CHAPITRE III. — CilAlTFAr.E ET VENT. DES SALLES DE HÉL'NION. 'M
Celte eliLMniiK'e a été construite à une distance de 20 pitMls aii;j;l;iis (O"",!)!)) de la face du bâtiment la plus voisine ; sa hauteur est de HO pieds anglais (;j3"', 41) ; son diamètre est de 12 pieds (3'". 01) au lias (le la cheminée et de 5 pieds (2", 43) au sonmiet; la grille du loyer tlappel est placée dans l'intérieur, à 8 pieds anglais (2'°, 4) au-dessus des sommets des orilices d'accès. Les registres i)lacés dans le canal de descente permettent de l'aire varier à volonté la ventilation.
Cet appareil a fonctionué régulièrement pendant plusieurs années, la ventilation s'etîectuait d'une manière très-régulière, mais il avait un inconvénient très-grave : l'air, en traversant le tapis de crin qui recouvrait le plancher, entraînait avec lui la poussière déposée suite tapis. Il est fâcheux qu'on n'ait aucun renseignement sur le volume d'air appelé, sur la dépense de combustible, et l'échauCfement de l'air par les calorifères.
Palais «lu liuxembourgf.
2616. Ce palais était chaufTé autrefois par des calorifères à air, construits par MM. Rohaut et Musard, d'après les plans de M. Talabot. En 1840, une commission nommée par le ministre de l'Intérieur, sous la présidence de M. Thenard, composée de MM. Gay- Lussac, Pouillet, Séguier, et dont je faisais partie, fut chargée d'examiner les appareils et de donner son avis sur leur efficacité. C'est du rapport de cette commission que j'ai tiré les détails qui suivent.
La partie du palais qui devait être chauffée à cette époque se composait de la salle des séances, en forme de demi-cercle, environnée d'un couloir dont le diamètre se trouve du côté de la cour, de la bibliothèque, longue galerie tangente au couloir et qui se termine aux deux pavillons en saillie sur le jardin, enfin de l'orangerie qui se trouvait au-dessous de la bibliothèque. Le chauffage avait lieu par huit calorifères placés au-dessous de la grande salle, quatre de chaque côté d'un couloir dont l'axe coïncidait avec celui des bâtiments. Chaque calorifère renfermait 30 tuyaux de fonte horizontaux, traversés simultanément par l'air, de l^jSOde longueur sur 0'",16 de diamètre, ayant ensemble une surface de 21""i,60; la grille avait 1 mètre de longueur sur 0°", 30 de largeur. La galerie prenait l'air dans le jardin par une ouverture fermée par une grille de fera l'ouverture du sol ; au delà se trouvait une ouverture également fermée par une
grille truite plus grande surface, destinée à conduire Tair aux calorifères. Pour le chaulïage de la grande salle, l'air chaud des calorifères se rendait dans une pièce basse située au-dessous de la salle, de là sous les gradins ; il pénétrait dans la salle par des orifices de O^jOl à 0™,02 de hauteur qui régnent dans toute la longueur des contre-marches et foi-nienl ensemble une surface de près de 4 mètres carrés. Près des orifices de sortie de Pair, les marches étaient garnies de plaques de foute chaulTées par Pair. L'air de la salle pouvait sortir par l'orifice du lustre, ou par des orifices percés à la partie supérieure des tribunes, d'où il se réunissait à Pair des couloirs, pour se rendre ensuite, par les cages des escaliers de service, sous le comble qui surmonte l'orifice du lustre, et se dégager dans l'atmosphère.
Quatre ventilateurs à force centrifuge, placés au-dessous de la chambre, étaient destinés à la ventilation d'été; ces ventilateurs, mus chacun par un homme, avaient 2 mètres de diamètre, l^.oOde largeur, et communiquaient par leur centre avec la prise d'air extérieure, et par leur circonférence avec les gradins de la salle. Des caniveaux convenablement disposés conduisaient de Pair chaud à des bouches placées dans la bibliothèque, Porangerie, le couloir et les pavillons.
2617. Des expériences nombreuses ont constaté qu'avec la ventilation par l'orifice du lustre et par les tribunes, et par une température extérieure de plusieurs degrés au-dessous de zéro, la température de la salle a été maintenue à lo" ; que la ventilation d'hiver s'est élevée à plus de 20 mètres cubes par personne et par heure, et celle d'été à 12 mètres cubes. Mais le chautïage de la bibliothèque, du couloir et de l'orangerie était insuffisant, à cause du refroidissement que Pair chaud éprouvait en parcourant les canaux qui le conduisaient aux bouches de dégagement.
Les conclusions de la commission ont été, 1° que le chaulTage et la ventilation delà salle des séances étaient satisfaisants ; 2" que le chaulfage des autres parties du bâtiment était insuffisant.
2618. Dans le système de chauffage et de ventilation adopté par M. Talabot, le mode de renouvellement de Pair de la salle était trèsbien entendu, et certainement le meilleur qu'on puisse employer, car chaque personne assise dans la salle recevait un courant d'air particulier qui s'élevait autour d'elle pour ne plus revenir, et par conséquent l'air qu'elle respirait était toujours parfaitement pur. La ventilation dhiver sefîectuait d'elle-même par la force ascension-
CIIAP1TUI-: m. — CIIArFFAlîE ET. VKNT. DKS SAI.I.KS FtE lU'I'NlON. ilOil
iii'llc (le la t'olnnn»' d'air chainl, ayani pour liaiilt'nr |ii (lishincc des calorilV'ics à Torilic»' du liislrc. Mais la M'iililalioii drli' cxiyc.iil iiiii> >iiiM'illanc'edes hoiiuiu's ('liarj:;ôs de faire mouvoir les viMililatcuis, et à cause de celle cireouslance la veiililalion parul, bien à toil, moins cei'laine rjiie celle (|wi provient des cheminées d'appel, il aiirail élé liicile dc'tahiir dans l.i pièce des appareils de vérilicaliun du travail, hans le clinjv du iiimlc de chanirai^e, M. Talalxd a été }^uidé par ce principe, qii illallail avant tout cliaiill'er tous les liàtinients. Ce principe est vi'ni, mais à la condition de cliaiMler d'ahoid les parties supérieures du bâtiment, car alors la tiansmission à travers le sol est néjiligeahle ; mais si on veut effectuer le chauffage d'un bâtiment par de l'air chaud circulant dans des caniveaux pratiqués dans le sol, la perle de chaleur devient très-considérable; c'est ce qui résulte des expériences faites sur les bouches de chaleur du canal d';iir chaud de l'orangerie. Ce canal établi dans le sol avait pour section un carre di' ()"',8n de côté; il recevait au milieu de sa longueur de l'air ipii, m itaitaut du calorifère, était à une tempérarure de 1 40" ; il se divisait ensuite en deux branches, qui se prolongeaient au delà de l'orangerie dans les deux pavillons, et sur sa longueur, il [)ortait des bouches pour l'écoulement de l'air chaud ; à celle du centre, l'air chaud sortait à 95°, à des distances de 6", 12'", IS"», 24", les températures étaient réduites à Oo% oo", 47°, 27° ; au delà, dans les pavillons, l'air sortait froid.
2619. Par suite de ce rapport, la même commission fut chargée de donner son avis sur le mode de chauffage et de ventilation le plus convenable pour le palais. Mon avis était de mettre la question au concours, mais il ne fut pas partagé par la commission, qui adopta un projet présenté par M. Duvoir- Leblanc. Ce projet, modifié sur plnsiem-s points par la Connnission, consistait à établir, à la place de huit calorifèi'(»s, deux chaudières à eau chaude en tôle ; de ces chaudières devaient partir deux tuyaux d'un grand diamètre qui s'élèveraient par le chemin le i)lus court dans les greniers des deux pavillons neufs (jui donnent sur le jardinet aboutiraient chacun à un vase d'expansion fermé par une soupape chargée d'un poids correspondant à un excès de pression et 1 atmos|)hère et demie. De chacun de ces vases devaient partir vingt tuyaux de retour, en cuivre, garnis de robinets, alimentant des poêles placés dans les différentes pièces, et cii'( iilaut dans des canaux destinés au chauffage de l'air. Le mode de reiiouvclicinent de l'air dans la salle des séances ne devait pas être changé, et lorilice du lustre devait être surmonté d'une che-
304 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VENTILATION DES LIEUX nABITÉS.
minée dans laquelle se trouverait un poêle à eau chaude, chauffé par un foyer spécial. Le devis des frais d'établissement s'élevait à 180 000 francs. M. Duvoir s'engageait à ne pas dépasser ce devis, et se soumettait à faire régler toutes les dépenses, suivant la méthode ordinaire, à l'exception des deux calorifères, dont le prix était fixé à 20 000 francs; à se charger pendant douze ans du chauffage, sous la condition de maintenirdansla chambre et dans les vestiaires, pendant les séances, une température de 18% une température de lo° dans toutes les pièces habitées et dans la bibliothèque, une température de 12" dans toutes les pièces qui ne servent que de passage, et 10" seulement dans l'orangerie; de ventiler la salle des séances de manière à y faire passer de 7000 à 8000 mètres cubes d'air par heure, en hiver et en été ; moyennant 3o francs par jour de chauffage pour un chauffage continu de 7 mois, plus 5 fr. })ar jour de séance d'hiver, 10 fr. par jour de séance d'été, et lo fr. en sus pour les jours de séance d'été, si l'on veut refroidir l'air de ventilation ; enfin à remettre, après douze ans, les appareils en bon état, moyennant une somme annuelle de 2000 fr., pour les frais d'entretien.
2620. D'après cela, en supposant 7 mois de chaufTage, 30 séances d'hiver et 10 séances d'été, le chaufîage, la ventilation et l'entretien des appareils coûteraient annuellement 9600 fr., tandis que le chauffage qui avait lieu par les appareils que nous avons décrits d'abord, par de petits calorifères distribués dans le bâtiment, et par des cheminées, chauffage incomplet et insuffisant sur beaucoup de points, aurait coûté, d'après quelques renseignements, 33oOO francs, et environ 10 000 francs d'entretien. A la vérité, dans un certain nombre de pièces, on devait conserver des feux de cheminées qui exigeraient une certaine dépense, mais l'établissement du nouvel appareil devait produire une économie considérable, même en tenant compte de l'intérêt du capital dépensé.
Les chiffres pris comme point de comparaison par la commission étaient ou le résultat d'une confusion ou d'une mauvaise administration, car le chauffage par calorifère à air chaud et poêles revient évidemment à meilleur marché que le chauffage à l'eau chaude.
2021 . Les pièces qui devaient être échauffées ont ensemble un volume de 60000 mètres cubes ; les murs ont de 0-^,50 à 0'",60 d'épaisseur, leur surface totale est de 7870 mètres, les surfaces des fenêtres sont de 3 770 mètres; en prenant lo" pour la température de l'air dans les pièces, 6° pour la température moyenne des sept mois de chauffage, la quantité moyenne de chaleur transmise par
CIIAPITIIF. 111. — CIlAUFFAGIi ET VKNr. l)KS S\I,I,IS \)K IIFUN'ION. ."{O.i
luMiiv s.M-ail (le TnTO . Hl.j;] i- .1770 . 2'^ = 1008:50 oaloiirs (|ni. l'ii su|)|)ns;nil Mil ('lV(!l utile de 'iOOO iinihjs par kilo^M'amiiic de lionille, concspoiidonl à ;i8\ par hciiro inoyemio de cliaulïafio; alors, pour IniitluMiros do cliaulla<;e ivid et une porto ôquivalenlo pondant les interruptions, la (piantité nioyenno do oonihusfihjo eonsonimô par Joui- serait do 2 . 8 . 38 = (iOS\ (pii, à raison d(; 4 IV. les lOO" do lioiiille, juix maximum à ootte époque, élèverait la dépense de combustihlo à 2i',3'2 ; (M eolle somme est môme trop élevée, parce rpie les dépenses sont faibles les jours lériés, que les pièces ne sont maintenues aux températures indiquées que quand elles sont occupées, que la conductibilité des murailles est diminuée parles boiseries et les taj>issories, et celle des vitres parles rideaux. Ainsi la somme accordée à rentreproneur était bien suriisaiite [tour les frais do chauffage, le salaire du cliaulleur, et le bénéllce qu'il devait retirer de son entreprise. La soumio demandée pour la ventilation d"liiver pondant les séances était fort élevée, car, en supposant une séance de ilieures, le volume d'air cbaud serait de 16°"^ chauffés moyennement de 9°, ce qui correspond à IGOOO . 1 ,3 . 9 . 0,24 = 44928 calories ou à peu près à 9" de houille ou à 9 . 0,04 == 0^,30, et rentreproneur demandait o francs. Le prix de la ventilation d'été était aussi fort exagéré, car avec la somme de 10 francs qui correspondait a 250"" do houille, les KîOOO mètres cubes d'air auraient pu être échauffés do plus de .JOO" dans la cheminée dappel ; or, en admettant que la cheminée eût seulement l""' de section^ la vitesse d'écoulement serait de 4000 : 3600 = I",il ; et en supposant que la cheminée eût seulement 4"' do hauteur, ((ue l'air do la salle fût à 15% l'accroissement de température dans la cheminée serait à i)eino de 20°. Quant à la proposition relative au refroidissement de 1 air, il aurait fallu savoir à quel degré l'air extérieur aurait été amené et les moyens qui auraient été employés.
2622. Le projet de M. Duvoir-Loblanc, modifié par la commission, a été accepté : les appareils ont été construits; mais, n'ayant pas eu l'occasion do suivre depuis la marche des appareils installés, je citerai le rapport dune commission nommée pai' le gouvernomont belge, pour étudier les différents systèmes de chauffage et do ventilation établis on France. Cotte commission était composée de M. Lacambre, ingénieur, et do M. Désiré Limbourg, architecte. Voici ce (\[\'()i\ lit à la page 12 de leur rapport :
" Var ce système, tel que Duvoir-Leblauc l'a établi au palais du Luxembourg [Chambre de< pairs), au palais du quai d'Orsay, à l'hosl>F.(;(KT. ni. 20
."{<)() I.IVHL; XV. — CIIAUFKAGE ET VENTILATIU.N DES MKI \ ll.VIilTKS.
pice d(» Cliiireiiloii, ;i l'église de la iMadeleiiie, etc., il existe des l'éci- })ients d'eau d'une capacité reiuarqiiahle, de sorte qu'on emploie un volume d'eau considérable (à la Chambre des pairs il. est de 70000 litres), ce qui rend le chaulTage lent et susceptible de peu de varialions; inconvénient grave pour des locaux qui ne doivent être cliaulfés que quel(|ues heures de la journée. Ces masses d'eau, «Uevées à la température de 120 à 140° centigrades, peuvent donner lieu à des dangers, bien que tous les appareils soient essayés, avant leur placement, aune forte pression. S'il arrivait un accident, il serait d'autant plus grave que, la plupart des poêles communiquant entre eux, il en résulterait de grandes fuites d'eau bouillante, dont une partie se réduii'ait immédiatement en \apeur. A ces défectuosités évidentes nous devons en ajouter d'autres, qui consistent principalement : i" dans la grande pression exercée sur les générateurs, qui, dans certains moments, s'élève à ])lus de 4 atmosphères: 2° dans la nuuivaise répartition des tubes alîérents, qui ne distribuent pas uniformément la chaleur dans chaque pièce, ce qui cause, tantôt un excès de chaleur dans une pièce, tandis que dans une autre il va quelquefois absence complète de dégagement de chaleur; 3" dans l'économie mal entendue de l'emploi de l'air chauflé au contact de la chaudière et du fourneau pour le chauffage de l'hémicycle de la Chambre des pairs et de la salle du conseil au palais d'Orsay, qui dégage, comme dans les appareils à air chaud, cette odeur insalubre, provoquant actuellement, de la part de MM. les membres de notre Chambre des représentants, des plaintes justes et méritées ; 4" dans l'absence des dispositions convenables pour interrompre à volonté le chautVage de certaines pièces, sans déranger le chautlage des autres pièces: 5" enfin, dans le mauvais effet des poêles à eau chaude, par suite de leur forme lourde et désagréable, et de la place qu'ils occupent. Ces défauts, du reste, nous ont été signalés par M. le duc Decazes, grand-référendaire de la Chambre des pairs, qui a bien voulu nous faire connaître qu'en somme, messieurs ses collègues n'étaient pas satisfaits du chauffage actuel, et que la détermination a été prise de faire exécuter, pendant les vacances prochaines, les travaux nécessaires pour parvenir à faire disparaître les défectuosités dont il s'agit, et ramener ce chauffage au degré de perfection désirable. » Plus loin, à la page 22, on trouve ce qui suit : « Quant à la veptilation d'été, qu'on est occupé de rétablir (on la modifiait, lors de notre visite au palais), elle a lieu au moyen d'un foyei- placé au-dessus delà salle, drais lo comi)le même du hàliiiicnl. Ce lover
CIIAI'lilU-; III. - CHAI l-KVf.K I:T vint. I»I:s SM.I.I-S IIK lIlil'M'i.N. ;i((T
t■^t ^iiniiniilc d'iiii ;i|i|>;irt'il jtlriii irciii. (|iii. cIliiiIIV' |i,ii" i.ivniiiiriiinil, f'^l ni (■iiiiiiiiiillir;iliii|i dircclt' iincc le hilllcriiciii de lii s;illc, (li.-|,iii| (le ce luNcr (le '2 iiit'lics ciiN iidii. I.c Invcr et r;ip|i;ii"('il muiI ciiviloiiiit's (l'uni! cliciiiist' en iii.irdiiin'iic, siiniioiilcc d'iiiK! clicinincc ; lie soi'lc <|ii(' 1,1 M'iilil.'ilioii se l'iiil |iai' l<- li:iiil, de itiùiiic (|ii°;iii p.iliiis de la Nation; ('\i-('|ilt' qu'à Paris, la vriililalion. au lieu d'rlro lihro niniiin' à la ('.lianihrc des rcpréspiilanis, osl acliNÔo par l'apiicl du loyer, dont la teinpei-aliire es! modérée par la chaudière pleiuf! d'eau. Il parait i|iie l'on avait fini |)ai' suppriiiHT ton le seiililatinn dans cette >alle. ..
l'alais-IBoiirhoii.
'2C}'2'.\. La salle de rancieniie Chanihre des dé|)iités à j'aris ('lait cliaiilVee an moyeu de caloril'ères à air chaud d'ahord étahlis pai' M. Talahol ; lair chaud se rendait dans la salle par des orifices placés dans les conliii-marciies des bancs, et l'air vicié était, appelé par des oinei'lnres disposées dans le plal'ond des tribunes, d'où il s(» rendait dans une vaste cheminée l'enl'ermanl un loyer à e<»ke.
|j'^ (li-po>ilions relatives au chanlï'age et à la ventilation du palais turent niodiliées d'après liîs indications d'une commission dont faisaient partie MM. le général Morin et Combes, membres de rinslitul, Callon, ingeii'ieur en chef des mines, et Tresca, sous-directeur des Arts-et-Métiers. Les résultats du travail de cette commission sont consignés dans le tome IX du Conservatoire des arts et métiers; nous en donnons le résumé.
La ca[)acité totah; à chauiïer était de 20 342 mètres cubes, dont M 'A")ï [)onr la salle d'assemblée et ses dépendances et le reste pour dillércnts salons et salles de réunion ou de conférences. L'introduction de l'air neuf se (it dans la salle dans toute l'étendue dés corniches et par di\-neuf des caissons du plafond. Cet air arrivait du dehors pai- un conduit vertical de 20 mètres de hauteur et de 8'"^ 33 de section, et était amené dans une chambre de mélange après av(»ir tiaveix'; (piaire calorifères céramiques ; une partii' de l'air entre froid dans la chambre, les arrivées sont réglées au moyen de registres de façon à c(ï (pie la température; moyenne de l'air soit de 20", les oinerlures d'introduction ont une surface totale de 17""',9I. L'évacuation se fait par des orifices en grand nombre, distribués au planchei-de la salle, dans les gi-adins, sous les banquettes, au pourtour, dans les tiibimes, etc. Leur section totale est de I 'i""",'!.!), l'air \ici(''>e rend dans Iroi-- caiiaiiv collecteurs doiil deux
poLii" la salle ot un pour les salons et de là à la cheminée ; des registres placés sur les collecteurs pcrnietlent de régler l'évacuation. Dans un cabinet placé au niveau du couloir se trouvent réunis tous les moyens de manœuvre des registres d'accès et d'évacuation, d'observations des températures dans le conduit de l'air neuf et dans la cheminée d'évacuation, de détermination delà marche d'un anémomètre à compteur électrique donnant hMolume dair introduit dans la salle. L'air neuf circulant dans un canal souterain avant son arrivée dans la chambre de mélange se rechaullait dans les temps froids et se refroidissait pendant l'été ; la ventilation étant intermittente, l'action du canal souterrain était effective, mais il n'en eût pas été de même s'il se fut agi d'une ventilation continue, car alors les parois du canal se fussent bientôt mis en équilibre de température avec l'air introduit. En hiver, la température a pu être réglée à une valeur uniforme de 18% la température de la salle ne s'élcvant que de 1 à 2" pendant toute la durée des séances : quand la température extérieure devenait J4° en moyenne, la température a varié de 18 à l'ouverture, à 21 ou 22° à la fin des séances ; quand la température extérieure a été de 20 à 21°, la température intérieure de 18" à l'ouverture s-est élevée à 24°, 7 à la fin des séances ; enfin, dans les jours très-chauds où le thermomètre marquait 28° et quelquefois plus à l'extérieur, la température de la salle à la fin des séances était encore inférieure de 2 à 3° dans les tribunes, et de 3 à 4° dans la salle à celle de l'extérieur. Pour arriver à obtenir ce résultat, on était obligé d'activer l'appel en été; la température extérieure étant de 28°, 8 l'air dans la cheminée avait un excès moyen de température de 31°, 4, tandis qu'en hiver il suffisait d'un excès de 20 à 25".
Les dispositions adoptées permettaient de produire un renouvellement d'air de 60000 mètres cubes par heure, mais on fut conduit à limiter ce renouvellement à 14000 mètres cubes par heure en hiver, et 18000 en été ; la vitesse d'introduction de l'air variait de 0",25à 0'".30.
Palais du «luai <rOrsa).
2624. Ce palais, occupé autrefois par le Conseil d'État et parla Cour des comptes, est actuellement détruit, il renfermait des pièces dont le volume total était d'environ 60,000 mètres cubes. Il était chauffé par un appareil à eau chaude, construit par ^1. Léon Duvoir.
CHAIMTHE III. CIIAL'FFAlib; KT VKNT. l»L? SALLES UK ItKL'MoN. 'M)\)
<|ui s'ôtail engîigô à maintenir dans les pièces une leinpt'raliiic th; 1.*)", inoyeiinant une sonimcdc HO lïancs par jour de chaiill'a;ie, salaire du ciiaunein' eonipi-is.
D'aprrs le rapport de la commission d'arcliiteclure cliargée de la réeeplion, ra|)])areil de ehaulTagt? se composait d'une chaudière en tôle cylindrique verticale, renlermant le loyer, cl percée à la partie supérieure d'une ouverture pour le dégagement des gaz brûlés, qui traversaient paieillement quatre cylindres en fonte de H"', 50 de diamètre, du centre à la circonférence, et de la circonférence au centre ; ces cylindres renfermaient des tuyaux de 0"',t 1 de diamètre, parcourus par un courant d'air venant de l'extérieur. De la partie su|tèrieure de la chaudière, partait un trdje (pii montait' au [)oint le plus élevé, où il se terminait par le vase d'expansion. Ce tube ascendant était environné d'un tuyau de zinc, d'une section dix fois plus grande, et environné de foin ; l'air extérieur s'échauffait dans ce tuyau, et passait ensuite dans les pièces à échauffer ; le tid)ereveii!iit à la chaudière en traversantdes poêles. Ces dispositions sont peu convenables ; le mouvement ascendant de l'air brûlé dans li's appareils de chaiilfage est peu favorable à l'utilisation des surfaces de chautTe, parce que l'air brûlé suit toujours le chemin le |)lus court; le chaulfage de l'air ne devrait pas avoir lieu autour du tuyau ascendant, parce que le refroidissement de l'eau diminue la vitesse de circulation ; c'est évidemment sur le tuyau de descente (pi'il fidiait effectuer le chauffage. De plus, il y a entre deux séances une perte notable de la chaleur des poêles et de l'apjjareil. La ventilation laissait de même beaucoup à désirer. La gi-ande salle du Conseil d'Ltat était ventilée par des orifices praticpiés dans le sol, près des fenêtres, et conununiquant avec un canal qui venait s'ouvrir dans le cendrier de la chaudière à eau chaude. Mais, comme nous l'avons déjà vu, par l'appel d'un foyer qui sert en même temps au cliaulTage, on ne peut produire qu'une ventilation insigniliaide et variable, ou une ventilation très-chère, eu ne recouvrant pas entièrement la grille de combustible.
2625. Malgré ces défauts, le chauffage de ce palais a été l'objet d'un rapport très-favorable de la commission d'architecture, rap- [lort qui |)rouve combien il est nécessaire d'introduire dans l'éducation des architectes quelques notions siii- la physirpu; et sur les .ippareils de chaidïage, et surtout cond)ieu il est fâcheux que les administrations et l'Ktat laissent aux architectes l'appréciation des svstèmes de chauffage et de ventilation. Je citerai seulement i\QU\
:n(l LIVKK XV. — r.iiM'KFAHK KT VKNTILMION DES MKI!N HABITÉS.
plii'MSPs (lu j'a|t|K»i'l : (' h'ivf; l'appaifil (le M . DnvDir-Lcblanc^ il ri est pas besoin (h' plus de feu (pie ccbn (pà serait nécessaire pour faire bouillir de leau. Ainsi, d'après cola, la qiiniilité de chaleur nécessaire pour produire de l;i vapeur sérail indépendante de la quanlilé de vapeiH' ])rodui(e. I^a chaleur ite se dissipe que par les portes et les fenêtres. » Le rédacteur n'a pas ajouté (jiiand elles sont, ou- Yei'tes ; mais cela l'é'sulte de la lecluri^ du )ap]i(M't. .l'ai lu bien des rappoi'ts extraordinaires, mais aucun de comparahie à celui dont il est question.
(>r:tiifl aiiipliîth<>»fr«> «lu C'ouservatoire ites arfH ('t in<>tierH.
2G20. Le cliauirage et la v(Mililalion de cette grande salle, qui peut contenir j)lus de huit cents personnes, avait aussi lieu par des appareils construits par j\L Duvoir-Lehlanc. Leurs elfets ont été étudiés par M. le générai florin, directeur du Conservatoire, et lesj'ésultats de ses observations ont t'ait l'objet d'un long mémoire inséré dans les comptes rendus de l'Académie des, sciences du 26 avril 18.-)2. Yoici d'abord, d'après ce rapport, la disposition des appareils.
2627. Dispositif de r appareil de ventilation du grand amphithéâtre du Conservatoire. — La ventilation de ce vaste local, dans lequel se trouvent rassemblés, le soii', des auditeurs au nombre de sept à huit cents et même ])lus, et qui, cliaulFé de façon que, quand deux cours se succèdent avec des auditoires parfois très-difïérents en nombre, la température doive y rester sensiblement la même, présentait d'assez grandes difficultés.
« Un premier dispositif adopté, il y a quelques années, n'avait pas complètement réussi. Les conduits d'aspiration n'avaient guèi-e (pie 0""i,65 de surface totale de section, et la cheminée 0""i,49, et il n'y avait pas d'appel à la partie supérieure. Par suite de ces proportions tiop restreintes, la température s'élevait considérablement, ell'air était vicié dans la partie supérieure de rampbitliéàtre. Plusieurs fois des anditeiirs avaient été incommodés. Je m'entendis avec M. l'architecte du Conservatoire, et une modification des dispositions employées fut demandée à M. Léon Duvoir. J'indiquerai en peu de mots le nouveau dispositif.
2628. (( Le grand amphithéâtre du Conservatoire est chauffé, pcnulant les heures des cours publics, à une température qui ne doit pas èti-e inférieure à 15", d'après les termes du marché, et qui s'élève babituellement à 20" quand il contient huit cents per-
OIIAlMTItK III. — CIIM TFM.K 11 T VKNT. liKS SM.I.KS DK HKIWION. .'Eli
<nmn's, .liiisi i|ii(' cela arrixc lialtihii'llcim'iit pniir ccrlains ('(uirs. Il tant (|ii(' la t(Mii|)éraliir(> suit s<'iisil)|(Miiciil la iiirinc dans loiilcs 1rs parties de raiiiphitlK'àlre, au lias el an somiiiet ; de plus, il inipurlail d'exlraire. sans j^èner l'aiidiloiie, une tpianlih' d'air snlTisanlr pour enlever foule éinanalion desa;;;réal)Ie.
'( Pour y parvenir, M. I.éoii Duvoir a ou\erl, \ers le l»as des gradins de raiiipliillicàlii', sons les jainhes des auditeurs, des orifices dapittd qui sont en eoniinnnieatiou avee do<^ eondnils pratifpié.s sous les gradins, (les oriliees sont au nombre de 39, dont 31 (uil I)"',(I8 sur O", 20 et sont répartis sur les deux tiers de la liauteur de rampliithéàtre, etdoid les 5 autres sont situés sons le premier gradin el ont ir,!." sur 0"'.60 (rouverture. Tons ces conduits se réunissent dans une pièce située sous ramphitliéàtre et <|iii contient le calorifère à eau eliaude. Dans cette pièce et à 0"',o8 au-dessus du sol s'ouvrent ï bouches d'appel ]»rolongées par autant de conduits \ertieau.\ ([ui s(î réunissent en un seul tuyau horizontal cominuni- • pianl à une grande cheminée d'appel, au bas de laquelle se trouve un foyer qu'on n'allume qu'en cas de besoin.
«< Des tuyaux à circulation d'eau chaude, avec des parties renflc^es, apptdées bouteilles, passent dans le fond du conduit horizontal pour en cliauirer l'air et produire l'aspiration.
« La cheminée veilieale contient deux tuyaux en fonte, l'un qui eoninuiniijue au fourneau dune machine à vapeur, et l'autre, toujours chaud, qui sert de commencement de cheminée au calorifère.
« Ces deux tuyaux sont raccordés avec deux autres plus petits qui forment la cheminée du petit calorifère auxiliaire, employé pour déterminer ou accélérer au besoin l'appel d'air. En outre, il a été établi, au plafond de l'amphithéâtre, au-dessus d(» la parti(; la plus édevt'e des gradins, une large bouche d'appel qui communicpie avec un tuyau horizontal, lequel débouche dans la gi'ande cheminée.
2021). « Les sections de passage de l'air expuls(' de l'amphithéâtre s(mt les suivantes :
Oi'ifici' d'appel dans la . \" I. A fjauclK; un cntiaiit 0,.')G0. 0,600 = 0"',î800flO
diambrn du foyer, à i N" 2. A droit'i en (întraiil l>.'il8.0,iS() = (i"",'Ji)(i440
(■" .")0 au-dessous de j V 3. A j^ancho près du foyor.. .. 0,")87.0,.">14 t=()"'.:îOI7I8
rentrée ' .\" 'i. A droilo prés du foyer.. .. . n.."»i;j.o,.'i"i =0"', '281532
Tuyau au-dessus de ranipliilhéàtrc, 0.70(t sur 0,700 ('",49
.Vire totale des orifices d'appel l°',6-''>2890
'à\2 LIWAE \V. — CHAUFFAGE liT VFNTILA TIO.X DES LIEUX HABITÉS.
CIIEJIIM-K I) Al'IEL.
Section prise à hauteur du regard, 1"M0:) sur l'",0:îO 1'", 133000
A déduire pour la section des tuyaux de fonte O", 187000
Section libre de passage. . . 0"',9iG000
«Ainsi, la section de la clieniinée n'est que les 0,94G : 1,653 = 0,57 de celles des orifices d'appel, ce qui nécessite une accélération de la vitesse au débouché des conduits dans la cheminée. On conçoit cependant qu'il est difficile d'éviter cet inconvénient sans être conduit à donner à la cheminée des dimensions bien considérables et bien dispiMidieuses. »
2630. Il résulte de cette description, et de renseignements pris sur les lieux, que l'appareil de chaulïage et de ventilation est disposé de la manière suivante :
Au bas de l'amphithéâtre et de chaque côté de la table du professeur se trouve un poêle à eau chaude à travers lequel s'élève un courant d'air chaud provenant de l'extérieur; cet air chaud s'élève d'abord à la partie supérieure, se rend dans une cheminée d'appel 1° par une ouverture pratiquée à la hauteur du plafond; 2° par des orifices percés dans les faces verticales des bancs et qui communiquent avec le dessous de l'amphithéâtre. De là, quatre tuyaux le conduisent sous la grille d'un foyer placé au bas de la cheminée d'appel ; dans le chemin, l'air est échauffé par des tuyaux à eau chaude. La cheminée d'appel renferme deux cheminées en fonte d'une petite hauteur, pour l'écoulement de la fumée des deux fourneaux de chauffage.
2631. Cette disposition est assez mal entendue sous plusieurs rapports. La pensée du constructeur a sans doute été de pouvoir, à volonté, porter l'air à une température suffisante pour rajjpel, soit à l'aide des tuyaux d'eau chaude, soit à l'aide du foyer, ^ous ne pouvons que répéter qu'avec le chauffage à l'eau chaude, l'appel coûte beaucoup plus cher qu'avec le chauffage direct, sans compter les frais d'installation, qui sont beaucoup plus considérables. En second lieu, faire passer de l'air à échauffer à travers un foyer est une disposition qui peut produire de très-grandes anomalies, résultant de la variation de la surface libre; inconvénient qu'on évite complètement en plaçant le foyer à côté de la cheminée. Aussi, dans huit séries d'expériences, les vitesses d'écoulement dans les quatre tuyaux qui débouchent au-dessous de la grille dans la cheminée d'appel
tllAI'IIUr. m. — CIlAL'KKAtiE l:ï VKNI. UKS S.M.LKS DK IliaNlDN. M'i
"iil \arit' thiiis le r;i|»ptti'l de 2 à I. tandis (|ii(' ces vitesses ont varié sonlomeiit dans le rapport de ï à '\ ponr Iniilice dôboiicliaiit dans la elieinini'e.
'HV.i'l. jians le nienntire dont il est iei (piestion, M. le ^l'-nérai Mnl'in donne les résultats des expériences laites sni- les cinij tuyaux ilappel ipii amènent l'air dans la clieininée. On peut en cnnelin-e (pie la ventilatitui totale ohservée, divisée |tar le nombre des auditeurs estimé à huit cents, a ('té comprise entre l'i mètres cubes et 10 mètr«'s cul)es par personne et par lieure ; la plus faible ventilation a eu lieu quand la température de lair extérieur était le plus élevée. La température, à la partie supériem-e de rampbithéàtre, a toujours é'té de 20", et de 19" à 18", .'j à la partie inférieure. L'air n'avait aucune odeur (b'saijfréable. En tenant fermé nn des orifices d'accès de lair dans le foyer, la vitesse dans les autres n'a pas clianfîé. La vitesse dans les tuyaux d'appel a toujours été comprise entre 2'",lo et 1"','10. Le foyer d'appel n'a été, en général, que faiblement entretenu ; les jours d'expériences, la consommation de bouille n'a pas été observée. La quantité totale de houille consommi'e pour le cliauflage et la ventilation avarié de 180 à 225 kilogrammes i)ai' jour. Les conclusi(Mis de M. Morin sont que l'appareil.de M. iJuvoir-Leblanc satisfait à la fois aux conditions d'un bon cbaullage ci d'une ab'ondante ventilation. Mais nous ferons remarquer que, d'un jour à l'autre, entre deux leçons, une portion notable de la chaleur possédée par l'eau des poêles, des tuyaux et de la chaudière, dispalait par le refroidissement, en ne produisant qu'un effet tardif inutile. Cet appareil ne peut donc satisfaire à la condition d'économie, qui ne doit pas j)lus être négligée dans un établissement public que dans un établissement particulier. Si l'emploi du système à l'eau chaude, à l'exception toutefois du mode de Perkins, consistant en de très-petits tuyaux, ne convient pas, c'est certainement i)our les chauiïages intermittents comme celui d'un amphithéâtre.
2033. M. le g(''néral Morin a cherché, en comparant les résultats obtenus dans des circonstances dilférentes, s'il y avait une influence du nond)rc des auditeurs sur la ventilation. Il a trouvé qu'elle augmentait avec lem- noinbic, ce qui devait être, toutes les autres circonstances étant les mêmes. Mais M. Morin pense « ([ue linfluence du nond)re des auditeurs n'est pas assez grande pour qu'il soit indispensable; d'en tenir compl(» dans rétablissement des appareils, excepté pour les réunions nombreuses de personnes échaulfées par un exercice énergifjue. » 11 m'est impossible de partager cette opi-
•"ni I.IVHK \V. — (^llAUFFAliE KT VENTILATION DKS I.lil'X IIAHITÉS.
nioii ; ('li;i(|iie individu. p;ir l'iiclo intMiio de la rospiralion, dégage an moins 40 unités do clialcin- par li(!uri!, <Mnplnyées ù chaiilïer l'air, et cette chaleur ne peut pas disparaître. Si, dans les expériences rapportées dans le mémoire, on avait mesuré la température de l'air à la soi'tie des bouches du calorifère, on aurait pu apprécier rinfluence du nombre des amhleurs sur la température (h; l'air à l'entrée des orifices d'aspiration. Il est d'aillenrs facile de prouver, par un calcul bi(Mi simple, (ju'en su|)posant une ventilation de 10 mètres cubes d'air par jjorsonne et par heure, les 40 unités de chaleur émises par chaque individu, indépendamment de la chaleur employée à la vaporisation de l'eau provenant de la transpiration, élèveraient l'air de ventilation d'environ 12".
Le maximum de ventilation, lorsque tous les orifices d'appel étaient ouverts, a été de 12"", 711 le 18 février, et le minimum de 9"'%o56 le t2 mars. La salle peut contenir neuf cents personnes; en supposant que ces volumes d'air soient employés d'une manière efficace à l'assainissement et que la ventdatiou soit uniformément répartie, le volume d'air pour chaque personne serait de 14 mètres cubes et de 10"%S, volumes trop faibles pour une bonne ventilation. Le mémoire n'indique point qu'il y ait eu de précautions prises pour régler la ventilation ; il n indique point les conditions dans lesquelles l'air introduit est réparti, il pourrait se faire qu'en certains points, la ventilation fût insuffisante, tandis que, dans d'autres, elle serait en grand excès. Alors, quoique la pièce fut traversée par un grand volume d'air, une partie plus ou moins considérable pourrait être fort insalubre.
Enfin, une dei'uière condition, aussi essentielle, surtout pour l'assainissementd'une pièce contenant un si grand nombre de personnes si rapprochées, c'est que chacune d'elles reçoive de l'air pur, et non de l'air échaulTé et déjà vicié par la respiration.
L'incertitude que le mémoire laisse subsister siu* la régularité de la ventilation totale, sur l'uniformité de sa répartition dans la salle, et sur l'état de l'air qu'on y respire dans ditTérents points, fait facilement comprendre que l'opinion du général jMorin sur l'efficacité de l'appareil ne soit pas partagée par tout le monde. Un article de la Revue (le l'inslructioii publique^ relatif à la question qui nous occupe, se termine ainsi : « Nous ajouterons que nous avons constaté nous-méme une lourdeur accablante de 1 atmosphère à quelques-unes des leçons faites dans cette salle : ce jour-là on n'expérimentait pas l'appareil. » (Binf.t Sainte-Preuve. )
•IIIM'ITIIK m. — tlIlAI Kl'AiiK I T VKNT. HK.S SM.l.KS liK HI'I'NION. .'HTi
-ti-iV. |/i'iii|i|<ii ili> l'ciii rliiiiidi' |HMii- cli.iiill't'i- lin ;iiii|iliitlii-,-'iln' ili'iiv uii irniN liciii'i's ji.ir jour csl i-\ iili'iiiiiu'iil iiriun.iis, c.ir il ii*' |><'i-iiit't i|iriiii cluiiiirai^c ('\ci'ssi\(Mii(Mil lent cl <|iii se corilimic imilili'iiiciil loiii^Mt'inps jiprt's la lonin ; c'csl dniic un cliaiill'atïc Ifcs-dirr. NiMis ne saui'ions (r.iillciii's tr(t|) iiisishM* >iii' les daii^crs dim appar»Ml à Iiaulo |UVssion plai-i; an-dossoiis diiii aiiipliilln'àliv. I.a pivst'iu'c (lim liihc à aii- lilirc, (raillciii-s Irôs-pclit, sur le vaso d'expansion établi à nnc i.n'and<' liaiiliMir. im' saurait cinpiMlicr dim»' iiiaiiirrc ahsidne la l'iiplnrc d'un luyaii on df lapparcil, pai' dilalalion, par nsni'c on i)ar lonlc aniro cause, el l'on Tn'inil en songeant aux conséquences d'une explosion (pii ponirait avoir lien au-dessous des i^'radins eliarjii's de huit cents personnes.
2G3rj. J)epuis, ces dispositions ont été inodillées conipléteinent; on a »'lal)li poiic les deux anipliilliéàtres dn Conservatoii'e une même cheminée d'appel. ]j\ jielit amphithéâtre présente une superficie liori/.onlale de i.'iO'"" et reçoit ti'ois cent soixante à trois C(Mit soixantedix auditeurs; le p;rand a une superficie de 210""' et contient sept cents auditeurs. Ils sont chaulï'és an moyen de cahuilèn^s à air chaud à tuyaux horizontaux; le calorifère du petit ampliilliéàtre a une surface de chaulFe de 49'", o; le grand amphithéâtre est desservi par (hîux calorifères : le premier présente une surface de cliaidle de 12""», 50 et -une surface de grille de 0""',50, le second présente une surface de chauffe de î)2""^ en tuyaux, avec une surface de grille de 0"',741. Chacun d'eux possède um; prise d'air spéciale pour l'aliincntation et une autre i)Our l'introduction de l'air qui doit être; chaiilfi'. La prise d'air se fait dans la cour des amphithéâtres.
Dans le (letil amphithéâtre, une partie de l'air est introduit à llenr du plancher par des grilles placées le long du inur du tableau ; mais la plus grande j)orlioii d(^ l'air entre par des orifices rectangulaires praliifiiés au-dessus des c(U-niches ; il est dirigé tangeutielleiiient à la V(»ùte au moyen d'un paravent de 0"\d") de hauteur placé sur la corniche en avant desorilices; la surface tohde de ces orifices est de :V"M8 ; enfin deux ouvertures prati([uées dans le sonmu't de la voûte hémisphériqiu; d(^ l'amphilhéàlre, dont la siiiface totale (»Rt de0""',7o, servent aussi à l'introduction. I/air est chaullV' dans les calorifères à une température voisiiu; de tOO", une portion de cet air est dii'ig»'* diins une chambre souterraine (u'i il sii mélange avec de l'air froid poiii' entrer ensuite par les grilles placées à Heur du jilancher ; le reste s'élève par deu.\ gaines qui présentent à la partie --upéi'ienre des ouvertures d'accès de l'air froid pris au-dessus du toit :
'.i\i'> LIVHE XV. — CHAUFFAGl:: ET VENTILATION bKS LIEUX HABITES.
le mélange se fait dans la gaîne circulaire qui est établie en arrière (Je la cornielK^ ; des registres placés sur les différents cauaux permettent de régler les proportions du mélange.
Pour éviter les rentrées d'air froid par les portes, le couloir circulaire qui entoure l'amphithéâtre est lui-même chauff"é au moyen de deux bouches de chaleur à une tempéralun^ peu différente de celle de rauiphilhéàlre lui-même.
L'air ^i('ié soil pai'diis orifices pratiqués dans les parois verticales (les gradins dont la section totale est de 4""', 70 et se rend dans une galerie qui mène à une cheminée d'appel commune aux deux amphithéâtres.
La température de l'amphithéâtre est entretenue à 19 ou 20°, l'air introduit par le bas est à une température voisine ; l'air introduit par le haut a une température inférieure de 3 à 4° à celle de l'amphithéâtre.
Dans le grand amphithéâtre l'air chaud est amené par des gaines verticales dans le grenier qui surmonte le plafond de ramphilliéâtre et qui reçoit en même temps l'air frais pris au-dessus du toit; ce grenier sert de chambre de mélange et distribue l'air par douze grands orifices de 1 mètre carré chacun de section placés au plafond, l'air vicié est évacué par des orifices pratiqués dans les parois verticales des gradins; Tair vicié provenant des deux amphithéâtres se rend par deux gah'ries voûtées de 2", 45 de hauteur sur l"",!! de largeur dans la cheminée qui a 18 mètres de hauteur, 2™, 60 de diamètre à sa base et 2"", 10 de diamètre au sommet ; des portes posées à la sortie de l'air des chambres placées sous les gradins permettent d'en régler le courant. Une grille de l°',22 sur '1".22 est placée dans la cheminée et sert, au moyen d'un feu de houille, à déterminer l'appel. La quantité d'air évacué par heure est dans le petit ampliithéâtre d'environ 12(i00 mètres cubes et de ISOOO dans le grand.
La dépense est à peu près de \ kilogramme de houille pour 1000 mètres cubes d'air évacué.
Bâtiment tles études et des archives dit matériel de la compag^nie des chemins île fer de Paris à Lyon et ù la Aléditerranée.
2G36. L'ensemble de la construction présente en plan un rectane d'enviri comporte :
gle d'en\iron 60 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur. Il
CIIAIMTUK m. — CHAUFFAGli K T VKM. UES SAI,LI> l)K lŒUMON. .'117
1" Au s(»tis-sol. les appaivils tlo chniilla«j;(' ri de vciilil.ilinii cl (|iit'|- (|iH's liiiit'iuiv s(H'(tiulaiii's :
2" Ali ie/-tlo-L'liaussL'e, une scrio do huroaiiv j)Oiir les in|j,(Mii(Mir> et les employés dos étudos et d(îs airliives, disposés de chaque cùlé dun Unv^ couloir ;
'A" Au premier étaj^o, une grande salle darclilNcs où sont rangés lous les dessins de la compagnie :
i" Au second étage, une grande salle de dessinateurs ;
o" Etilin, au dernier élage, les ateliers de collage des dessins, de reproductions pliotograpliiques, etc.
Ce dernier élage est surmonté d'un cond)lo sans alTectation particulière.
Un a (''carté lt)ut d'abord le système de cliaullage à l'air chaud, parce qu'il n'évite pas dune façon absolue les dangers d'incendie. On a préféré le système de chaulTage à vapeur à cause surtout de la facilité de réglage (ju'il présente ; enfin la nécessité d'avoir dans le bâtiment une force motrice pour le service de l'eau, des montecharges, etc., a fait adopter des appareils do ventilation mécanique mus par la vapeur.
L'installation de ces appareils de chauffage et de ventilation a été faite par MM. Geneste tils et Ilerscher frères.
2637. Un générateur de 20™'' de surface de chauffe est placé dans le sous-sol et sert au chaufTago ; un autre générateur de G""' de surface de chaulfe, placé à cùté du premier, sert à la ventilation.
Le premier générateur alimente, par l'intermédiaire de détendeurs réglés à basse pression (1977i, une série d'appareils ou surface de chauiï'e formés de tuyaux placés pour la plupart dans des doubles planchers réservés au-dessous des couloirs du rez-de-chaussée et du premier étage ; ces couloirs occupent toute la longueur du bâtiment ainsi que les faux-planchers dont il s'agit; chaque faux-plancher est divisé par une cloison horizontale et deux compai'timents d'égale hauteur à peu près ;' le compartiment supérieur reçoit les tuyaux (h; vapeur servant au chautfage ; ces tuyaux sont disposés longitudinalemenl ; au-dessous et à une extrémité se trouve un collecteur transversal des eaux de retour ; l'air neuf entre dans le compartiment inférieur par ses deux. extrémités qui débouchent librement sur les deux façades opposées du bâtiment et passe ensuite dans le coniparliment supérieur [»ar des orifices conxenablement répartis ; là il séchaulTe et se rend par des conduits et des bouches aux ditférents locaux à chauffer. Ceux-ci sont niunis. chacMii suivant
.■}IS LIVHK W. — CIl.M l'KAGIi ET VliMILAÏiO.N DKS LILL'X IIAIUTLS.
son iiii])()i1;iiic(', (riinc ou |iliisi(Mii's cliominécs (riispii'atinu réservées (kiiis les iiuii's (le laeiule et venant delxMiclier dans le cunihle du bâtiment ; une niaehine à vapeur placée dans les caves actionne directement une poin[>e (pii comprime de l"air à la pression de o atmosphères ; cet air comprimé est amené dans les cond)Ies où il met en mouvement un petit moteur horizontal à ± cylindres, lequel donne l'impulsion à une hélice qui aspire l'air du comhie pour le rejeter à rextérieiu' par une lanterne placée au-dessus du toit.
2638. La distrihutien de l'air neuf aux diflérents étapes se fait de la façon suivante: Tair qui a traversé le faux-plancher du couloir du rez-de-chaussée est introduit dans les salles du rez-de-chaussée ; l'air qui traverse le faux-plancher placé au-dessous du couloir du premier étage est envoyé en partie et directement dans la grande salle du premier étage par des ouvertures pratiquées dans le plancher luimême, et en partie dans la grande salle du second étage par des gaines traversant toute la hauteiu' du premier étage et placées dans les casiers à dessins. Le chaufi'age du troisième étage se fait au moyen de poêles apparents formés de tuyaux disposés suivant l'inclinaison des combles.
La vapeur arrive aux différentes surfaces de chauffe en passant par des appareils spéciaux qui règlent la pression maxima à 10 centimètres de mercure en plus de la pression atmosphérique, et l'eau condensée sur ces différentes sm"faces à l'intérieur se réu'iit dans un tuyau de retour unique de grand diamètre établi à l'air libre pour couler finalement dans une bâche placée à proximité des générateurs et être employée de nouveau à la vaporisation.
Les conduits d'évacuation de chaque salle ont une section suffisante pour que l'air n'y atteigne pas une vitesse de 1 mètre ; ils communiquent avec chaque pièce par deux orifices,, l'un placé près du sol pour la ventilation d'hiver et l'autre placé près du plafond pour la ventilation d'été.
2639. Les appareils employés produisent, aussi bien en hiver qu'en été, un renouvellement de plus de 12000 mètres cubes d'air par heure pour l'ensemble du bâtiment dont la capacité totale est d'environ lOUOO mètres cubes.
Toutes les parties de l'installation peuvent se régler isolément à l'endroit même où sont placés les générateurs. De grandes précautions ont été prises pour permettre toutes les dilatations, les visites e! les réi)arations de |(^ns les joints. En plaçant les condiiils de v(>ii-
'illAI'llltL 111. — i:ilAl.Ki".\(.K 1.1 Mi.M. Ii|> >M,|.i;s jiK UKIMO.N. il!'.» lil.lliiMi (lails lt'> llllll>^ lit' lacJHlf. un .iltciilic (l;ili>> iiiir ci'iLiiiir \\\r-
■-iiic le iflroiili^st'iiiciil p.ir Ifs murs du h.'iliiiiciil.
I.;i iiiacliiiic du >uiis-sol (|iii \':\\\ iiKniNoir les ;i|i|i.'ir('j|s de \riilil;iliuM i\{'< ciiriddcs scri en mi'iiif l('in|is ;i l'.iiic iimhimmi' un iiinnlcrh.irgc cl divers aiilrcs ji|i|)iir('ils : |iiiiii|)(> ;i iiici'iidic. |iiiiii|ii' a eau |iniir U»s services eninaiils, etc.
2(3i(). (lelle inslallaliuii |tréseiili' linanla^^c diin clianlla^c <|n un peut faire varier à volonté avec une j,n'aiidi' lacililc : dr jdiis. j'cniiilni d'nne ventilation mécanique rend eelle-ci eoniiilclcnienl indciicndante dn eliaidlaj^n'. Mais ednnne la xenlilalion se lait ('\eliisi\ement par appel, nii n"e\ile pas les rcMiIrées dair par les (issnrcs des portes et des fenêtres. On pnnrrait dcsii-er aussi que des disposilidus eussent été prises |)om' l'alraicliir l'air neuf eu été.
Théâtres.
l^iiil. Les tliéàtres des Romains n'étaient pas couverts, ou, du moins, ne l'étaient qa'aceidentellement par des toiles, et ils n'é- I aient frecpientés que peudanl le jour. Ces circonstances devaient les rendre très-salulues, beaucoup ]^\ns (pie nos théâtres fermés (piaiid ils ne sont pas con\enal)lemeut \entilés ; cependant l;i clialeui" j)rodnite parle grand nombre des spectateurs portait (luelquefois la températiu'e à un degré très-élevé, que l'on abaissait par des arrosages fréquents, par de l'eau injectée en pluie très-line, et quelquefois même parfumée.
tn\'r2. Dans nos théâtres fermés, la chaleur produite par les spectateurs, par les ap|>areils (réeiairage et raltératioii de Tair résultant de la respiration cÀ de la traiisjuralion exigent uni^ puissante ventilation. Le cliaullage de la salle s'elléctue par des calorifères de différents systèmes, et la ventilation s'établit par la cheminée placée au-dessus du lustre, ((ui constitue un fo\er dappel. (let appel pourrait être souvent suflisant pour produire l'assainissement si les orilices d'accès de l'air neuf et ses mouvements dans la salle étaient convenablement disposés.
2013. M. Darcet, comme membr(; du Conseil de salubrité, a fait une étu(l(^ sjtéciale d(!s conditions d'assainissennuit des salles de spectacle, en ayant égard aux considérations tlieori(|iies, et il a fait exéenter les dispositions (ju'il avait imaginées. La connnission dont M. ilarcel faisait partie a en ii ^'occuper successivemen! de Tassai-
320 LIVRE XV. — CHAUFFAGE ET VKNTILATIOxN DES LIEI X HABITÉS.
niss(!menl tic, rodéoii, (h^ ropéra, du flyinnase, des Yariélés. du Tliéùlrc-Francais ot du Ihéâtre de l'Upéra-Comiqiie.
M. Darcet a publié dans les Annales cVhycjicne publique un mémoire sur la question dont il s'agit; c'est de ce mémoire que j'ai extrait ce qui suit, en y ajoutaiit seulement quelques détails. Les dispositions générales que ce savant a imaginées, il y a bien des années, sont les suivanles :
2Gi4. Le mode de cbauiïage employé est le cliauiïage à vapeur; la cbaudière est placée, autant que possible, dans un bâtiment voisin, atin d'éviter les conséquences d'un accident. Un calorifère à vapeur se trouve au-dessous du parterre, et l'air chaud arrive par des fentes ménagées à la partie supérieure latérale des bancs. D'autres sont placés dans le vestibule et dans les couloirs des différents étages de loges. Ceux des couloirs se composent de plaques au niveau du sol et de poêles à vapeur ; ces poêles cbaulïent directement de l'air extérieur, ou de l'air qui a déjà passé par la chambre du calorifère qui se trouve au-dessous du parterre. Les loges d'acteurs elle théâtre renferment également des poêles à vapeur. Les galeries appelés foyers sont chautfées par des foyers découverts, et en même temps par des courants d'air chaud sortant des calorifères des couloirs. Nous devons dire que ces chauffages à vapeur n'ont pas, en général, été établis, et qu'où leur a substitué des calorifères à air chaud.
2645. L'air extérieur, préalablement chauffé, arrive dans la salle par les orifices des bancs du parterre et des canaux pratiqués entre le plafond de chaque étage de loges et le plancher de l'étage supérieur, et Fair des couloirs pénètre à volonté dans les loges par des orifices pi'aliqués dans le mur de fond de la loge et garnis de registres qu'on ferme plus ou moins. L'emploi de ces derniers orifices ne devait constituer qu'un mode accessoire de ventilation, et l'on ne devait s'en servir que comme supplément dans le cas où la somme des autres orifices se serait trouvée insuffisante par suite de circonstances exceptionnelles.
2640. Au-dessus du lustre se trouve une cheminée munie de registres, et qui est garnie à la partie supérieure et laiéralement de jalousies. Lue cheminée analogue a été établie au-dessus de la scène. Celle dernière sert, pour les représentations où on brûle de la poudre, à produire un appel d'air suffisant pour empêcher la fumée de se répandre dans la salle. L'appel du lustre étant moins puissant pour l'étage le plus élevé, le plafond de ces loges communique dii"ect(Miienf
CII.UMTIII'; m. — CHAUFFAGE liT VENT. DES SALM'.S DK HÉIJNION. .'{21
|i;»r iiii ct'ilaiii iioiiild'c di' tuyaux avec, la l'Iii'iiiiiirc du liislic.
2.()Ti. Sons \c ra|i|toil du cliaidVaj^M', li; syslriiic (jnc in»iis venons d exposer laisse pen ii doirer ; mais il est loin d'en être ainsi sons le rapport de la ventilation. L'appel par la elieminée du lustre détermine parles tissures dos portes des loges, des courants d'air incommodes et même dangereux, caria température des couloirs est basse relativement à celle de la salle. D'un autre côté, les courants d'air chaud (pii s'établissent à la sortie des orifices, dans le parterre et dans les loges, sont en général désagréables, et les spectateurs préfèrent leriner ou boucher tons les orilices de ventilation. Il en résulte que la ventilation de la salle est à peu près nulle et que presque tout l'air ajipelé par le lustre vient directement de la scène.
2G18. D'après des renseignements qui m'ont été fournis il y a déjà longtemps, la température de l'air à la cheminée du lustre serait de 26'' au théâtre de rOpéra-Comique,de2S à 30° au théâtre de la Gaieté, et de 3U à 'Ao" au théâtre du l'alais-Royal. Ces températures varient d'ailleurs beaucoup })endant la durée d'ime représentation, comme nous le verrons un peu plus loin. Au théâtre du Palais-Royal, la vitesse d'écoulement était de 0"',G0, la surface libre à peu près de 6 mètres carrés, ce qui fait 21 GOO mètres cubes par heure, et comme le nombre des spectateurs s'élevait à 1 200 environ, le volume d'air pour chacun n'atteignait que 18 mètres cubes par heure, en supposant la ventilation uniformément répartie. Mais il est bien certain, d'après ce que nous venons de dire, que cette bonne répartition n'existe pas, et ne saurait que bien difficilement exister dans un théâtre avec la ventilation par appel. Cette dernière observation s'est trouvée confirmée par le résultat qu'ont fourni les ventilations par appel installées à Paris dans les théâtres de la ville ; le Théâtre- Lyrique, le Cirque (place du Châtelet) et' la Gaieté.
2649. En 1801, une commission avait été chargée par le préfet de la Seine de dresser le progiannne à suivre pour opérer la ventilation et le chauffage du Théâtre-Lyrique et du Cirque que la ville construisait. Cette conmiission adopta la proposition de son rapporteur, le généraLMorin, laquelle consistait à ventiler par appel et à se servir à cet effet de la chaleur développée par les becs de gaz de l'éclairage ; comme chaulfage, la conmiission, éclairée sans doute par les résultats de l'explosion meurtrière du calorifère à eau chaude de Saint-Sulpice, spécifia des calorifères à air chaud. Elle fixait à 30 mètres cubes, au moins, par spectateur et par heure, le volume d'air à extraire de la salle. Cette condition a été interprétée de telle façon PÉcLET. ni. 21
qu'on Ta appliquée au volume d'air écoulé par les cheminées d'évacuation et non au volume d'air qui atlluait par les orifices d'accès de l'air neuf.
2650. Nous décrirons succinctement les dispositions employées au Théâtro-Lyriqne parce qu'elles ont été établies conformément au programme et aux indications du général Morin et par ses soins.
La ventilation était effectuée au moyen de l'appel produit en se servant de la chaleur développée par les becs de gaz de l'éclairage principal, composé de 1180 becs placés derrière un plafond transparent ; cet éclairage remplaçait le lustre ; la coupole avait sa surface presque entièrement vitrée en verre dépoli et peint. Ce vitrage formait la base de la cheminée d'appel et formait une séparation entre celle-ci et la salle. Toutes les gaines donnant issue à l'air vicié de la salle aboutissaient à cette grande cheminée de la coupole.
De chaque côté du parterre se trouvait une gaine afférente à cette partie de la salle, et qui était parcourue par le tuyau de fumée de l'un des calorifères, afin d'activer l'appel au rez-de-chaussée ; ces gaines aboutissaient aussi à la cheminée des coupoles. En été, on avait la faculté de faire un feu de houille dans ces deux gaines latérales afin d'augmenter le tirage.
2651. Nous avons indiqué plus haut le dispositif imaginé par Darcet pour l'introduction de l'air neuf dans les salles de théâtre : il consistait à le faire arriver par les doubles fonds des planchers de chacun des étages, et à le faire déboucher au pourtour de chaque rang de loges au parement de leur galerie. La commission des théâtres de la ville de Paris adopta ce mode de distribution dans son programme Au fond des loges et au niveau de leur plancher devaient être placées les bouches d'évacuation de l'air vicié ; ces bouches aboutissaient par des canaux aux gaines qui se rendaient à la cheminée surmontant la coupole ; la construction de l'édifice ne permit pas de placer ces bouches au bas des loges et obligea à les mettre toujours au fond, mais près du plafond de ces mêmes loges. Pour le parterre et l'orchestre, les orifices d'évacuation de l'air vicié avaient une communication directe avec la cheminée de la coupole ; ceux du premier étage, du second et du troisième se réunissaient pour aboutir à cette même cheminée, et ceux du quatrième étage avaient leur gaine spéciale.
2652. L'air neuf pour la ventilation du théâtre était amené en toute saison par un canal souterrain, qui s'ouvrait, à fleur de sol, dans le square de la tour Saint-Jacques. Le programme avait bien