‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 46 sur 137 · CIIAPITHE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC · texte numérisé non relu

CIIAPITHE IV. — REFROIDISSEMENT DES CORPS, ETC

seulement ; la chaleur latenlt; do vaporisation dans la rhaudiùre ilcvra donc être un peu dilVérenle de celle qu'on ol)tien(lra dans le eonjîélateur; cependant, on peut admettre, comme une approximation suflisante, qu'une calorie dépensée dans la chaudière produira une calorie né^^^live dans le con^M'-laleur ; il faudra cependant tenir compte des pertes produites parlerécliauil'emenl du congélateur, etc. D'après les constructeurs, le prix de revient de la glace dans une fabrication courante d'une certaine importance ne dépasserait pas un demi-centime le kilogramme.

232G. Les applications qui ont été faites de ces appareils sont nombreuses et, suivant la nature des effets à produire, il n'y a de modifications à faire que dans la disposition du congélateur ; indé- IK'ndamment de la fabrication de la glace, celle des carafes frappées et celle des sorbets sont les plus répandues ; on peut citer encore le refroidissement des moûts de bière, celui du lait pour le faire voyager dans les grandes chaleurs, la congélation des poissons qu'on enferme dans un bloc de glace, le refroidissement des huiles pour obtenir la précipitation de la parafline; le refroidissement des solutions salines pour obtenir des précipités; parmi ces dernières applications, nous dirons quelques mots de la précipitation du sulfate de soude des eaux mères des marais salants, opération qui s'exécute chez ^IM. Henry Merle et C'\

Lorsque le sel a été déposé sur le sol des marais salants, il reste des eaux mères qui, comme l'a démontré M. Balard, recèlent encore de très-grandes richesses, et entre autres du chlorure de sodium et du sulfate de magnésie.

Si on soumet ces résidus à une température de 18° au-dessous de zéro, il s'opère une double réaction, ayant pour effet de fixer l'acide sulfmique sur la soude et l'acide chlorhydrique sur la magnésie, de manière qu'on obtient du sulfate de soude qui se précipite, et du chlorure de magnésium qui reste en dissolution dans la liqueur.

Le congélateur dont on se sert pour produire celte réaction se compose de séries tubulaires verticales, enfermées dans une bâche en tôle contenant le liquide à traiter, entre lesquelles se promène un râteau, destiné à produire l'agitation du liquide et à ramasser le sulfate de soude qui s'accumule à la partie inférieure de la bâche. Les eaux à traiter arrivent à l'une des extrémités, et se rendent à l'autre dans une grande caisse de repos, où elles se trouvent mélangées avec le sulfate de soude ramassé par le râteau. Une drague à

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godets en toile mélalliqiie va clierelier au fond de cette caisse le sulfate de soude qui s'y accuunde, et ramène, eu itartie égoutté, dans des turbines, où Taction de la force centrifuge achève de le dessécher. Toutes ces opérations s'en'ectuent d'une manière continue. Des échangeurs de température, placés sur le trajet du liquide qui arrive au congélateur, le refroidissent au contact du liquide épuisé qui en sort.

MM. Mignon et Rouart ont aussi appliqué leur appareil au refroidissement de l'air ; nous aurons occasion déparier ullérieurement de cette application.

2327. M. E. Carré a imaginé un appareil pour produire de la glace et frapper les carafes, qui n'est qu'une réalisation pratique de l'expérience de Leslie. Cet appareil se compose d'un réservoir cylindrique liorizontal en plomb antimonié, contenant une certaine quantité d'acide sulfurique. Ce réservoir porte deux tubulures : l'une sert à observer ce qui se passe dans l'intérieur du cylindre et se ferme au moyen d'une glace mastiquée sur le bord de la tubulure, l'autre laisse passer la tige d'un agitateur ; un tube est adapté au cylindre ; il se recourbe deux fois et reçoit, au moyen d'un bouchon de caoutchouc, la carafe qu'on serre sur ce bouchon et qui reste suspendue ; le tube de communication est muni d'un robinet ; un autre tube met le récipient en communication avec une pompe pneumatique qui se manœuvre au moyen d'un levier ho-rizontal; la tige de l'agitateur est aussi fixée à ce levier ; en faisant fonctionner la pompe, on fait le vide et l'eau commence bientôt à bouillir ; au bout de quelques minutes elle est à 0°, à partir de ce moment, elle se congèle peu à peu. L'acide est introduit dans le récipient à 66" de l'aréomètre ; on l'enlève quand il ne marque plus que 52".

Pour faire de la glace, on emploie des carafes formées de deux parties réunies par un joint que l'on fait à la cire molle ; quand la glace est formée dans la partie inférieure de la carafe, on défait le joint et on peut faire sortir la glace formée.

2328. M. N. Galland, de Nancy, a fait breveter un appareil fondé sur le même principe, mais destiné aux applications industrielles et particulièrement au refroidissement des moûts de bière. L'emploi de l'appareil précédent ou d'appareils analogues sur une grande échelle est rendu presque impossible par trois causes principales :

1" La grande difficulté qu'il y a à faire un vide suffisant avec de grandes pompes ; 2° L'impossibilité de maintenir le vide dans de grands appareils

CIIAPITIIE IV. — HEFROIDISSEMENT DES COUPS, ETC.

dans I(»S(|iit'Is 1rs joints les niiciiv faits lais-rnt luiijdiiis irnlirr l'air ;

3° La grande (iiiantil»' d'acide snlfiiriqiie à manier et dont larc'-vivinoalion. parla natnremème de lacide, est conteuse et dangenMise.

M. (laliand résout la première dilTicnllé par l'emploi d'ime pcunpe (|iril aitpelle harométriqitc ; cette pompe se compose (fig. 597) d'une enveloppe cylindrique h en fonte fermée à la partie infériein-e : cette

enveloppe a sa partie supérieure plongée dans une bàclic remplie d'une dissolution concentrée de chlorure de zinc, dont la densité es! 2,015 et qui ne donne pas de tension de vapeur sensible; des orilices pratiqués dans la paroi de cette enveNqipe permettent au liqnide de s'y introduire; le corps de pompe J) proprement dit est un cylindre ouvert aux deux bouts, alésé et dans lequel circule un piston a sans garniture. L'enveloppe est fermée par un couvercle c.

muni (le deux soupapes cl pour l'expulsion de l'air, et d'un orifice e qu'on ferme plus ou moins au moyen d'une clef à rainures; latéralement un robinet k mis en action par le mouvement du piston sert à établir la communication de la pompe avec la capacité P'. La tige du piston traverse le couvercle sans boite à étoupe ; le robinet k' s'ouvre de façon à ce que l'admission de l'air se fasse à partir du premier dixième et pendant buit dixièmes de la course du piston.

Cela posé, la bâcbe, l'enveloppe du cylindre et l'intérieur du cylindre P étant remplis de liquide, si le piston s'abaisse, l'air du récipient dans lequel il faut faire le vide s'introduit dans la capacité P' ; en même temps une petite quantité de liquide s'introduit par l'orifice e dans cette môme capacité; quand le piston remonte, l'air est comprimé dans la capacité P' et sort par les soupapes U ; il n'y a pas d'espace nuisible dans cette pompe, parce que l'espace laissé entre le piston et le couvercle lorsque le piston est au plus baut de sa course est rempli de liquide, et même l'introduction de ce liquide qui s'est faite pendant la descente du piston fait qu'il y en a toujours dans l'espace P' une quantité surabondante qui sort à chaque coup de piston en chassant complètement l'air par les soupapes cl.

L'appareil proprement dit se compose d'un évaporateur et d'un condenseur, L'évaporateur est un tambour en fonte placé verticalement dans une bâche rectangulaire remplie d'eau suffisamment chargée de chlorure de zinc pour l'empêcher de se congeler ; cette bâche est entourée d'une forte couche de matières isolantes pour empêcher le réchauffement. Le tambour est en fonte et aplati, il contient de l'eau ou de l'eau légèrement chargée de chlorure de zinc ; dans l'intérieur de ce tambour tournent dix disques en tôle de laiton placés sur un axe qui pénètre dans le tambour et reçoit le mouvement de l'extérieur ; ces disques, plongeant dans l'eau, se chargent de ce liquide sur toute leur surface en tournant et présentent ainsi une trèsgrande surface d'évaporation. Le condenseur qui suit immédiatement l'évaporateur est une boîte en fonte très-longue, 4 à 5 fois plus haute que large et dans laquelle sont disposés à la suite 4 arbres portant des disques semblables et en nombre égal à ceux de l'évaporateur ; à la partie inférieure de la boîte se trouve une couche de chlorure de zinc concentré dans laquelle les disques plongent en tournant; on a ainsi une très-grande surface d'absorption. L'évaporateur communique directement avec le condenseur qu'il prolonge d'un côté; de l'autre côté, ce condenseur communique avec la pompe. L'évaporateur est plongé dans une bâche remplie d'eau privée d'air

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