‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 120 sur 137 · CHAPITRE M. — CIIAl FrAtîE ET ASSAINISSEMENT HES HOPITAUX. Trio · texte numérisé non relu

CHAPITRE M. — CIIAl FrAtîE ET ASSAINISSEMENT HES HOPITAUX. Trio

lage par la vapeur se trouvera bien réduite par l'exislence d'une c'Iiaiidière à vapeur e( qiiehpielois même d'une inucliine servant aux bains et à la buanibuie.

30;) I. Lesdispositions les plus convenables seraient encore celles ([ui ont été eni|»loyées à riiùpilal Lariboisière, où les mêmes générateurs, la même macbine, desservis par les mêmes cliaidreurs, sont employés à la fois, pour le cliaulVage, la ventilation, les bains, la buanderie et réiévation de leau. Il y aurait cependant à examiner s'il ne serait pas plus avantageux de conduire l'air lancé par les maelunes dans des canaux souterrains en maçonnerie dont les surfaces seraient recouvertes de dilïérents enduits propres à éviter les perles et rbumidité, comme le ciment hydraulique, le plâtre aluné, le bitume; mais ce moyen n'est guère praticable que lors delà construction des bâtiments. Il est toujours avantageux de faire écouler l'air dans les salles par des jets verticaux dirigés de bas en haut. Il est important que les veines d'accès de l'air extérieur soient dirigées de bas en haut, et qu'elles partent d'une certaine hauteur; elles tendent alors à gagner la partie supérieure des salles ; ce qui arrive nécessairement quand la température de ces veines est plus élevée que celle de la salle ; si le contraire avait lieu, comme en été, la vitesse d'écoulement serait diminuée, et l'air lancé, appelé d'adleurs par les cheminées partielles d'écoidement, pourrait ne pas atteindre une hauteur suffisante pour l'assainissement. Je pense qu'il serait toujours utile d'avoir des orifices dans les gaines d'évacuation qu'on n'ouvrirait que dans les circonstances convenables, quand l'air extérieur arriverait à une température bien inférieure à celle des salles : dans ce cas il serait utile défaire tomber les veines d'air froid sur le sol en les recouvrant d'un chapeau.

30o2. Quant à la machine ventilante elle-même, il est peu important qu'elle utilise une portion plus ou moins grande du travail de la vapeur, du moment où la chaleur de la vapeur détendue peut être employée utilement. Mais il serait dans tous les cas important d'employer les appareils les plus simples, et de les disposer de manière à ce qu'ils ne fissent pas de bruit.

30,o3. Sous le rapport de l'assainissement, il y aurait sans aucun doute un grand avantage à faire arriver l'air extérieur par un grand nombre d'orilices percés dans le plancher et surtout autour des lits et à faire sortir l'air par des orifices pratiqués dans le plafond ou seulement par des orifices percés dans un canal qui ferait le tour du plafond : parce que chaque malade respirerait constam-

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nient de l'air pur, tandis que dans la disposition ordinaire il ne respire qne de l'air déjà plus ou moins vicié paison séjour dans la salle. Mais cette disposition présenterait des difficultés d'exécution, et on pourrait craindre que si des matières insalubres pénétraient dans les orifices du plancher, ce qu'il serait bien difficile d'éviter, ces matières ne devinssent des foyers permanents d'insalubrité de l'air. En outre, il faudrait que la chaleur transmise par les vitres et les murailles fût fournie par des surfaces rayonnantes ; autrement il se formerait des courants d'air descendants contre les surfaces intérieures des vitres et des murailles qui ramèneraient sur le plancher de l'air plus ou moins vicié qui se mêlerait avec l'air de ventilation.

Quoique les appareils de chauffage et de ventilation disposés selon la méthode ordinaire, dans lesquels l'air marche d'abord de bas en haut, et ensuite de haut en bas, laissent quelque chose à désirer sous le rapport de la pureté de l'air respiré par les malades, mais d'autant moins que le volume employé est plus grand, il serait cependant bien à souhaiter que tous les hôpitaux fussent pourvus de semblables appareils; il en résulterait, sans aucun doute, une trèsgrande amélioration dans l'état sanitaire, et certainement la disparition des maladies spéciales aux hôpitaux qui proviennent de l'absence d'une ventilation efficace, régulière et suffisante.

3054. Quoique la ventilation mécanique insufflée soit bien préférable, sous tous les rapports à la ventilation par une cheminée d'appel, même partant du sol, du moins pour les grands hôpitaux, on comprend facilement que certaines personnes redoutent l'emploi des machines, dont elles s'exagèrent les embarras, et regardent comme préférable la ventilation par une cheminée d'appel, à cause de sa simplicité, de l'absence de toute espèce de dérangement, et malgré l'accroissement de dépense de combustible, accroissement un peu atténué par l'intérêt du capital dépensé en machines et par les frais d'entretien. Sous le rapport de la consommation, la dépense réelle serait pourtant très-considérable ; car la consommation de combustible pour la ventilation par une cheminée, s'élevant à peu près à 21'"\90parlit, pour un hôpital de 600 lits, elle atteint 13140 fr., somme certainement beaucoup plus considérable que l'intérêt du capital dépensé en machines, que les frais d'entretien et de charbon et le salaire du mécanicien. Il est à remarquer que les dépenses de premier établissement pour les conduits d'air, allant de la machine aux salles ou des salles à la cheminée, seraient plutôt inférieures dans le premier cas que supérieures à celles du second.

Cn.vriTRE VI. — CIlALFFAf.E ET ASSAINISSEMENT DES IlOl'lTAUX. 5i7

L'olijcctiiiij [triiu'i|tal(' coiilre l\Miii»lni de la Nciililalidii iin'caiiicnKî (lisparail dans les élaltlisseiiiciils cii'i il existe déjà une eliandiere à vapeiii', où une machine i)Oiir d'aulres services.

Dans le cas d'une ventilation par pulsion, ou par appel, le chauffage peut s'elfectuer à la \apeur ou à l'eau chaude; mais avec ce dernier mode, le vulinne d'eau dans les poêles ne devrait être que très-faible, alin que le chaulïage puisse suivre un peu les variations de la température extérieure.

3Uo.j. Dans le cas dune ventilation par a[tpel, une cheminée partant des combles et renfermant des poêles, ou calorifères, à eau cliaude, serait la plus mauvaise disposition (pi'ou puisse emplover : 1° parce que l'appel du même volume dair exigerait une plus grande dépense de chaleur que quand on fait descendre l'air et qu'on le fait écouler par une cheminée d'appel partant du sol, comme je l'ai démontré (2410) ; 2" parce que les surfaces de chaufle do l'air, devant avoir une étendue considérable, occasionneraient de grands frais d'établissement ; 3° parce qu'il serait assez diflicile d'avoir une mesure permanente de la ventilation, et par conséquent de la régler, même quand le chaulVage du poêle de la cheminée s'ellectuerait par un foyer spécial.

3006. Mais dans tous les systèmes et les dispositions possibles de chaulfage et de ventilation, je ne puis trop le répéter, il est nécessaire d'installer dans les salles, ou à proximité, un appareil permanent indiquant à chaque instant l'état de la ventilation, et un autre enregistrant la ventilation ; ces appareils sont surtout indispensables quand la ventilation est donnée à forfait. Un entrepreneur de chauffage et de ventilation à forfait qui voudrait, sous un prétexte quelconque, se soustraire à l'établissement de ces appareils de contrôle, pourrait évidemment être soupçonné de ne pas vouloir exécuter loyalement son traité.

Avec la ventilation mécanique, l'appareil enregistreur peut simplement consister dans un compteur ordinaire adapté, soit à la machine motrice, soit au ventilateur. Mais l'enregistrement ne laisse pas que de devenir compliqué et sujet à erreur pour les divers modes de ventilation par appel.

3007. Le contrôle de la température des salles n'est pas moins indispensable que celui du volume d'air : on le réalise très-facilement pendant le jour avec des thermomètres ordinaires ; mais pour la nuit, l'emploi de thermomètres a minimà devient nécessaire. L'application de ces derniers thermomètres a montré combien est erro-

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née ropinion des personnes qui ont (k'rit, et même consigné dans des rapports officiels, fpi'avec le cliaulTage à l'ean chaude, on pouvait entièrement suspendre le feu la nuit, sans que la température des salles descendît sensiblement au-dessous du chiffre réglementaire de 15°. La lejnpérature descend bien au-dessous de ce chiffre déjà beaucoup trop faible.

30o8. Malheureusement, il existe quelques grands hôpitaux dont les administrations ne peuvent pas faire la dépense qu'exigerait la construction des appareils de ventilation, et qui ne peuvent réellement opérer que des améliorations successives très-peu coûteuses. Pour ces établissements, il n'y a qu'un parti à prendre, c'est de ventiler successivement les salles par une cheminée d'appel, comme je l'ai indiqué précédemment en parlant des petits hôpitaux. Les dépenses en frais d'établissement seraient assez faibles ; car partout il y a des poêles ; et il suffirait de les entourer d'une enveloppe en terre cuite ou en métal, de faire communiquer l'intervalle des poêles et des enveloppes avec l'air extérieur et d'établir une cheminée d'une section suffisante renfermant la cheminée en tôle ou en fonte du fourneau d'office recevant l'air brûlé des tuyaux de poêle, enfin, de mettre en communication le bas de la cheminée d'appel avec des canaux placés à la partie inférieure et supérieure de la pièce, percés d'orifices convenablement placés. Je pense que, pour obtenir une grande uniformité de chauffage et de ventilation, il serait nécessaire que le nombre des lits ne dépassât pas 20 par salle. L'amélioration qui résulterait de ces dispositions exigerait peu de dépenses, et serait déjà un grand progrès sur ce qui existe dans nombre d'hôpitaux, quand même on réduirait ces modifications à l'accès de l'air extérieur par l'intervalle des poêles et de leurs enveloppes et à une cheminée d'appel seulement ouverte par le bas.

3059. C'est une question qui a considérablement préoccupé les médecins et les hygiénistes que de savoir s'il ne faudrait pas mieux avoir de petits hôpitaux disséminés que de rassembler un grand nombre de malades sur un même point dans de grands hôpitaux bâtis avec luxe, alors même que ceux-ci sont pourvus de toutes les dispositions les plus efficaces au point de vue de la ventilation. Nous n'avons pas à prendre parti dans la discussion qui reste ouverte à ce sujet. Notre but était seulement d'indiquer dans chaque disposition adoptée les meilleurs moyens à employer pour arriver à l'assaiuissement le plus désirable, et c'est ce que nous avons fait. Nous devons dire cependant que l'opinion qui paraît le plus

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jrén»''r;il(Mnont admise pnr los miklocins c' est qu'il y aurait avantage dans tous les cas à disséminer autant que possible les hôpitaux, à i«''duire autant (jue possible leur nombre de lits, à multi[tli<'r les secours à domicile et surtout à se préoccuper sérieusement de l'isolement des malades atteints d'aiïeclions épidémiques ou infectieuses. A cet égard, des résultats d'expériences importantes et longuement continuées ont été faites sur différents points et en particulier en ce qui concerne les maternités ; un travail important du docteur Stolz, de Saint-Pétersbourg, fournit les résultats obtenus dans celte ville.

3060. Depuis le 20 décembre J8G8, on a ouvert successivement dans celte capitale des asiles d'accouchements dans les édifices publics des différents quartiers de la ville; ces asiles contiennent trois lits et une chambre séparée pour le travail; ils sont réunis par des fds télégraphiques ; les femmes atteintes de maladies contagieuses n'y sont pas admises, elles sont dirigées sur un asile spécial. En cas de fièvre puerpérale, l'asile est fermé pendant quelque temps; les accouchées bien portantes sont transportées dans d'autres asiles, les malades restent dans l'asile ou sont transportées dans un hôpital où il n'y a pas de section pour les accouchées; l'asile, après que les malades l'ont quitté, est aéré et purifié pendant 15 jours.

Voici les résultats obtenus par cette organisation :

Korabre

Nombre total

Nombre

Années

d'asiles existant.

des accouchées.

des mortes,

soit

lS7o

On voit que la mortalité diminue avec le chiffre moyen de personnes reçues dans chaque asile et tend à devenir égale à la mortalité en ville qui s'élève d'après le docteur Ilugenberger à 0 ,66 p. 100 à Saint-Pétersbourg.

Voici, d'autre part, les résultats observés pendant la même période dans des maternités et des hôpitaux de Saint-Pétersbourg où l'ag- Momération des femmes en couches est notablement plus considérable.

Péclet. III.

530 LIVRE XV. — CIlÂUFFAfiE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.

Nombre total Nombre des Nomtiredes «les lits dans une mortes.

Hôpitaux. Période. accouchées. même salle.

Kalinkowski I870-7o o84 7 soit 1 .2 «/o-

Mariinski 1872-7o 19al 10 à la 40 2.0

Institutdes sages-femmes. I8(i9-7o OOiO 30 à 40 lii.ï 2.6

Maternité 1870-7!; 122GG 70 486 4.0

Nous n'avons pu résister au désir de cilcr ces chiffres dont on peut tirer une conclusion immédiate.

30G1. La théorie qui rattache la production des maladies infectieuses et épidémiques à des germes particuliers à chaque genre de maladie, et qui a pris dans ces derniers temps une grande valeur à la suite des travaux de M. Pasteur, donne un poids considérahle à une considération à laquelle on ne s'est pas peut-être suffisamment arrêté jusqu'ici : Que deviennnent les miasmes des hôpitaux et les germes morbides lorsqu'ils ont été rejetés dans l'atmosphère avec l'air vicié de la ventilation des hôpitaux? Ces germes ne vont-ils pas servir de véhicule à des maladies qui vont se répandre avec eux sur les populations agglomérées autour des bâtiments hospitaliers? C'est en vue d'éviter cette diffusion du danger que divers inventeurs ont cru devoir proposer des systèmes destinés à porter l'air vicié des hôpitaux à une température élevée avant de le rejeter dans l'atmosphère ; par cette opération, on détruit complètement les germes qui peuvent se trouver dans l'air ; M. Wœstyn a proposé de faire traverser à l'air vicié une colonne d'amiante chauffée par des rampes à gaz. A l'exposition d'hygiène et de sauvetage de Bruxelles en 1876, M. Moulin, mécanicien à Bruxelles, avait exposé un appareil partie en métal, partie en terre réfractaire et au moyen duquel l'air vicié serait porté à une température de 300°. Il n'est pas douteux qu'en principe l'emploi d'une température élevée soit un moyen efficace et le seul probablement qu'on connaisse pour arriver à la destruction des germes morbides ; mais les inventeurs n'ont certainement pas réfléchi à la dépense énorme qu'entraînerait l'emploi de leur système, du moins dans les conditions où ils veulent l'appliquer.

3062. En supposant un hôpital de 400 lits et une ventilation de 60 mètres cubes par lit et par heure, le nombre de calories à produire serait par heure égal à 400 X 60 x 1,3 x 0%24 x 300 = 2246400 calories, et comme un mètre cube de gaz fournit à peu près 5300 calories, cette production de chaleur suppose qu'on brûlerait 415 mètres cubes de gaz; en le comptant seulement à

CIIMMIIU' VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IlopITAlX. -'kM

0 IV. 15 le iiicli'c cuIm' on ari'ivo à une (^'itciisc de ()2rr iO par iM^iirc, soit I4î)7 francs par jour de lï Ik'iiics, soil oiCj'Hi:; francs jiar année. Ce calcul suppose ([ue toute la chaleur du ga/ sérail utilisée par l'appareil ; la dépense serait moindre si l'on emi»l(tyait la iKMiille et se trouverait réduite au tiers environ ; la solution du pro- Mèine serait peut-être obtenue par l'emploi d'appareils analogues à ceux que nous avons décrits (2000 et suivants), mais en cond)inant leur (Muploi avec celui d'un récupérateur de chaleur analogue aux appareils Siemens de façon à diininuer la dépense d'ime faron notable,

3063. C'est une considération du même ordre qui a fait installer en Angleterre et en Allemagne des procédés pour la désinfeclion par l'air chaud des objets, vêtements, literies, etc., ayant servi aux personnes atteintes de maladies contagieuses. M. Valin, professeur d'hygiène militaire au Val-de-Gràce a indiqué dans une communication faite à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle ! 27 juin 1 877) les principes sur lesquels repose cette désinfection. Par des expériences directes, il établit que les tissus et en particulier la laine peuvent supporter impunément pendant un certain nombre d'heures une température de MO à Ho"; ce n'est qu'au-dessus de cette température que la laine commence à se colorer, et la résistance du tissu ne's'altère que lorsque le chauffage atteint la température de 150*' maintenue pendant deux heures. D'autre part, il paraît démontré que la plupart des germes, à l'exception peut-être du poison septique, peuvent être détruits à une température inférieure à 110% c'est donc à cette température qu'il faudra chauffer les tissus, la laine, le crin, etc., sans la dépasser pour ne pas altérer les objets chauffés. Nous n'entrerons pas dans le détail des fours ou étuves construits pour arriver à ce résultat ; ils peuvent être chautfés à la houille, au coke, au bois, au gaz ; mais, dans tous les cas, ils doivent être disposés de façon à ce que la température y soit constante et l'emploi d'un régulateur de la température s'y trouve naturellement indiqué. D'après M. Yalin, il est bon que l'air de l'étuve soit toujours pourvu d'une quantité notable d'humidité, cette circonstance favorisant la destruction des germes. Ces procédés n'ont pas encore reçu d'application en France et M. Yalin insiste vivement pour « qu'on fasse, à Paris ou quelque part en France, l'essai d'un procédé qui semble rendre à l'étranger des services véritables. »

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