‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 149 sur 298 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

DISTILLATION

de fécule, l'opération marche d'une manière continue. Le liquide à distiller est versé par le tube s et l'entonnoir p dans le vase A, où il arrive à la partie inférieure, pour servir à la condensation des vapeurs alcooliques, et produire un écoulement continu d'alcool par l'extrémité du serpentin renfermé dans le vase A. De ce vase, le liquide échauffé se rend, par le tube de communication r, a la partie inférieure du grand vase B, où s'opère la rectification, au moyen du

Fig. 321.

serpentin condensateur imaginé par M. Laugier. Le liquide se rend ensuite par le tube c dans la seconde chaudière de distillation C, chauffée par la chaleur perdue du foyer placé sous la première chaudière D, où se termine l'épuisement de la vinasse, e est le tuyau qui sert à faire passer le liquide de la seconde chaudière dans la première ; m, le tuyau qui amène, dans la seconde chaudière C, les vapeurs formées dans la première D ; b, le tube qui conduit les vapeurs alcooliques dans le rectificateur. Le tube c, dont nous avons parlé, est disposé de manière à prendre le hquide à la partie supérieure du vase B, où il est plus échauffé, d^ tube ramenant les vapeurs conden-

sées du reclifîcaleur dans la chaudière C ; /, tuyau de vidange de la vinasse épuisée ; g et /«, niveaux d'eau ; /, tube conduisant les vapeurs non condensées du rectificateur dans le serpentin condensateur ; 2, tube qui conduit les vapeurs formées dans le vase B au serpentin condensateur ; o, éprouvelte dans laquelle coule l'alcool et qui contient un aréomètre pour indiquer le degré. M. Laugier a disposé son serpentin rectificateur de manière que les vapeurs alcooliques arrivent par la partie inférieure pour parcourir, en montant, toutes les hélices ; mais afin que les Hquides ne s'opposent pas au mouvement des vapeurs, chaque hélice renvoie directement par un tube les produits de la condensation au tuyau d qui les conduit à la chaudière. Chaque héUce doit par conséquent être inclinée de manière que les vapeurs suivent le même chemin que les liquides, et la communication des hélices doit se faire par des tubes verticaux qui servent au passage des vapeurs d'une hélice dans l'autre. Le nombre des hélices doit être tel qu'on obtienne à la sortie de l'appareil, par la condensation complète des vapeurs, de l'alcool qui ait le degré voulu.

Si le nombre des héhces était plus considérable, et si les tubes verticaux communiquaient à l'extérieur avec des petits réservoirs séparés, il est évident qu'ils donneraient de l'alcool marquant des degrés de plus en plus élevés.

1535. En Allemagne, on emploie fréquemment un appareil qui, par ses dispositions principales, se rappioche beaucoup de celui de M. Laugier ; c'est celui de Pistorius ; comme celui que nous venons de décrire, cet appareil, chauffé à feu nu, comporte deux chaudières, un système rectificateur et un serpentin pour la condensation des vapeurs. La seule différence un peu appréciable entre les deux formes d'appareil se trouve dans le rectificateur qui est représenté figure 322. La vapeur provenant de la deuxième chaudière arrive en A par un tuyau recouvert d'une calotte qui la force à barboter dans le liquide de condensation qu'elle entretient àrébulhtion et dont l'excès retourne à la chaudière. B est un chauffe-vin alimenté à l'aide d'un tuyau T et qui détermine une première condensation, dans les tuyauxK, et par suite un premier enrichissement des vapeurs ; la rectification s'achève dans les deux plateaux C et D qui ressemblent par les dispositions aux éléments du réfrigérant décrit figure 313. Un tuyau l amène de l'eau sur le premier plateau, cette eau coule ensuite sur le second, et. elle est évacuée par le tuyau m. La concentration plus ou moins grande de l'alcool obtenu dépend du refroidissement

Fig, 322.

plus OU moins considérable qu'on fait subir aux plateaux et par suite de la température de l'eau qui s'écoule en m. Il n'est pas douteux

que l'utilisation de la chaleur ne soit moins complète dans cet appareil que dans celui de M. Laugier où le refroidissement de l'alcool est complètement opéré au moyen du liquide à distiller.

1536. Cet appareil a été modifié pour être chauffé à la vapeur ; alors les deux chaudières et le chauffe-vin sont représentés par trois compartiments superposés d'un même cylindre surmonté de plateaux Pistorius ; on chauffe Iç compartiment inférieur au moyen d'un barboteur ou d'un serpentin.

1537. M. Siemens a construit un appareil du même genre dont le corps cylindrique vertical est en bois et cerclé ; les plateaux Pistorius sont remplacés par un déflegmateur dans lequel la vapeur circule en passant successivement dans des compartiments annulaires dans lesquels plongent les parois d'autres compartiments annulaires où circule de l'eau ; l'eau passe du compartiment extérieur vers celui du centre ; les vapeurs marchent du centre vers la circonférence. Les cloisons des espaces annulaires dans lesquels passe la vapeur sont disposés de façon à permettre le barbotage de la vapeur dans le liquide condensé et à en produire l'ébuUition.

\^38. Appareil Champomiois. — Cet appareil, représenté figure323, se compose d'une chaudière surmontée d'une colonne distillatoire ; cette colonne est formée de tronçons égaux qui s'assemblent par emboîtement ; pour cela la partie inférieure de chaque tronçon présente une gorge circulaire à l'intérieur, et c'est dans cette gorge que pénètre la partie supérieure du tronçon de dessous ; une corde circulaire entourée de caoutchouc est placée dans la gorge et fait le joint; le serrage se fait au moyen de trois boulons verticaux qui réunissent les tronçons extérieurs. Dans chaque tronçon se trouve placé un diaphragme percé d'un trou central muni d'un bout de tuyau cylindrique que recouvre une calotte hémisphérique, un trop-plein ver-

CIIAP. III. — APPAU. DE DISTILLAT. I£T D'ANALYSE DES VAPEURS. 271

tical placé sur le côté sert à maintenir sur le plateau une couche de liquide d'épaisseur convenable. On voit que la vapeur qui vient d'un plateau barbote dans le liquide du plateau supérieur dont elle détermine l'ébullition en même temps qu'elle se condense en partie, ce qui amène une richesse plus grande de la vapeur en alcool . A la partie supérieure de la colonne se trouve placé un condensateur ou analyseur

qui est représenté séparément dans les figures 324 et 325; la vapeur arrive par un tube central et parcourt l'intérieur du serpentin plat pour s'élever dans le dôme de la colonne par un tube latéral. Une tubulure placée au sommet du dôme mène les vapeurs dans le réfrigérant formé d'un cylindre à double paroi; la vapeur vient se condenser dans la double paroi.

Le moût arrive dans le cylindre intérieur du réfrigérant et est ensuite amené par un tube latéral à la partie inférieure du conden-

sateur, il circule autour du serpentin et sort partie parle tube central du condensateur, partie par unetubulure latérale du trop -plein qui l'amène sur le quatrième plateau. Il descend alors de plateau en plateau en se dépouillant de plus en plus d'alcool et arrive enfin dans la chaudière au moyen d'un trop-plein qui l'amène vers le fond ; le liquide complètement dépouillé d'alcool sort par un tube latéral placé sur la chaudière et peut être utilisé à chauffer le moût qui sort du réfrigérant.

L'appareil de M. Champonnois, simple d'installation et peu coûteux, convient surtout pour les distilleries agricoles.

1539. On emploie souvent des appareils beaucoup plus simples

encore, dans lesquels le liquide à distiller est chauffé par un serpentin que parcourt de la vapeur à haute pression. Une de ces dispositions est indiquée dans la figure 326. A est un cyhndre de fonte ou de cuivre, où l'ébullition du liquide à distiller est produite au moyen d'un serpentin en cuivre, dont les orifices d'entrée et de sortie sont désignés par les lettres aei ô ; c est l'orifice de sortie de la vinasse épuisée; B est la colonne d'analyse des vapeurs, dans laquelle le liquide à distiller marche en sens contraire delà vapeur. Différentes dispositions sont employées pour augmenter les surfaces de contact. Les vapeurs s'élèvent dans le réservoir E et passent par le tube F dans le rectificateur C qui est formé d'un serpentin disposé suivant la méthode ordinaine ; les vapeurs condensées retournent à la colonne d'analyse par le tuyau H et les vapeurs non condensées passent dans le serpentin du vase D où elles sont condensées et refroidies, et s'écoulent au dehors par la tubulure M, qui communique avec un vase renfermant un alcoomètre. Le hquide à distiller arrive d'un

Fig. 326.

réservoir supérieur dans l'appareil, par ce tuyau LI muni du robinet K, qui sert à régler l'écoulement ; il s'élève dans le vase D, puis dans le vase C, d'où il passe dans la colonne d'analyse B, par le tuyau G, et tombe dans le vase A. C'est sur ce principe que sont fondés les appareils que nous allons décrire dans la suite.

1340. Appareil Dubrun faut. — Cet appareil est très-employé dans le nord de la France, la Belgique et la Hollande.

Fig. 327.

L'appareil comprend quatre parties principales et distinctes qui

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sont : la chaudière, la colonne distillatoire, le chauflfe-vin, le réfrigérant ; il est représenté figure 327.

La chaudièi'e A est analogue à celle qu'on emploie dans les sucreries pour cuire dans le vide ; elle est surmontée d'un dôme et porte un tube à niveau « et un robinet de vidange a'" ; le chauffage se fait au moyen d'un double fond ou d'un serpentin dans lequel circule la vapeur qui arrive parle tuyau ô; un autre tuyau, placé au-dessous, sert au retour de l'eau provenant de la vapeur condensée ; sur le dôme sont appliqués deux robinets, l'un qui a pour but de laisser sortir l'air ou la vapeur de la chaudière ; le second, d'emplir la chaudière lorsqu'on commence une opération.

Dans certains appareils il y a deux chaudières superposées ; la vapeur de la première chaudière passe par un tuyau pour se rendre vers le fond de la seconde dans laquelle elle détermine l'ébullition ; la première chaudière est alimentée par un tuyau qui part du fond de la seconde et se rend dans le fond de la première. La seconde chaudière porte à la partie supérieure un tuyau qui envoie la vapeur

dans la colonne distillatoire et reçoit un tuyau de retour qui lui amène, vers le fond, . vinasses sortant de la colonne ; dans le cas où il n'y a qu'une seule chaudière, celle-ci reçoit les deux derniers tuyaux dont nous venons de parler.

La colonne distillatoire est formé de dix tronçons réunis par des brides boulonnées et se termine à la partie supérieure par une calotte sphérique ; cette colonne renferme dix-huit plateaux rectificateurs ; les figures 328 et 329 représentent un de ces plateaux placé

Fia. 328 et 329. " ^^"^ "" trOUÇOU de la CO-

lonne ; ce plateau est muni d'un bord relevé qu'on fixe sur le corps cylindrique au moyen d'une rivure ; il est percé de" neuf orifices disposés sur une même circonfé-

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