CHAPITRE VI. — ÉVAPORATION PAR LA VAPEUR
serpentin de O^jOS de diamètre, lequel est contourné sur un cylindre <le 0"',2o de diamètre et chauffé par de la vapeur à hJaute pression. Le grand cylindre renferme un très-grand nombre de sphères de •cuivre creuses, retenues par une grille placée à la partie inférieure. A la partie supérieure du cylindre se trouve un réservoir du liquide -à concentrer ; il est percé d'un grand nombre de petits oritices destinés à répandre uniformément, sur toute la section du cylindre, le liquide qui descend alors sur les surfaces des boules et du serpentin. L'auteur a prétendu que son appareil, essayé dans une raffinerie de sucre, avait donné de bons résultats, et qu'il serait surtout trèsavantageux dans les fabriques de sucre indigène. Mais nous avons la conviction que c'est une illusion ; car le principe de cet appareil est contraire à tous les faits observés. Si le cyhndre ne renfermait que le serpentin, et si le'liquide, en s'écoulant, en parcourait successivement toute la surface, on se trouverait dans le cas de l'appareil que nous venons de décrire ; seulement les vapeurs condensées contre la surface intérieure du cylindre fourniraient de l'eau qui, en se mêlant avec le Uquide concentré sur la surface du serpentin, diminuerait l'effet produit par ce dernier. Si maintenant nous supposons que le liquide s'écoule sur toutes les surfaces du serpentin et des sphères, le liquide qui recouvre les sphères ne pourra s'échauffer que par la condensation des vapeurs produites sur le serpentin, et les sphères d'une construction si chère n'auront qu'un effet négatif, seulement il y aura une certaine quantité de liquide évaporé par le courant d'air qui se produira dans l'appareil. Les sphères seraient utiles, si l'évaporation devait avoir lieu uniquement par l'air, mais il faudrait que le liquide fût introduit chaud, qu'il y eût au-dessus de la colonne une cheminée suffisante pour établir un bon tirage, ou que le mouvement de l'air eût lieu par une machine ; et dans ce cas, la chaleur étant fournie par le liquide lui-même, on n'en pourrait
évaporer que moms de - .
1632. On a aussi proposé de placer, au-dessus d'une chaudière, un tube de cuivre plié en hélice autour d'un axe horizontal mobile ; l'hélice plonge par la partie inférieure dans le hquide, et le tube est traversé par un courant de vapeur ; l'hélice étant soumise à un mouvement continu de rotation, la partie du tuyau exposée à l'air, produit une évaporation assez rapide du liquide qui se renouvelle constamment. Il est évident que si, dans cet appareil, l'évaporation a heu par l'ébullition, l'effet serait le même si le tuyau était fixe et
plongé dans le liquide; et que, si l'évaporation^a lieu à une plus basse température, elle sera produite par l'air, et alors les appareils desn°' 1593 et 1593 seront bien préférables. , . -(^^
1633. Évaporation parla chaleur de la vapeur détendue des machifies a haute pression et sans condensation. — La vapeur à la sortie des machines sans condensation, renfermant sensiblement la même quantité de chaleur qu'à son entrée, peut être employée à produire l'évaporation, absolument comme de la vapeur neuve, avec la seule différence que le hquide à évaporer ne peut pas être porté à 100°.
Dans ce cas, on fait intervenir l'air pour faciliter l'évaporation. Comme application de ce système, nous pouvons citer le cône éva poratoire de Lambeck, l'appareil dun° 1597 et les appareils décrits n"' 1593, 1595, en supprimant les foyers et en mettant de doubles fonds aux chaudières. Ce genre d'appareils a été fréquemment employé dans les colonies et dans les fabriques de sucre en France. On y a renoncé et on y a substitué les appareils d'évaporation dans le vide que nous étudierons dans le chapitre suivant. Avec quelques modifications cependant, ils pourraient être employés pour l'évaporation des eaux renfermant du sel marin.
1634. Évaporation par la chaleur des eaux de condensation des machines. — Cette chaleur qui représente plus des 0,60 de la chaleur produite dans le foyer, puisque les générateurs bien disposés produisent à peu près 7 kilogrammes de vapeur par kilogramme de houille, pourrait facilement être employée pour évaporer des liquides avec l'aide du contact de l'air. Il faudrait d'abord faire passer cette chaleur dans le hquide à évaporer, en le chauffant à la plus haute température possible, et pour cela faire écouler l'eau chaude par un tube environné d'un autre d'un plus grand diamètre, dans lequel le hquide à évaporer marcherait en sens contraire. Il est évident que si la capacité calorifique du liquide différait peu de l'unité, et si les tubes avaient une longueur suffisante, ou si les deux mouvements étaient assez lents, il y aurait un échange complet de température entre deux poids égaux d'eau et du liquide ; si la capacité calorifique du liquide était notamment plus grande ou plus petite, les poids des deux hquides devraient être évidemment inversement proportionnels à leurs capacités calorifiques. L'échange des températures pourrait aussi s'effectuer à l'aide de différentes dispositions dont nous parlerons à l'occasion du refroidissement des corps. Le liquide étant chauffé, il faudrait produire l'évaporation par l'air; pour cela, on ferait écouler