CHAPITRE III. — ÉVAPORATION EN VASES OUVERTS
dedans par une soupape m que l'on peut ouvrir de même au moyen d'une chaîne. La grille du foyer a une très-grande surface relativement au fond de la chaudière, et la fumée se dégage par des orifices nombreux 0, 0,0... placés latéralement, et débouchant dans un carneau circulaire G, qui communique avec deux cheminées. Lorsque le sirop est arrivé au point convenable, un ouvrier fait basculer la chaudière au moyen de la chaîne E ; elle se vide très-promptement dans le rafraîchissoir, et pendant tout le temps de cette opération elle est soustraite à l'action du foyer. Aussitôt que le sirop cuit est écoulé, on ouvre la soupape du réservoir, et la chaudière remise en place se trouve presque aussitôt remplie. Dans ce mode d'opération, on peut mettre peu de sirop à la fois dans les chaudières, et multiplier les cuites, ce qui est très-avantageux ; car l'action prolongée de la chaleur et de l'air nuit beaucoup à la qualité du sirop. On conçoit facilement qu'en multipliant les cuites, leur durée diminue, et par conséquent que chaque portion de sirop reste moins longtemps exposée à l'action de la chaleur et de l'air.
Mais ce mode d'opération exige une dépense énorme de combustible, car le foyer a une très-grande étendue, et l'air chaud arrive dans la cheminée à une température extrêmement élevée. On emploie maintenant exclusivement les différents appareils à vapeur dont nous parlerons plus loin : ils sont plus avantageux que les chaudières à bascule, sous le rapport de la conservation du sucre, et ils utilisent beaucoup mieux le combustible.
1588. Appareils destinés à évacuer les vapeurs. — Dans les usines où révaporation se fait sur une grande échelle, l'énorme quantité de vapeur d'eau qui se répand dans les ateHers et qui s'y condense en partie, est souvent très-incommode, et, en saturant l'air, empêche révaporation à une température inférieure à celle de l'ébuUition. On a imaginé, pour s'en débarrasser, une disposition très-simple : la chaudière est recouverte d'un dôme ordinairement en planches, ouvert en avant et terminé à l'extrémité de la chaudière par un tuyau vertical qui pénètre dans la cheminée à une certaine hauteur, mais seulement sur une partie de sa largeur ; le courant d'air, que détermine au-dessus des chaudières la force ascensionnelle de la fumée, entraîne les vapeurs, qui, par conséquent, ne peuvent pas se répandre dans l'atelier. Mais cette disposition, malgré un grand accroissement de la section de la cheminée, peut nuire au tirage ; pour qu'il n'en soit pas ainsi, il faut donner au foyer une cheminée à grande section communiquant avec l'enveloppe de la chaudière ; la cheminée du
foyer pourrait ne s'élever qu'à 8 à 10 mètres ; au delà la fumée et l'air chargé de vapeurs seraient mêlés. Quelquefois on se borne à environner la chaudière d'une espèce de hotte analogue à celle des foyers de cuisine, ouverte par trois côtés, et communiquant de même avec une cheminée qui enveloppe celle du foyer. Mais cette disposition est moins bonne que la précédente, parce qu'il y a trop d'air appelé, et qu'une partie des vapeurs peut encore se répandre dans l'atelier. Dans l'une et dans l'autre disposition, dans la dernière surtout, il est nécessaire que des ouvertures d'ime surface suffisante permettent l'accès, dans l'atelier, du volume d'air qu'exige la cheminée d'appel.
1589. Enfin, on pourrait se l)orner à faire évacuer l'air mêlé de vapeurs par une cheminée spéciale d'une grande section ; pourtant, si le mélange se refroidissait assez dans la cheminée pour condenser une partie des vapeurs, ces vapeurs condensées, suspendues dans l'air, pourraient lui donner, malgré son élévation de température, une densité plus grande que celle de l'air environnant, et le mouvement ascensionnel du mélange d'eau et de vapeur n'aurait pas lieu, malgré des ouvertures suffisantes d'accès de l'air dans l'ateher; mais presque toujours la chaleur dégagée par la condensation des vapeurs est suffisante pour conserver au mélange une certaine force ascensionnelle.
1590. Il est évident que, si l'évaporation avait lieu à la température de l'ébullition, la chaudière étant fermée, un simple tuyau, communiquant avec la chaudière et s'ouvrant à l'extérieur, suffirait à l'évacuation des vapeurs, quelle que fût d'ailleurs sa direction.
1591. Pour évacuer les vapeurs par la cheminée du foyer sans nuire au tirage, on a proposé d'alimenter le foyer par l'air qui s'est chargé de vapeur d'eau en passant sur la chaudière. Celle-ci est alors garnie d'un couvercle un peu élevé, ouvert en avant, par lequel l'air extérieur s'introduit sur le liquide ; l'air descend ensuite par un canal vertical, pénètre dans le cendrier et passe dans le foyer, sous la chaudière et dans la cheminée. Cette disposition a le grand inconvénient de faire traverser le foyer par un volume d'air beaucoup plus considérable que celui qui est nécessaire pour la combustion ; en effet, pour brûler 1 kilogramme de houille (304 bis), il faut au plus 18 mètres cubes d'air froid ; or, en admettant que chaque kilogramme de houille évapore 6 kilogrammes d'eau, et que l'évaporation ait lieu à 50°, comme à cette température il faut ll'"%72 d'air à 0° pour enlever la vapeur de 1 kilogramme d'eau, le volume de l'air appelé