‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 68 sur 137 · CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIMIITATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES IIMIITATIONS

surface (If cliiitill»', mais crunrc ont la\;mlag(' d'aliaisscr la IciiipéraUir»' d»' la siu-ract' rn coiilacl avec la' ieiir(18i0 , ce ({iii est une coiulitiHii iililc ail poinl de mio de lliygiènc. Le cnndiiil d'air iicur établi dans le plancher est de large section et débouche dans la partie qui entoure la coquille. L'ap|)areil est muni dune trappe m<d)ile tpii permet de régler le tirage. Cette disposition nous parait

Firj. C50.

la plus simple et la plus efficace de toutes celles dans lesquelles on se préoccupe de chaull'er l'air de la ventilation au moyen des cheminées d'appartement.

M. Geneste fils et Ilerscher frères ont combiné l'emploi de la chemiiiétî.Ioly et de la disposition de la figure 0.33 pour le chauffage et la ventilation des casemates dans plusieurs des forts nouvellement construits autour de Paris.

2527. (Jhscrvatio)is sur les cheminées dappnriemenl. — Nous venons de passer en revue les principaux perfectionnements essayés

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depuis Rumfoit pour les cheminées d'appartement. Tous ont porté soit sur dos modificatious do détail à la oliouiiuée doLhomond, soit sur les moyens (r(il)tenii' (lu oi»ml)U>lil)lo un plus yrand ellot utile.

Comme nous l'avons déjà vu. lo rondomoul dos olioujinées d'appartomont est trés-laihie ; les dispositions proposées pour l'augmenter peuvent se ranger en deux classes.

Dans la. première, on a eu pour but d'augmenter la chaleur rayonnée dans l'appartement, et pour cela on a avancé le foyer dans la pièce. La cheminée de M. Bronzac (2508) peut être prise pour tvpe de ce système. On est arrivé ainsi à utiliser environ deux fois plus de chaleur que dans les cheminées ordinaires de Lhomond,

Dans la seconde classe, on a cherché à tirer parti de la chaleur emportée par la fumée, et pour cela ou a disposé à la suite du foyer des appareils calorifères plus ou moins simples. Les cheminées décrites n"^2515 et suivants rentrent dans cette classe. L'effet utile obtenu a été encore plus considérable, mais d reste limité par la condition de laisser le foyer visible. Il s'introduit ainsi dans la cheminée un volume d'air qui ne sert pas à la combustion, et qui, refroidissant la fumée, diminue beaucoup l'effet des calorifères.

2528. Cheminées qui fument. — Les. foyers découverts, tels qu'on les construit ordinairement, laissent souv ent dégager de la fumée dans les appartements. Les causes qui font fumer les cheminées, et les moyens d'y remédier, ont été décrits avec beaucoup de précision par Franklin ; nous les exposerons sommairement d'après lui, en faisant <iuelques additions.

2529. La première cause de production de la fumée est le défaut de ventilation ou seulement la dilTiculté de l'introduction de l'air extérieur dans l'appartement. Il est évident qu'il doit entrer dans la pièce un volume d'air égal à celui qui s'élève dans la cheminée ; par conséquent, si la pièce est exactement fermée, la fumée, ne pouvant pas sortir sans y produire un vide partiel, se répandra dans l'appartement. II arrive presque toujours qu'une certaine quantité de fumée monte dans la cheminée ; cet effet provient d'un double courant qui s'établit dans le canal ; l'air extérieur descend dans l'appartement par une partie de la cheminée, tandis que la fumée s'élève par l'autre; mais, ces deux courants n'étant point séparés, le courant descendant entraine toujours avec lui une certaine quantité de fumée qui se répand dans la pièce.

Cette cause aura évidemment une influence d'autant plus grande que l'appartement sera plus petit, que les portes et fenêtres join-

<:ilAI'l|»K II. — illlM KlAi.K KT ASSAINISSEMENT UtS IIAIil f MIONS.

«Iront |)|iis cvatlciiM'iil fl "|iii' !•' (li.iiiH'lii' i|r l.i (■lit'iiiiiiiT scim plus t oiisidcrahli'.

i,lii;mil la riiiiiL'c ol prodiiilc par la caiiM' ipif je M('Ii> de si;;iialt.'r. on peut \ rcinédier, 1' on diiniiuiaiU la (pianlilé dair (pii sCcoulc par la cliL'ininée; 2° en lavorisanl la vonlilalionexlrrieuiL'; 'i" par liin cl l'aiiln' de ces moyens. On diminuera toujours la dépense d'air par la «heminee en lélitMJssanl l'iui des deux oi'iliees, (rinlrodu<'li()ii ou de sortit': uiai> <'ii dcNia clioisir de préférence celui (|iii ddiiiit' accès à l'air pour la (-oiiiliusti(Ui.

t^Mianlà la \enlilalion cvléiieure, ou pourra lelablir, soit au iiioncu duii vasistas, soit par une ventouse, soit enlin par un canal placé sous le parcpiel. iUx pourra cliaidler l'air aj)pelé ou le laisser entrer à la température extérieure. Cette cause de rlégagement de fumée est la plus générale : j'ai rarement vu d'appartements dans lesquels li's ajtpels dair l'vtcrieiir aient des dimensions suflisanles.

2530. La second»' cause du dé'iaiiciucul de la fumée réside dans une température lro|» faible de laii' hrùlt' dans la clieminée. La Nile>se (lu Courant ii"e>t plus suflisante pour évacuer la fumée qui se <l(''gage, et il eu rellue une partie dans rap|)arlement. Celte faible température résulte de ce qu'une très-grande quantité d'air écbai)pi' à la combustion et refroidit la fumée.

Le seul remède efficace consiste dans le rétrécissement permanent <lu foyer, latéralement et supérieurement, et dans l'emploi d'un tablier mobile. Un diminue ainsi le \olume d'air inutile à la combustion.

2.'j31. La troisième cause provient d'une trop faible bauteur de la clieminée, d'où résulte une trop petite vitesse d ascension de la fumée. Il faut alors exhausser la cheminée, ou, si c'est trop diflicile, it'îtrécir le foyer.

i;j32. La quatrième cause du dégagement de la fumée résulte de laction de plusieurs foyers les uns sur les autres, lorsqu'ils sont placés dans des appartements communiquants, et n'ayant aucun mode de \entilation coinenablemenl établi.

Si, plusieurs foyers étant disposés comme nous \euons de le dire, on fait du feu dans un seul, l'air extérieur sera principalement appelé l»ar les autres cbeminées, attendu que l'air pénètre bien plus facilement et en bien plus grand volume par les cheminées que par les tissures des jjorles et des fenêtres. Si tous sont allumés et que les orilices d'entrée de l'air ne soient pas suffisants pour les alimenter tous, il arrivera nécessairement (|ue celui dont le tirage est le plus PÉcLtT. iii. n

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foil remportera sur les aulies, et par consé(pieiil que la fumée de ces derniers se répandra dans toutes les pièces. Un quelconque des foyers peut même faire fiuner tous les autres, quoiqu'il ait un tirage plus faible, soit par une moindre hauteur de la cheminée, soit par un plus grand diamètre du canal, soil enfin parce que la quantité de combustible qn»^ Ton y consomme est moindre ; il suffit, poui' cela, que ce foyer ait été allumé le premier, car, dans ce cas, l'air a dans les autres cheminées un mouvement de haut en bas, qui ne peut que difficilement être détruit, attendu que le tirage d'une cheminée n'est à son maximum que quand tout le tuyau est rempli d'air chaud : par conséquent, si, à l'origine, il y a déjà un mouvement de l'air en sens contraire, il faudra un foyer d'une grande activité, et une vitesse presque nulle de l'air de haut en bas, pour que le tirage puisse s'établir.

Le seul moyen de remédier alors à la fumée consiste à donner à chaque pièce une ventilation suffisante.

2533. La cinquième cause du dégagement de la fumée consiste dans la communication de plusieurs tuyaux de cheminée les uns avec les autres. Lorsqu'un tuyau d'un diamètre uniforme reçoit à une certaine hauteur un canal qui le pénètre, si le courant s'établit d'abord dans le dernier, la veine d'air qui en sort peut fermer l'autre comme une soupai)e. Il faut alors placer au-dessous de l'ouverture une plaque, afin que le tirage se partage également entre les deux conduits.

Lorsque plusieurs cheminées communiquent, et que les tuyaux ont des diamètres convenables, l'appel a lieu par tous les embranchements, qu'ils fournissent ou non de l'air chaud. Il en résulte que si plusieurs ne donnent que de l'air froid, la température de l'aii' dans le canal commun est peu élevée, et par conséquent que le tirage dans chaque conduit d'air chaud excède peu celui qui aurait lieu si ce conduit débouchait dans l'air; ainsi il se dégage de la fumée parce que la hauteur réelle de la cheminée est trop faible. Cette disposition est aussi très-favorable au refoulement de la fumée dans les pièces où l'on ne fait pas de feu, parce que, la vitesse se trouvant très-réduite dans le canal commun, un grand nombre de circonstances peuvent produire un courant de haut en bas dans les cheminées sans feu. On peut remédier au dernier inconvénient en établissant dans les cheminées des trappes ou registres que l'on ferme quand on n'y fait pas de feu ; mais il faut pour cela que ces tiappes ferment hermétiquement; et il n'y en a pas parmi celles qu'on

CHAlMTRIi II. — CIl.M KKAfili KT ASSAI.MSSEMIi.N T DES ilAliJTATIU.NS. 2:>{)

«Mii|i|ni(' nnliiiiiiiciiit'iil (|iii jdiiisvciil de (•clic |iin|nic|(' ; ci.'s lr;i|i|(cs (liiiiiiHiciil lK';iii('(»ti|i les clumces de riiiiiée (l;ms les pièces où l'on fnil (lu ft;ii pane (pril u'\ a plus d'air Jioid dans la «•lieniinéL' (.'oiiiimme. (l'est en >c loiidaiil sur ces principes que .MM. Mousseron cl Allard ont réalise ce (|u'ils oui appelé les /u////ii.r unitaires, (jui coii- >«istenl (hins nue j^aine uiii(|ue. ilonl la secli(Ui esl de()"',î);{ pour six clieininees el ipii s'élève dans loiile la hauteur de la maison ; cette gaine pai't du re/.-de-cliaiissée où elle coininuniiiuc a\ec rextérieur au moyen dune ou\eiture fermée par un guichet en tôle. Le ramonage se l'ail en une l'ois sans (ju'il en résulte aucun dérangement dans les appartements. On rencontre de rares exemples de ces tuyaux unitaires dans les maisons construites à Paris, il y a une quinzaine d'années; on comprend que pour adopter la gaine uni(|ii(; allant \erticalement du haut en bas de la maison, il faut avoir à consliiiire la maison elle-méuKî; encore est-il impossible de n'avoir (ju'une seule grande gaine dans une maison formée d'un seul corps de bâtiment, car il faut qu'à chaque étage les cheminées puissent gagner la gaîne par un embranchement fort court; aussi est-il bien difticile (lu'une seule gaine desserve' plus de deux cheminées accolées par étage. Les branchements, s'ils ne sont pas très-courts, sont difliciles à ramoner ; ils i^uiiraienl causer un feu de cheminée qui se propagerait à lotîtes les cheminées desservies par la même gaîne. Il faut à chaque embriiuchemeiit un registre pour régler le feu, el il faut. quece registre ferme hermétiquemenl pour empêcher le retour de fumée. Ces retours de fumée ne sont pas seulement désagréables; ils peuvent être très-dangereux et devenir une cause d'asphyxie. Il peut enfin résulter de l'emploi de celte gaîne unique qu'il s'établira entre les divers étages une coimniinication de bruits el même de paroles.

Ces diverses considérations ont empêché ce système, qui d'ailleurs est plus économique que celui des cheminées multiples, de se répandre lors de la reconstruction de Paris.

Les règlements de police n'ont pas autorisé ce système, nial"ré les demandes de l'inventeur, el (|uoi(pril n'y ail pas à demander d'autorisation à la police pour rétablissement des cheminées de tel ou tel système, et que même aucun service de surveillance ou de contrôle n'existe pour vérifier les conditions dans lesquelles les cheminées sont établies, il ne faut [tas oublier cpiil peut rt;><iilter de la négligence des règlements, une responsabilité qui dans le cas d'incendie peut être ftut grave pour le propriétaire. On fera donc bien,

'ifiO LIVRE XV. — CIIAIFFAGE KT VENTll.M luN liKS I.IELX HABITES.

dans Ions les cas. de donnor dans I(N liahilalions nn luyau spécial à cliaquo clioniintîo.

'IIVM. La sixième cause qui l'ail liuuer les ciieminées réside dans Tact ion du soleil et des vents directs ou réfléchis : il faut alors avoir reeoui's auv appareils que nous avons décrits dans le premier volume.

2.'),^5. Tue dernière cause peut l'aire pénétrer de la l'umée dans les appartements. Dans les grands calorifères, le tirage de la cheminée à air hi-ùh; étant toujours beaucoup plus actif que l'appel par la cheminée d"écoulenienl de l'air échaulïé, il n'est pas nécessaire que les joints soient étanches, car la différence, des tirages produit des pressions latérales qui font passer de l'air échauffé dans l'air brvdé ; il en résulte bien une perte de combustible, mais il n'y a pas de dégagement de fumée dans les pièces. Dans les appareils formant calorifères qui se trouvent au-dessus on autour des foyers découverts et qui sont destinés à utiliser une partie de la chaleur de l'air brûlé, il n'en est pas toujours ainsi. Si l'ouverlure du foyer était considérable et si les tuyaux de chauffage de l'air étaient placés dans un lieu où la vitesse d'écoulement de l'air brûlé fût très-faible, il pourrait arriver ([ue la vitesse d'écoulement de l'air échaulfé fût plus grande, et par conséquent que si les tuyaux n'étaient pas étanches, l'air brûlé pénétrât dans les tuyaux d'écoulement de l'air chaud. Ces circonstances se présentent rarement, mais il est toujours important dans toutes les dispositions de rendre les joints aussi hermétiques que possible, car le mélange de l'air brûlé, môme en petite quantité, avec l'air de ventilation, a de graves inconvénients.

2536. Les cheminées d'appartement servent non-seulement au chauffage, mais aussi à la ventilation ; on peut même, dans beaucoup de cas, obtenir des cheminées une ventilation naturelle des lieux où elles sont placées, alors qu'on n'y fait pas de feu. Nous rapporterons les résultats de quelques expériences faites par M. le général Morin, sur la quantité d'air que débite une gaine de cheminée d'appartement quand on n'y fait pas de feu ; elles donnent un aperçu de la ventilation qu'on peut obtenir par des cheminées.

La cheminée expérimentée est celle du cabinet du directeur du Conservatoire des arts-et-métiers, pièce isolée et située au rez-dechaussée ; la hauteur de la gaine était de 20", 30, et les poteries qui la constituaient à partir du plafond avaient 0^,30 sur 0", 30, ce qui en déduisant les arrondis des angles lui donnait une section de O^.OSôS ; en octobre 18HI. alors que la température extérieure

t.llAl'llUL II. CIIAl KKAdt Kl' AS>Al.MsSK.MKM Ul> IIAIil I A I lo.\>. H'A

était lie ID'.N cl la lt'iii|M'raliii<' iiilcrieiin' de 22", une expéiicMice iloimail un écniilciiieiil de il'lT"" dair dans une tieiire sans cliaunaire et par siin|de \eiililalinn naliiii'lle ; la lempeialiire à linlérieiir de la elieminee ("lail >iippiiM't' la iik'-iiic ipit' crlle de la pièce. En no\ciii- Itre, dans une autre expérience, alors (pie la température extérieure était de T .S et la leinpeiatiire intéiieure de Jo", le volinne é\aciié s'est éle\e à \W"' par heure, la \ilesse moyenne de l'air dans la ^Mine a été de O'.idà 0"',.iU. lair allluant par les joints dcs portes et des lenètres et par la bouche de chaleur dun calorirère (l»i cave dune section de 0"'.0."{. Ces expériences mettent en lumière rinllnence de la \eiililalioii naliiicile. mais on sait que celle-ci est inégale et ca|>ricieuse. fort vaiiahle siiixant la difîérence de température entre rexlerieur et linlerieur duiie habitation, dillereiice cpii est loin d'être constamment de 11°, 2 à 13%2.

Les chifl'res qui préeèdeni. (d)temis dans des conditions particulières, ne snurafent fournir de règle pour établir la xentilation d'un appartement composé de plusieurs pièces dont les cheminées sont. en communication |ieniiaiieiite entre elles par les joints des portes ; ces cheminées siiilliiencent réciprocpiement et on a trop souvent à se plaindi'e di' l'odeur de suie <pii se répand dans les pièces par les courants descendants qui s'établissent dans certaines de ces cheminées où il n'y a pas de feu. C'est pour obvier à cette incommodité que l'on place dans les cheminées d'appartement des trappes (pie Ion tient fermées en été aussi bien qu'en hiver lorsque l'on ne fait pas de feu ; mais ces trappes ne ferment pas assez pour empêcher toute communieatiiui d'une pièce à une aulre. Quant au\ quantités d'ail' évacuées, nous remarquerons que le cabinet en question est isolé, qu'il a mie haute cheminée d'appel, d'une section supérieure à celle de la plupart des cheminées des maisons modernes et (pie de senddables résultats ne seraient pas obtenus avec des cheminées d'un, deuxième ou d'un troisième étage et des gaines d'une moindre section.

On sait que loisquoii ne fait pas de feu dans une cheminée alors (pie la température extérieure est plus élevée que la tempt-rature intérieure, il se lait un courant descendant et que ce courant est tant(">f dans un sens et tanl("tt dans raiilre. probablement |)ar suite d'action extérieure parle sommet de la cheminée, quand la diUereuce des deux températures est faible.

2537. On ne saurait donc considérer la ventilation naturelle comme ('tablie d'une manière saine et certaine dans nos api)artemeiits par

'2(r2 LlVHt: XV. — CIIAIFFAGE ET VENTILATION DES LIEIJX HABITÉS.

suite tle l'existenco des clieminées. l'our obtenir un seml)lnble résultat, il faudrait établir, à la base de leur ^siine, un petit foyer d'appel qu'il serait commode de créer avec des becs de gaz, parce qu'alors il n'exigerait que peu de surveillance. Il faudrait aussi avoir des accès d'air extérieur d'une section sutlisante, disposés plus comnïodément que les joints des portes et des fenêtres. La ventilation au gaz d'éclaiiage n'est guère applicable dans nos appartements qu'autant qu'iuie conduite y est déjà installée, soit pour le chauffage, soit pour l'éclairage.

Quoique le gaz soit un combustible cher, on peut cependant songer à s'en servir l'été comme foyer d'appel dans certains édifices publics occupés d'une façon non continue, à cause du peu de surv(Mllance qu'il exige.

On a songé, il y a longtemps, à faire de petits foyers d'appel avec des becs à l'huile; des becs au pétrole seraient moins coûteux et pai'fois moins coûteux que le gaz même quand il n'y a pas déjà de canalisation établie pour l'éclairage.

2o38. Pendant l'expérimentation précitée, M. le général Morin appréciait le volume d'air qui rentrait par les joints des portes et des fenêtres dans le cabinet, la cheminée étant toujours sans feu. Pour un développement de joints de 20"", 30 aux deux fenêtres et de 21"\I6 aux deux poi'tes, soit un total de 41"', 16, la rentrée d'air a été de 246 mètres cubes à l'heure, soit o'"%92 en moyenne par mètre courant de joint ; mais il s'en faut que ces joints olFrent une section uniforme, de sorte qu'en bien des places la moyenne donnée est fort dépassée, tandis que dans d'autres, elle n'est pas atteinte.

2539. Une expérience analogue a été faite sur la même cheminée (Ml y brûlant du bois ; mais après que les coffres unissant le foyer à la poterie eurent été régularisés afin de diminuer la contraction à l'entrée de l'air et que l'appareil Fondet qui garnissait la cheminée eut (îté enlevé. La température extérieure étant de lo" et celle du cabinet de 19", celle dans la gaîne de la cheminée de 90", le volume total écoulé a été de 1268 mètres cubes à l'heure en brûlant 7'', 83 de bois, la vitesse de l'air dans la gaîne était de 5"\04. Une seconde' expérience avec 8" à l'extérieur et 18" à l'intérieur, 107" dans la gaîne a donné 1365 mètres cubes en consonmiant à l'heure 8'', 36 de bois, la vitesse de l'air était de 5'", 07 ; une troisième expérience exécutée dans le cabinet du sous-directeur, situé aussi au rez-de-chaussée a donné pour une température de 22" à l'extérieuv, 24° à l'intérieur et 127" dans la gaine une évaiMiatiou de 835 mètres cubes par heure

«•JIMMIIU-: Il — «illM FK.MiK l'A' VSSAINlSSliMK.NÏ ItKS IIAIUTAI ID.NS. :2»)3

• Ml hnilaiil .S\88 de bois ; un a|)i»jin'il l'oiidcl t'\i>liiil dans ci'llc cliriiiiiict' cl la iii('siii-ç dii'tn'lc d(^ l'ail' Iniii'iii par sa ImmicIic de rlialciir a ('le de \\) iiirlrcs culx's par licure. L"a|)pel lulal correspoiidail à Oi inèlres cubes par kilogramnie de Ixtis. L'expérience sur celle dernière clieniinée qui se rajjprorlie plus (|ue les précédentes des t'ondilions ordinaires, nous montre cpie le cliiltre de 100 mètres cubes dair appelé par kilogiamme de bois brûlé |)ar lieure, posé depuis longtemps par Péclel et consigné n° 2503, est bien suKisanl pour répondre à la réalité dans la plupart des cas.

2oi0. Les expériences sur la clieininée du cabinet du général, dans lesquelles on brûlait en moyenne 4 kilogrammes de bouille à riieure, ont donné une évacuation de 1200 mètres cubes par lieure, la température dans la gaine de la cbeminée dépassant toujours 100°.

2o4l . Les expériences en pareille matière sont tellement sujettes à donner des résultats différents suivant les lieux et les circonstances, ipiellcs devraient être fort répétées, afin de fournir des cliiffres dont la concordance permettrait alors de poser des règles sûres.

()n est donc obligé de se contenter d'approximations et de se régler sur li' cliilfre du miiiinnmi connu, plutôt que sur celui du maximum.

Chauffage iutérieur pur les poêles.

2'Ji2. Les poêles sont des appareils placés dans l'intérieur des appartements, formant une capacité plus ou moins considérable dans ia(piellf; on brûle le combustible. La fumée se rend à la sortie du foyer, soit directement, soit après diverses circulations, dans un liiyau qui la conduit dans une cbeminée. Les portes du foyer et du reiidrier sont tantôt dans l'appartement, tantôt dans une salle voisine. Les poêles sont en tôle, en fonte, en faïence ou en briques.

2.^43. On donne souvent aux poêles le nom de calorifères ; mais nous réserverons cette dernière dénomination pour les appareils qui servent à cbauffer de l'air pris à l'extérieur, et qiu le \ ersent en- >iûte dans les pièces destinés aie recevoir.

25 ii. Les poêles en métal, pour la même étendue de surface et la même quantité de combustible brûlé, ridVoidissent plus la fumée que ceux (pii sont en faïence ou en maçonnerie, parce que bîs métaux conduisent mieux la chaleur : ainsi les poêles en terre cuite doi-. vent avoir plus de \niiiiiic d plus de surface de cliaull'c ipic ceux en métal.

261 LIVHL; \V. — CIIAl FKAKIi KT VENTILATION MKS LIIi(!\ IIABITKS.

254'). I.cs puL'Ics 011 iiK'Ial s^'cliimll'ciil ruiiideineiil cl se l'cfroi- (lissent de iiiômo : cciiv de maroniieric et de raicncc, au contiaiic. s'échautïoiil Iciilcnicul : mais, une lois ('cliaulîés . ils cèdent IlmiIcineiit leur clialciir cl (Miliclicnncnl lon*il(Mnps une douce lcin|tcralure.

2o4(). Dans les poêles en métal, il est avantageux que la combustion soit lente et permanente. Dans les poêles en terre cuite, il esl bon fprelle soit vive, et ne dure que le temps nécessaire pour écliaulfer la masse de maçonnerie, opération qu'on renouvelle à des intervalles plus ou moins éloignés. Dans ces derniers appareils, quand le combustible est consumé, il est utile de fermer la porte du cendrier, et un registre placé dans le tuyau à fumée, afin déviter cpie le poêle ne soit traversé par un courant d'air qui le refroidirait infructueusement.

2547. On prétend que les poêles en fonte ou en tôle ont l'inconvénient de donner à l'air ime mauvaise odeur et de le desséclier. L'odeur de l'air cliauffé par un métal provient probablement de l'altération qu'éprouvent les matières organiques en suspension dans l'air, par le contact du métal dont la température est souvent ti'èsélevée, et toujours supérieure, pour la même quantité de combustible consommé, à celle que prennent les parois d'un poêle en faïence ou en briques. Il est facile de s'assurer qu'il existe en effet dans l'air ime grande quantité de corps légers, non-seulement par les dépôts (pii se forment sur les surfaces qui restent longtemps immobiles, mais par la vue de cette poussière, quand un rayon solaire pénètre dans une cliambre obscure; la poussière est alors fortement éclairée, et le seul aspect indique une origine organique. Cependant quelques expériences sembleraient indiquer que les métaux cbautfés ont .un**^ odeur propre. Nous avons étudié n° 1859 les inconvénients propres aux surfaces métalliques cbautîées.

Quant à la dessiccation de lair^ on n'a jamais fait aucune expérience exacte ta ce sujet ; mais tout le monde sait que l'on est dans l'usage de mettre sur les poêles en fonte des vases pleins d'eau, pour fournir de la vapeur à l'air, et que les poêles en faïence rendent cette précaution moins nécessaire. Cbacun a pu observer que les poêles en fonte, indépendamment de l'odeur qu'ils donnent à l'air, provoquent des maux de tête, quand on n'emploie pas le moyen que nous . venons d'indiquer pour saturer l'air d'humidité. Mais la dessiccation de l'air par les poêles métalliques n'est qu'apparente ; l'air ne paraît plus sec que parce qu'étant plus chaud, il peut dissoudre plus de

i.llAI'IIMI. IL— CIlAl'FFAUt Kl ASSAINISSEMENT HES IIAIllT VTI(t\S. :2r.:.

\;i|n'iir, tl |i;ir coiisômionl tiiiil ost d'aiilnnl plus ('loijfnr du Iciiiir (le s.iiiiialinii (|iril est à mio Iciiipt'rîiliire plus rlcM'c. Si les poules ru rjiit'iirc on en hiiipics m» paraisseiil pas prodiiiit' le iiièiiic cIVcl, cela (ieiil il te (pi'ils iiécliaiiiroiil pas lair an iiièiii»' degré. Au siiiplns. ipiaiid on coiisidèi'e (|iie dans nue <;i-ainle partie de rKnrope, on a riiahitiidi' de se clianll'ei' avec des poêles de lonte, ou de l("»le, (»ii ptMit diriicileinenl croire cpio lenr nsaj^^e soil réollemenl insa- Inhre.

Kn résiiiiie, je ne n^yarde pas en gênerai le chauHago par les snilaces n)élalli(pies comme insalubre si le métal n'est pas trop écliauiré: il peiil devenir incommode, |)aice que la température du métal est (pichpiélois Irès-varialjle, el il |teiil donner une odeur désagréable, el dessécher trop fortemenl l'air, quand le métal es! à une trop hante température ; mais on peut éviter tous ces inconvénients, comme nous lavons déjà dit en parlant des calorifères.

2548. Poêles simples sans circulation intéricwe^ et sans tuyaux de circulation. — Ces poêles sont ceux qu'on enqîloie le plus fréquemment ; ils sont construits en fonte ou en tôle, et ce n'est guère que dans les villes qu'ils sont en faïence. Dans ces appareils, le corps du poêle ne renferme que le foyei', et rarement la surface de cliaun'e est sufdsante pour absorber une partie considérable de la chaleur du foyer ou d<i la fumée, surlotil dans ceux de faïence, j)arce que cette nialière n'étant employée que pour obtenir une chaleur modérée, et pour éviter les inconvénients du chaulï'age avec la tôle et la fonte, on cherche souvent à diminuer, autant que possible, les tuyaux extérieurs à fumée. Aussi ces derniers consomment beaucoup de combustible et chanll'enl peu, jtarce que la fumée est abandonnée à une trop haute température. Mais comme, dans tous ces poêles, le tirage a lieu (laii< la pailie du tuyau qui s'élève verticalement, les gaz brfilés pourraient être; complètement refroidis, si on prolongeait siilïisamment le circuit horizontal.

Huaiid on brûle du bois, de la tombe, de la houille, i)i\\ coke dans les poêles, les foyers n'exigent aucune disposition particulière ; seulement il est toujours avantageux d'employer des grilles, et de faire arriver l'air en dessous, ce qui ne se fait pas toujours. Mais quand on brûle de ranlhracite, les foyers doivent être disposés d'une manière spéciale (juc nous indi([uerons en parlant des poêles américains.

2.')40. VoHes en terre cuite et à circulation intérieure. — Ces poêles sont principalement employés dans le Nord, en Suède, et surtout en

L'(30 1JV15E XV. — CIlMl'FAtiE ET VENTILATION DES LIEUX HABITÉS.

Hiissio. Dans ce dernier pays, les poêles uni de très-grandes dimensions, et se constniisenl en même temps (pie les maisons. Ce sont des masses rectangulaires, allongées verticalement, presque entièrement en l)i'i(pies, percées de canaux verticaux, que l'air brûlé parcoiu't plusieurs fois de bas en haut et de haut en bas. Ces poêles ont ordinairement de 2 à 3 mètres de hauteur, et occupent une surlace horizontale de 1""',25. Le foyer est à la partie inférieure, et sa capa cité varie de 0"'^05, à 0"'% 10. L'air brûlé, après avoir circulé dans des canaux intérieurs verticaux, successivement en sens contraire, s'écoule ensuite dans la cheminée. On l'ail un feu très-actif le matin, et lorsque le bois est complètement Iranstormé en brajse, on ferme la porte du foyer, et presque complètement le registre de la clieminée. Ces masses échautTées .se refroidissent lentement et maintiennent une température douce dans les pièces pendant vingt-quatre heures.

En Suède, on emploie des appareils analogues, mais dont les dimensions sont beaucoup plus faibles. Les figures Gai, 652, 653, 654, 655, 656 représentent un de ces appareils.

F if/. tJ.M.

Fi;/. (>:,-2.

Fifj. (m3

Fit/. (3.') 4.

Fiij. (5jj.

Fl'j. (i.'iO.

La ligure 651 esl une coupe verticale suivant IK {/ig. 654) ; la ligure 652, une coupe verticale suivant LM i/ir/. 655) ; la figure 653,

Traité de la Oialeur, par E.Peclet

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