CHAPITRE X. — DISPOSITIONS DES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
-ges, on est amené dans les usines importantes à avoir des chaudières de rechange ; avec les chaudières à foyer amovible, il suffirait d'avoir un ou deux vaporisateurs en magasin pour éviter l'installation des appareils complets de rechange et les chômages que nécessitent les réparations.
1378. MM. Laurens et Thomas ont fait également un modèle à deux corps superposés, celui inférieur contenant le vaporisateur amovible avec son foyer et le supérieur servant de réserve d'eau et de vapeur ; mais afin d'avoir une surface d'eau libre convenable, il ne faut pas que le corps supérieur soit une sorte de petit bouilleur d'un faible diamètre qui serait de plus sujet à de grandes variations du niveau de l'eau. Si l'on donne à ce corps supérieur le diamètre convenable, on arrive pour une même surface de chauffe, à un poids de chaudière notablement plus élevé que celui de la chaudière à corps unique et à point réduit. La chaudière à retour ne s'est répandue dans l'industrie que sous la forme amovible. On sait qu'un grand nombre de locomobiles en sont pourvues. Mais ce n'est pas uniquement de petites chaudières de ce type que l'on rencontre ; les auteurs ont constitué sur le même modèle la machine dite mi-fixe, fort usitée maintenant, dont la force va jusqu'à 30, 40, 60 chevaux et plus. On applique également ce système aux machines fixes, au chauffage et à l'évaporation.
Le succès de ce système amena bientôt des imitations et fît songer de nouveau à appliquer à l'industrie la chaudière des locomotives à parcours direct.
1379. MM. Farcot et fils firent une chaudière à foyer amovible, mais à parcours direct, avec faisceau tubulaire compacte, commençant immédiatement derrière la grille : le foyer et les tubes formaient lensemble amovible qui, en place, se trouvait compris entre deux joints ; il n'y avait plus la facilité de mouvement que procure un joint «nique; ce modèle était à deux corps horizontaux superposés; le corps inférieur contenait le foyer et le faisceau de tubes mobiles; le corps supérieur consistait en un petit bouilleur d'un faible diamètre ; un troisième parcours de la fumée avait lieu autour de l'extérieur de cette chaudière comme dans la chaudière à retour de MM. Laurens et Thomas. Ce système présente les inconvénients qui résultent des deux corps et que nous avons signalés plus haut, le démontage est moins facile que dans la chaudière précédente et alors même qu'on a extrait le faisceau tubulaire, sa compacité fait que les tubes de la circonférence sont seuls accessibles au nettoyage.
484 LIVRE VII. — VAPORISATION.- .': '.'a:
1380. Deux modes d'amovibilité, mais seulement pour les tubsg pris un à un, vinrent ensuite : celui de M. Berendorf et celui"'<ifë M. Langlois, contre-maître de la marine ; plusieurs autres dispositions ayant le même but ont été proposées ; ces tubes sont destinés à s'appliquer à toutes les chaudières tubulaires, quel qu'en soit le type.
Dans le modèle Berendorf, les tubes mobiles, s'ils sont en fer, doivent recevoir, de chaque bout, l'addition d'une douille brasée, qui est tournée conique sur son parement extérieur; le tube, ainsi préparé, se présente dans les orifices des plaques tubulaires, et une tringle, filetée aux deux bouts, et qui le traverse, sert, au moyen dé deux écrous et des rondelles placées derrière ceux-ci à forcer les tubes dans les trous alésés des plaques tubulaires. Le tube posé, on enlève l'outil de serrage et le tube se trouve uniquement maintenu en place par le serrage que l'on a opéré à la pose. Cette pose doit donc être faite avec beaucoup de soin ; il y a une entrée et une sortie pour le tube, de sorte que si l'embase de la douille du côté de l'entrée n'était pas très-sensiblement plus grande que du côté de la sortie, on serait exposé à voir un tube chassé hors de la chaudière par la pression de la vapeur. Ces embases doivent avoir une certaine saillie sur le tube, égale au moins au maximum possible de la gaine d'incrustation, sans cela, il serait difficile de sortir le tube lorsqu'on emploierait des eaux fort incrustantes ; cette sortie deviendrait tnême impossible si on attendait trop pour faire le démontage. La sortie du tube a lieu par une opération inverse du montage et au moyen du même outil ; ainsi le diamètre des ti^bes à leur extrémité est-il augmenté à cause des bagues et de l'incrustation; celui des trous percés dans les plaques tubulaires l'est également, ce qui affaiblit les plaques. On ne peut donc pas, en suivant ce système, placer, dans une chaudière d'un diamètre donné, autant de tubes qu'en employant les moyens ordinaires. Ce motif et le desserrage des tubes qui résulte des ébranlements, ont sans doute empêché de se servir de ce mode sur les locomotives et sur les navires.
1381 . Le mode Langlois a été essayé sur les chaudières marines, il consiste à braser à l'extrémité des tubes qui s'adapte sur la boîte à fumée une douille en bronze avec collet ; cette douille porte sur son parement extérieur deux filets de vis, ronds, qui sont destinés à pénétrer dans un taraudage semblable exécuté dans la plaque tubulaire ; on met le tube en place en le faisant tourner sur lui-même comme un écrou sur un boulon ; cette manière de fixer le tube est plus solide