CII.Yl'ITIlh V. — CHAUFFAGE DES ItAINS
Vi-ïicr (Idiit j'ai |iarl('' (1^091 ) ; rii|ti)anMl est (lis|t(»!<('' comnic Ijn- (liiiunil les fi{j[iiii's 'Joi et 5o2, mais les rohinels diiccès de la vaiiciir t'I (.t'Iiii (l'injcolion d'eau froide se règlent (reiix-iiièmes ; ces iiiacliiiit's niaiclieiil r(''gulièrcnient, depuis un li('s-j;rand iiondjre d'auut'cs ; elles s(miI ;issez siuipkîs, et IVtueliiwuienl sous nu l'aihli' excrs de pression, .le les ai décrites avec beaucoup di' détails dans la seconde édition de cet ouvrage; je n'eu reproduirai i)as la description. Ce genre d'appareil exige (|ue la couche d'eau froide ne soit pas située à plus de quelques nièlres en contre-bas (l'élévation de l'eau n'ayant lieu que par le vide partiel résultant de la condensation de la vapeur), et le plus souvent il sera aussi avantageux de lui substituer une petite machine à vapeur à piston, à haute l>ression, sans condeusaliou, en employant ensuite la vapeur détendue à chauffer l'eau; le travail ne coûterait presque point de chaleur; mais il faudrait faire condenser la vapeur dans des tuyaux placés dans le réservoir d'eau froide, car, par une condensation directe, l'eau pourrait acquérir une mauvaise odeur et être salie par la graisse entraînée par la vapeur, et de plus il se produit toujours un bruit qui pourrait être incommode dans des établissements de bains.
2093. Une économie assez considérable, susceptible d'être réalisée dans tous les établissements de bains, consisterait à faire passer la chaleur, des eaux sales dans les eaux propres, au moyen des dispositions que nous avons indiquées (2073 et suiv.). Dans ce cas, les pertes se réduiraient presque au refroidissement de l'eau, pendant la durée des bains. Il y aurait en outre une diminution dans la perte de chaleur des fourneaux pendant la nuit et dans les intervalles de chômage, parce que les dimensions des appareils seraient beaucoup plus petites. On pourrait craindre que le public ne pensât que les eaux pi'opres ne fussent mêlées aux eaux sales, mais il serait facile de le rassurer à cet égard;, en lui faisant comprendre et voir par un petit appareil qui fonctionnerait toujours, comment s'effectue la transmission de la chaleur, et qu'il est réellement dans l'intérêt de l'établissement de ne pas effectuer ce mélange. Les eaux des bains après leur usage pourraient aussi être colorées avec différentes matières à bon marché qui feraient faciliMiient reconnaître le mélange s'il existait, même en très-petite proportion.
2094. L'application de ce principe ne présenterait aucune difllculté dans les établissements où les baignoires sont toujours occupées, comme parexenq)le à l'hospice de la Salpêtrière, parce que
le coiiiiinl (loaii sale est presque continu, et peut facilement être rendu régulier. Mais quand il y a une grande variation dans le nombre des baignoires occupées à chaque instant, il faudrait nécessai-' rement réunir les eaux sales dans un réservoir, environné de matières C(Uiduisaul mal la chaleur, qu'on ne viderait que quand il serait plein, (mi appelant en même temps un égal volume d'eau piu'e.
2095. Le rappoi't de la commission qui avait été chargée en 1850 d'étudier la question des bains et lavoirs publics, et dont j'ai parlé plusieurs fois, contient un mémoire de M. Darcy, dans lequel cet habile ingénieur examine les moyens qu'on pourrait employer allnde diminuer le prix des bains pour la classe ouvrière de Paris. M. Darcy propose d'abord de se servir des eaux de condensation des machines à vapeur de la ville, dont les eaux moyennement à 38" sont versées dans les égouts ; les machines à vapeur de Chaillot, fournissant plus de 2,000 hectolitres d'eau chaude par jour permettraient de donner 700 bains dont le chauffage ne coûterait rien, et qui reviendraient chacun à peu près à 0 fr. 125, en retranchant du prix de revient moyen 0 fr. 475 comprenant tous les frais, la dépense de chauffage et le prix de l'eau. Je partage complètement l'opinion de M. Darcy, mais les eaux de condensation ne pourraient pas être utilisées directement, parce qu'elles sont salies par les matières grasses entraînées par la vapeur ; ainsi il faudrait qu'elles fussent employées à échauffer le même volume d'eau propre à peu près à la même température. Avec cette modification on pourrait donner à la classe ouvrière un grand nombre de bains à très-bon marché, dans tous les établissements de la ville ou de l'État où se trouvent des machines à vapeur à condensation. Avec quelques encouragements on obtiendrait la création de pareils établissements dans les grandes usines particulières ; et dans tous avec une très-légère dépense de combustible on parviendrait à utiliser plusieurs fois de suite la même chaleur.
2096. M. Darcy propose en outre de chauffer l'eau dans un établissement central qui la distribuerait par des tuyaux souterrains aux étabhssements voisins; mais la perte de chaleur par ces tuyaux de communication serait très-considérable, surtout si le régime n'était pas permanent. Un chauffage direct de l'eau dans chacun, enuitilisantla chaleur des eaux sales, serait bien préférable.
2097. Enfin M. Darcy pense qu'on parviendrait facilement à réduire partout le prix des bains pour la classe ouvrière en formant
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It'tat (In nijilcriri cl à tlfs \\\\\ dillV'n'nts, par analogie,' à ce rpii a lii'ii dans les convois du climiin de fer. Ce système ponirail èlrc avanla^'tMiv dans les localités où les dilTérenles classes de la soci(''té sont mêlées; il ne serait pas applicable à Paris, on dn moins il anrait peu de chances de succès, parce que les diflérenles classes de la population s'y trouvent très-diversement disséminées.
:2008. Les eaux du puits artésien de Grenelle (jiii sont à nin' leniperalure voisine de 28% toute l'année, et dans une grande partie de leiu- parcours, présenteraient évidemment une très-grande économie sous le rapport de leur cliauiïage direct, pour les établissements de bains.
Nous parlerons des bains à domicile quand il sera question des appareils déconomie domestique.