CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DKS IIOI'ITAUX
la (loiil)lo onveloppo. Les soclions do passage do l'air élant suffisantes, la vitesse de l'air dans la clioniinée sera toujours supérieure à 3 mètres, (ionime 1 kih^grainine do houille peut élever 1200 métros cubes de 20°, la ventilation par malade et par heure coûterait l^GO : 120(» = 0\o.".etparj.>ur0V0:;.2i=l\20.Encomi»lanflnliouilleà5fr. les 100 kilogrammes, la dépense pour la ventilation parmalade et par jour s'élèverait àO\OG, et par an à2l', 90, mais sans tenir compte des frais d'entretien et de service. Ces derniers frais seraient assez faibles, parce qu'on peut, avec une surveillance active, se passer d'un chauffeur spécial ; mais les frais d'enlrolien des appareils de chauffago et de ventilation se trouvant confondus dans la disposition indiquée no laisseraient pas que d'être importants à cause des réparations assez fréquentes qu'exige le calorifère à air chaud et surtout de l'usure très-rapide des tuyaux en tôle dans lesquels circule la fumée.
30il. Pour la salle de 30 lits, prise comme exemple, la consommation do combustible dans la cheminée d'appel ne s'élèverait qu'à l\oO par heure, d'après les chiffres précédents ; c'est une consommation faible qui se réduirait encore l'hiver par l'effet de la chaleur restant dans la fumée des poéles-calorifères, et aussi parce que dans coite saison l'appel se trouve déjà favorisé par l'excès de la température intérieure sur l'extérieure.
Le foyel- d'appel doit être à combustion lente, ce qu'on obtient en se servant do houille sèche, de coke ou d'anthracite, et en employant l'appareil de M. Joly ; ou mieux, tout simplement un cylindre d'argile terminé à la partie supérieure par une grille, au-dessous de laquelle se trouverait un cendrier fermé, garni d'un orifice pour l'accès de l'air et dont on pourrait régler à volonté l'ouverture. Los petites variations d'intensité du foyer seraient sans influence sur la ventilation à cause do la chaleur renfermée dans la maçonnerie de la cbeminée.
3042. Je ne propose pas de mettre à profit la fumée, ou chaleur perdue, du fourneau d'office pour produire en partie l'appel par la cheminée do ventilation, parce que souvent on se dispense d'installer ce genre do fourneau en disposant un bain de sable au-dessus des poêles calorifères pour tenir les tisanes chaudes et que d'un autre côté, quand on en installe un, la chaleur perdue suffirait tout au plus pour l'appel nécessaire à rassainissoineiil dos lioiix d'aisances. En effet, un fourneau d'office desservant une salle de 30 lits brûlerait au plus 18 à 20 kilogranunos de houille par jour, la chaleur de la cheminée d'un aussi petit foyer ne saurait être suffisante.
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3043 . Dans ce mode de ventilation, l'air de la pièce devrait constamment pénétrer dans la cheminée par sa partie inférieure; en hiver, il devrait aussi sortir de la salle par la partie inférieure, et en été, quand l'air extérieur est à une température plus basse que celle des salles, il devrait en sortir par la partie supérieure, car s'il en sortait par la partie inférieure, comme il tend à tomber sur le sol, il s'écoulerait sans avoir renouvelé l'air de la salle à une hauteur suffisante, et par suite, la ventilation serait moins efficace pour l'assainissement. Pour faire sortir l'air au niveau du sol et le plus uniformément possible, il faudrait pratiquer autour de la salle, dans l'épaisseur de la muraille, ou en saillie, un canal garni de nombreux orifices et aboutissant au bas de la cheminée ; et pour le faire sortir par la partie supérieure de la pièce, le contour du plafond devra renfermer un canal également pourvu de nombreux orifices, et aboutissant à deux caisses verticales placées de chaque côté de la cheminée et qui déboucheraient en bas dans son intérieur. Les orifices des deux canaux de ceinture du bas et du haut seraient pourvus de registres dont on aurait déterminé la position de manière que chacun d'eux laissât passer le même volume d'air dans le même temps, et les écartements de ces registres étant ainsi fixés, les registres correspondants du plancher et du plafond seraient reliés entre eux par des tringles, de manière que les registres d'en haut soient fermés quand ceux d'en bas sont ouverts, et réciproquement.
3044. Le volume d'air sortant des salles pourrait facilement être constaté à chaque instant au moyen d'un anémomètre fixe à cadran. On pourrait aussi se servir d'un thermomètre à air (656), en déterminant par expérience quel doit être l'excès moyen de la température de l'air dans la cheminée, pendant les mois de chauffage et en été.
L'ouverture du foyer devrait être placée dans la petite office qui se trouve à côté de la salle des malades.
Il serait très-important de garnir le sommet de la cheminée d'un appareil destiné à éviter l'action des vents.
3045. Pour un petit hôpital, le mode précédent de chauffage et de ventilation serait préférable, sous le rapport de la dépense d'installation, à tons les autres modes. Et sous le rapport du bon fonctionnement et de la dépense annuelle, il vaudrait encore mieux que l'emploi des appareils à eau chaude, mais non que celui du système mécanique avec utilisation de la vapeur pour le chauffage. On a souvent dit, même dans des rapports officiels, que les appareils à eau chaude offraient l'avantage spécial de dispenser de tous soins même
CHAPITHE VI. — CIIAIFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIOIMTAIX. o^.'l
pendant la nuit, et par conséquent de supprimer les frais d'un chauffeur (le nuit ; ceci est une erreur grave, qui a été fuiwste à bien des malades. Il est facile de le prouver : supposons que le si>ir ou cesse le l'eu dans le foyer d'un appareil de cliaufl'age et de ventilation à l'eau chaude, la pression de l'eau étant uuMue à sa limite supt-rieurc et les salles à 16° ou 17°; nécessairement l'appareil se refroidira, et ce refroidissement sera d'autant plus rapide que la température extérieure s'abaisse à mesure que la nuit avance ; le matin, de 3 à 6 heures, cette température sera à son minimum, et elle réagira d'autant plus sur celle des salles que ces dernières recevront moins de chaleur des poêles, dont l'eau se trouvera alors notablement refroidie. Ainsi l'abaissement de la température extérieure s'ajoutera à celui de l'eau [lour refroidir les salles. Ce refroidissement des salles a été tel dans un hôpital muni d'appareils à eau chaude du système de M. Duvoir-Leblanc, qu'il a donné lieu aux plaintes des malades, et que le directeur, après s'être assuré de leur bien fondé au moyen d'un thermomètre a minimà, a été obligé de prendre des mesures pour y faire droit. Déjà, comme je l'ai indiqué, les appareils à eau chaude ne sont pas assez sensibles pendant le jour, malgré la présence du chauffeur, pour empêcher les variations de la température extérieure de réagir d'une façon incommode sur Tintérieure.
3046. Ainsi tous les modes de chauffage et de ventilation exigent dans les hôpitaux des soins continus, pour obtenir la régularité d'effet. Seulement ces soins peuvent être donnés, dans les petits hôpitaux, aux calorifères à eau chaude et à ceux à air chaud, ainsi qu'aux cheminées d'appel, par les gardes-malades, tandis que la ventilation mécanique exige un chauffeur, dont les frais ne seraient pas toujours alors compensés par l'économie de charbon résultant de l'utilisation de la vapeur de la machine.
3047. H résulte des considérations précédentes qu'à cause de la nécessité d'avoir un chauffeur et de l'accroissement de la dépense d'installation, on ne doit donner la préférence à l'emploi d'une machine ventilante avec chautfage à la vapeur, que lorsqu'il s'agit d'un hôpital de cent lits et plus. Toutefois, une machine ventilante devrait être préférée à une cheminée d'appel, même pour les plus petits h(> pitaux, lorsqu'il serait possible de lui donner le mouvement à l'aide d'une turbine mettant à profit la chute de l'eau employée dans l'établissement. Dans nombre de villes, l'eau se trouve à une assez grande hauteur jjour qu'en se rendant aux réservoirs de l'hôpital, elle puisse produire la force voulue pour une ventilation insufflée.
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au moins In nuit ; Tapparoil sorait alors si sirnplo, qu'il fonctionnerait sans une surveillance spéciale pendant la nuit.
3048. Quand il s'agit d'un hôpital renfermant un grand nombre de malades, la ventilation mécanique par insufllation devient beaucoup plus avantageuse, dans tous les cas et sous tous les rapports, même sous celui de la dépense, en y compr(>nant toute espèce de frais.
30 i9. Sous le rapport de la salubrité, l'air peut être pris à une grande baufeiu'dans l'atmosplicre, comme à Lariboisière, où il est certainement plus pur qu'à la surface du sol et même qu'à une certaine distance de celui-ci. L'air étant insufllé et projeté de bas en haut, les vapeurs odorantes sont plus rapidement entraînées que par le même volume d'air appelé, comme le démontrent d'ailleurs les expériences faites à Beaujon par M. Grassi. Enfin on peut plus facilement accroître la ventilation, en cas d'urgence, que par une cheminée d'appel, dont l'etTet n'augmente que très-lentement avec la consommation de combustible, et a d'ailleurs un maximum qui ne peut pas être dépassé.
3050. Sous le rapport de la dépense annuelle, les frais de chaufTeur et de surveillance des machines restent les mêmes, que la force soit de deux ou dix chevaux. La chaleur de la vapeur d'échappement étant employée utilement, la dépense réelle pour le chauffage et la ventilation se réduirait à la dépense du chautTage seul, aux gages des chaufîeurs. aux frais d'entretien des machines et à l'intérêt du capital employé à la construction des appareils. Mais dans de grands établissements le chautfage par un foyer unique, au moyen delà vapeur, revient certainement à un prix moins élevé, à effet égal, que e chautTage partiel par les poêles ou les calorifères, en y comprenant les dépenses de tonte espèce. Comme l'accroissement de dépense résultant des appareils relatifs à la ventilation et à l'emploi utile de la chaleur serait peu considérable, à mon avis, il n'y a pas à hésiter à produire en même temps le chauffage et la ventilation par la vapeur, en utilisant la chaleur delà vapeur détendue au chauffage de l'air de ventilation et aux différents services dans lesquels elle pourrait toujours être utihsée en totalité. Pour chaque établissement une étude sérieuse de la question examinée dans la suppression d'un chauffage et d'une ventilation de chaque salle, ou de chaque pavillon, par des poêles et des cheminées d'appel, et d'un chaulfage et d'une ventilation mécaniques au moyen d'un seul foyer, conduirait facilement à une appréciation exacte des dépenses dans les deux cas. Le plus souvent la dépense d'installation de la ventilation insufflée avec chauf-