‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 82 sur 137 · CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉL'NION. 3:H · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉL'NION. 3:H

l.ttioiis desservant les premières surfaces suivent le périmètre du nmr de dessous et alimentent ime série de tuyaux qui s'élèvenl pour arriver jus(prau plancher de la scène ; ces tuyaux sont renlermés dans une gaine en maçonnerie ouverte à la partie inférieure |)our laisser pém-trer l'air à cliauller, et fermée à la partie supérieure par une grille à jour débouchant sous la scène ; l'air s'échaull'e contre les tuyaux qu'elle renferme, s'élève dans rinlérieur et vient déboucher au niveau du plancher de la scène.

Les circulations alTeclées aux surfaces de chaufTe des étages supérieurs passent le long des mins de face pour venir alimenter une série de tuyaux accolés à ce mur et montant dans le haut des étages. Chacun de ces tuyaux porte un robinet qui permet d'en régler la température; ils sont enfermés dans des gaines divisées par étage et ouvertes à la partie inférieure et à la partie supérieure; le premier est en communication avec l'air extérieur et la partie supérieure avec la pièce à chauffer.

2669. Le foyer des musiciens, le grand foyer de la danse et les pièces placées au-dessus sont chauffés par un système de poêles placés au-dessous dans les caves; chaque poêle a sa prise d'air séparée et les conduits de chaleur débouchent dans chaque pièce à chauffer; des robinets placés sur les tuyaux d'alimentation des poêles permettent d'en régler la température ; des registres sont placés sur les tuyaux d'air chaud.

2670, La salle et les couloirs qui la desservent sont également chauffés par l'eau chaude au moyen de surfaces de chauffe établies dans un espace libre A (fig. 674), embrassant tout le périmètre de la salle, ce qui assure une répartition uniforme de la chaleur.

Sur cet espace circulaire, formant une vaste chambre à air, sont branchés les conduits verticaux B, destinés à distribuer l'air à tous les étages de la salle ; ces conduits au nombre de dix-huit présentent ensemble une section libre de 30 mètres carrés, ils sont divisés intérieurement à l'aide de cloisons, de façon à affecter à chaque étage une section proportionnelle au nombre des spectateurs qu'il renferme ; chacun de ces compartiments porte un registre qui permet de régler la sortie de l'air. Au niveau de chaque étage s'arrête le compartiment qui le dessert, il s'épanouit dans l'espace laissé libre sous le plancher, pour venir ensuite déboucher dans la salle, sur le devant des loges; du coté du couloir, une bouche de chaleur prise sur ce compartiment met la température du couloir en harmonie avec celle de la salle.

2671. L'air chaud pénèlre donc dans la salle à son pourtour et à tous les étages par des ouvertures dont la section totale est de 60 mètres cairés; l'air extérieur destiné à alimenter les surfaces de chauffe de la salle est pris dans l'atmosphère à la partie supérieure de l'édifice par des cours M, présentant une section totale de 20 mètres carrés.

Pour la ventilation d'été, indépendamment de l'alimentation d'air neuf qui se fait par les mêmes voies que celles que nous venons de décrire, on a disposé des prises d'air spéciales au sommet du vaisseau en K, K ; l'air qu'elles fournissent pénètre dans la salle à la partie supérieure par de nombreuses ouvertures L, L. L'ensemble de ces prises d'air offre à leur ouverture dans l'atmosphère une section de 40 mètres, et à leur débouché dans la salle une section double; toutes ces arrivées d'air sont munies de registres pour en régler le débit à volonté.

2G72. L'évacuation de l'air vicié se fait de la même façon en été et en hiver; elle a lieu sous l'influence de l'appel produit : 1° par la chaleur utilisée des appareils de l'éckiirage ; 2" par la chaleur perdue des tuyaux à fumée des appareils calorifères ; 3° par des foyers additionnels, et enfin, dans les cas extrêmes, par une couronne de gaz établie au bas de la cheminée du lustre.

Des bouches d'appel sont élabhes à l'orchestre et au parterre, entre les supports des faces latérales des sièges, d'où elles débouchent dans l'espace libre N N qui existe entre le plancher du parterre et le plafond du salon circulaire. Cet espace est mis en communication avec des cheminées latérales 0,0, dans lesquelles s'élèvent les tuyaux à fumée des appareils calorifères et des foyers additionnels. Ces cheminées montent verticalement jusqu'à la coupole et viennent aboutir à la cheminée centrale dans laquelle elles arrivent par un tuyau rampant P.

Dans les loges, les bouches d'appel sont établies dans le fond, à la partie inférieure, et elles débouchent dans des conduits C, qui ne sont que le prolongement des conduits d'arrivée de l'air neuf, dont un diaphragme D fait deux parties complètement distinctes. Ces conduits C aboutissent aussi à la coupole et se rendent dans la cheminée centrale par un rampant R.

Dans les amphithéâtres, les bouches d'appel sont établies dans la partie verticale des gradins, l'espace laissé Hbre sous les gradins sert de réservoir d'où l'air s'échappe par des gaines qui montent verticalement et se rendent, comme les précédentes, à la cheminée centrale.

CHaPITHE m. —CHAUFFAGE K F VENT. DES SALLES KE HECMON. XVi

2673. Dans la loiipulf. mit' clieinim'e l'ciilrale réunit louips ces venlilalidtis cl [mhIc dans ratmosplicrc l'air vicie ûo la salle. A la hase de celte clicinincc se trouvent établies des surfaces de chauiïe alimentées par des foyers additionnels placés dans les caves, et une couronne de gaz qui devra servii- fii labseuce du i iiauHage de la salle à obtenir un appel suffisant.

La cheminée géut'rale porte à sa partie inférieure un registre qui se ferme après la sortie du public et le levage du lustre, et à sa partie supérieure un appareil Morin qui la i)réserve de la pluie et de l'action contraire des vents, ('.haeiin des conduits d'évacuation porte, comme la cheminée générale, un registre qui se ferme après la sortie du public.

2674. Nous ne connaissons pas d'expériences directes faites pour déterminer les résultats obtenus par ces dispositions ; il est probable que dans une certaine mesure les inconvénients que nous avons signalés relativement au mode de ventilation par appel subsistent à l'Opéra nouveau comme nous avons pu le constater dans les résultats des expériences du général Morin en ce qui concerne le Théâtre- Lyrique. Cependant, dans le cas du nouvel Opéra, le développement plus considérable des espaces qui entourent la scène, espaces qui en hiver sont chauffés séparément, doit atténuer les effets des rentrées d'air qni se font par les voies non prévues, et les courants d'air qui se produisent par les fissures des portes, des vasistas, de la scène, etc., ayant à peu près la température de la scène, peuvent, en définitive, n'avoir que des inconvénients peu sérieux. Il resterait toujours à déterminer si la ventilation se fait régulièrement dans toutes les parties de la salle, et si chacune d'elles reçoit bien elfectivement la quantité d'air qui lui est assignée.

Cette insuffisance du mode d'appel a mené à chercher dans l'emploi de la pulsion un remède aux inconvénients signalés. Nous trouvons un exemple de cette méthode dans ce qui a été fait pour le chauflage et la ventilation du théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Les travaux nécessaires ont été exécutés dans ce théâtre, déjà construit depuis longtemps, sous la direction de M. Bordiaii, architecte, par MM. Geneste et Herscher.

207o. Le théâtre de la Monnaie était autrefois desservi par quatorze petits calorifères à air chaud, répartis dans les dessous et présentant, outre de sérieux dangers d'incendie, des difficultés de service et un fonctionnement imparfait. Pour la ventilation, rien de spécial n'avait été prévu; le fond des loges seul, à la partie supé-

BW-r

Fig. 67Ô.

Page 1