‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 159 sur 298 · CHAPITRE III. — EVAPORATION EN VASES OUVERTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — EVAPORATION EN VASES OUVERTS

minée, était de 100°; l'elTet utile était de 7", 50 d'eau évaporée par kilogramme de houille.

Une autre chaudière, de 16 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur, fonctionnant de la même manière que les quatre dont nous venons de parler, a donné les mêmes résultats ; une autre, de 27'",5 de longueur sur 7 mètres de largeur, produisait un moindre effet utile.

Les résultats qu'on obtient, en opérant à la température de l'ébullition ou à une température inférieure, sont très-différents. Al'ébullition, on emploie 36 à 38 kilogrammes de houille pour obtenir 100 kilogrammes de sel; à une température inférieure, il en faut de 42 à 44. La différence provient de la chaleur absorbée par l'air et du rayonnement de la surface liquide.

Malgré la grande étendue des chaudières, la température n'y est pas très-différente au-dessus du foyer et à l'autre extrémité ; car, quand on ne porte pas le hquide à l'ébullition, elle est, au-dessus du foyer, de 80% et de S0° à fiO" à l'autre extrémité.

1S81. Les figures 342 et 343 représentent deux coupes verticales d'une chaudière d'évaporation ; l'air chaud, en sortant du foyer, s'é-

Fig. 342.

Fig. 343.

tend sous la chaudière et revient simultanément des deux côtés en parcourant les faces latérales pour se rendre dans la cheminée. Si le foyer était placé à l'autre bout, le courant d'air chaud devrait parcourir successivement les faces de la chaudière.

Les chaudières ordinairement employées pour la concentration de l'acide sulfurique sont en plomb ; elles reposent sur des plaques de fonte jointives, qui reçoivent d'abord l'action de la chaleur; les fonds seuls des chaudières sont chauffés, et l'air chaud y est chicané par des cloisons transversales en briques. Cette disposition ne présente aucun avantage et a l'inconvénient de diminuer beaucoup le

tirage ; il serait plus avantageux de supprimer complètement ces cloisons, mais en disposant l'orifice de sortie delà fumée de façon que son bord supérieur fût un peu au-dessous du fond de la chaudière, de manière à y former une couche permanente d'air chaud ; le chauffage serait ainsi plus uniforme. Avec ces sortes de chaudières, on donne souvent aux grilles de très- grandes surfaces, afin d'avoir des feux languissants qui ne puissent pas les altérer. Elles sont aussi souvent chauffées au moyen delà chaleur perdue des fours à pyrites. 1582. Quand les liquides à évaporer produisent des dépôts dont

l'accumulation pourrait nuire à la conservation des chaudières, on donne quelquefois à celles-ci une forme conique [fig. 344). On suspend avec des chaînes, et à une petite distance du fond, un vase métallique percé d'un grand nombre de petits trous; le mouvement du hquide étant beaucoup plus faible dans le vase, les dépôts s'y rassemblent et peuvent être extraits facilement en enlevant le vase.

1583. Si les matières qui se déposent formaient des masses considérables, la disposition précédente ne suffirait pas et les matières qui se précipiteraient au fond de la chaudière, recevant l'action directe du foyer, pourraient la faire brûler. Dans ce cas, il serait préférable d'employer d'autres dispositions.

1584. La figure 345 représente une de ces dispositions. Le fond de la chaudière est ondulé, et la partie supérieure des ondulations est

Fi(j. 344.

seule chauffée ; les carneaux suivent ces ondulations, pour que la

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