‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiée (volume 2)Chapitre 87 sur 137 · LK DE PARIS · texte numérisé non relu

LK DE PARIS

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ciiapithl: iv. — chauffage et vent, des salles de réunion. MO

cenlralc son! disposés six gj'^iéraleurs A, A commiiniquaiif onscmhlo et pouvant foiuMloniKM' simiiItaniMiKMit ou st-parénicnt ; ccpcnilaMt ils sont piVMis d'uni' puissance sutlisantt; poui' (pic, le roncliiuincnicnt simultané des six générateurs ne soit jamais nécessaire. B,B sont les carncaux de Hunée qui aboutissent à des clieniinées C ; 1), I) sont des tuyaux de vapeur qui se rendent d'une part aux niacliines motrices E, E et d'autre part à la chambre de distribution J, d'où partent cinq tuyaux desservant chacun un des services spécifiés plus haut, sauf la canalisation spéciale aux emprunts et tirages, dont les Jocaux sont au rez-de-chaussée et au sous-sol; toutes les prises de vapeur montent dans une cheminée L, verticale jusqu'au comble, •Cette cheminée sert à Tévacuation de l'air vicié de la salle des générateurs ; des prises de vapeur partent des conduites horizontales présentant cependant une légère pente dans le sens du mouvement de la vapeur, elles desservent une série de tubulures communiquant aux descentes verticales sur lesquelles sont grellees les surfaces de chauffe des divers locaux.

Les tuyaux de condensation, ou collecteurs partiels établis parallèlement au tuyau de descente de vapeur et recueillant l'eau de condensation, mènent cette eau dans le sous-sol où elle est ramenée par un collecteur G aux bàchgs H d'où elle est reprise pour l'alimentation <les générateurs.

2710. Le branchement des conduites verticales sur les conduites distributrices horizontales des combles se fait par l'intermédiaire d'im appareil détendeur de pression (1977) réglé à une pression très-basse, de façon qu'en aucun cas on ne puisse avoir un appareil, ou même un tuyau de vapeur quelconque en pression effective à l'intérieur de la partie habitée de l'édifice.

Chaque poêle ou surface de chauffe est, 'en outre, pourvu d'un appareil purgeur (1980) (jui laisse automatiquement échapper l'air et l'eau condensée, mais ne permet en aucun cas la sortie de la vapeur non utilisée.

Ces dispositions font qu'on est assuré que tous les appareils ou surfaces de chauffe du bâtiment participeront également à la distribution de vapeur et que les locaux les plus éloignés des générateurs seront desservis aussi rapidement et aussi complètement ([ue les plus rapprochés. FF sont des tuyaux qui mènent l'air comprimé obtenu par l'action des machines à une chambre de distribution K, d'où cinq tuyaux spéciaux qui s'élèvent dans une cheminée M le distribuent aux différents points des cinq services où il est nécessaire d'ac-

lionner des appareils de ventilation. N, N sont des cheminées servant à l'arrivée de l'air pur dans la salle des générateurs; P, P sont des soutes à charbon ; Q, Q sont des calorifères pour le service du conseil municipal ; R, R des poêles et calorifères pour le service des emprunts et des tirages (salle du public et des titres) ; S, S les calorifères des emprunts et tirages (salle Saint-Jean) ; T, T, les calorifères du préfet, et U, U les calorifères du service des fêtes.

2711. Le service du conseil municipal comprend la grande salle du conseil et ses dépendances ; l'introduction de l'air chaud ou froid dans la grande salle se fait dans la proportion de 1 00 mètres cubes par heure et par personne, soit en totalité 10,000 mètres cubes par heure.

Les surfaces de chauffe sont établies partie en contre-bas de la salle en A (fig. 686), partie en contre-haut en B et correspondent à deux séries de bouches d'introduction dont les unes placées sur le sol C servent au chauffage préalable rapide avec ventilation restreinte, et les autres D placées à mi-hauteur, et E au voisinage du plafond sont destinées à fournir pendant les séances une ventilation abondante ; l'air est mù mécaniquement aussi bien à l'entrée qu'à la sortie. Un léger excès est assuré à la pression de l'air à l'introduction de façon à empêcher la rentrée dans la salle des courants d'air nuisibles venant des portes et des fenêtres.

L'évacuation de l'air se fait par la partie basse de la salle, au moyen d'ouvertures réservées sur les gradins et convenablement réparties. Les dépendances du conseil municipal : vestiaire, bureaux, annexes, sont chauffées au moyen de poêles apparents F munis de prises d'air extérieures, des gaines G servent à l'évacuation de l'air vicié.

K est la prise d'air frais etL, la sortie de l'air vicié de la grande salle; toutes deux contiennent une hélice pour donner le mouvement à l'air.

2712. Le service des bureaux présente au point de vue du chauffage et de la ventilation des dispositions très-simples par cette raison que dans aucune des pièces affectées à ce service, l'agglomération n'est assez grande pour motiver l'adoption de moyens de ventilation mécanique et que partout on a pu établir des surfaces de chauffe apparentes avec prises d'air extérieur. Tous ces locaux sont cependant pourvus de cheminées d'évacuation pour profiter autant qu'on le peut de la ventilation naturelle qu'on pourra d'ailleurs augmenter au moyen de quelques becs de gaz placés dans les cheminées.

CIlAPITflE IV. — CIlAUFFAGIi ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION. '.]"}[

2713. Dans los couloirs, ^'alerics. escaliers, olc, le renouvelleiiient (le l'air étant toujours plus (|ue sullisant par les ouvertures accidentelles, on a seulement prévu des surfaces de chauffe à vapeur jiniir assiu-er une teinpéi-aliu'e modérée, quel que soit l'abaissement de la température extérieure.

2714. Le service des emprunts et des tirages a nécessité l'étalilis>ement de vastes salles servant aux versements, paiements de coupons, tirages, remboursements, etc., toutes opérations pour lesquelles le public peut arriver en foule à certaines époques de l'année. Outre les salles des caisses, des titres et les bureaux où se trouvent les employés, trois grandes salles sont spécialement alfectées aux usages que nous venons d'indiquer, à savoir : une première en soussol X (fjg. 685), et une seconde au rez-de-chaussée ayant chacune environ .4oO mètres carrés de superficie ; enfin la salle Saint-Jean placée au-dessus de Y, et servant plus spécialement au tirage des obligations; elle sert aussi aux opérations de la conscription ; sa superficie est d'environ 450""'.

Pour la salle du sous-sol, qui longe la rue de Rivoli, on emploie vingt surfaces de chauffe directes formant la base des colonnes en fonte qui portent la voûte de la salle. L'air pur de ventilation est envoyé à la partie supérieure de cette salle, après avoir traversé des calorifères établis dans une grande galerie latérale, enfin l'air vicié sort par les travées donnant sur le saut-de-loup ; cette évacuation étant produite au moyen d'un appel mécanique établi sous l'escalier Z menant à cette salle.

La salle du rez-de-chaussée est chauffée par huit grandes surfaces de chauffe apparentes ; l'air de ventilation traverse des calorifères établis en sous-sol et pénètre dans la salle par des ouvertures ménagées sur toute sa longueur dans les grandes travées vitrées du côté des bureaux. L'air pur, frais ou chaud, débouche ainsi à 2"", 50 ou 3 mètres au-dessus du sol ; pour le cas particulier de cette salle trèshaute et recouverte d'une charpente en fer vitrée, l'évacuation se fait par des châssis ménagés sur toute la longueur de cette charpente.

Pour la salle Saint-Jean, tant à cause des usages auxquels elle est destinée qu'à cause de son style architectural, les surfaces de chauffe directes en ont été absolument exclues ; le chauffage et la ventilation sont faits au moyen de quatre grands calorifères à vapeur établis en sous-sol dans des chambres correspondant aux quatre angles de la salle située immédiatement au-dessus; l'air pur, chaud

OU frais, après avoir traversé ces calorifères, s'engage dans une série de carneaux ménagés dans les tympans de la voûte qui porte le dallage ; ces carneaux aboutissent à une série de bouches distribuées en deux lignes parallèles de chaque côté de la salle.

L'établissement du régime et le chaulfage de l'air de ventilation se fait donc par les calorifères mêmes dans lesquels l'air est introduit mécaniquement au moyen d'hélices qu'on met en mouvement quand le public afflue dans la salle ; la température doit être maintenue constante, tout en portant le renouvellement d'air à 25,000 ou 30,000 mètres cubes par heure.

L'évacuation se fait par une troisième ligne de bouches établies dans l'aire même de la salle par un système analogue de conduits horizontaux ménagés dans l'épaisseur de la voûte; l'air vicié est conduit à deux cheminées d'évacuation placées dans les gros murs de l'édifice.

Les moyens mécaniques employés pour l'introduction de l'air pur et l'évacuation complémentaire de l'air vicié sont calculés pour fournir 20,000 mètres cubes par heure dans chacune des deux premières salles et 30,000 mètres cubes dans la troisième.

2715. Le service du préfet comprend : en sous-sol, les cuisines ; au rez-de-chaussée, les écuries, remises et dépendances diverses ; à l'entre-sol, des appartements particuliers ; enfin> au premier étage, des salons de réception, le cabinet du préfet, son secrétariat et la grande salle à manger des réceptions officielles.

Les appartements particuliers de l'entre-sol, tels que chambres à coucher, salles à manger, grand et petit salon, sont chauffés au moyen de surfaces à vapeur en contre-bas ; elles chauffent de l'air qui alimente des bouches de chaleur convenablement réparties dans chacune des pièces à chauffer ; dans les salons et la grande salle à manger du premier étage, le régime est également établi par des surfaces de chauffe placées en contre-bas, mais dont l'action est limitée au chauffage préalable des locaux.

Le chauflage et la ventilation mécanique nécessaires quand les salons sont occupés se font au moyen de surfaces de chauffe placées dans les combles, et sur lesquelles l'air pur s'échauffe à un degré convenable avant d'être introduit par des ouvertures placées pour la plupart à mi-hauteur des salons.

Cet air introduit par une action mécanique établit dans les pièces un excès de pression très-faible, mais suffisant néanmoins pour éviter les rentrées d'air.

CIIAPITHK IV. — CIlAI-FFAnK KT VENT. DKS SALLKS IiK HECMON. 353

L'air vicié de ces ^M-ands salons du premier étage est .'■vacii.'. ,.,1 maj.MMv partie par des bouches placées au niveau du sol |,. |,,„^r ^\^^^ murs t't couununi(pian( avec des clieniinées ménagées dans la^constiuclion et pourvues d'Iiélices produisant l'appel nécessaire. Une aulre partie est évacuée i)ar le liant en même temps «pie les gaz chauds et vicit's produits parla C(.mbustiun dans les lustres; cette Iraclion (lair vicié va rejoindre dans les combles les gaines où se rend l'air vicié évacué à la p;uiie infériem-e.

iJii a appliqué les mêmes dispositions d'ensemble à la grande salle à manger de gala. Seulement au lieu d'y envoyei- par linsumalion un excès d'air neuf, on donne au contraire un excès de puissance à I appel de manière à éviter la communication des odeurs du dedans de la salle avec le dehors.

Les cuisines, les écuries et les closets sont ventilés par appel Si pour la grande salle à manger il faut des moyens de ventilation puissants, mais n'agissant qu'à de rares intervalles, il faut au contraire pour les écuries, cuisines et closets une ventilation beaucoup moins énergique, mais fonctionnant d'une façon permanente On obtient facilement ce résultat pour les cuisines en faisant passer les tuyaux de fumée des fourneaux dans une gaine de ventilation où il se produit ainsi un appel constant de l'air vicié. Dans les écuries et les closets, on établit des briileurs à gaz qui servent en même temps d'appareils d'éclairage.

La ventilation mécanique est prévue pour le service du préfet à raison de 8000 à 10000 mètres cubes pour chaque grand salon, de 20000 à 23000 pour la grande salle à manger.

2716. Le service des fêtes comprend l'escalier d'honneur avec ses paliers et galeries d'accès, les grands salons du premier étage et la grande galerie des fêtes qui se trouve au-dessus de la "salle Saint-Jean.

Le régime ou chauffage préalable est établi dans tous ces salons par des surfaces de chauffe i)lacées en contre-bas, et desservant des bouches de chaleur placées sur le sol; aussitôt que commence Toccupation des salons, on arrête l'arrivée de la chaleur sur le sol et l'on met en mouvement les appareils mécaniques qui doivent fournir les résultats suivants : introduction de l'air plus ou moins chauffé, selon que les salons sont plus ou moins occupés ; introduction d'im volume d'air i)ioportionn9 à l'occupation des' salons et pouvant atteindre, dans le cas où les salons seront remplis, 100000 mètres cubes d'air par heure ; ari-ivée de l'air à la partie haute des Péclet. III.

salons et à mi-hauteur ; évacuation de l'air vicié pour les trois quarts du volume total à la partie basse, et pour un quart à la partie haute, au-dessus des appareils d'éclairage ; léger excès dans Tintroduction de l'air sur l'appel, de façon à obtenir une pression plus forte à l'intérieur, ce qui fournit un courant très-faible d'air des salons aux couloirs.

Ce chauffage des escaliers est établi à niveau du sol avec faible ventilation. La température des salons est maintenue moins élevée dans les salons que dans les escaliers et dépendances.

2717. La superficie occupée par le nouvel Hôtel de ville de Paris est notablement supérieure à celle de l'ancien. La construction primitive n'occupait guère qu'une surface de 6300 mètres carrés, tandis que le nouvel édifice couvre environ 9000 mètres carrés.

Le volume total des pièces chauffées par la vapeur et ventilées, soit naturellement, soit mécaniquement, n'est pas inférieur à loOOOO mètres cubes; enfin le volume d'air à fournir mécaniquement aux salles du conseil municipal, des emprunts et tirages, aux salons du préfet et aux grands salons des fêtes, peut s'élever à 362000 mètres cubes par heure.

Les générateurs présentent une surface de chauffe totale de 250 mètres carrés ; cette surface suppose un excès suffisant pour assurer le service pendant le nettoyage et les réparations, et fournit, dans tous les cas, outre la vapeur employée au chauffage, celle qui est dépensée pour la mise en mouvement des appareils de la ventilation mécanique.

Palais d'hiver de l'Empereur de Russie à Saint-Pétersliourg.

2718. A l'exposition d'hygiène et de sauvetage de Bruxelles, la société impériale polytechnique de Russie a présenté le mode de chauffage et de ventilation employé dans la partie de ce palais réservée aux appartements de l'Impératrice.

Le chauffage est fait en partie au moyen de quatre calorifères en fonte à nervures placés dans le sous-sol ; l'air s'y échauffe à une température de 25 ou 30°, s'élève ensuite dans des gaines pratiquées dans l'épaisseur des murs de façade et est amené de là dans l'intervalle laissé dans chaque fenêtre par deux châssis vitrés qui la garnissent; l'air pénètre dans la salle par des orifices pratiqués audessus des fenêtres ; au-dessous de ces mêmes fenêtres se trouvent des orifices d'évacuation de l'air vicié, qui communiquent avec des cheminées d'appel.

CIlAlMTIli: IV. — CIIAlTFAr.K ET VI-NT. DES SALLES LE H R IN ION. 3.m

l».ins im," .iiiliv partie des appailcmcnl.s un diaiiiïe nu iii„^cii de deux calorifères à eau dont la surface de chaulfe est fonnùe d.» plaques de fonte garnies de nervures verticales ; l'eau est eliaulIV-e dans des bouilleurs. L'air neuf, après avoir été cliaulïé, traverse un espace ou l..inl).' constamment deTeau en pluie fine, et se trouve ainsi débarrasse des poussières, et de plus prend le degré d'bumidité convenable ; cette précaution dont nous avons parlé déjà plusieurs fois est rendue surtout nécessaire en Russie par suite de la séclieresse extrême qu'acquiert l'air dans les grands froids ; l'air cbaud est amené par des gaines verticales à la partie supérieure des appartements et pénètre dans les salles par des orilices pratiqués dans des corniches ; l'air vicié est entraîné par des cheminées d'appel à travers des orifices placés en liaut et en bas de la pièce ; les orifices inférieurs sont masqués par les meubles ; ceux d'en haut, par les ornements des murs et des plafonds.

Le salon de réception et les salles qui en dépendent peuvent contenir 300 personnes et sont éclairés par 4000 bougies, le renouvellement d'air y est de 13000 mètres cubes; on y introduit lair neuf à une température comprise entre 10 et J5°.

2719. L'idée de faire passer l'air chaud entre l'espace laissé paf de doubles fenêtres appartient à M. Flavitsky, de Saint-Pétersbourg, qui l'y a appliqué dès 1874, dans différents édifices publics ou particuliers. On se propose ainsi d'empêcher les inconvénients qui résultent des rentrées d'air froid qui se font dans le système de l'appel par les fissures des fenêtres et par les joints des vitres, et aussi du refroidissement qui résulte de la présence même des fenêtres ; cellesci en effet laissent passer une quantité de chaleur beaucoup plus grande que celle que laissent passer les murs ; il en résulte un refroidissement considérable de l'air de la pièce qui est en contact avec elle et déjà des remous très-désagréables et même dangereux pour les personnes qui sont placées près de ces fenêtres. M. Flavitsky complète son système en faisant arriver l'air pris directement sur la façade autour des tuyaux de chauffage à eau ou à vapeur ou à air chaud placés dans une chambre pratiquée dans l'épaisseur du mur et au-dessus de la fenêtre ; des registres sont placés r à l'introduction de l'air dans la chambre de chauffage ; 2» entre la chambre de chauffage et l'espace libre laissé entre les châssis de fenêtre; 3" entre celui-ci et l'orifice d'entrée dans la salle. Cette disposition, employée pour le chaunage, a pour but de^parer à l'inconvément qui résulte du d('pôt des poussières dans les conduits de l'air

chaud dans les autres systèmes. Le parcours de l'air avant son introduction dans la pièce est très-court, et la portion traversée est d'un nettoyage facile.

Pour atteindre un but analogue dans les appartements de l'impératrice, on a garni les parois des murs et le plancher de la chambre du calorifère ainsi que les conduits d'air au moyen de faïence vernissée.

Le système de M. Flavitsky supprime les inconvénients relatifs aux rentrées d'air et au refroidissement par les croisées. Mais il doit être rendu coûteux par suite de refroidissement considérable que subit l'air neuf à son passage entre les deux châssis de fenêtre. Il serait probablement plus avantageux, et on arriverait également au but proposé en faisant circuler entre les doubles fenêtres l'air expulsé des pièces, en produisant cette circulation de bas en haut; le refroidissement que subirait l'air dans son parcours descendant aiderait au tirage de l'appel, et la perte de chaleur se trouverait ainsi utilisé

Observations g^énérales sur le chauffag^e des g'raiides salles de réunion^ des palais» des grands aiuphithéâtres; des théâtres, etc., etc.

2720. Les lieux de réunion ont des formes et des dispositions très-diverses, suivant leurs destinations. Mais ils peuvent, sous le rapport du chauffage et de la ventilation, se diviser ainsi :

1° Les grandes salles, comme les salles des séances des Chambres, les grands amphithéâtres ; 2° les galeries, comme les salles des pas perdus, les bibliothèques ; 3° les théâtres.

212\. Amphit/ié à 1res. — Dans les grands amphithéâtres, nous avons vu que souvent le chauffage et la ventilation s'effectuent en faisant arriver de l'air chaud par des orifices situés dans la partie horizontale qui se trouve au bas des gradins, ou par des tuyaux qui débouchent dans cette partie de la salle à différentes hauteurs et dans différentes directions ; l'air vicié descend au-dessous des gradins par un grand nombre d'orilices percés dans les contre-marches, et passe ensuite dans des tuyaux aboutissant à une cheminée d'appel. Cette disposition, employée au Conservatoire des Arts et métiers, a de graves inconvénients. Supposons la salle vide ; l'air chaud, en arrivant, tend à s'élever d'abord au plafond où il s'étale et descend progressivement par couches horizontales sensiblement isothermes jusqu'aux orifices d'écoulement, mais en se refroidissant de plus en

CIIATITRE IV. — ClIAlFFAr.E ET VENT. DES SAI.I.ES DE RÉUNION. '.^^M

pins, la clialtMir (jnil al)aii(l(»iin(' rlaiil altsorhre par les surfaces ih' transmission. Il résulte de là que l'air se tn»uveànne température croissante de bas en haut, et que si raui[»liilliéàtrc a une pente trèsrapide, il pourra y avoir une dilTérence notable de température sur I«'s bancs les plus bas et les plus élevés, comme cela a été vérifnsans exception dans toutes les salles échaullees garnies de gradins. Supposons maintenant la salle occupée ; la cbaleur produite par chaque individu et l'air vicié expiré, tendront évidemment à écbaulTcr et à vicier les couches d'air supérieures, et, par conséquent, l'efTcl produit par les personnes occupant l'amphi théâtre consistera à augmenter la variation de température de haut en bas et à vicier les couches d'air, d'autant plus qu'elles seront plus élevées. Ainsi, ce mode de ventilation ne peut réellement être employé que quand l'amphithéâtre n'a qu'une légère inclinaison et qu'il ne renferme qu'un petit nombre de personnes.

27:22. La meilleure disposition consiste à amener l'air au-dessous de l'amphithéâtre, à le distribuer uniformément par un très-grand nombre d'orifices, à le recueillir au sommet de la salle pour le conduire à une cheminée d'appel partant des combles, ou mieux pour le faire descendre au niveau du sol par un tuyau placé au dehors et qui le dirige dans une cheminée d'appel. Cette disposition, analogue à colle qui était employée dans l'ancienne Chambre des communes de Londres, et ensuite dans l'ancienne Chambre des Pairs, n'aurait aucun des inconvénients que nous venons de signaler pour l'autre système ; chaque personne respirerait de l'air pur et à la même température. J'examinerai successivement les différentes parties de ce système de chauffage et de ventilation,

2723. Le chauffage de l'air peut avoir lieu au moyen des calorifères dont j'ai parlé (1853 et suiv.). Chaque système a des avantages et des inconvénients qui lui sont propres, et, d'après ce que j'ai dit, il sera facile de reconnaître celui qui convient le mieux dans chaque circonstance. Si la salle ne devait être occupée qu'accidentellement, ou seulement un petit nombre d heures chaque jour, les calorifères dans lesquels l'air est chauffé directement seraient les plus avantageux, d'autant plus qu'ils coûtent moins de frais d'établissement que les autres, dans lesquels il y a toujours deux systèmes de surfaces de chaulfe. Mais comme l'air éch;uiffé doit être porté audessous des gradins qui sont toujours en bois, il faudrait prendre les précautions nécessaires pour ((ue la température de l'air ne pût jamais dépasser une certaine limite peu élevée; pour cela, il serait

possible de disposer un registre qui ouvrirait raccès de l'air extérieur dans le canal recevant Tair sortant du calorifère quand cet air dépasserait la limite assignée.

2724. L'uniformité de la distribution de l'air au-dessous des gradins présenterait quelques difficultés. Il faudrait d'abord renoncer complètement au mode de distribution qui avait été employé dans l'ancienne salle des Communes, et qui consistait à percer le sol d'un très-grand nombre de petits orifices. Le mélange des veines partielles sorties de ces orifices pourrait n'avoir lieu qu'à une trop grande hauteur; d'ailleurs, la boue et la poussière apportées par les pieds, pourraient obstruer les ouvertures, et l'air serait nécessairement chargé d'une poussière fine qui aurait de graves inconvénients sur la respiration ; un tapis en crin épais, à larges mailles, aurait l'avantage de mieux disséminer les veines d'air, mais les inconvénients de la boue et de la poussière seraient beaucoup augmentés. Le meilleur mode de distribution de l'air dans la salle consiste à introduire par des ouvertures pratiquées à la partie supérieure des contre-marches, ou à une certaine hauteur dans les faces de devant ou de derrière des bancs; la somme des surfaces de ces orifices étant très-grande relativement à la section de la cheminée d'appel, la vitesse des veines serait très-petite, et comme elles sont dirigées horizontalement, elles changeraient de direction par la rencontre des surfaces qui se trouveraient sur leur passage, et leur mélange s'elTectuerait facilement sans présenter les inconvénients que j'ai signalés; c'est ce que l'expérience a démontré dans l'ancienne Chambre des Pairs. Mais il faut, en outre, que l'air soit distribué à peu près uniformément au-dessous des gradins, et il suffira pour cela que l'air échauffé y arrive par un certain nombre de tuyaux recourbés verticalement, et terminés chacun par un chapeau qui dirige les veines d'air de haut en bas.

2725. Quant aux orifices de sortie de l'air, les dispositions seront difîérentes, suivant que le plafond sera cintré et garni d'une coupole vitrée, ou qu'il sera horizontal. Bans le premier cas, le cylindre sur lequel repose la coupole serait percé latéralement d'un large orifice communiquant avec un grand tuyau en tôle ou en zinc placé en dehors du bâtiment, autant que possible sur une face exposée au nord, et qui amènerait l'air au niveau du sol, dans un canal horizontal communiquant avec une cheminée d'appel. Si la surface supérieure de la pièce était horizontale, il faudrait construire un faux plafond percé d'un grand nombre d'orifices qui communiqueraient

CIIAPirHb: IV. — CHAIFFAGE ET VENT. DES SALLES UK HELMON. 359

par (les coniliiits liori/ontaii.v placés entre les deux iilaluiuls avec le grand tuyau dont nous venons de parler. Ce tuyau de descente doit être en métal, alin que l'air se refroidisse le plus possible, car si on parvenait à lui donner la température extérieure, la descente de l'air ne |)roduirait d'autre perte que celle qui résulte du frottement et des changements di; direction.

272G. La cheminée d'appel devrait être en briques; le foyer serait placé latéralement ou formé d'une grille mobile, en forme de panier, qu'on pousserait au milieu de la section de la cheminée et qu'on retirerait en avant pour la charger. Le tuyau d'accès de l'air dans la cheminée devrait être garni d'un registre tournant, destiné à régler la ventilation, et à la supprimer complètement, pour commencer le chaull'age, en faisant retourner au calorifère l'air de la pièce par un oritice pratiqué près du sol.

2727. 11 sera nécessaire de n'introduire l'air dans l'amphithéâtre qu'à une température très-peu dilférente de celle qui y règne, au moins au voisinage des auditeurs ; cette condition est indispensable toutes les fois que l'air est introduit par des orifices placés près des personnes qui se trouvent dans la salle ventilée, quelle qu'en soit la nature ; aussi l'air chaud doit-il arriver précédemment dans une chambre de mélange où il rencontre de l'air froid en quantité convenable pour arriver à la température voulue ; dans le cas des amphithéâtres l'espace qui se trouve au-dessous des gradins peut avantageusement être employé comme chambre de mélange. En général pour obtenir le mélange de l'air chaud et de l'air froid il suffira de faire arriver le premier par des tubes verticaux recouverts de chapeaux destinés à diriger les mêmes verticalement ou obliquement, mais toujours de haut en bas.

2728. Le canal horizontal qui conduit l'air dans le tuyau de descente pour l'amener au bas de la cheminée d'appel doit être garni à sa partie supérieure d'un large orifice, ayant la section du tuyau, et fermé par un couvercle à joint hydraulique ou de sable, afin de pouvoir faire écouler directement lair qui a traversé la salle, quand la force ascensionnelle est suffisante, ce qui arrive quand l'air extérieur est à une température assez basse relativement à la température intérieure.

2729. On pourrait aussi placer une cheminée avec foyer d'appel dans les combles du bâtiment, mais c'est une disposition trop dangereuse ; d'ailleurs, la direction du foyer exigerait un chaufTeur spécial, tandis que, par la disposition indiquée, le chauHèur qui

surveille le calorifère, peut diriger le foyer de la cheminée. Cet inconvénient n'existerait pas si le calorifère était à vapeur ou h eau chaude, parce qu'on pourrait établir dans la cheminée des combles des vases alimentés à volonté de vapeur ou d'eau chaude, qui échaufferaient l'air avant sa sortie ; mais la dépense de combustible se trouverait dans la plupart des cas notablement plus grande que quand l'air descend au niveau du sol pour s'élever dans une cheminée, parce que les cheminées qui partent des combles ont nécessairement une petite hauteur, et que, dans la disposition indiquée, l'air prenant sensiblement la température extérieure, le tirage qui se produit dans la salle s'ajoute au tirage d'une grande cheminée, comme dans le cas où la. cheminée part des combles ; à la vérité, il y a une certaine perte de charge résultant du frottement dans le canal de descente et dans la cheminée, mais cette perte de charge est plus que compensée par l'accroissement de hauteur de la cheminée. En comparant une cheminée de 5 mètres partant des combles, d'un diamètre de l'",60, avec une cheminée partant du sol, de même section et de 15 mètres de hauteur, si nous supposons de plus que les résistances antérieures soient les mêmes dans les deux cas, en appliquant à chacun d'eux la formule du n°S82

0,268 /H( ^~ l-i-at\ 1 + H

et prenant le rapport on aura :

V __ 1 + at' /W t — 9 v' ~ [ -{- at y H' * f — 6'

et comme l+«^ est sensiblement égal hi-\-at', on voit que pour que les vitesses soient les mêmes on devra avoir sensiblement

Si donc la hauteur de la cheminée des combles est le 1/3 de celle de la grande cheminée, il faudra que l'excès de température dans la première soit le triple de celui de la dernière ; si de plus l'excès nécessaire à produire le tirage dans la grande cheminée était de 20° et que celui de l'air de l'amphithéâtre sur l'air extérieur fût ■aussi de 20°, on voit qu'il faudra suréchaufTer l'air dans la cheminée des combles d'une quantité double de celle qui sera nécessaire dans la grande cheminée et par suite dépenser une quantité double de

ClIM'ITltl-; IV. — CIlAl l'I'Adl-: liT VliNT. DES SALI.KS KL; llIiLNlON. 3G1

l'Iiiilt'iir. Mais co rapport s(^ troiivcrail (liiiiiniK' si on aii^Miicnlait la liaiilciir (le la clKMiiiiK'c des ('((iiihics, si Ij.'xcès de la Iciiipt'i aliire (le l'air lie raiiipliillioàlre sur eello de l'air extérieur augmeiitail et si l'excès de température nécessaire à produire le tirage diniiiniait,

2730. On pourrait aussi produire le uiouvement de l'air à travers ramphithéàtre au moyen d'un ventilateur placé, soit en avant des calorifères, soit dans les combles, soit au niveau du sol au bas du tuyau de descente. Le mieux serait de le disposer en avant des calorifères et de le faire agir par insufflation.

2731. .Je prendrai pour exemple paitieulier un amphithéâtre pouvant contenir lOOO personnes ; si la ventilation doit être de 15 mè- Iri's cubes par personne et par heure, le volume d'air total qu'il faudra faire passer à travers la salle sera de loOOO mètres cubes par heure, et de 4'°%16 par seconde ; en supposant une cheminée de 15 mètres de hauteur, un refroidissement complet dans le tuyau de descente, et un accroissement de température de l'air dans la cheminée de 30", la vitesse d'écoulement de l'air, abstraction faite de toutes les résistances, serait égale à o'"-,67, et en admettant que les résistances réduisent cette vitesse à un tiers, elle serait encore de 1,88; mais la force ascensionnelle de l'air dans ramphithéàtre l'augmentera notablement, et on peut sans crainte de se tromper notablemeht l'estimer à 2 mètres; alors la section minimum de la cheminée serait égale à 2'°'', 08 et son diamètre à l'^jôO. La même section devrait être donnée, au minimum, au courant qui passe dans les calorifères et au canal qui conduit l'air vicié dans la cheminée ; mais, dans tout le circuit externe, il serait convenable de ne donner à lair qu'une vitesse inférieure à 1 mètre. En supposant que l'air soit échaulTé de 30°, la dépense par heure pour la ventilation serait de 15000. i "3. 30. 0,24= 140400% qui correspondent à 17^5o de houille. Quant à la dépense de chaufl'age de l'air à son entrée dans la salle, elle variera avec la température extérieure; en admettant 6° pour la température moyenne des mois de chauffage, J5" pour la température de la salle, l'excès moyen serait de 9° et la dépense moyenne de combustible serait égale à 17,55. 9 : 15 = 10", 53 ; <lans les plus grands froids, elle pourrait être plus que doublée, mais alors la ventilation pourrait s'eiïectuer directement par l'orifice ménagé au sommet du tuyau de descente.

2732. En connaissant les dimensions des différentes parties de l'appareil, on pourrait facilement calculer, avec une approximation suffisante, la somme des résistances que l'air éprouverait dans son

circuit, et, par suite, l'excès de température que l'air devrait recevoir dans la cheminée. Les plus grandes résistances proviennent des changements brusques de direction et des accroissements de section ; les frottements sont presque négligeables ; l'incertitude ne porterait que sur la température de l'air en arrivant dans la cheminée d'appel, mais elle devrait peu dilîérer de la température extérieure, quand la cheminée d'appel part du sol et que le tuyau de descente est métallique.

2733. Occupons-nous maintenant de la manière de régler la ventilation. Pendant l'été, il faut remarquer que, avec une ventilalion de i 5 mètres cubes d'air, les 42 unités de chaleur produites moyennement par personne et par heure (2365) élèveront la température des Jij mètres cubes d'air, de 9°,J8;ainsi, en supposant que l'amphithéâtre soit toujours occupé par le même nombre de personnes, pour obtenir une ventilation constante, il suffirait que l'on brûlât toujours dans le foyer la même quantité de combustible, ce qu'on pourrait obtenir en réglant convenablement l'orifice d'accès de l'air dans le foyer, d'après les indications d'un thermomètre différentiel qui se trouverait dans la cheminée ou au moyen d'un manomètre qui indiquerait la pression latérale au bas de la cheminée. Pendant l'hiver, l'appel provenant de l'air chaud qui remplit la salle étant variable, il faut nécessairement se servir d'un appareil qui indique directement la vitesse d'écoulement, de l'appareil décrit (520), ou de l'anémomètre disposé comme je l'ai indiqué (oi6) ; ces instruments auraient l'avantage de servir pour toutes les saisons, et on reconnaîtrait facilement à leurs indications quand il suffit d'ouvrir le registre de la partie supérieure du tuyau de descente, et quand il faut allumer le foyer de la cheminée d'appel.

2734. Il est important de remarquer qu'en été, en supposant seulement une ventilation de 10 mètres cubes par personne et par heure, la chaleur dégagée par la respiration élèverait l'air d'appel, dans la pièce, de O^lS. 3:2= l3'',77, à peu près de 14°, et qu'en supposant la hauteur de la salle de 10 mètres, la vitesse d'appel, par cet accroissement de température, abstraction faite des frottements, serait à peu près de 1 mètre, et la section des orifices d'accès et de sortie devrait être environ de 0"\0027 par personne ; alors, dans l'hypothèse de 1000 personnes, ces sections seraient de 2"", 7 ; et en supposant que la vitesse soit réduite à 0,5, par les résistances de toute espèce, la ventilation naturelle serait peu diminuée, à cause de l'accroissement de température de l'air par la

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