LIVRE XIII
temps les gaz s'écJiappent à peine refroidis. C'est afin de diminuer la durée de cette période qu'on a soin de placer dans le haut les pierres les plus petites.
2188. On no peul, avec cette disposition, brûler que des fagots ou du bois, et encore la combustion est-elle nécessairement imparfaite, et la consommation de combustible considérable. On pourrait
remédier à ces inconvénients en plaçant une grille à la partie inférieure du four, et la figure 577 représente cette modification qui permettrait l'emploi de toute espèce de combustible et produirait un meilleur effet utile.
Afin d'éviter la perte considérable qui résulte de la haute température des gaz à la sortie, pendant la dernière période , on a construit des fours doubles qui se composent de deux fours ordinaires superposés et séparés par une voûte à claire-voie.
On utilisait alors le four supérieur pour la cuisson de la brique ou
toute autre opération.
2189. Tous les fours intermittents ont les mêmes vices de principe qui occasionnent des pertes de chaleur impossibles à éviter. La totalité de la chaleur renfermée dans la chaux cuite et dans les gaz qui s'échappent est perdue, et il en est de même de celle qui se trouve dans la masse de maçonnerie, car on est obligé d'attendre, pour procéder à un nouveau chargement, que le four soit refroidi. C'est dans le but d'éviter ces pertes de chaleur, qui ne laissent pas que d'être considérables, que l'on a été conduit à employer des fours
Fig. 5i
continus.
Fours à feu continu.
2190. Les fours continus ou fours coulants peuvent être disposés de deux manières différentes. Dans le premier système, le combustible est mélangé avec la pierre calcaire; dans le second, il est brûlé dans des foyers latéraux.
Les fours du premier système ont en général la forme troncconique, quelquefois cylindrique ou légèrement ovoïde. A la partie inférieure se trouvent un certain nombre d'ouvertures pour le défour-
CHAPIinE II. — FOIRS A CIlAlX. 7«J
nement. (»n ferme le bas liii four avec une grille à barreaux mobiles pour (indu puisse prendre la cbaux également sur toute la surlace. ce ({ui rend la descente des cliar^es régulières. La pierre à cIkuix et le combustible, qui est en général de la liMuille maigre, des aiitliracites ou du coke, se cliargenl par le gueulard, par couelies allernatives aussi uniformément ^\u^i possible, en ayant soin toutefois de ne pas mettre de charbon vers les parois, car c'est dans ces parties que passent surtout les produits de la combustion. Les épaisseurs des couches doivent être déterminées de telle sorte que le combustible soit seulement suflisant pour calciner la couche supérieurtî de calcaire, et pour que la combustion d'une couche de houille ne commence que lorsque celle de la couche au-dessous est près de finir. La première condition est indispensable pour quil ne se brûle pas du charbon inutilement, et la seconde pour éviter la production de l'oxyde de carbone, ou que la chaux ne soit pas trop cuite. Le règlement des couches nécessite donc pour chaque combustible un tâtonnement qui demande à être fait avec intelligence. Dans tous les cas, il est important que la couche de combustible ne soit pas trop épaisse ; on obtient ainsi une cuisson plus égale ; l'épaisseur sera le plus souvent de O",! à 0"',2 ; on ne devra jamais dépasser O", 3 ; il sera bon dans le chargement de prendre soin de placer d'abord sur la couche de combustible les plus gros morceaux de calcaire.
Le défournement de la chaux doit être réglé de manière que la zone de grand feu se trouve environ aux deux tiers de la hauteur à partir du sol. La chaux pendant la descente trouve ainsi le temps de se refroidn- à peu près complètement au contact de l'air qui vient alimenter la combustion et il en résulte deux avantages : il v a d'abord économie dans la consommation de combustible et ensuite le travail des ouvriers employés au défournement est rendu beaucoup moins pénible.
2191. L'emploi des fours continus semble au premier abord nécessiter une production régulière de chaux, mais il n'en est pas ainsi. La zone de combustion peut varier dans certaines limites de hauteur sans qu'il en résulte d'excès sensible de consomma lion. On peut, par exemple, si l'on ne veut pas travailler le dimanche, défourner le samedi une plus grande quantité qu'à l'ordiiiaire, ce qui fera baisser la zone de combustion ; dans la journée du dimanche elle se relèvera peu à peu, et, si l'on a opéré convenablement, on se retrouvera le lundi dans b-s conditions normales. Mais, en général, on préfère suspendre le courant d'air le dimanche ; cette suspension