CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION
indiqué qu'il serait bon de prrvoir pour l'étë dos accès d'air extérieur à chaque étage ; mais celte introdnctiou supplémentaire ne fut pas mise à exécution. L'air neuf alTluail dans la salle par les doubles fonds des planchers des élajjes, par des jours ménagés dans le cadre du rideau et par une baie horizontale de O^jSO de largeur, portée à 0°,G0 par le général Morin. concentrique à la ramj)e et présentant toute la longueur de celle-ci. Ce dernier mode d'accès de l'air fut reconnu bientôt tellement incommode qu'on le supprima. Celui du pourtour du rideau gênait les acteurs ; il aurait fallu qu'il ne commençât qu'à une hauteur de G ou 7 mètres au-dessus des planchers de la scène et, dans ce cas, il n'aurait guère servi à l'alimentation des spectateurs.
2653. Le programme exigeait qu'il y eût ol 000 mètres cubes d'air extraits de la salle par heure. Nous empruntons à l'ouvrage de M. Morin sur la ventilation et le chautTage, en les résumant, les expériences de ce savant général sur la ventilation du Théâtre-Lyrique ; celles qui ont été exécutées en dernier lieu sur linstallation fonctionnant réellement datent de mai 1863. Le plafond lumineux fonctionnant, ainsi que la prise d'air du square Saint-Jacques, l'ensemble des accès et des départs de l'air était celui que nous venons d'indiquer.
La section du canal du square était de 9 mètres carrés, ce qui avec la vitesse moyenne de 0"',75, observée en hiver, donnait un volume d'air de 25 000 à 26 000 mètres cubes par heure, chitîre, diton, spécifié au marché de l'entrepreneur; le nombre des places étant de i 640, cela donnait 15 à 16 mètres cubes par personne et par heure, et non 30 mètres cubes ; dans les expériences de mai 1863, le niinimum de volume d'air venant du square a été reconnu être en moyenne, pour la durée de la représentation, de 1 0 587 mètres cubes par heure, un soir que la température extérieure était de 23° à 7 heures et de 19° à minuit ; ce volume augmente un peu avec l'abaissement de la température extérieure ; ainsi le maximum en mai a été de 17 223 mètres cubes, un autre soir qu'à 7 heures la température extérieure était de 13° et de 9° à minuit. C'est donc par personne et par heure une alimentation de 6"%45 à 10°", 50 fournie par les orifices spéciaux d'arrivée.
Pendant que la prise d'air fournissait 10. ^87 mètres cubes, la cheminée de la coupole évacuait 61 7l8mètres cubes d'air, avec une température de 48" pendant la durée des actes et de 60° pendant les «ntr'actes en moyenne. Ce volume se répartissait ainsi : au parterre
et à l'orchestre 21 G72 mètres cubes ; par les orifices du premier étage, du deuxième et du troisième qui communiquaient avec une gaine unique 23 770 mètres cubes, et par les orifices du quatrième étage 16 276 mètres cubes. En divisant ces chiffres parle nombre des places, on trouve iO^^SG au parterre, 32"'%29 pour les trois premiers étages et oi'"%98 pour le troisième étage ; mais il est bien évident que ces chiffres n'expriment pas le vrai volume d'air que recevait chaque place considérée ; certaines d'entrés elles pouvaient en avoir beaucoup plus et d'autres beaucoup moins.
2654. Il n'a pas été fait, comme contrôle, de jaugeage dans la cheminée de la coupole, le chiffre de 61 718 mètres cubes résulte de l'addition des observations partielles. 11 n'a pas été fait non plus d'observation de la dépression existant dans la cheminée ni de celle qui devait exister dans la salle.
26o5. Il y a une différence énorme entre le volume que fournit la prise d'air du square et celui qui est extrait de la salle par l'appel du plafond lumineux ; cette différence de 40 000 à 50 000 mètres cubes est introduite dans la salle par les joints des portes et des vasistas des loges, des couloirs, de la scène et des dessous de celle-ci.
On conçoit facilement qu'en pareille circonstance, des courants fort désagréables produits par l'énergique appel de la coupole s'établissent fort irrégulièrement dans tous les points de la salle ; si le canal du square qui, d'après les prévisions, devait donner 23 000 à 30 000 mètres cubes dair, fournissait si peu en mai, c'est que l'action de l'appel s'épuisait sur les rentrées d'air accidentelles qui offraient moins de résistance ; les accès réguliers d'air neuf présentaient donc une section complètement insuffisante.
2656. Pendant la durée des mêmes expériences, les températures observées dans les difiérents étages ont été : à l'orchestre 25°, 97; au premier étage : minimum 24°, 5, maximum 27°, 0 ; au second étage : minimum 24°, 5, maximum 27° ; au troisième étage : minimum 24°, 5. maximum 27°, 75 ; au quatrième étage : minimum 24°, 5, maximum 28° ; ces nombres se rapportent à la soirée du 30 mai pendant laquelle la température était de 23° à 7 heures et de 19° à minuit. Le 24 mai, la température extérieure étant de 16°, 5 à 7 heures et de 10°, 5 à minuit, la température à l'orchestre était de 23°, 80 ; au premier étage, elle a varié entre 21° et 23°, 5 ; au second, entre 20°,75 et 22<',75; au troisième, entre 20°, 75 et 23° ; au quatrième, entre 23" et 24°, 75.