‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 71 sur 137 · CHAPITRE II. — CIIAIKF.VGIÙ ET ASSAINISSEMENT DES IIAlllTATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — CIIAIKF.VGIÙ ET ASSAINISSEMENT DES IIAlllTATIONS

loytM', par des m.mir's ((iii peiivoiil se prolonger à une grande dislanco, (lait être (rès-inconnnodo.

2ri84. Les appareils dans lesquels on chauH'e de l'air pris dans la pièce, en le faisant passer dans des tuyaux disposés autour du foyer, jtroduisent évidennnent i»liis d'effet utile que les cheminées dont nous venons de |)arler, puisqu'ils emploient une partie de la chaleur ptM'due. En outre, ils diminueut la ventilation par le rétrécissement des orifices d'accès de l'air dans la cheminée; et enfm, quand ils sont disposés convenablement, ils établissent dans l'air de la pièce un mouvement qui dissémine l'air d'appel, et doit le lendre plus eflicQce pour l'assainissement. Ces appareils ne réaliseraient toutefois qu'une faible utilisation du combustible, si l'ouverture de la cheminée était trop grande, parce que l'air brûlé, étant mêlé avec l'air appelé au-dessus du foyer, n'est plus à une températui'e assez élevée pour échautTer convenablement, les tuyaux parcourus par l'air. Cette utilisation peut devenir assez grande dans les foyers à coquille et en particulier dans le foyer Joly quand il est muni de son coffre supérieur (2526).

2o8o. Poules. — Tous les poêles métalliques, quelles que soient leurs formes et leurs dispositions, peuvent utiliser complètement La chaleur développée dans le foyer, pourvu que l'air brûlé s'élève d'abord à une hauteur suffisante pour produire le tirage, et que les surfaces de refroidissement de la fumée soient assez étendues. Bien qu'ordinairement l'air brûlé soit abandonné à une température assez élevée, ils utilisent cependant presque tous une grande partie de la chaleur. Mais avec ces appareils, la ventilation est à peu près nulle, car ils n'appellent que le volume d'air nécessaire à la combustion. Ainsi ces poêles sont d'excellents appareils de chauffage, mais ils sont insalubres. Les poêles en terre cuite ont les mômes avantages, et, de plus, ils n'ont pas l'odeur spéciale que prend le métal soumis à une température trop élevée ; mais ils sont aussi insalubres que les poêles métalliques. Les poêles à alimentation continue sont évidemment dans le même cas. Quant aux poêles à température constante, leur but est contraire à celui qu'on doitchercher à atteindre, puisque, pour maintenir une pièce à une température constante, il faut y introduire une quantité de chaleur qui varie proportionnellement à l'excès de la température intérieure sur la température extérieure, et que cette dernière varie constamment.

2586. Les poêles à double enveloppe sont exactement dans le cas

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des poêles ordinaires, quand l'intervalle des enveloppes n'est parcouru que par l'air de la pièce. Mais quand l'enveloppe communique avec l'air extérieur, que le tuyau à fumée se rend dans une cheminée ouverte par le bas, l'effet utile du combustible s'élève beaucoup, et la ventilation est obienue dans d'assez bonnes conditions. En effet, l'air extérieur tend à pénétrer dans la pièce, par suite de son échauffement dans l'enveloppe, et par l'excès de la température de l'air dans la cheminée sur la température extérieure ; toutefois la ventilation varie nécessairement avec le chauffage, ce qui est mauvais.

Pour ces appareils, comme pour tous ceux dans lesquels l'air est échauffé dans des tuyaux, les orifices de dégagement de l'air chaud, ou bouches de chaleur, ont, en général, de trop petites sections, parce que, pour la plupart des constructeurs, et souvent pour le public, les appareils sont d'autant meilleurs qu'Us produisent des courants d'air plus chauds et plus rapides ; et c'est précisément le contraire qu'on doit chercher. Il faut chauffer un grand volume d'air à une température peu élevée, afin d'obtenir plus d'effet des surfaces de chauffe, et de ne pas altérer l'air.

M. Darcet a publié, dans les Annales (Thycjiène^ un arlicle fort intéressant sur cette manie dos constructeurs, de donner aux bouches de chaleur des dimensions insuffisantes. Je citerai un passage de cet article.

« Le vice de construction que je signale ici est tellement commun qu'on le remaniue presque partout, et principalement dans les étabhssements publics, où la grandeur des poêles fait encore mieux ressortir l'extrême petitesse de leurs bouches de chaleur. Je pourrais donner mille exemples de ce fait, mais je me contenterai d'en citer quelques-uns des plus remarquables.

« En 1841 , le conseil général des manufactures fut assemblé, au ministère du commerce, dans une salle nouvellement bâtie, sans système régulier de ventilation, beaucoup plus longue que large, et très-mal chauffée par un grand poêle placé à l'une de ses extrémités. Le bureau était établi sur une estrade, à l'extrémité opposée, et le grand poêle n"était garni que de très-petites bouches de chaleur, n'ayant peut-être pas, à elles toutes, un décimètre carré d'ouverture libre.

« Pour échaulfer la salle, le jour de l'ouverture de la session du conseil, le garçon de bureau avait été obligé de pousser le feu au point de chauffer au rouge jusqu'aux garnitures en cuivre des bou-

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clios (le l'Iialeiir; l'air contcMiii dans la salle avail iino odcMir de ^;7j/t' fort désagréable, et la chaleur, trop forte près du poêle, n'avait pu parvenir, du côté opposé, jusqu'au bureau où siégeait Iti ministre. Je me plaignis de cet état de choses; on m'envoya, le lendemain, le fumiste du ministère; je lui fis augmenter convenablement fouverture de la prise d'air, et je lis établir, sur le devant du poêle, une grande bouche de chaleur ayant, autant que je puis m'en souvenir, 20 décimètres carrés d'ouverture, c'est-à-dire environ vingt fois juitantde section qu'en avaient les bouches de chaleur primitives; on ne toucha pas à l'armature du poêle, et toute la réparation fut terminée en un jour de travail. Une seconde cheminée ne servant pas, existait derrière le bureau, à l'opposé de celle du poêle ; je la fis ouvrir par le bas, au-dessous de l'estrade, pour évacuer l'air vicié dans la salle, et le lendemain, jour de séance des trois conseils réunis, on obtint, sans pousser le feu dans le poêle, tout le succès désirable, tant sous le rapport de l'échauiïement égal de tous les points de la salle, que sous celui de la salubrité de l'air qu'on y respirait.

« Le même changement a été fait de la même manière et avec le même succès au poêle de la salle des séances du conseil de salubrité à la Préfecture de police, à celui du laboratoire des essais à la Monnaie de' Paris, etc., etc. »

2587. Dans l'article dont je viens de parler, M. Darcet admet que l'air, en sortant du poêle, doit être échauffé seulement de 20° ; alors, en supposant que la combustion de \ kilogramme de houille peut échauffer 900 mètres cubes d'air de 20°, et que la vitesse de sortie est de 2 mètres, il en conclut que les poêles doivent avoir des bouches de chaleur de 12,50 décimètres carrés de surface pour chaque kilogramme de houille à brider par heure. Mais il ne suffit pas que les bouches de chaleur aient une surface assez grande, il faut que dans tout le circuit que parcourt l'air qui s'échaufTe, la section ne soit pas inférieure à celle des bouches; autrement le rélargissement du canal, à son extrémité, n'aurait que peu d'influence. L'énorme section à laquelle M. Darcet est conduit serait souvent difficile à établir. Je pense qu'une section deux fois plus petite serait bien suffisante dans tous les cas, et bien supérieure encore à celle que les constructeurs d'appareils donnent toujours aux bouches de chaleur.

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Modes «le chauffais^e et de ventilation les pins convenables dans les

dilférents cas.

2588. Pour les antichambres des grandes maisons, le chauffage par les poêles en terre cuite, garnis de larges bouches de chaleur versant un grand volume d'air à une température peu élevée, est le mode le plus avantageux, parce que l'alimentation du foyer ne se fait qu'à des époques assez éloignées, et que l'air échauffé peut servir à la ventilation des pièces voisines. Ce même mode de chauffage serait aussi le plus convenable pour les escaliers des hôtels.

2589. Pour les salles à manger, comme elles ne sont occupées que pendant les heures de repas, elles ne doivent être échauff'ées que par intermittence ; le meilleur mode de chaulTage consiste dans des calorifères en tôle, qui permettent de cesser le chauffage quand la chaleur produite par les convives et les lumières est suffisante. La forme la plus convenable serait celle d'un parallélipipède, long et étroit, renfermant des tuyaux verticaux, communiquant par le bas avec l'air extérieur, et versant l'air échauffé dans la pièce par la partie supérieure, l'air briilé cheminant de haut en bas dans l'intervalle des tubes. Un orifice destiné à la ventilation devrait être étabh au bas de la cheminée. Pour les petites habitations, le poêle pourrait être surmonté d'une caisse en tôle, servant à chauffer les assiettes. Les poêles en terre cuite ne sont utiles que quand ces salles sont constamment occupées.

2590. Les chambres particulières sont ordinairement chauffées par de simples cheminées. Ces appareils, comme je l'ai dit, produisent peu d'effet utile sous le rapport du chauffage, et beaucoup trop sous le rapport de la ventilation. L'appareil décrit (2523) serait d'un usage bien plus avantageux que tous les autres parce qu'il permet de régler le chauffage et la ventilation, et qu'il utilise la majeure partie de la chaleur produite.

2591. On pourrait aussi employer des poêles ordinaires ouïes poêles à double enveloppe désignés sous le nom de calorifères. On obtiendrait ainsi un plus grand effet utile ; mais la ventilation se trouverait réduite au volume d'air nécessaire à la combustion. Il serait toutefois facile de produire une ventilation variable à volonté, dans des limites assez étendues, en établissant [fig. 664 et 665) dans la plaque de tôle qui ferme l'ouverture du bas de la cheminée et que traverse le tuyau à fumée du poêle ou du calorifère, une ouverture à

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rogisirc irlissjiiil tn\ lnuni;inl p.ir lii(|iit'lle l'air de la piôco s'écmilerail ilans la cliL'iiiinée ; sciilciiieiil, dans ce mode de venlilatioii, l'air extérieur est uniqueiiK'nl fourni par les fissures des portes et des fenêtres.

Fig. GOi.

Fig. Gtiô.

Firj. CGC.

2092. Si le tuyau de cheminée était adossé à un mur extérieur, on pourrait facilement produire une ventilation par un appel régulier de l'air extérieur au moyen de la disposition indiquée par la figure 066 ; A est le tuyau d'appel qui traverse le mur placé derrière la cheminée, B le tuyau d'écoulement de l'air brûlé ; au-dessous est l'orifice à registre de sortie de l'air de l'appartement.

2093. Dans le cas où la pièce ne serait pas munie de cheminée dans le mur, le même résultat est encore facile à obtenir au moyen de la disposition indiquée dans la figure 667 ; A est le tuyau d'appel, BBle tuyau d'écoulement de l'air brûlé, C l'orifice de sortie de l'air: cet orifice communique avec un tuyau DD qui environne le tuyau d'écoulement de l'air brûlé.

2594. Toujours en supposant l'absence de cheminées dans la pièce à chauffer, mais en admettant qu'il s'en trouve une au-dessus, on pourrait employer la disposition indiquée par la figure 671. AA tuyau d'écoulement de l'air brûlé ; DD tuyau d'écoulement de l'air de la pièce ; BB, tuyau d'appel de l'air extérieur ; ce tuyau est garni d'un appendice E, au moyen duquel, en fermant les registres a

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et c et ouvrant le registre b, on peut chauffer la pièce sans produire (le ventilation. En fermant seulement le registre «, la ventilation s'effectue par les fissures des portes et fenêtres.

Fig. 667.

Fig. 668.

2595. Si la salle a une très-grande longueur, on peut adopter la disposition indiquée figure 669. A est un calorifère métallique à air chaud et à double enveloppe, recevant directement l'air extérieur qui doit être échauffé ; B est une cheminée située sur la face opposée et qui sert en même temps pour le chauffage et pour la ventilation.

2596. La figure 670 représente la disposition du chauffage d'une pièce X, qui n'avait point de cheminée. La pièce précédente Y, qui sert d'antichambre à la première, a reçu un calorifère A, garni d'une large bouche à air chaud D, et dont le tuyau à fumée BB débouche dans la cheminée C, entièrement fermée par la partie inférieure. On a placé ensuite dans la pièce X un foyer découvert E, dont le tuyau FF traverse la salle X, et vient se rendre dans la chemi-

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