un renouvellement pouvant s'élever à 280 mètres cubes par heure et
par lit, lorsque les bouches d'évacuation sont ouvertes en jilein; on peut d'ailleiu's régler cette évacuation au moyen de registres.
Hôpital niilitairo tic IKourçcs.
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3008. Cet hôpital a été construit d'après le système de M. Tollet : il comprend Kl pavillons isolés réunis par deux galeries.
Les pavillons n'ont qu'un rez-de-chaussée, élevé de l",2o environ au-dessus du sol et reposent sur des voi^ites en moellons dans lesquels l'air circule librement, un de ces pavillons est représenté en plan {/ir/. G87) et en coupe transversale l^g. 688).
Chaque pavillon a 40 mètres de long sur 8 mètres de large et contient une salle de 28 lits, deux chambres d'isolement pour un malade chacune, une salle de bains, et quelques petites salles ou dépendances pour le service ; les murs ont 7 mètres de hauteur et sont surmontés duue toiture de forme ogivale qui a 16 mètres de hauteur au faîte.
3009. Le chauffage et la ventilation de chaque pavillon sont complètement indépendants, ils sont obtenus dans chacun d'eux: 1° au moyen d'une cheminée ventilatrice à double face B, disposée de telle sorte que les malades peuvent de leur lit voirie feu; cette cheminée occupe le centre de la grande salle ; 2° dans l'axe longitudinal se trouve placé de chaque côté de la cheminée ventilatrice. à 6 mètres
de l'extrémité do la salle, un calorifère à air chaud A alimenté ainsi que la cheminée par de larges prises d'air extérieur. Le calorifère est
Firj. 087.
CriAPlTRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAIN'ISSEMENT DES IlOPITArX. ^)03
forriK' par un foyer <mi hriqiioh rôfrnctairos placé dans iino arinaliiifi on tôle ; co foyer en lni(|ues est surmonté d'un cylindre en lùlo (jui communique à sa partie supérieure avec un cofîre vertical dans lequel la fumée circule métliodifpiemenl, c'est-à-dire de haut en bas, avant de s'échapper dans la cheminée ; le foyer et le colîre supérieur sont entourés d'une enveloppe en tôle divisée en deux parties par une cloison en tôle, l'une forme la chambre de chauffe et est mise en communication avec l'air extérieur qui s'échaulle en traversant cette chambre et s'échappe dans la salle par une seule bouche de chaleur, l'autre est la chambre de ventilation ; elle est surmontée d'une gaine de ventilation qui entoure le tuyau de fumée ; cette gaine traverse le toit et s'élève à quelques mètres au-dessus du faite.
Des Tases de saturation sont joints aux calorifères et servent à donner à l'air le degré hygrométrique convenable.
3010. L'air vicié est pris en partie derrière les lits et au niveau du sol parjdes conduits dont les orifices sont placés dans le parement du
Fig. 688.
mur; ces conduits très-courts se réimissent dans deux groupes de canaux longitudinaux C qu'un seul canal transversal D fait communiquer; ce canal passe sous les calorifères et est en communication avec la
:;oi. livriî: xv. — chauffage et ventilation des lieux habités.
chambre de ventilation ; une autre partie de l'air vicié est évacuée au centre de la salle par une gaine de ventilation qui entoure la cheminée ventilatrice ; enfin des orifices placés près du faîte et munis de fermetures mobiles o, fournissent encore un supplément d'évacuation.
En été on pioduit la ventilation, à l'aide d'une rampe de becs de gaz placée dans la chambre de ventilation de chaque calorifère.
30H. La division de l'hôpital en pavillons isolés de dimensions relativement réduites et ne comprenant qu'un rez-de-chaussée permet de traiter chaque pavillon isolé comme un petit hôpital séparé, et le chautïage à l'air chaud combiné avec l'appel donnent alors des résultats suffisants : lors des expériences officielles qui ont été faites par le génie militaire, on a constaté que les appareils permettent de maintenir dans les salles une température constante de 16°, tout en produisant une ventilation qui a varié de 120 à 158 mètres cubes par homme et par heure. L'espace cubique affecté à chaque malade est de 4o mètres cubes; on voit donc que l'air des salles peut être renouvelé trois fois par heure.
Les travaux de chauffage et de ventilation ont été exécutés par MM. Geneste fils et Herscher.
IX'ouTcl hôpital de llôniliuontant à Paris.
3012. L'hôpital se compose : de quatre corps de bâtiments occupés par les malades A, A, A, A (//'y. 689) ; 2" de'deux pavillons isolés B, B'
Fig. 689.
pour les varioleux et les femmes en couche ; 3° des bâtiments de service : bains C, C; cuisine D; pharmacie E; magasins et ateliers F;
CIIAPITHE M. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOIMTAL'X. nO."
coiiiiminaul»' Ci ; chapelle H ; adiiiiiiislialidii I ; salle des uioils.l ; 4" du hàliiiKMit des eliaiidières, iiiaeliiiirs, |m»iii|k's t't Nciililateni' K.
Le syslèinc de ventilation adopte est mixte; l'arrivée de l'air pur .se fait par pulsion; le départ de l'air \icié est déterminé au moyen de l'appel.
'A0\'.\. Le sol de riiô|)ilal est à la cote de 85 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est et restera complètement isolé de toute habitation, placé qu'il est, d'un côté, entre la mairie du XX"* arrondissement dont il est séparé parun square d'environ 80 mètres de largeur et 200 mètres de longueur, et de l'autre, par le chemin de ronde des fortifications ; on n'a donc pas cru devoir prendre l'air à une très-grande hauteur, on s'est contenté d'élever une cheminée contre le mur d'enceinte de l'hôpilal derrière le bâtiment de la communauté c'està-dire dans une région où ne se trouve aucun malade ; cette prise d'air est en meulière ; elle est enduite intérieurement en ciment. Elle a 2 mètres de large sur 6 mètres de long en section et G™, 50 de hauteur; l'air s'y meut avec une vitesse de 3 mètres; l'air neuf se distribue ensuite dans deux galeries souterraines dont la section est de 2"°, 50 sur 2°',o0, et il arrive aux deux ventilateurs placés dans ces galeries ; chacun de ces ventilateurs centrifuges a 2 mètres de diamètre et i mètre de largeur, il est animé d'une vitesse de 500 à 800 tours par minute et donne de l'air à la pression de 25 millimètres d'eau ; une machine de 6 chevaux actionne chacun de ces ventilateurs. Les deux grandes galeries sont en plein cintre ; elles sont situées sous le chemin de fer qui sert au grand service de l'hôpital : cuisine, tisanerie, transport des morts, etc.
3014. Avant d'entrer dans les ventilateurs, l'air doit traverser des chambres d'épuration ; il passe à travers des claies recouvertes de charbon, puis traverse une toile sur laquelle on fait constamment couler un léger filet d'eau ; on sature ainsi l'air froid, afin qu'il conserve une humidité sidtisante après le chaulTage.
3015. Au sortir des deux grandes galeries l'air est distribué dans quatre galeries principales disposées parallèlement entre elles, ayant 2"", 50 sur 2", 50 de section et situées sous les quatre bâtiments de malades; ces galeries sont construites en meulières hourdées en ciment et enduites extérieurement et intérieurement en ciment ; ces précautions ont été prises pour parer à l'humidité extrême du sul. Des galeries analogues alimentent les pavillons des varioleux et des femmes en couches; la section de ces galeries est calculée de façon à ce que l'air s'y meut avec une vitesse moyenne de 2 mètres.
506 LIVRE XV. — CFIALIFFAGE ET VF: NTII.ATION DKS LIEUX HABITÉS.
3016. Chaque bâtiment comporte 180 malados répartis en trois étages qui comprennent cliacun 2 salles de 28 lits et 2 chambres d'isolement à 2 lits; le rez-de-chaussée est surélevé del",50 environ. Les étages ont 5", 80 *1<^ hauteur à peu près entre plancher et plafond; les planchers ont O^jiO d'épaisseni-. Les combles des bâtiments sont réservés et peuvent servir de salles de rechange en prévision de l'assainissement annuel des salles. Les deux bâtiments du milieu qui bordent la cour d'honneur diffèrent des deux bâtiments extrêmes en ce que le rez-de-chaussée est divisé en 2 petites chambres de 4 lits et une de 8 lits destinées au service de la chirurgie.
La prise d'air a été calculée à raison de 100°"' par malade et par heure pour ces quatre bâtiments, en comptant 180 lits pour chacun d'eux ; quoique les bâtiments intermédiaires aient au rez-de-chaussée un nombre de lits moindre, on a conservé la même alimentation d'air en raison du service même auquel ces lits sont destinés.
Pour les femmes en couche, on a prévu une arrivée d'air neuf de 300"'' environ par lit. Les murs de ce pavillon sont construits ainsi que le sol et le plafond de façon à pouvoir être fréquemment lavés ; les femmes occuperont chacune une chambrette, ayant une cheminée à feu et dont tous les angles seront arrondis ; cette chambre donnera sur une galerie, complètement ouverte au nord, et communiquant seule à l'escalier, aux cabinets, à l'office et à la chambre d'accouchement ; le bâtiment a un rez-de-chaussée et un premier étage et contient 40 lits.
Le bâtiment des varioleux ne comporte qu'un rez-de-chaussée composé de 2 salles de 26 lits et, comme celui des femmes en couche, séparé par un mur du reste de l'hôpital; il aura son service spécial de surveillantes, de serviteurs et de médecins ; la ventilation s'y fera à raison de 200°" par heure et par lit.
La quantité totale d'air à fournir est donc ainsi répartie :
I ° Pour les quatre bâtiments principaux de l'hùpital. 72000""=
2° Pour les femmes eu couche 12000
3° Pour les varioleux 10400
94tU0""
Pour pourvoir à toutes les éventualités résultant de chauffage faible ou de pertes, on a compté sur 120000"% ce qui pour une vitesse de 3 mètres donne une section de prise d'air égale à 11""*,!! et comme la prise d'air a 12""' de section, on voit que la vitesse à l'entrée a moins de 3 mètres.
CIlArmiK VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOPITAIX. ".07
L'air qui circule dans les quatre galeries principales et dans les galeries du pnvilhm des varicdeux et des femmes en cnuclios est distrihué aux appareils de cliauilage par des ouvertures prati(iuées à la voûte de ces galeries.
3017. Les appareils de chauiïage sont des poêles à eau cliaulTéspar la vapeur; ils sont formés de tuyaux veiticau.v à nervures; les uns sont à 9 tuyaux, les autres à 5 ; les appareils à 9 tuyaux sont enfermés dans une chambre eu maçonnerie de 2'"'",70 de long sur 0'",9H de large; les tuyaux ont un diamètre intérieur de 0'°,25; leur diamètre extérieur est de O^.iôô; les cannelures ont une saillie de O^.Oo; leur épaisseur près du tuyau est de 0°,008 et, à l'autre extrémité, de 0'°,002; il y a 48 nervures; chaque tuyau a une hauteur totale de 3"°, 20; il est formé de deux manchons cannelés réunis par un joint de caoutchouc; le premier manchon a une hauteur de t°,20; la hauteur du second, placé au bas du tuyau, est de 1",80; chaque manchon présente à chacune de ses extrémités une partie lisse de O^jlO de hauteur, le reste de sa hauteur est occupé par les cannelures. Le tuyau est complété par deux chapeaux lisses, l'un en bas, l'autre en haut, dont la hauteur est de O^.lO; chaque chapeau est muni d'une tubulure ayant O^jOoO de diamètre intérieur et 0™,080 de hauteur. Les tubulures inférieures, ainsi que les tubulures supérieures, sont reliées par un tube en cuivre rouge de 0'°,08 de diamètre intérieur formant une couronne allongée; la couronne supérieure porte deux petits robinets destinés à l'évacuation de l'air ; aux deux extrémités de chaque couronne sont des tubulures destinées à relier entre eux par des tubes tous les appareils d'un même bâtiment. La circulation inférieure communique avec un vase d'expansion placé au rez-de-chaussée. Le tuyau à nervure placé au milieu et en avant des appareils de chauffage renferme, dans sa partie inférieure, un serpentin parcouru par la vapeur et destiné à chauffer l'eau qui circule dans ce tuyau; ce serpentin a l'°,30 de hauteur.
3018. Quant à la chambre dans laquelle les tuyaux sont renfermés, ses parois sont formées : au fond par des poteries creuses embrassant les tuyaux de fond, et laissant entre elles et ces tuyaux un vide de O^jOlO dans lequel circule l'air ; sur les côtés, d'un mur en briques creuses de G", 20 d'épaisseur, jointoyé en ciment ; en façade, d'un coflrage en tôle s'appuyant sur un poitrail en fer et qui est destiné à laisser passer de l'air froid sans contact avec les tuyaux; ce coffrage est divisé en quatre compartiments dont cinq cintrés, embrassant les tuyaux de face comme les poteries du fond, et un cinquième
plus étroit au centre, et dans lequel passe le tuyau qui amène la vapeur dans le serpentin. Le coffrage et les neuf tuyaux reposent sur des poitrails posés sur fondation en meulière à O^^f* au-dessous du sol du sous-sol. Les deux murs latéraux en briques creuses s'appuient sur ces mêmes fondations ; celles-ci forment une chambre inférieure dans laquelle viennent déboucher deux pénétrations voûtées de 0°',40 de large sur 0^,60 de hauteur percées dans la galerie de ventilation et amenant l'air dans l'appareil et dans le coffrage antérieur. Lair qui a traversé l'appareil ainsi que celui qui a traversé le coffrage arrivent à la partie supérieure de l'appareil dans deux compartiments spéciaux et sont lancés dans les gaines de ventilation où ils se mélangent; en réglant au moyen de registres chacun des deux courants, on obtient la température convenable et on la maintient constante. Quand la température varie peu, au lieu d'agir sur les registres d'air, on ouvre plus ou moins la conduite de vapeur.
3019. Chaque bâtiment principal possède, en sous-sol, six appareils à neuf tuyaux et trois appareils à deux tuyaux ; les premiers desservent les grandes salles de malades, les derniers, établis d'ailleurs exactement comme les premiers, desservent les chambres d'isolement de chaque étage.
3020. Le chauffage est obtenu au moyen de quatre chaudières de 75 chevaux chacune du système Thomas et Laurens, munies de réchauffeurs et fournissant la vapeur à la fois aux machines et aux appareils de chauffage. Elles fonctionnent alternativement deux à deux pendant quinze jours ; l'alimentation se fait par les pompes alimentaires des machines au moyen des eaux de retour et, pour le surplus, par un injecteur Giffard, avec de l'eau de la Dhuys.
La vapeur est prise sur chaque chaudière au moyen d'un tuyau en cuivre rouge a de 0'",10 de diamètre; ce tuyau suit la galerie en sous-sol dans un caniveau en meulière construit dans l'axe du chemin de fer, et dans lequel se trouve également le tuyau de retour ; de distance en distance, le tuyau présente une partie courbée en demicirconférence et qui permet la dilatation sans qu'il y ait besoin de recourir à l'emploi d'aucune espèce de compensateur. Ce caniveau passe sous les cuisines et vient s'ouvrir dans un autre caniveau qui lui est perpendiculaire et qui traverse l'hôpital depuis le pavillon des varioleux jusqu'à celui des femmes en couche. Dans ce dernier caniveau se trouve un tuyau hh de 0™,08 qui se termine à une extrémité par un branchement c de 0",03 pour le chauffage du pavillon d'accouchement, et à l'autre par un branchement d de 0,04 pour le