‹ Traité de la chaleur considérée dans ses applications. 4. éd. publiéeChapitre 161 sur 298 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

EVAPORMION.

le tube étant plein de liquide, et les extrémités étant à la même hauteur, il restera plein; mais si l'on fait plonger une des branches dans un des vases, la colonne se trouvant raccourcie, le liquide s'écoulera par l'autre branche.

1586. Dans ce qui précède, nous avons principalement considéré l'évaporation sous le rapport de l'économie du combustible ; mais il est des circonstances dans lesquelles le temps est un élément beaucoup plus important, et où il est avantageux de sacrifier du combustible pour accélérer l'évaporation. Tel est, par exemple, le cas de la concentration des sirops, parce que le sucre est d'autant plus altéré qu'il reste plus longtemps soumis à l'action de la chaleur.

1587. Chaudières à bascule. — Les appareils qu'on a longtemps employés pour la concentration des sirops consistaient uniquement en des chaudières peu profondes, dans lesquelles on plaçait le sirop, et que l'on chauffait directement par un foyer très-actif, dont la fumée ne circulait pas autour de la chaudière : cette disposition, très-vicieuse sous le rapport de l'économie du combustible, l'était encore davantage par l'altération que le sirop éprouvait souvent ; car, l'évaporation étant très-rapide, si le vase restait sur le feu après que le sirop avait atteint le degré convenable de concentration, ce dernier s'altérait, et l'on obtenait moins de sucre blanc et plus de mélasse.

On a complètement évité cet inconvénient, au moyen des chaudières à bascule, que l'on peut soulever et vider à l'instant précis où

la concentration est arrivée à son terme. Cet appareil est composé [fig. 348) d'une chaudière plate A, garnie d'un large goulot un peu relevé, qui déborde le fourneau et au-dessous duquel se trouve un grand vase de cuivre C, nommé rafraîchissoir, où le sirop cuit est recueilli et commence à grener; au-dessus de la chaudière se trouve un réservoir D renfermant du sirop destiné à alimenter la chaudière de cuite ; une chaîne E, fixée à la chaudière, et qui passe sur deux poulies, permet de la faire basculer et de la vider dans le rafraîchissoir ; le réservoir alimentaire est terminé par un tuyau fermé en

Fig. 348.

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