‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 15 sur 298 · CHAPITRE I. — DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR EN GÉNÉRAL

Le cuivre possède cependant des qualités précieuses, sa constitution est en général homogène, il ne présente point les ampoules ou les défauts de soudure qui se manifestent dans la tôle de fer ; il résiste mieux que le fer à beaucoup d'influences chimiques. Cependant le prix en est beaucoup plus élevé. Cette dernière raison limite nécessairement l'emploi du cuivre qui n'est guère employé dans les chaudières à vapeur que pour la construction de la boîte à feu des locomotives.

1063. La fonte de fer présente une résistance à la rupture trèsdiff'érente suivant qu'elle est soumise à l'extension ou à la compression ; la charge de rupture par millimètre carré est de 12 kilogrammes dans le premier cas et de 60 kilogrammes dans le second ; la constitution de la fonte est souvent variable ; elle peut présenter des défauts qui en diminuent considérablement la résistance et que rien ne vient déceler à l'extérieur, il y a donc une absence de sécurité qui en fait rejeter l'emploi pour les chaudières à vapeur. Cependant on s'en sert pour faire des tuyaux de conduite de vapeur, dans ce <îas il ne convient pas défaire travailler la fonte à plus de 1 kilogramme ou l'^'^SO par miUimètre carré. Dans le cas des conduites de vapeur d'un très-fort diamètre, il vaudra mieux avoir recours à la tôle.

1064. Essais des chaudières. — L'essai d'une chaudière est important : \ ° parce qu'il peut faire connaître des fuites qui ne se seraient pas manifestées sous la pression atmosphérique ; 2° parce que le métal, quoique d'une épaisseur suffisante, peut avoir des parties plus faibles, surtout aux rivures et aux soudures; et, quand il «st en métal coulé, la fonte peut avoir des défauts; circonstances qui feraient éclater la chaudière avec de grands dangers si la pression était due à la vapeur, au Ueu que l'eau la fait rompre sans qu'il en résulte aucun accident pour les personnes qui font l'opération.

Mais ces essais ne peuvent pas donner une certitude complète que la chaudière résistera aux pressions qu'elle aura à supporter, parce qu'elles sont nécessairement de courte durée, qu'on opère à froid, et que la chaudière est exposée, dans son service, à des altérations qni peuvent notablement diminuer sa résistance.

Le décret de 1 86o prescrit une épreuve préalable des chaudières à la presse hydraulique ; cette épreuve doit être maintenue pendant tout le temps nécessaire à l'examen de toutes les parties de la chaudière. Celle-ci doit être soumise à une pression effective double de celle qui ne doit pas être dépassée dans le service, toutes les fois

que cette pression est comprise entre un demi-kilogramme et 6 kilogrammes par centimètre carré ; pour les pressions supérieures la surcharge est constamment de 6 kilogrammes, pour les pressions inférieures à un demi-kilogramme la surcharge est aussi constante et égale à un demi-kilogramme.

1065. M. Kohn, ingénieur autrichien, a constaté par expérience un faittrès-singuHer : un générateur à vapeur de 12 mètres de longueur et 1", S7 de diamètre avec bouilleurs de 0", 549 de diamètre et une épaisseur de tôle de 0", OH, se dilate de 0,0719 à 153% température correspondante à une tension de S atmosphères, et ne revient pas à ses dimensions primitives après le refroidissement. Les chaudières soumises trois ou quatre fois à ces alternatives de chauffage et de refroidissement ont, d'après des mesures très-précises, présenté après le refroidissement un allongement permanent de 0", 037 sur leur longueur primitive.

1066. Dans tout ce que nous venons de dire, nous avons supposé que les chaudières étaient chauffées entièrement, qu'elles avaient la forme ordinaire, c'est-à-dire, qu'elles étaient formées d'un cylindre avec ou sans bouilleurs ; pour ces formes de chaudières, la section de la cheminée a été donnée (586). Quant aux générateurs tubulaires qui diffèrent complètement des appareils dont nous avons parlé, on pourrait penser que les sections de cheminées et du canal de circulation de fumée devraient être très-différentes.

Les générateurs tubulaires sont toujours à foyer intérieur, et par conséquent environné d'eau de tous côtés ; dans les locomotives, sur une des faces du foyer, se trouvent un grand nombre de tubes placés dans une chaudière cylindrique ; au delà de la chaudière les tubes débouchent dans une caisse fermée, désignée sous le nom de boîte à fumée, à la partie supérieure de laquelle se trouve la cheminée; dans les chaudières de bateaux, le foyer est généralement placé dans un gros tube entouré d'eau, et la fumée revient en avant par un grand nombre de tubes de 0'",08 de diamètre environ, dans la boîte à fumée, au-dessus de laquelle se trouve encore placée la cheminée. Dans ces générateurs, le chemin parcouru par la fumée est petit, et si la somme des sections des tubes est égale à la section de la cheminée qui conviendrait à un générateur à bouilleur, il y a presque compensation entre l'accroissement de résistance dans les tubes et le raccourcissement du circuit joint aux diminutions de changement de direction ; et une différence même assez grande dans ces deux résistances serait peu importante, attendu que l'influence

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