‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 81 sur 137 · CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

qin's. surtout au iiiomont des basses eaux et des grandes chaleurs où Iddeur du fleuve est sonsibl»'. mais cette prise d'air n'a pas été exécutée à cause de la dépense qu'elle aurait occasionnée. Lalinienlalion de l'air à cliaulïer par les calorifères se faisait au travers de grilles placées sur les trottoirs creux du passage intérieur destiné aux voitures de l'ex-empereur, la prise d'air qui fournissait à l'entrée par le cadre du rideau se faisait dans les deux cours voisines de la scène. Par économie l'administration préfectorale apporta au projet officiel quelques modifications qui ont rendu les arrivées d'air et la répartition de la ventilation jtlus défectueuses qu'au Lyrique.

2662. En 1863, le général Morin fit des expériences à l'Opéra de In rue Lepelletier sur la ventilation et sur la température. Ce théâtre contenait 1 753 places.

En février et en mars, alors que la température pendant les soirées a varié de 4° à 8°, la température intérieure de la salle s'est élevée à pou près régulièrement du commencement à la fin de la représentation. A l'orchestre, au commencement, la température qui était de 16° à 17° arrivait à 22° ou 23°, ce qui est la température admise normalement pour la salle. Aux places d'amphithéâtre, elle a été, à partir de 9 à 10 heures, presque constamment égale à 28 ou 29°. L'excès de la température de ces places du haut sur celles du bas a été en moyenne de 6 à 7°. Sur la scène, la température varie souvent de plus de 3 à 4° pendant la représentation, sa valeur moyenne parait être de 20" ; quand elle descend à 17 ou 18°, les artistes se plaignent du froid. Mais il faut songer aux courants qui s'établissent de la scène au lustre.

2663. La ventilation de l'ancien Opéra, organisée par Darcet, s'opérait au moyen d'air neuf puisé dans les couloirs et débouchant par les doubles fonds des planchers des étages et sur l'appel de la cheminée; du lustre. Le 25 février, h^s expériences anémométriques faites dans cette cheminée ont donné les résultats suivants : la température qui y régnait au premier acte à 8 heures et demie était de 34°, et s'élevait à 36° au dernier acte, la température extérieure étant de .')° ; la vitesse, à la température de 34°, était de 2", 43 au pourtour derrière la rosace, et au centre de 2"°, 87; les passages libres de la rosace olïraient une surface de 4"°, 35 qu'il faut soumettre à une réduction pour tenir compte de la contraction. Le volume d'air écoulé a été de 28 253 mètres cubes par heure.

Au dernier acte, la température étant de 36°, la vitesse était au pourtour de 2°", 65 et au centre d'environ 3", 00; le volume d'air

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appelé s'est élevé à 308,^2 mètres cubes par heure; le nombre des spectateurs étant ce soir-là de 1 529 ; cette ventilation correspond à 18°", 83 par spectateur et à IG^^HO par place, en comptant 1 7")3 places.

2664. A la salle Venladour, qui contient 1 330 places, le volume mesuré dans la cheminée du lustre était seulement de 11000 à 12 000 mètres cubes, soit 8 à 9 mètres cubes par place.

2665. Dans ces expériences dernières du général Morin, il n'a pas été fait d'observation sur l'état hygrométrique de l'air ; comme cette question présente de l'intérêt, nous citerons des résultats obtenus à cet égard par Neumann à l'ancien Opéra, le 19 octobre 1860.

L'air à l'extérieur était à 45 p. 100 de saturation ; à mesure que la représentation se prolonge, la vapeur augmente en quantité dans l'intérieur; observé dans la cheminée, l'état de saturation se maintient un certain temps à 45 p. lOO ; pendant le troisième acte [Sémiramis] il atteint 55 p. 100, la température étant de 32°, ce qui correspond à 18^', 15 par mètre cube ; à ll'',15', au troisième entr'acte, l'état de saturation est de 50 p. 100, la température est de 36° ; ainsi au commencement de la représentation l'air n'était pas saturé à moitié, et à la fin il l'a été un peu plus qu'à moitié. Le volume d'air écoulé par la cheminée était de 30 780 mètres cubes à l'heure lorsque la saturation était à 55 p. 100, ce qui à raison de 18 grammes par mètre cube donne 54''",040 de vapeur d'eau à l'heure.

Cette eau provient de la transpiration des assistants et de la combustion du gaz d'éclairage. Neumann a constaté que l'odeur de l'air dans la cheminée était fétide.

2666. D'autres expériences exécutées en décembre pendant un bal, alors que la température extérieure était de — r,5, ont donné les chiffres suivants : à 12'', 12' la température dans la cheminée du lustre était de 27° et l'hygromètre accusait 10^', 4 de vapeur par mètre cube.

A 12*", 55', au second étage, la température de la salle était de 22", 25 et l'hygromètre au même lieu indiquait 12 grammes d'eau par mètre cube ; à l'^.lO', au quatrième étage, la température était de 25° et l'hygromètre accusait IS^', 20 de vapeur par mètre cube.

A l'',35', dans la cheminée du lustre, la température était de 32°, et la quantité de vapeur s'élevait à 12^%90 par mètre cube.

ciiAi'iTiu-: m. — ciiAi'FF.vr.K i:t vent, des salles de réunion. 329

\ 2''. 20'. au liisliv ('«laltMiicnt, la Ifiiiiit'i aliirc ost do 3V" ri la \apciii- s't'lt'vc à l.'i^'.TO par inôtrci cuIk'.

l'cudant tout ce temps, la vitesse dans la clieiniiiée a varié de de 3™,30 à S", 70.

26(i7. Xiturr/ Opérn dr Paris. — Le chaudngeet la ventilation du nouvel Opéra ont été établis par M. D'IIanielincourt ; le chaulTage se fait partie à l'air chaud, partie à Tenu chaude ; la ventilation a lieu par appel pour le chauffage de la grande galerie d'entrée du vestibule secondaire et du foyer du premier étage qui présentent en totalité un volume de 18 000 mètres cubes environ; on a employé deux calorifères à air chaud d'où partent des conduits de chaleur munis de registres et rpii aboutissent à des bouches de chaleur placées dans le sol des parties à chauffer. Deux autres calorifères à air chaud servent pour le grand escalier et les escaliers secondaires dont la capacité est de 19 500 mètres cubes ; IG bouches de chaleur placées dans le sol sont réparties en différents points, de façon à obtenir une température uniforme ; des registres placés sur les conduits permettent de régulariser le chauffage.

Enfin deux calorifères à air chaud desservent les vestibules d'entrée des abonnés et le grand salon circulaire de service, un autre dessert le pavillon dit de l'Empereur et un quatrième le pavillon du Glacier.' L'alimentation pour l'air chauffé se fait par des prises d'air extérieur munies de registres qui permettent d'en régler le débit et qu'on peut fermer complètement après l'arrêt du chauffage pour empêcher la déperdition de la chaleur.

2068. Le chauffage de la scène est fait au moyen de l'eau chaude, on s'est proposé d'obtenir ainsi une température plus régulière et en même temps d'éviter l'odeur spéciale toujours inhérente à l'air chaud et qui peut gêner les chanteurs ; les surfaces de chauffe sont alimentées par trois groupes d'appareils générateurs, savoir : deux pour la scène, les foyers et les loges, et un pour le bâtiment d'administration proprement dit; le volume chauffé est de 38000 mètres pour le premier et 24000 ])Our le second ; les générateurs sont placés dans les caves en contre-bas des circulations hoiizontales du rez-de-chaussée; ils sont surmontés d'une voie de distribution d'où partent les circulations principales, les unes destinées à alimenter les surfaces de chaiille de la scène; les autres, celles des dépendances et des bureaux. Chacune de ces circulations est commandée par une vanne pouvant l'arrêter au besoin et limiter ainsi le chauirage à telle partie du bâtiment qu'il est nécessaire! Les circu-

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