‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 131 sur 298 · CHAPITRE XIII. — AMÉLIORATIONS DANS LES GÉNÉRATEURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — AMÉLIORATIONS DANS LES GÉNÉRATEURS

de chauffe, soit par l'accroissement du nombre et du diamètre des tubes, soit en plaçant dans chacun d'eux, quand leur diamètre le permettrait, des lames de tôle diversement disposées, qui prendraient la température de l'air brûlé, et chaufferaient les tubes par rayonnement; cette disposition ne présenterait aucun embarras pour le nettoyage intérieur des tubes, parce que ces lames de tôle, étant seulement posées, pourraient être facilement enlevées ; à la vérité, elles augmenteraient la résistance de l'air brûlé, mais l'accroissement de résistance serait très-faible. En effet, nous avons vu (l3S3),en parlantdes locomotives, que la charge qui produisait l'écoulement était moyennement égale h p (16 -f- 4,93), le premier nombre représentant la résistance de la grille, et le second celle des tubes ; or, si les tubes prenaient un diamètre deux fois plus petit (leur nombre devenant quatre fois plus grand, pour que la somme des sections restât constante), la résistance ^ deviendrait deux fois plus grande ; la charge pour produire l'appel deviendrait alors /)(16 -|-986)=jo. 25,86; elle serait donc augmentée dans le rapport ^^ = 1,23. En supposant que le tirage de la cheminée fût constant, la vitesse d'accès de l'air serait seulement les 0,81 de ce quelle était d'abord, variation qui est bien inférieure à l'excès de tirage que possèdent toujours les cheminées. Nous venons de supposer que le nombre des tubes devenait quatre fois plus grand ; on produit le même effet, d'une manière plus simple, en plaçant des diaphragmes qui divisent la section en quatre parties égales ; seulement le frottement est un peu plus grand. Comme nous l'avons vu (i28), il est égal à^, C étant le contour du tuyau et S sa surface; et comme C = D + ^, et que S = ^, on trouve iJ^^ tandis que dans un tuyau de diamètre Y» le frottement serait ^. On voit, d'après cela, que l'accroissement de résistance serait en général peu considérable.

Ces surfaces de chauffe indirectes produiraient sans aucun doute un accroissement notable de vaporisation. Il est toutefois important de remarquer que ces surfaces de chauffe par rayonnement ne sont efficaces que par leur haute température comparée à celle des tuyaux ; si les tuyaux étaient employés à chauffer de l'air, leur température serait beaucoup plus élevée, et les plaques transversales ne serviraient à peu près à rien, et ne feraient qu'augmenter la résistance au mouvement de la fumée.

1479. D'après ce que j'ai dit relativement aux incrustations, les

avantages qui résulteraient de l'épuration des eaux d'alimentation sont si évidents que je ne crois pas nécessaire d'insister de nouveau sur ce sujet.

1480. Un autre point, qui me semble beaucoup trop négligé, c'est la dessiccation de la vapeur. Dans les locomotives et dans les générateurs tubulaires, à faisceau compacte de tubes, les intervalles étroits des tubes devant donner issue à la vapeur qui se produit et en même temps aux courants d'eau qui marchent en sens contraire, il en résulte nécessairement une ébullition tumultueuse, très-favorable à l'entraînement de l'eau, surtout si l'eau de la chaudière est boueuse, ce qui arrive souvent. Or, les eaux entraînées ayant de très-graves inconvénients, je pense qu'il serait très-avantageux, sous tous les rapports, d'employer les moyens connus pour dessécher la vapeur.

1481. La substitution des houilles crues au coke qu'on a employé exclusivement pendant longtemps est un fait accompli aujourd'hui. L'avantage qui en résulte est très-considérable ; car la chaleur perdue dans la fabrication du coke employé dans les locomotives n'étant pas utihsée, et le rendement moyen étant de 0,6S, il s'ensuit que la perte du combustible s'élève à 0,35. Elle est même plus grande, parce que les gaz perdus ont une plus grande puissance calorifique

• que le charbon ; et à cette perte il faut encore ajouter la main-d'œuvre, les déchets par le menu, et l'entretien des fourneaux. Malgré tous les essais qui ont été faits récemment, la question de la fumivorité n'est point résolue par les appareils divers qui ont été essayés. Les houilles crues, plus ou moins grasses, ont un grand inconvénient; elles se transforment progressivement en coke dans l'intervalle de deux chargjments, et, pendant toute la durée \e cette transformation, le foyer exige des quantités d'air décroissantes, qu'il paraît bien difficile de fournir de manière à éviter un dégagement de fumée, la production d'oxyde de carbone ou le passage à travers le foyer d'un trop grand volume d'air non altéré. La première condition n'est indispensable que pour les trains de voyageurs ; les deux autres ont une très-grande influence sur l'effet utile du combustible, et la dernière sur le travail dépensé pour produire le tirage; car ce travail croît dans un plus grand rapport que le carré du volume d'air froid appelé pour brûler les mêmes poids de combustible (1351), et il est très-comparable au travail total produit.

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