CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT HES ÉGLISES
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excès moyen de 4°, la consoiiimalion de combustible par jour deviendrait deux fois plus petite, c'est-à-dire de 255 kilogrammes.
2762. Calcul des effets produits par les différentes causes qui disséminent la chaleur. — En partant de ce fait bien constaté que quand l'appareil produit son maximum d'elfet la consommation de houille est de 40 kilogrammes par heure pour une différence de température de 16°, on peut comparer les quantités de chaleur produites à celles qui sont dissipées par les causes connues. Dans le cas dont il s'agit, la chaleur est dissipée : imparte tuyau à fumée ; 2° par la paroi du fourneau ; 3° par les canaux dans lesquels l'air est échauffé ; 4° par les murs et les vitraux ; 5° par l'écoulement de l'air chaud à travers les nombreux orifices des vitraux.
En assimilant la chaudière aux chaudières à vapeur, chaque kilogramme de houille produirait la quantité de chaleur correspondante à la vaporisation de 7 kilogrammes d'eau déjà à 100°, c'est-à-dire 7.550 = 3850 calories ; la différence entre la puissance calorifique de la houille et ce chiffre représente la quantité de chaleur perdue par la cheminée et par les parois du fourneau. Ainsi, dans le cas dont il s'agit, la quantité de chaleur développée est 3850.40= 154000.
La chaleur transmise par les vitres, d'après les nouvelles formules (livre YI), pour une hauteur de 4 mètres, et une différence de température de 16°, est de 40 unités, et, par conséquent, pour les 860 mètres de vitraux, la quantité totale de la chaleur transmise sur 40.860 = 34400.
On peut négliger la chaleur perdue dans les canaux de circulation des tuyaux à eau chaude et de l'air, parce que cette perte diminue rapidement avec la durée du chauffage, et qu'une partie de la chaleur qui pénètre la paroi des canaux rentre dans l'église par le sol.
2763. La chaleur transmise par les murailles pourrait se calculer facilement si on connaissait exactement leur surface et leur épaisseur ; mais les nombres qui se trouvent au commencement du mémoire de M. Pottier ne peuvent être qu'approximatifs. La surface totale des murailles exposées à l'air me semble devoir excéder le nombre indiqué, l'épaisseur moyenne doit dépasser 0",5, et d'ailleurs on ne peut pas prendre une moyenne pour ces épaisseurs, parce que les quantités de chaleur qui traversent les murailles ne varient pas en raison inverse des épaisseurs (987). Mais on peut trouver une valeur approchée de la quantité de chaleur transmise par les murailles, après avoir déterminé le volume d'air de ventilation. D'après le mémoire, les températures intérieures et extérieures qui correspondaient
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nu maximum d'oflct ('laii'nt de 12° et de — 4° ; l'air ^[\\\ pénrirait dans les canaux de eireiilation des tuyaux à eau chaude, y arrivait à — ï" et en sortait à 38" ; il y éprouvait donc un accroissement de température de 42° ; et comme la quantité de la clialriir absorbée par l'au' représente la quantité de cliaieiu" prnduile, en désignant par X le volinne d'air appelé, on aura évidemment x. 1,3. 42. 0,24=: laidOO ; d'où l'on tire x = 11882 mètres cubes ; cet air s'éebappant par les fissures des vitres devait avoir la température du verre, qui, dans le cas que nous considérons, avait un excès de température de 8° sur l'air extérieur. La perte de chaleur par mètre cube était alors de 1,3.8.0,24 =2.5, et par suite la perte de chaleur par l'air sortant s'élevait à 1 1882. 2,o =^ 29705. D'après cela, la perte de chaleur par les murailles était de 154000 — 34000 — 29705 = 90295. Le volume d'air écoulé par seconde se trouvant de 3'°%30 et la somme totale des orifices libres des bouches de chaleur de l^^OS, la vitesse d'écoulement était à peu près de 1 mètre.
27()4. La quantité de chaleur émise par mètre carré et par heure, par les tuyaux pleins d'eau chaude placés dans les Canaux parcourus par l'air qui s'échauffe, diffère complètement de ce qu'elle serait si les tuyaux étaient exposés à l'air libre. En effet, la chaleur émise par ces tuyaux, provient de la chaleur qu'ils communiquent directement à rair,ct de celle donnée à l'air par la surface du canal chauffée par leur rayonnement. Cette chaleur dépend certainement de la vitesse de l'air, et croît avec cette vitesse, suivant des lois inconnues ; mais elle diffère peu de celle qui serait dégagée par le tuyau exposé à l'air libre, et dont la température serait égale à la température moyenne de l'air à son entrée et à sa sortie du canal. Dans le cas dont il s'agit, la quantité de chaleur qui s'échappe par les bouches est de iSiOOO unités ; la surface des tuyaux étant de l68 mètres carrés, la chaleur transmise par mètre carré est de 154000 : 168 = 933,3, pour une température moyenne de l'air égale à (4 4- 38) : 2 = 21, et un excès moyen de Ul — 21 =90. Or, il résulte des formules qui ont été données dans le livre VI, que la quantité de cha- Ifur perdue par un cylindre de fonte exposé à l'air, pour une différence de 90% est égale à 400 pour la perte due au rayonnement, et à 340 pour celle qui provient du contact de l'air, en tout 806, nombre qui n'est pas trop en désaccord avec celui que nous venons de trouver.
11 est important de remarquer que le volume de l'église étant d'environ 32000 mètres cubes, et la ventilation étant dà peu près 10000
mètres cubes par heure, l'air de l'église est totaleuient renouveléhuit fois par jour, et que l'air (pi'elle contient sulfirait à 3200 personnes, pendant une heure, à raison de 10 mètres cubes par personne.
Éjçlise ^aint- Vincent «le Paul.
276S. Les appareils de chauffage de cette église ont été construits par M. René Duvoir ; j'en donnerai une description succincte. . Le sol de la nef centrale est garni, à son contour, d'un caniveau fermé par une grille de fonte à jour et renfermant des tuyaux dans lesquels circule de l'eau chaude ; ce caniveau a 0™,60 de largeur. J'ai visité cette église un jour de la semaine et un dimanche de grande fête, lorsque la température extérieure était seulement de 2 degrés au-dessous de zéro ; partout la température était convenable et à peu près de 13 degrés.
La disposition adoptée présente un inconvénient qui paraît grave au premier abord : les chaises ne peuvent pas être placées sur les grilles du caniveau, du moins quand le chauffage est actif, parce que les grilles sont à une température trop élevée ; mais dans les jours de la semaine, il suffit de placer les chaises dans l'espace circonscrit par le caniveau, et pour les dimanches et les jours de fêtes, où l'affluence des fidèles est considérable, en suspendant le chauffage ces jours-là, les chaises peuvent être placées partout, et cette suspension ne diminue pas sensiblement la température, comme il est facile de le voir à cause de l'immense quantité de chaleur renfermée dans les murailles ; je m'en suis d'ailleurs assuré par Texamen des thermomètres. Par cette méthode, il n'y a point de ventilation forcée ; mais j'ai reconnu qu'un jour de grande fête où l'église était remplie et pouvait contenir environ 2O0O personnes, nulle part il n'y avait de mauvaise odeur appréciable ; ainsi il se faisait une ventilation naturelle par les joints des vitres et par les portes qui s'ouvrent si fréquemment ; d'ailleurs la grande masse d'air renfermée dans l'église concourait à son assainissement pendant la durée de l'office. Ce mode de chauffage permettrait facilement d'effectuer une ventilation, si on la supposait nécessaire ; il suffirait, pour cela, d'établir sous le caniveau contenant les tuyaux à eau chaude, un canal communiquant avec l'extérieur et garni d'un grand nombre d'ouvertures s'ouvrant au-dessous des tuyaux ; il est évident que si la somme des fissures des vitraux ne présentait pas une surface suffisante, il faudrait ouvrir des orifices à la partie supérieure ou à une certaine hauteur.
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Il résulle des expériences theriiioinétriques faites dons cette •église, un phénomène tort singulier : à partir d'une ccriainc Iiaulrur, la température va en décroissant à mesin'e (pi'on s'élève davantage ; ce phénomène résulte, sans aucun diude, de ce «pie la partie supélieure de l'église, n'étant pas séparée connue à l'ordinaire de la toiture par une voûte, l'air y éprouve un grand refroidissement et cpi'il se manifeste des courants d'air froid descendants dans toute la surface de la grande nef.
L'eau chaude ne circule dans les tuyaux que dans un seul sens ; mais, pour obvier à rinlluence du relroidissemenl qu'elle éprouve dans son trajet, le tuyau, vers la fin de la course, se divise en plusieurs autres qui présentent une plus grande surface ; il y aurait certainement de l'avantage à faire mouvoir l'eau en sens contraire, dans deux circuits placés dans le caniveau, car alors la somme des températures des tuyaux à chaque point du circuit serait sensiblement constante.
Le constructeur pense que ce mode de chauffage est plus économique que celui qui est employé dans les églises où le tuyau passe dans les caves, parce qu'il y a moins de chaleur transmise à travers le sol ; mais connue, dans la nouvelle disposition, il y a beaucoup de chaleur rayonnée contre les murailles, on ne pourrait résoudre la question qu'à l'aide d'expériences qui n'ont point été faites.
D'après des indications qui m'ont été données parle constructeur, pendant cinq jours du mois de mars 1833, la température moyenne de l'église a été à très-peu près égale à 14°, la température moyenne extérieure des cinq jours de 7°, et la consommation moyenne de com- .bustiblede 280 kilogrammes par jour.
Égalise Staint-Sulpice.
2766. En 1852, M. le curé de Saint-Sulpice pria M. le baron The- •nard de présider une commission pour juger les différents projets de chaulfage de son église qui avaient été présentés par plusieurs ingénieurs et constructeurs. La commission était composée de MM. Thenard, Regnault, Despretz, Seguier, membres de l'Institut, et moi. Trois concurrents présentaient des projets : M. Duvoir-Leblanc, M. René Duvoir et M. fJrouvelle.
2707. Le projet de M. Duvoir-Leblanc consistait dans l'établissement de deux chaudières à eau chaude placées l'une près du centre de l'église, la seconde au-dessous de la chapelle de la Vierge. Le
chaulTage devait avoir lieu par de l'air écliauiïé contre des tuyaux à eau chaude et versé dans l'église par dix-sept bouches de chaleur distribuées au niveau du sol. Un poêle à eau chaude devait être placé dans la sacristie, et trois autres plus petits dans les salles qui en dépendent. Le devis s'élevait à 23000 francs (non compris les frais d'installation, la construction de la cheminée à fumée, etc.); et le constructeur s'engageait à maintenir une température de 10" dans l'église, de 15° dans la sacristie et les salles qui en dépendent, moyennant une somme de 11 francs par jour, quand un seul des deux appareils fonctionnerait, et de 25 francs quand les deux appareils seraient en activité, y compris les frais d'entretien.
2768. La maison René Duvoir avait présenté deux projets. Le premier consistait à chauffer le sol, recouvert en grande partie par des plaques de fonte, au moyen de tuyaux à eau chaude. La dépense d'établissement s'élevait à 43368 francs, et le mémoire ne renfermait que des indications vagues sur la dépense de combustible. Le second projet consistait dans un chauflage à air chaud au moyen de calorifères à air. Le devis s'élevait à 28532 francs et en outre à 8777 francs si on voulait chauffer la nef à l'eau chaude. Ces projets étaient accompagnés de dessins' représentant tous les détails de construction.
2769. M. Grouvelle avait présenté trois projets. Le premier consistait en deux calorifères à air, formés de-tuyaux parcourus par la fumée, l'air chaud était conduit par des tuyaux en terre cuite, environnés de matières conduisant mal la chaleur, à dix-huit bouches de chaleur situées au niveau du sol et convenablement distribuées sur la surface de l'église ; l'air appelé par les calorifères, pouvait être pris à volonté dans l'église et eu dehors. Le devis s'élevait à 29000 fr. ; et, pour maintenir une température constante de lo°, M. Grouvelle s'engageait à ne pas consommer plus de 600 kilogrammes de houille par jour. Le second projet ne ditrérait du premier que par la forme des calorifères ; les tuyaux de fonte, au lieu d'être parcourus par la fumée, étaient parcourus par l'air, et le devis s'élevait seulement à 25000 francs. Enfin dans le troisième projet les dispositions étaient les mêmes que dans les deux premiers, seulement l'air était échauffé sur des tuyaux à eau chaude, et les frais d'établissement s'élevaient à 36000 francs. M. Grouvelle proposait d'ajouter à ce dernier projet une surface de fonte placée au milieu de la nef, à fleur du sol, de 28 mètres de longueur sur 0",8o de largeur, recouvrant un canal occupé en partie par un tuyau plein d'eau chaude replié sur lui-même ;
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la (lt'|i('iis(' (le ct'llt' adtlilioii s't'lcvail à IGOO francs. Tous ces projets ctaicMil accoiiipaj^Mics do dessins Irès-dôlailh's.
2770. La coiiiiiiission a été d'avis que le projet de M. lieue l)uvitic ({(il consistait à chaulTer le sol est très-bon pour cliauHer les pièces où l'on ne séjourne pas lonj^Memps à la même place, comme la Mourse, les salles d'allente des chemins de fer; mais pour une ♦'{.dise, il paraît peu convenable. Pour que Ton puisse rester longleuips sur des plaques de fonte, il faut nécessairement que l'eau qui est au-dessous soit à une tempéra Inre peu élevée, car le refroidissement des plaques étant très-allaihli par les personnes qui les recouvrent, leur paroi extérieure acquerrait bientôt une température voisine de celle de l'eau. D'ailleurs elles ne cliaulïeraient l'éjilise que (piand elles ne seraient pas couvertes, c'est-à-dire quand il n'y aurait personne ; elles chaufferaient surtout les murailles par rayonnement, et la moitié seulement de la chaleur émise serait employée à chauffer l'air. Enfin, ce système n'avait point encore été essayé et on ne savait sur quelle base calculer la dépense de combustible. La commission a ensuite examiné les avantages et les inconvénients des deux systèmes de calorifères, et elle a considéré les calorifères à eau chaude comme préférables. Il n'y avait plus à hésiter qu'entjre le projet de M. Duvoir-Leblanc et le dernier de M. Grouvelle.
Yoici les' considérations qui ont motivé son choix.
2771. Le projet de M. Duvoir-Leblanc ne renferme aucun des détails nécessaires pour se rendre compte de l'efficacité et du prix de revient des appareils ; de plus, les conditions du prix demandé pour le chiuiffage donnent trop de latitude à l'entrepreneur, car le chauf- It'ur poiura quand il le voudra, en diminuant la consommation de combustible dans un des foyers, allumer l'autre; de pareilles conditions ne sont pas acceptables. Au contraire, le devis de M. Grouvelle est complet ; ses engagements sont nets et précis : seulement il porte trop haut la temi)érature qui doit être maintenue dans l'église. D'après ces considérations, la commission a été d'avis d'admettre le projet de M. Grouvelle comme préférable aux autres, mais elle pense qu'un marché à forfait pour les appareils, l'entretien et l(^ chaulfage ne doit être fait qu'après l'examen des détails du devis et des frais de chauffage pour une température de 13 à 14° bien sullisante dans une église.
2772. L'avis de la commission n'a point été suivi, et le conseil de fabrique, dans lequel se trouvaient deux membres de la commission, partisans très-zélés de M. Duvoir-Leblanc, a adopté le projet de cet
entrepreneur avec toutes ses conditions. Seulement, d'après un extrait des registres des délibérations du conseil de la fabrique de Saint-Sulpice, inséré dans une biocbure de M. IJoudin, médecin en clief de l'hôpital militaire du Roule, la condition de maintenir une température de lU" dans l'église, n'existe qu'autant que la température extérieure sera supérieure à 6", le second appareil ne marchera que quand le chaulïeur en recevra l'ordre, mais il devra marcher au moins 8 jours. Or, comme la température extérieure est au-dessous de G" au moins 3 mois de l'année, décembre, janvier et février, soit 90 jours, et que le marché est fait pour 21 2 jours, il s'ensuit que le chauffage coûtera au moins 90.23 4- 122. il = 3582, ou en moyenne J6 fr. 90 par jour. Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur les résultats obtenus.
2773. Nous avons déjà eu l'occasion de parler des dangers que présente l'emploi des poêles en fonte, soit pour le chauffage à l'eau soit pour le chauffage à la vapeur, quand cette dernière est employée à haute pression : un exemple terrible de ce danger s'est manifesté dans l'église Saint-Sulpice au mois de janvier 1838.
Dans le Cosmos du 13 janvier de cette année, M. l'abbé Moigno donne le récitd'une explosion dont il fut témoin oculaire et des effets qui en furent la conséquence. « A dix heures et demie, dit l'auteur de la relation, nous sommes monté à l'autel de la Vierge pour célébrer la sainte messe ; plus de cinquante personnes y assistaient. Nous avions atteint l'oiïertoire, lorsque tout à coup une détonation forte et sèche s'est fait entendre à quelques pas de nous ; les chaises sont renversées ; la pieuse foule s'est précipitée vers le sanctuaire ; un nuage épais de vapew cVeau barrait [ entrée de la chapelle et empêchait de voir ce qui s' était passé ; nous avons vu un instant après qu'un poêle plein d'eau bouillante avait fait explosion. L'intensité du froid avait forcé depuis près de 15 jours d'allumer le grand calorifère à circulation d'eau chaude ; deux poêles en fonte, placés, l'un à droite, l'autre à gauche de l'entrée de la chapelle, et qui servent de piédestaux à deux statues d'anges en bois, font partie de cette circulation ; leur hauteur est d'environ l'^jSO et ils doivent toujours être pleins d'eau ; le chauffeur, même en consumant de six heures à neuf heures du matin 1300 kilogrammes de charbon, n'atteiguait pas la température fixée par le cahier des charges de l'entrepreneur. Ce seul fait bien interprété suffisait à indiquer que la circulation d'eau n'était pas bien étabUe et que le tuyau du retour d'eau était obstrué du moins en partie Quoique primitive
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ment essayé à sept alinosplièies, l'un des poêles, celui de gauche lia pas résisté, sa i)ar(ie antérieure a cédé, elle s'est hrisée en trois ^ros éclats (pii ont été projetés en lijîne droite contre le poêle do dicilt' cl r;iiii:Ie (pii le sunnonlail. A un mètre en avant du puéle de gauche se trouvait une chaire portative que les éclats de tonte on! brisée en morceaux quoi(|u'elle fût de chêne très-dense. Atteintes jiar les débris de fonte et de bois, les personnes placées entre les iU'ux poêles ont été horriblement blessées et mutilées; l'une a été tuée sur le coup; deuv antres sont moites quelques instants après. Kn même temps, le flot d'eau bouillante sorti des flancs entr'ouverts du poêle est venu ajouter ses ravages à ceux des éclats de bois et de fonte. Deux pauvres dames ont étépres(pie littéralement cuites... le nombre des morts est déjà de cinq, celui des blessés dépasse dix. »
2774. Il résulte de cet exemple même, ainsi qu'on ponvait le prévoir, que les poêles en fonte à eau chaude peuvent subir une explosion véritable par l'excès de pression qui peut s'y produire, soit par la négligence de l'ouvrier qui conduit le feu, soit par une obstruction dans les tuyaux de circulation, ou bien par un vice de qualité de la matière. Aux dangers provenant de l'explosion proprement dite, c'est-à-dire des éclats du poêle agissant comme projectiles, viennent s'ajouter ceux qui résultent de la vapeur brûlante qui s'en dégage et qui, comme nous l'avons déjà dit, peut acquérir un volume égal à 140 fois celui de l'eau chaude contenue non-seulement dans le poêle, mais dans tout le système de circulation. Cette vapeur peut produire non-seulement des brûlures extérieures, mais, ce qui est souvent plus grave, amener des brûlures internes dans les poumons. L'explosion d'une chaudière à eau chaude est aussi dangereuse fpie celle d'une chaudière à vapeur, car elle supporte souvent une pression qui peut aller jusqu'à quatre ou cinq atmosphères. On devrait donc en prohiber le placement dans les lieux babités comme on le fait pour les chaudières à vapeur dont la capacité dépasse un certain volume.
Cathédrale de Bclley (Ain).
2775. La grandeur du vaisseau des églises dispense dans la plupart des cas de l'appel d'air extérieur ; on peut chaufîer très-facilement ces édifices, et souvent très-économiquement au moyen de calorifères à air chaud. MM. Genesle et Ilercher ont fait un grand
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nom])re de ces installations, nous donnerons comme exemple celle qu'ils ont établie à la cathédrale de Belley et qu'ils viennent d'appliquer à la cathédrale de Saint-Denis sous la direction de M. Yiolletle-Duc.
La cathédrale de Belley présente un cube de 30,000 mètres, elle a 78 mètres de longueur. On a placé, pour chauffer cette église, deux calorifères à niveau du sol dans une petite chambre construite extérieurement entre deux contreforts du chœur. Ces calorifères sont métalliques, à surfaces nervées, le foyer est garni de briques réfractaires, chacun d'eux est complété par un appareil hémicycloïdal afin d'obtenir une utilisation complète de la chaleur (1894). L'air froid est pris sur le sol même de la cathédrale, dans un des bas côtés et vers le milieu de la longueur de l'église, à environ 25 mètres de la chambre de chaleur ; l'ouverture de la prise d'air sur le sol est munie d'une grille, un caniveau souterrain amène l'air au contact des appareils et retourne dans l'église par une large ouverture placée à environ 3 mètres du sol. On produit ainsi une circulation continue de l'air de l'église ; on obtient de bons résultats de ce système à condition que l'église soit aussi bien close que possible et que des bouches d'appel et de sortie .de l'air aient des dimensions suffisantes.
A Belley, par ces dispositions la température extérieure, étant descendue à — 6°, il a été possible d'obtenir une température intérieure de 10 à 12% après quelques heures de chauffage seulement, soit une différence de 16 à 18° sur la température extérieure. L'avantage de ce système, dans lequel le renouvellement de l'air est rapide, est surtout d'obtenir un chauffage prompt, et qui sera surtout économique, si le chauffage doit être intermittent.
ObserTations g^éuérales sur le chauffag^e des égalises.
2776. Il résulte des faits que j'ai rapportés, et de tous les renseignements que j'ai pu recueillir que le chauffage des églises s'effectue toujours par l'air chaud et dans aucun cas, par la chaleur, rayonnante. Ainsi c'est le modede chauffage à l'air chaud qu'il faut admet tre. De toutes les églises chauffées, je n'en connais qu'une seule, celle de Saint-Roch, dans laquelle il y ait une ventilation artificielle, et comme dans toutes les autres il ne paraît pas que cette absence d'une ventilation artificielle ait des inconvénients, on doit en conclure qu'elle n'est pas nécessaire, sans aucun doute, parce qu'il se
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produit loujoiirs iino ventilation naturelle par l'ouvcMluro, si I'k'-- (jiKMite (h's portes et les tissures des vitraux, et à cause du f^Mand volume d'air renfermé dans i'cnceinte, volume qui sultirait seul à l'assainissement pendant le petit nombre d'heures de la journée où l'église est remplie. Toutefois je pense qu'il est toujours utili; de disposer l'appareil d(^ manière à ce (pie l'air qui vient se chaulfer dans le calorifère puisse à volonté être pris dans l'église ou en dehors. Cette disposition n'exige d'ailleurs qu'un faible accroissement de dépense.
2777. Quant à la nature du calorifère, il peut être à air brûlé, à eau chaude ou à vapeur ; mais ces derniers exigent une surveillance particulière delà part du chauffeur : aussi ils ne sont jamais employés. Kestent alors les deux i)remières espèces, qui ont chacune des avantages et des inconvénients qui leur sont propres. Les calorifères à air brûlé coûtent moins que ceux à eau chaude, parce qu'il n'v a (pi'un seul système de surfaces de transmission ; la conduite du foyer ne demande que peu de soins si on se sert de foyers à alimentation continue ; la chaleur peut être aussi bien utilisée que dans les appareils à eau chaude ; et la perte dans les conduits est faible, si l'air est chauffé seulement de 40 à 50°, et si les tuyaux de conduite n'ont qu'une faible longueur, ce qui exige, du reste, que les calorifères soient assez' nombreux. Les calorifères à eau chaude nécessitent plus de frais de premier établissement ; les foyers, même sans alimentation continue, exigent moins de soins et de surveillance, et en plaçant les tuyaux d'aller et de retour dans le même conduit, l'air peut être échauffé à peu près à la même température sur une grande longueur; un seul foyer suffit pour les plus grandes églises, mais les pertes de chaleur par les surfaces des tuyaux de conduite de l'air peuvent être plus considérables que dans les calorifères à air brûlé, parce que les surfaces intérieures chauffées par le rayonnement des tuyaux sont à une température plus élevée. Ainsi les calorifères à eau chaude sont d'un usage un peu plus commode ; mais ils coûtent davantage et n'utilisent pas aussi bien la chaleur que ceux à air brûlé, du moins quand ces derniers sont convenablement disposés. Il faut ajouter que le chauffage à eau chaude nécessite souvent de fréquentes réparations dans les conduites et tenir compte des dangers d'explosion que nous avons signalés plus haut.
2778. Voici maintenant la disposition qui me paraît la plus convenable à adopter. Je supposerai d'abord que le calorifère est à eau chaude. Un canal en briques serait placé au-dessous de l'axe de la net
centrale ; il renfermerait les petits tuyaux de circulation de l'eau chaude ;'à sa partie supérieure se trouverait un certain nombre d'espèces de puits cylindriques fermés à la partie supérieure et au niveau du sol par des grilles de fonte à jour ; chacun de ces puits renfermerait un poêle à eau chaude. Dans les axes des nefs latérales, se trouverait un même nombre de puits, fermés de la même manière, à fleur du sol, par des plaques de même section ; au-dessous existeraient des canaux horizontaux, venant aboutir au canal central et renfermant les tuyaux de circulation. Par cette disposition, l'air chaud s'élèverait par la partie centrale de l'église et descendrait par les faces latérales, pour s'échaulîer de nouveau en passant autour des poêles. Les tuyaux horizontaux de retour d'air devraient être pourvus de registres, de manière à pouvoir amener à volonté dans le canal de l'ah- extérieur ou de l'air pris dans l'église. On pourrait remplacer les poêles par de gros tuyaux d'aller et de retour placés dans le canal central ; la dépense de premier étabhssement serait plus faible, et le chauffage plus régulier ; enfin le danger d'explosion se trouverait ainsi diminué ; mais il y aurait probablement plus de perte de chaleur par les parois du canal, qui renfermerait de l'air à une plus haute température et dont la surface intérieure serait plus échauffée par le rayonnement de ces gros tuyaux que par celui des petits tuyaux qui étabhssent la circulation dans les poêles.
Le chauffage sans ventilation aurait lieu la nuit, le matm et le soir quand l'église n'est pas occupée, et avec ventilation le reste du temps • les orifices des vitraux, ceux qui existent toujours dans la voûte sans compter les ouvertures si fréquentes des portes, seraient bien suffisants pour faire sortir l'air chaud lancé par le calorifère. 2779 Si les calorifères étaient à air brûlé, il faudrait en établir plusieurs au-dessous de l'axe de la nef centrale ; chacun enverrait l'air chaud dans des caniveaux suspendus à la voûte des caves, et le verserait par des ouvertures disposées de la même mamère que quand le calorifère est à eau chaude ; les retours d'air des bas côtes se feraient comme dans le premier cas, ainsi que les appels directs d'air extérieur. Les tuyaux à fumée pourraient être places dans les canaux destinés à conduire l'air brûlé à la cheminée. Les calorifères Gurney et surtout les calorifères français de MM. Geneste fils et HeTcher frères sont d'un bon emploi pour le chaufi-age des églises. On peut les employer à niveau du sol et sans faire d'excavation, comme nous l'avons vu pour la cathédrale de Belley, on arrive ainsi a des dispositions très-économiques d'installation et d'entrelien.